Né en 1948 à Caotun, dans le district de Nantou, au centre de Taiwan, Wu Den-yih est connu pour être l’un des plus remarquables hiérarques du Kuomintang (KMT), doté d’une capacité à rester en phase avec l’opinion publique et à en comprendre les sentiments, mais également à répondre à ses préoccupations et aux interrogations des médias dans un discours compréhensible de tous.
En revenant sur les 36 années de la carrière politique de Wu Den-yih, chacun peut se rendre compte que son style personnel a été façonné par une très profonde connaissance de l’Histoire et une longue expérience de la politique. Alors qu’il n’est qu’un étudiant de second cycle à l’Université nationale de Taiwan (NTU), et grâce à un essai qu’il écrit et intitule «
La croix portée par les étudiants de la NTU » qui sera publié dans le journal
University News, il est remarqué par Chiang Ching-kuo, alors président du Corps des jeunesses chinoises, qui deviendra plus tard président de la République, et qui lui accorde un entretien.
Après avoir achevé son service militaire en 1971, Wu Den-yih travaille comme journaliste pour le quotidien
China Times. Grâce à sa superbe écriture et à ses capacités d’analyse, il est très vite remarqué par le président-fondateur du journal, Yu Chi-chung, qui lui confie la tâche de la rédaction des éditoriaux.
Wu Den-yih démarre sa carrière politique en 1973 –il n’a que 25 ans– lorsqu’il est élu au conseil municipal de Taipei où il se maintiendra jusqu’en 1981. Par la suite, il devient chef du district de Nantou (1981-1989), président du comité municipal du KMT (1989-1990), maire de Kaohsiung (1990-1998), député (2002-2009), vice-président et secrétaire général du KMT (2007-2009). Chacun de ses mandats a exigé de lui une compréhension des préoccupations du peuple, une communication efficace avec le public et la capacité à résoudre les problèmes aussi rapidement que possible.
Quel que soit le poste qu’il a occupé, Wu Den-yih a strictement adhéré aux principes d’honnêteté, d’intégrité et d’écoute tandis qu’il a toujours placé les intérêts du peuple au dessus de tout, ce qui lui a valu un fort soutien populaire à l’occasion de nombreux consultations électorales.
Beaucoup se souviennent encore avec plaisir des échanges pleins de spiritualité aux séances du conseil municipal de Taipei entre le jeune Wu Den-yih et celui qui était alors maire de Taipei, et qui allait aussi devenir président de la République, Lee Teng-hui, et qui mettaient en valeur la perspicacité oratoire de Wu Den-yih, sa mémoire encyclopédique et sa capacité à citer des textes historiques dans les discussions relatives aux affaires courantes.
Un jour, alors qu’il critiquait un fonctionnaire municipal pour son interprétation erronée de la loi, il cita un passage d’une chronique historique datant de la dynastie Song : « Zizhi Tongjian » (littéralement, Chroniques d’aide au gouvernement)
Liu Gongchuo [de la dynastie Tang] était gouverneur de la région de l’est du Shannan. Il traversa le district de Deng où se trouvaient deux fonctionnaires, l’un s’étant rendu coupable de corruption et l’autre ayant abusivement interprété la loi. Le peuple tenait pour acquis que Liu Gongchuo condamnerait à mort le fonctionnaire corrompu. Dans son verdict, Liu Gongchuo déclara : « Si un fonctionnaire corrompu viole la loi, la loi survit ; si un fonctionnaire malintentionné interprète abusivement la loi, la loi meurt », et à la surprise de chacun, il condamna à mort le fonctionnaire qui avait abusivement interprété la
loi.
En citant cet épisode historique, Wu Den-yih se mettait à la place du peuple. Il expliqua au maire Lee Teng-hui que les «
fonctionnaires coupables d’une manipulation de la loi violent les droits du peuple, un crime plus grave que la corruption
» et il réclama la punition du fonctionnaire, ce que le maire Lee Teng-hui accepta de faire.
Après avoir assumé deux mandats de conseiller municipal à Taipei, Wu Den-yih obtient l’investiture du KMT pour se présenter à l’élection districtale de sa région natale, Nantou. Il remporte à l’élection à l’âge de 33 ans et devient le plus jeune chef de district de la nation à cette époque.
Dans le cadre de son mandat, il fait immédiatement preuve d’un style de gestion particulier. Au premier jour de sa prise de fonctions, le service de l’éthique de l’administration du district lui présente une liste comportant le nom d’employés suspectés ne pas être dignes de confiance. Sans jeter un seul regard au document, il le détruit sur-le-champ, expliquant que les employés devront dorénavant être jugés sur leurs résultats futurs et tous bénéficier d’une seconde chance.
