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3. Economie et commerce
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L’Union européenne consolide ses liens commerciaux avec Taiwan

(Synthèse réalisée à partir d’un article du Taipei Journal du 15 décembre 2000)

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La banque ABN AMRO est l’une des nombreuses multinationales qui prospèrent sur le marché de Taiwan (Photo: Chang Su-ching)
Avec sa population laborieuse de 23 millions de personnes, Taiwan est connue depuis une vingtaine d’années à travers le monde comme l’une des économies des « tigres asiatiques ». Taiwan est la quinzième puissance commerciale du monde et la plupart de ses exportations est destinée aux Etats-Unis et à l’Asie. Mais au fur et à mesure que s’affirmait son importance dans les affaires mondiales, Taiwan a développé des relations commerciales et économiques avec nombre d’autres pays, notamment avec les quinze pays-membres de l’Union européenne.

Avec des échanges commerciaux s’élevant à environ 37,6 milliards d’US$ en 2000, l’Union européenne était le troisième partenaire commercial de Taiwan tandis que ce dernier était en revanche le dixième partenaire de l’Union. Depuis longtemps, les deux parties se rencontrent chaque année pour résoudre des litiges commerciaux et discuter de problèmes clés.

La perspective de l’admission de Taiwan au sein de l’Organisation mondiale du commerce a incité l’Union européenne à envisager d’ouvrir un bureau de liaison à Taipei. D’aucuns pensent que cela pourrait constituer une étape vers l’établissement de relations diplomatiques officielles mais même les amis de Taiwan recommandent de « ne rien précipiter ».

Le président du Conseil européen pour le commerce et les échanges (en anglais European Council of Commerce and Trade – ECCT) – l’organe qui représente les industriels de l’Union européenne à Taiwan et s’efforce de promouvoir les relations commerciales, les échanges bilatéraux et les investissements, M. Paul Scholten, a indiqué que cette association entre Taiwan et l’Union européenne avait noté deux changements notables au cours de ces dernières années. D’abord, l’accroissement du commerce bilatéral indique que la Commission européenne (la fonction publique de l’Union) et le Parlement européen s’intéressent de plus en plus à Taiwan. Deuxièmement, le Parlement européen – tout comme les parlements des Etats-membres, a été impressionné par l’évolution de Taiwan en une démocratie mature. Ces deux facteurs ont conduit à en appeler à l’établissement de relations formelles.

« La seule chose qui fasse défaut à l’heure actuelle, c’est un bureau de liaison », a confié M. Scholten. Cependant, le calendrier de l’installation d’un bureau de l’Union européenne à Taipei est encore en discussion. Bien qu’aucun calendrier spécifique n’ait été arrêté, la question figure en tête de la liste des priorités de la Commission européenne », a indiqué l’un des responsables de la Commission européenne chargé des affaires taiwanaises. « Cela surviendra probablement lorsque Taiwan aura rejoint l’Organisation mondiale du commerce (OMC) ».

Les principales missions du bureau de liaison seraient d’examiner les questions commerciales entre Taiwan et l’Union européenne dans le contexte de l’OMC, de promouvoir l’interaction entre les deux parties et de faciliter, entre autres domaines, les interactions bilatérales de nature économique et culturelle.

En réalité, l’accession de Taiwan à l’OMC est au centre des relations actuelles entre l’Union européenne et Taiwan et est considéré comme un moyen susceptible de favoriser le développement futur des relations économiques bilatérales.

La Commission européenne pense que la nature multilatérale du cadre de l’OMC conférera davantage de stabilité et de confiance lors de la résolution des litiges commerciaux et pour les questions d’investissement et surtout, aux dires de ce responsable de la Commission européenne, l’OMC aura une influence très positive sur les relations entre l’Union européenne et Taiwan.

Les négociations sur l’accession de Taiwan à l’OMC sont achevées et les efforts de l’île pour devenir membre de cette organisation commerciale multilatérale ont été reconnus par l’Union. En réalité, l’Union européenne a ouvertement félicité Taiwan, soulignant que son engagement dans le sens de l’ouverture des marchés allait beaucoup plus loin que la plupart des membres actuels de l’OMC.

Néanmoins, la République de Chine est toujours incapable d’obtenir une reconnaissance officielle de l’Union européenne. Comme c’est le cas pour beaucoup d’autres pays et organisations internationales, l’Union européenne reconnaît Taiwan en sa qualité d’entité économique – ou en qualité de « territoire douanier distinct » – mais pas en tant qu’Etat souverain.

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Le groupe Giant, de Taiwan, l’un des premiers producteurs mondiaux de bicyclettes, a établi des filiales à travers le monde, notamment aux Pays-Bas où il a implanté son usine Giant Europe, à la fin des années 90 (Photo: Deborah Shen)
Cela est conforme à la position officielle de l’Union européenne sur les relations avec Taiwan et la Chine continentale. En 1999, la présidence de l’Union européenne a publié une déclaration soutenant la version de Pékin du principe de la « Chine unique ». Quoique ouvertement favorable à la Chine continentale, la déclaration stipulait que les querelles inter-détroit devaient être résolues par un dialogue constructif. Elle affirmait également que les deux parties devaient éviter toute action ou toute déclaration susceptibles de faire monter la tension.

