COMMERCE
À Dihua, la chasse aux tissus
Monideepa Banerjee
©Monideepa Banerjee
PHOTOS DE L'AUTEURE
>> Des cotonnades aux rideaux de dentelle, en passant
par la soie et les fanfreluches, on trouve de tout dans la rue de Dihua

Les allées du marché Yongle.
Situé dans le quartier de Dadaocheng,
non loin de la gare centrale de Taipei, la rue de Dihua est fameuse pour ses spécialités
chinoises. On y achète sur tout des confiseries ou des épices au moment
du Nouvel An chinois. Mais c'est aussi là que se trouve le marché aux tissus,
ouvert toute l'année. Une centaine de petites boutiques de tissus s'y sont principalement
rassemblées dans un grand bâtiment récent sur la rue.
Recréer un cadre de vie
Souvent, pour un étranger qui vit ici, le plus dur est de recréer chez
soi une ambiance familière, m'a dit récemment une épouse d'expatrié
qui a séjourné dans 4 pays au cours des 6 dernières années.
« A ce titre, explique-t-elle , les rideaux, les coussins, les tapis
et les dessus-de-lit jouent un rôle essentiel pour recréer ce sentiment
et s'aménager un espace confortable lorsque l'on ne veut pas changer le mobilier...
D'autant plus que le temps que je passe à choisir ces tissus contribue à
ce que je me sente encore mieux dans mon nouveau décor. »
Faire ses achats de tissus rue de Dihua est fantastique. Les soies, les cotonnades,
les dentelles, les satins... stimulent l'inspiration quand on les voit ou qu'on les
touche. Et puis, les petits prix sont souvent au rendez-vous, lorsque les boutiques
font des rabais ce qui est fréquent. Mais attention, il faut payer en liquide
!

Le marché Yongle.
Le quartier de Dadaocheng est situé en bordure de rivière. Les quais qui
étaient pleins de vie autrefois avaient permis à l'endroit de devenir,
jusqu'au début du siècle, un centre animé du commerce des céramiques,
des herbes médicinales et des épices, ainsi que des textiles. La rue a
d'ailleurs gardé beaucoup de son cachet d'origine, les façades d'anciennes
bâtisses de style baroque témoignant encore de cette époque florissante.
Pour commencer sa quête de tissus, il est mieux d'entrer dans la rue Dihua en passant par la partie ouest de l'avenue de Nanjing où il y a déjà là quelques boutiques de textiles à visiter. L'une d'entre elles a d'ailleurs été, il y a une vingtaine d'années, la première à importer d'Inde de magnifiques tissus brodés. Lorsqu'on pénètre dans la rue de Dihua, il ne faut pas manquer au no9 un magasin qui offre une large sélection de soieries traditionnelles chinoises, souvent couvertes d'un fascinant motif de dragon. Au no11 de la rue, on découvre une grande variété de dentelles blanches, de rubans, de boutons et de centaines d'articles et accessoires.
L'endroit est idéal pour se livrer à des expériences de couleurs ou de styles à un prix raisonnable, affirme Shreng Labru, qui habite Taipei depuis longtemps. « Lorsque je me lasse d'un tissu d'ameublement, j'en change pour un autre, et je refais tout. En général, j'achète même le rouleau de tissu entier, ce qui s'avère meilleur marché », déclare-t-elle.

Des tissus pour tous les goûts.
Un bazar aux milles couleurs
Dans le bâtiment du marché Yongle sur trois niveaux, les tissus sont aux
premier et deuxième étages. Il n'y a que l'embarras du choix, aussi est-il
préférable avant de se décider de faire le tour de l'endroit et de
laisser son imagination courir.
Au rez-de-chaussée, se trouve le marché de quartier, plein de saveurs et d'odeurs, où sont vendus les légumes, les fruits, le poisson et la viande.
Au deuxième étage de ce fantastique bazar aux mille couleurs, on trouve tous les textiles, à tous les prix. « Les cotonnades et les tissus aux motifs traditionnels chinois sont parfaits pour des rideaux ou pour recouvrir un canapé, conseille un décorateur d'intérieur rencontré là-bas , tandis que les soieries aux reflets satinés sont idéales pour les housses de coussins. » Au deuxième étage, ce sont les tailleurs et tapissiers qui ont établi boutique. L'étendue de leurs services est impressionnante, et surtout leur présence sur le marché tellement pratique.
« Une visite au marché aux tissus est un excellent moyen de se relaxer, assure un enseignant de l'Ecole européenne de Taipei croisé sur place. Je trouve un plaisir sans borne à admirer les trames et motifs des tissus que l'on déroule devant moi. Mon imagination part alors dans tous les sens pour tenter de trouver le meilleur arrangement en fonction de mon intérieur. »

Au deuxième étage, les tailleurs,
couturiers, tapissiers, retoucheurs...
Dihua et ses environs
Les vieux bâtiments de la rue de Dihua peuvent fournir un excellent sujet de
reportage photographique. La rue est l'une des mieux préservées de la capitale
et a donc un caractère indéniable. Plusieurs des maisons qui restent ont
plus de 150 ans, ce qui pour Taipei est un exploit.
Au no61, on peut visiter le temple du dieu de la Cité, une divinité dont le culte a été apporté de la province chinoise du Fujian. Le bâtiment a été construit en 1859 et est depuis le centre religieux du quartier.
Non loin de là, un autre temple mérite le détour. Situé au 344 de l'avenue de Nanjing, il est dédié à Fazhu, une divinité qui protège les gens du quartier de l'influence des démons. Autre attraction du quartier, les quais, afin d'y embarquer pour une croisière sur la rivière Danshui. L'endroit est agréable à voir, et puis, le parc qui le jouxte permet de profiter d'un moment de calme, loin de la foule et de l'animation du marché aux tissus.
NDLR : Cet article est paru pour la première fois dans Discover Taipei en mars-avril 2006, sous le titre Hunting for the Right Fabric - In and Around Dihua Street.