Quelles que soient les fonctions que Wu Den-yih assume, il travaille seul et a recourts au personnel de son prédécesseur qu’il n’hésite pas à placer à des postes clés. Il est convaincu que tant qu’il garantit sa propre intégrité, qu’il place les intérêts du peuple au dessus de tout et qu’il exige une transparence totale, rien ne justifie le renouvellement d’une équipe.
Dans le cadre d’une enquête d’opinion menée à la fin de son premier mandat de chef du district de Nantou, il est reconnu comme l’élu le plus compétent et jouissant du niveau le plus élevé de popularité de tous les chefs de district et maires des municipalités. Son prestige dans le district est tel que personne ne s’oppose à sa réélection. Et même lorsqu’il assume d’autres fonctions au sin des municipalités de Kaohsiung et de Taipei, une grande majorité de ses anciens administrés continue de lui vouer une reconnaissance et une estime particulière pour ses exceptionnelles compétences. Selon les archives de la mairie de Kaohsiung, durant les huit années où il a assumé les fonctions de maire, plus de 40 000 habitants du district de Nantou sont venus lui rendre visite par bus spécialement affrétés.
Le style direct et énergique de Wu Den-yih dans sa manière de se tenir informé et de résoudre les problèmes trouve une illustration dans l’exercice de ses fonctions de chef de district à Nantou, comme de maire de Kaohsiung, en ouvrant sa porte à tous ses administrés et en présence des chefs de chaque service, une fois par semaine. Si ces derniers sont incapables de donner une réponse claire aux administrés ou de proposer une solution satisfaisante, il prend alors l’initiative de répondre à leur place sur le champ.
Si certains des membres de son administration ont pu ressentir une certaine gêne face ce type de situation, ils ont pu également se féliciter d’avoir pour patron Wu Den-yih, alors qu’ils devaient faire face à l’Assemblée districtale ou au conseil municipal : Wu Den-yih dispose d’une telle capacité de se tenir informé qu’il pouvait répondre de manière raisonné et satisfaisante à n’importe quelle question sans jamais placer ses subordonnés dans une situation difficile.
Wu Den-yih a souvent fait la preuve de sa volonté de préserver le bien-être du peuple, même si cela devait se faire aux dépends des riches et des puissants. Les cimenteries situées sur le territoire de la municipalité de Kaohsiung, par exemple, ont causé pendant des années de sérieux problèmes de pollution, dépouillant les versants montagneux de leur luisante verdure. Malgré le puissant réseau d’influence de ces sociétés, les efforts sans relâche du maire pour faire fermer ces sites industriels ont fini par être victorieux, et les versants montagneux ont retrouvé la splendeur de leur verdure.
C’est ce style de gestion qui a poussé Wu Den-yih h à consacrer la plus grande part du budget annuel de la mairie de Kaohsiung, inférieur de 100 milliards de dollars taiwanais à celui de la mairie de Taipei, aux infrastructures apportant une amélioration à long terme de la vie des administrés. Wu Den-yih a fait par exemple construire deux incinérateurs capables de prendre en charge un total quotidien de 2 700 t de déchets. Alors que la ville de Kaohsiung ne produit que 1 800 t d’ordures chaque jour, la capacité excédentaire est mise à profit pour aider les districts voisins de Kaohsiung et Pingtung à faire face aux occasionnelles situations d’urgence.
Dans le même temps, un grand nombre de districts et de municipalités cherchaient à construire des sites d’incinérateurs mais devaient faire face à la très forte opposition des habitants. La réalité est que la mairie de Kaohsiung a été la seule à réussir à implanter une telle infrastructure, ce qui est très largement attribuable à la très efficace capacité de communication de Wu Den-yih avec les riverains opposés à un tel projet.
Moins d’une semaine après avec pris ses fonctions de maire, Wu Den-yih avait déjà mémorisé le nom des 466 chefs de canton. Il a patiemment et constamment communiqué avec eux et les riverains des sites d’accueil des incinérateurs, allant souvent seul aux réunions de quartier, le soir, pour rencontrer ses opposants et discuter jusque tard dans la nuit des avantages et inconvénients de la construction d’une site. Une telle persévérance impressionna durablement les élus locaux ; et ses opposants d’hier furent les premiers à soutenir ses projets.
Les incinérateurs d’ordures ménagères ne sont qu’une partie des infrastructures construites ou dont la construction a été lancée sous la mandature de Wu Den-yih et qui ont bénéficié à tous sur le long terme. Parmi ceux-là, l’un des plus importants projets a été la mise en place d’un large réseau d’égouts dont certains des conduits sont suffisamment larges pour y faire entrer une voiture.
