Vincent Siew
Vice-président de la République
République de Chine

Naissance : 3 janvier 1939, Chiayi, Taiwan

Education

1985 : bourse Eisenhower, Etats-Unis
1965 : Mastère en droit international et diplomatie de l’université nationale Chengchi, Taipei
1961 : Licence en diplomatie de l’université nationale Chengchi, Taipei

Carrière

2003-2004 : président de la cellule de conseil économique auprès du président de la République
2002-2007 : président de l’Institut pour la recherche économique Chung-Hua, Taipei
2001-2008 : président de la Fondation pour un marché commun inter-détroit
2000-2005 : vice-président du Kuomintang
1997-2000 : premier ministre de la République de Chine
1996-1997 : député au Yuan Législatif
1994-1995 : ministre d’Etat sans portefeuille et ministre des Affaires continentales
1993-1994 : ministre d’Etat sans portefeuille et ministre du Développement et de la Planification économiques
1990-1993 : ministre de l’Economie
1982-1988 : directeur général de l’office du Commerce extérieur, ministère de l’Economie
1969-1972 : consul à Kuala-Lumpur, Malaisie

Une brève biographie du Vice-Président Vincent Siew

Né le 3 janvier 1939, Vincent Siew est le troisième d’une famille de sept enfants (cinq garçons et deux filles) originaire de Beishewei, un quartier rural de Chiayi.

  • Formation
    Vincent Siew a été scolarisé dans sa ville natale avant d’intégrer le programme de diplomatie de l’Université nationale Chengchi (NCCU), à Taipei. Après avoir obtenu son diplôme de 1er cycle, il a effectué son service militaire. Il a ensuite poursuivi des études supérieures, décrochant un mastère en droit international et diplomatie de la NCCU. Par la suite, dans la fonction publique, il a suivi une formation au leadership à l’Université de Georgetown et s’est vu décerner une bourse Eisenhower pour des recherches de courte durée aux Etats-Unis.

Carrière dans la fonction publique

Après avoir réussi le Concours de la fonction publique pour le personnel diplomatique et consulaire, Vincent Siew est entré au ministère des Affaires étrangères en 1962. Là, il a servi comme vice-consul puis consul de la République de Chine à Kuala Lumpur, en Malaisie. Lorsque la République de Chine s’est retirée des Nations unies en 1971, Vincent Siew s’est réorienté vers les affaires économiques et commerciales, avec la conviction que la nation devait s’appuyer sur sa puissance économique pour développer son espace international. Son travail a été particulièrement salué aux postes de directeur général adjoint puis de directeur général de l’office du Commerce extérieur, ainsi qu’aux fonctions de vice-ministre et de ministre de la Planification et du Développement économiques, ainsi qu’à celles de ministre de l’Economie.

Parmi les nombreux accomplissements de Vincent Siew à ces diverses fonctions, on peut citer les négociations efficacement menées avec les Etats-Unis concernant l’octroi à Taiwan de la clause de la nation la plus favorisée et la promotion de grands projets d’investissements qui ont joué un rôle capital dans le développement économique de l’île, comme la construction par Formosa Petrochemical Corporation de sa sixième usine de craquage du naphte et la réalisation du Parc scientifique du Sud de Taiwan. Les échanges commerciaux de Taiwan avec le reste du monde se sont étoffés, en partie grâce à lui, lorsque Taiwan est devenu membre de la Coopération économique Asie-Pacifique (APEC) et a obtenu le statut d’observateur au Gatt, l’ancêtre de l’Organisation mondiale du commerce. Vincent Siew a soutenu le train de mesures économiques conçu par le gouvernement pour assurer à Taiwan une croissance régulière, à une époque où l’économie mondiale était en récession. Il a également mis en œuvre un programme visant à faire de Taiwan un centre d’opérations régional pour l’Asie-Pacifique, afin de jeter les bases du développement durable à l’aube du XXIe s.

En novembre 1993 puis en 1994, Vincent Siew a représenté le Président Lee Teng-hui aux sommets de l’APEC à Seattle et à Jakarta. De par ses entretiens avec les leaders des économies membres de cette organisation, il a contribué à une meilleure intégration de Taiwan dans l’économie mondiale et à placer l’île sous les projecteurs.

Vincent Siew a été nommé ministre des Affaires continentales en décembre 1994. Afin de stimuler le développement des relations entre les deux rives du détroit de Taiwan par le biais des échanges économiques, il a proposé une série de mesures de libéralisation. Par exemple, un centre de transbordement offshore a été établi à Kaohsiung pour faciliter le traitement des conteneurs circulant entre la Chine continentale et le reste du monde. En outre, la compagnie Air Macao a été autorisée à desservir la Chine continentale depuis Taiwan, la seule restriction étant l’obligation pour elle de modifier ses numéros de vols durant l’escale à Macao.

En 1995, le Kuomintang (KMT), alors au pouvoir, a demandé à Vincent Siew de se présenter aux élections législatives dans la circonscription de Chiayi, sa ville natale. Au terme d’une campagne énergique, il a remporté un siège de député. En tant que législateur, Vincent Siew a organisé un groupe parlementaire multipartite ayant pour mission d’accélérer le vote des législations visant à faciliter l’entrée de la République de Chine dans l’Organisation mondiale du commerce ainsi que l’internationalisation et la libéralisation de l’économie insulaire.

Lorsque le Yuan exécutif a été remanié en août 1997, Vincent Siew, qui vient d’une famille d’agriculteurs, a été nommé Premier ministre. Son ascension dans la fonction publique jusqu’aux plus hautes fonctions administratives lui a valu le surnom amical de « Premier ministre roturier » dans les médias. En 2000, il a été choisi par Lien Chan, candidat du KMT aux présidentielles de cette année-là, comme colistier. Le 20 mai 2000, les changements sociaux et une scission au sein du KMT ont toutefois amené la première alternance politique à la tête de l’Etat.