« Fondamentalement, nous espérons voir une résolution pacifique des querelles inter-détroit. Et nous pensons que la participation à l’OMC des deux parties permettra d’améliorer les relations entre elles », a dit le représentant de la Commission européenne.

Et pourtant, Taiwan compte un certain nombre d’alliés au sein de l’Union européenne. George Jarzembowski, parlementaire européen et l’un des dirigeants du groupe pro-Taiwan au sein de cette instance législative, a fait part de la difficulté pour l’Union européenne d’établir des relations diplomatiques avec Taiwan dans la mesure où aucun des quinze Etats-membres ne reconnaît actuellement la République de Chine. C’est pour cela aussi qu’il n’y a pas de délégation officielle au sein de l’Europe. « La Commission doit être prudente à cause des pays-membres », a indiqué M. Jarzembowski.

Une solution alternative a été la constitution en 1991, par certains membres du Parlement européen, du Groupe d’amitié avec Taiwan, afin d’améliorer les contacts entre l’Union européenne et Taiwan et les relations en général entre les deux parties.

Depuis l’investiture du Président de la République de Chine, Chen Shui-bian, le 20 mai 2000, le Groupe a essayé de persuader Pékin d’accepter cette nouvelle situation et a enjoint les dirigeants du continent à assouplir leurs relations avec Taipei.

Le Parlement européen est de longue date un groupe de pression important qui agit en faveur de relations entre l’Union européenne et Taiwan au-delà du niveau proposé par la Commission européenne et le Conseil des ministres. En 1985, le Parlement a adopté le Rapport Van Aerssen qui enjoignait l’Union européenne à développer davantage ses relations commerciales avec Taiwan. Ultérieurement, en 1993, des membres du Parlement européen ont présenté les rapports Hindley et Reding qui étaient favorables à l’admission de Taiwan à l’OMC.

Ces rapports ont aussi servi de base de discussion sur l’intégration de Taiwan et de la Chine continentale dans le système économique international. En outre, en 1996, le Parlement européen a publiquement condamné les tentatives menées par la Chine continentale pour influer sur le scrutin de la première élection présidentielle au suffrage universel à Taiwan en s’adonnant à des manœuvres militaires dans le détroit.

Récemment, pour conforter ses efforts pour la promotion des relations entre Taiwan et l’Union européenne, le Parlement européen a adopté un amendement à sa résolution sur la politique de l’Union européenne en matière de diplomatie et de sécurité qui en appelait au bloc européen pour qu’il renforce ses relations politiques avec Taiwan.

L’amendement préconisait que le Conseil des ministres – l’instance décisionnelle de l’Union européenne – trouve des modalités pratiques pour promouvoir des relations politiques plus étroites visant à soutenir la démocratisation de Taiwan. L’amendement incitait également l’Union européenne à intervenir en faveur d’une reprise rapide des pourparlers entre Taipei et Pékin. En outre, le Parlement européen plaidait en faveur de l’ouverture d’un bureau de représentation de l’Union européenne à Taipei.

Au-delà de l’optimisme qu’elle affiche de voir l’admission de Taiwan à l’OMC contribuer à stimuler les relations commerciales entre l’île et l’Europe, l’Union européenne espère que l’admission au sein de l’OMC de Taiwan et de la Chine continentale contribuera à améliorer les relations entre les deux rives du détroit de Taiwan. Cela pourrait même conduire à des relations officielles avec l’Europe.

« Taiwan compte de nombreux amis au Parlement », confiait M. Jarzembowski, ajoutant que les relations entre l’Union européenne et Taiwan devraient être améliorées et que la Chine continentale ne pouvait saper la position de Taiwan au sein de l’OMC.

Ce représentant de la Commission européenne confirme : « Je pense que l’OMC aura une incidence significative sur les relations inter-détroit » et « nous attendons avec impatience que les communications et les interactions entre les deux rives s’améliorent grâce à l’incidence de l’OMC ».

Toutes les parties prenantes au sein de l’Union européenne pensent que Taipei, Pékin et l’Union européenne devraient améliorer régulièrement et de façon circonstanciée leurs relations, établir de solides fondements qui ouvrent la possibilité de développements ultérieurs.

M. Jarzembowski pense que tant que Pékin n’est pas fixé sur la direction qu’il doit prendre, Taiwan ne devrait pas se faire trop pressant sur la question du statut. En revanche, il devrait adopter une approche progressive en matière de relations bilatérales avec l’Union européenne. Il a indiqué que l’objectif premier de Taiwan était de voir l’ouverture d’un bureau commercial de l’Union européenne et, ultérieurement, d’améliorer les relations avec celle-ci.
 


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