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Relations entre les deux rives
Un avion de ligne chinois se prépare à atterrir à l’aéroport international de Taipei. En août 2011, le nombre de vols directs entre les deux rives est passé de 370 à 558 par semaine. (Jimmy Lin)Depuis que le gouvernement de la République de Chine s’est établi à Taiwan en 1949, il n’exerce sa souveraineté que sur l’île de Taiwan, sur les archipels de Penghu, Kinmen, Matsu, ainsi que sur quelques autres îles de moindre taille tandis que le continent est sous le contrôle des autorités de Pékin. Avec l’accélération de la démocratisation de Taiwan dans les années 80, le gouvernement s’est efforcé de promouvoir des échanges mutuellement bénéfiques et amicaux avec le continent. En conséquence, un grand nombre de restrictions pesant sur les relations économiques entre les deux rives du détroit de Taiwan ont été levées en l’espace de deux décennies. Aujourd’hui, Taiwan est l’un des plus gros investisseurs en Chine continentale et plus d’un million de Taiwanais – entrepreneurs, cadres supérieurs ou techniciens ainsi que leurs familles – vivent et travaillent en Chine.
Avec pour objectif le renforcement de la contribution de la République de Chine à la paix et à la stabilité régionales, depuis qu’il a pris ses fonctions en mai 2008, le président de la République, Ma Ying-jeou, a travaillé à des relations plus étroites et amicales avec le continent chinois, dans le respect du principe « priorité à Taiwan au bénéfice des Taiwanais ». Depuis, Taipei et Pékin ont mis de côté les épineuses questions politiques et portent leurs efforts sur les dossiers d’une importance pratique pour les deux rives.
En juin 2008, la Fondation des échanges entre les deux rives (SEF), organisme taiwanais semi-officiel, et son homologue chinoise, l’Association pour les relations à travers le détroit de Taiwan (ARATS) ont repris les négociations officielles après une interruption de 9 ans. En décembre 2010, six sessions de négociation ont alternativement eu lieu sur chacune des rives du Détroit et débouché sur la signature de 15 accords portant principalement sur les dossiers économiques ainsi que sur un communiqué conjoint sur l’ouverture de Taiwan aux investissements chinois. Les domaines et les dossiers sur lesquels portent ces accords incluent les liaisons aériennes, maritimes et postales directes, la sécurité sanitaire des aliments, la coopération financière, la lutte conjointe contre le crime, l’assistance judiciaire mutuelle, les normes industrielles, la pêche et la collaboration sur le plan agricole, ainsi que la protection des droits de la propriété intellectuelle.
Parmi les plus significatifs, l’Accord-cadre de coopération économique signé en juin 2010 permet de normaliser le commerce et les relations économiques entre Taiwan et le continent chinois. En plus de concessions mutuelles sur les tarifs douaniers, l’accord devrait permettre à Taiwan de signer des accords de libre-échange ou de nature équivalente avec ses grands partenaires commerciaux.
Les échanges de personnes à travers le Détroit ont également progressé au rythme du réchauffement des relations bilatérales. Selon les statistiques officielles, plus de 3 millions de Chinois du continent ont visité Taiwan depuis que les deux rives sont tombées d’accord, en juillet 2008, pour relever la limite imposée au nombre de visiteurs continentaux. La levée des restrictions permanentes a permis à plus de 2 000 étudiants chinois de s’inscrire dans les universités taiwanaises depuis le début de l’année 2011. Ces récents développements ont signalé un changement d’attitude chez les autorités taiwanaises et chinoises de nature à favoriser la coopération et la confiance.
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