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2. Politique et affaires étrangères
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Développements politiques à Taiwan et tendance à l’intégration des valeurs de l’Europe et de l’Asie

Bau Tzong-ho
Doyen, Département de sciences sociales
Université nationale de Taiwan

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Le monument du Parc de la paix à Taipei commémore l’Incident du 28 février et symbolise la détermination du gouvernement de la République de Chine à soutenir et défendre les droits de l’homme (Crédit photographique: Agence centrale de presse)
Au cours des dix dernières années, la République de Chine à Taiwan a vécu une « révolution tranquille » au plan politique. La victoire du candidat de l’opposition Chen Shui-bian à l’élection présidentielle du 18 mars 2000 a marqué l’achèvement de la démocratisation du système politique de Taiwan et apporté la preuve que la démocratie pouvait exister dans le contexte culturel asiatique.

Au fur et à mesure de l’extension de la démocratie à travers l’Europe et l’Asie, le nombre d’organisations gouvernementales et non-gouvernementales s’est accru, de même que s’est accentué le mouvement vers une intégration régionale. Ces tendances ont rendu nécessaire un certain degré de compromis entre les concepts traditionnels de souveraineté nationale et de supranationalisme. En conséquence, la « souveraineté d’Etat » qui englobait autrefois les concepts de suprématie, d’indivisibilité et d’inaliénabilité est en voie de redéfinition. La souveraineté est désormais plus relative dans la mesure où les Etats-nations concèdent un certain degré de leur autorité aux organes internationaux.

Le concept de « souveraineté douce » est lié à la montée du féminisme en politique internationale. Au plan intérieur, le féminisme remet en question la pensée autoritaire, tandis qu’au plan international, il remet en cause le concept rigide de souveraineté. Le féminisme préconise qu’en matière d’humanité il n’existe ni condition supérieure ni condition inférieure et que les nations, qu’elles soient grandes ou petites, sont égales. Les Etats-nations devraient pouvoir réaliser leur union à condition qu’ils se respectent mutuellement et qu’ils n’excluent aucun d’entre eux pour des raisons de souveraineté.

La démocratie pose en principe que la souveraineté est une prérogative du peuple plutôt que du souverain. A la fin du XXe siècle, le concept de souveraineté populaire a dominé la pensée mondiale. A ce titre, l’entrée d’un Etat au sein de l’Union européenne dans le cadre du Traité de Maastricht devait être approuvée par référendum.

Dans la mesure où l’intégration à l’Europe n’est ni forcée ni imposée mais procède d’un développement naturel fondé sur le concept de souveraineté relative et sur le respect de la volonté populaire, le processus d’intégration en Europe a généralement été harmonieux.

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L’alternance pacifique au pouvoir, suite à l’élection présidentielle de mars 2000, atteste de la maturité démocratique de la République de Chine (Photo: Liao Tai-chi)
Le troisième Sommet Europe-Asie est une occasion pour l’Union européenne et l’ASEAN d’échanger leurs expériences de l'Europe et de l'Asie et de préciser plus avant leur valeurs. Malheureusement, la République de Chine n’a pas été en mesure de participer à ce sommet malgré ses remarquables résultats en matière de coopération internationale et de démocratisation.

La République de Chine défend sa souveraineté et respecte, en matière de politique étrangère, le statut des autres nations. La République de Chine met en œuvre l’idéal de souveraineté populaire, et apporte la preuve que les valeurs asiatiques sont compatibles avec la liberté et la démocratie. La souveraineté nationale n’est pas nécessairement un concept arbitraire et exclusif.

L’intégration asiatique, dans un cadre tel que l’ASEAN, est très en retard par rapport à celle de l’Union européenne et son avancée est certainement limitée par les spécificités subjectives et objectives de l’Asie. Il existe néanmoins de nombreuses occasions de coopération ultérieure fondées sur l’universalité et la non-exclusivité.

Compte tenu du dynamisme de son économie et de sa position importante dans le commerce mondial, la République de Chine ne devrait pas seulement être accueillie comme un participant actif et officiel de la région asiatique. Elle devrait aussi avoir l’occasion de partager son expérience démocratique avec ses voisins en Asie. Nous sommes persuadés que la République de Chine peut être un point de jonction entre les civilisations européennes et asiatiques parce qu’elle défend l’idéal de démocratie communément accepté en Europe et en Asie et qui a une incidence directe sur le futur de l’humanité.



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