Durant son mandat de chef du gouvernement, Vincent Siew avait relancé la croissance économique, et la République de Chine avait ainsi pu résister à la crise financière asiatique des années 1997-98, un succès remarqué de par le monde. Le 21 septembre 1999, le centre de Taiwan a été frappé par le séisme le plus meurtrier depuis près d’un siècle. Faisant tout ce qui était en son pouvoir pour diminuer les souffrances et l’impact économique de la catastrophe, Vincent Siew a dirigé les opérations de secours, les associations civiles travaillant ensemble pour secourir les blessés, acheminer l’aide humanitaire, construire des abris puis reconstruire les communautés dévastées. Il a supervisé la rédaction de la Loi temporaire pour la reconstruction suivant le séisme du 21 septembre, jetant les bases solides d’un effort difficile et de grande ampleur.

  • L’économie, une priorité

Après avoir quitté la fonction publique, Vincent Siew a donné des cours à l’Université nationale Chengchi et l’Université catholique Fu Jen, tout en se vouant aux causes humanitaires. Inspiré par l’exemple de l’Union européenne, et étant donné la complexité des relations entre les deux rives du Détroit ainsi que leur influence majeure sur l’économie de l’île, Vincent Siew a créé la Fondation du marché commun entre les deux rives dont les objectifs sont l’intégration des économies de Taiwan et de la Chine continentale et la normalisation de leurs échanges commerciaux. Ces idées, qu’il défend depuis plusieurs années, ont fait l’objet d’un consensus entre Lien Chan, alors président du KMT, et le chef du Parti communiste chinois, Hu Jintao, lors d’une rencontre en 2005. L’initiative de Vincent Siew a aussi été saluée par les médias internationaux et les observateurs économiques et politiques à travers le monde.

En 2002, Vincent Siew a été nommé président de l’Institut Chung-Hua de recherche économique, avec pour mission d’améliorer le statut et la réputation internationale du plus grand groupe de réflexion économique de l’île. En 2003, la crise du SRAS a sérieusement perturbé les activités économiques, et Vincent Siew a été chargé par le Président Chen Shui-bian de diriger le Groupe d’experts économiques de la présidence. A ce titre, il a entrepris des discussions avec les institutions de recherche et le monde des affaires, avant de faire part au président Chen Shui-bian de ses recommandations. Après six mois de travail et d’efforts, l’économie de Taiwan était enfin stabilisée. Voyant qu’il avait accompli sa mission, il a quitté ses fonctions en mars 2004.

  • Election présidentielle

Le 13 février 2007, Ma Ying-jeou, du KMT, a annoncé sa candidature à la présidence de la République. Les inquiétudes qui régnaient à propos de la situation économique de l’île ont incité Ma Ying-jeou à proposer à Vincent Siew, qui a voué la moitié de sa vie au développement économique et commercial de Taiwan, de se présenter à ses côtés. Vincent Siew a accepté, et Ma Ying-jeou a tenu une conférence de presse le 23 juin suivant pour annoncer son choix, en soulignant que celui-ci serait l’architecte de la remise en route de l’économie taiwanaise. Lors de cette conférence, Vincent Siew a indiqué qu’il avait décidé de rejoindre la campagne électorale parce que, vétéran des affaires économiques, il ne pouvait supporter de voir Taiwan s’enfoncer dans les difficultés et la misère s’étendre.

Lors de la campagne présidentielle, Vincent Siew a aidé Ma Ying-jeou à formuler des politiques économiques qui place « Taiwan en premier pour le bénéfice de la population ». Il a promis qu’au cours des quatre années suivantes, il utiliserait sa longue expérience pour raviver l’économie taiwanaise. Le 22 mars 2008, Ma Ying-jeou et Vincent Siew ont été élus Président et Vice-Président de la République de Chine avec une large majorité, une seconde alternance qui a marqué une nouvelle ère pour l’histoire de la nation.

  • Briser la glace

Du 11 au 13 avril 2008, après son élection à la Vice-Présidence, en sa capacité de Président de la Fondation du marché commun entre les deux rives, Vincent Siew a dirigé une délégation au Forum pour l’Asie à Boao, dans l’île chinoise de Hainan. A cette occasion, il a pu s’entretenir avec d’éminentes personnalités politiques comme l’ancien Secrétaire d’Etat américain George Powell mais aussi rencontrer Hu Jintao. Vincent Siew a alors fait part à celui-ci de sa vision pour le futur des relations entre les deux rives, résumées par le slogan « faire face à la réalité, créer un nouvel avenir, enterrer les disputes et chercher des solutions bénéfiques à tous ».

Le voyage de Boao a contribué à dissiper les tensions entre les deux rives et ouvert la voie au développement d’une interaction constructive. Les gouvernements américain et japonais ont l’un et l’autre exprimé leur soutien à la rencontre entre Vincent Siew et Hu Jintao, décrite dans la presse nationale et internationale comme ayant « brisé la glace ».

  • Famille

Vincent Siew attache une grande importance aux valeurs familiales et relations interpersonnelles. Son épouse, Susan Chu, qui est diplômée en commerce international de la NCCU, et leurs trois filles ont toujours été ses meilleurs soutiens. Titulaires d’un mastère, les deux premières filles de Vincent Siew sont mariées et vivent à Taiwan. La troisième a terminé ses études et exerce une activité professionnelle.

 

 
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