Malgré l’importance du budget requis pour la construction de ce réseau d’égouts, pour Wu Den-yih , il s’agissait surtout de planter la graine qui allait permettre la croissance d’un arbre gigantesque. Si la plante est effectuée avec beaucoup de précaution, les générations futures pourront en cueillir les bénéfices sans trop d’effort. Alors que beaucoup se sont préoccupés du fait que Wu Den-yih prenait en charge un projet extrêmement délicat et dont les résultats initiaux ne seraient pas immédiatement visibles, l’attitude du maire a été de considérer que les projets sont une sorte d’héritage qui se transmet d’une administration à l’autre. Ce qui doit être fait doit être fait et ceux qui accomplissent ces travaux ne doivent pas se préoccuper de celui qui terminera le chantier ou en recueillera le bénéfice politique.
C’est avec cet état d’esprit que le maire Wu Den-yih a lancé la construction du musée des Beaux-arts de Kaohsiung, du centre d’exposition du commerce de Kaohsiung, du centre d’activité physiques et culturelles de la jeunesse de Kaohsiung, de l’Université du temps libre pour les retraités, du Parc Jen-ai, de la piscine municipale de Kaohsiung aux standards internationaux, du jardin botanique de Kaohsiung, du Parc de bord de mer de Cijin et de l’usine de retraitement des eaux usées du quartier de Qianzhen.
En tant que maire de Kaohsiung, Wu Den-yih a également transformé l’ancien hôtel de ville en musée d’Histoire de Kaohsiung et contribué à la création de l’Université ouverte de Kaohsiung, de l’Université nationale de l’hôtellerie de Kaohsiung et de l’université nationale de Kaohsiung. Sous son autorité, Kaohsiung est devenu la première ville à Taiwan à offrir des déjeuners « équilibrés et nourrissants » aux élèves de toutes les écoles du primaire et du secondaire, tandis que la notable amélioration du réseau de drainage et d’égout a permis de mettre un terme aux inondations récurrentes dans un grand nombre de zones.
En plus de sa passion pour l’étude de l’Histoire, l’un des loisirs préférés de Wu Den-yih est le théâtre traditionnel de marionnettes. Grâce à ses lectures et son amour pour les spectacles de marionnettes, sans mentionner sa propre expérience, il a appris à comprendre que, quelle que soit l’époque, le fervent espoir du peuple est de s’appuyer sur un gouvernement intègre, compétent et capable d’assurer la Justice. Il s’est non seulement battu pour donner l’exemple aux autres, mais il a toujours insisté pour que le personnel sous son autorité s’interdise la recherche égoïste de gains mal acquis. Il faut donc lui être reconnaissant, qu’au cours des 16 années pendant lesquelles il a occupé les fonctions de chef de district de Nantou et de maire de Kaohsiung, aucun responsable administratif n’ait été inculpé pour corruption. Comme toujours, un gouvernement propre continue d’être l’exigence la plus fondamentale du Premier ministre.
En soulignant sa volonté de promouvoir le bien-être du peuple, le Premier ministre Wu Den-yih
a fait de la conservation des terres, de la prévention des catastrophes naturelles et des épidémies, de la santé publique et de la redynamisation de l’économie la priorité de son gouvernement. Sur ce dernier point, il fait sien le besoin d’agir dans un esprit conforme à « l’économie du peuple ». Il a demandé que les agences gouvernementales prennent les mesures nécessaires pour obtenir des résultats concrets et pour mesurer leur efficacité non pas en terme d’indicateurs statistiques abstraits, mais par des améliorations substantielles du bien-être de la population, soit la capacité à travailler et à jouir d’une éducation de qualité, des services de santé, des transports publics et du logement.
Le Premier ministre Wu Den-yih a aussi montré la valeur qu’il accorde au point de vue des parlementaires et combien il apprécie leur rôle dans la supervision du travail du gouvernement et l’établissement de canaux de communication dénués d’obstacles entre le Yuan exécutif et le Yuan législatif. Moins de trois semaines après avoir pris ses fonctions, il avait rendu visite à tous les parlementaires pour connaître leur avis et s’enquérir de leurs conseils.
Très conscient que Taiwan ne peut espérer atteindre ses objectifs sans s’intéresser aux problématiques globales – dont la hausse de la fréquence des catastrophes naturelles provoquée par le changement climatique, la propagation transfrontalière des maladies potentiellement mortelles et l’instabilité du système financier mondial – le Premier ministre a également exigé des agences gouvernementales qu’elles suivent précisément l’évolution des grandes tendances mondiales afin d’éviter des erreurs de diagnostic dans la gestion des problèmes, la non-exploitation de précieuses opportunités et qu’elles paient un prix élevé pour ces manquements.
L’intégrité, la capacité de travail dédiée à l’amélioration de la vie quotidienne des Taiwanais, la prise de décisions adéquates pour prévenir l’occurrence des problèmes a marqué toute la carrière politique du Premier ministre Wu Den-yih et c’est ce à quoi il faut s’attendre dans le cadre de l’exercice de ses fonctions en tant que Premier ministre.