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VITE, VITE…

LE PREMIER CENTRE DE PRÉVENTION DU SUICIDE
L’hôpital Mackay, à Taipei, a ouvert le 1er novembre un centre de prévention du suicide, le premier ici. Le besoin pour un tel service se fait malheureusement de plus en plus sentir, le suicide étant l’une des 10 premières causes de mortalité dans l’île, 3 468 personnes s’étant donné la mort l’année dernière. L’hôpital Mackay traite chaque année environ 600 personnes ayant des tendances suicidaires, 50% ayant déjà essayé de mettre fin à leurs jours.

UN FONDS D’ASSISTANCE POUR LES ÉPOUSES ÉTRANGÈRES
Le texte de loi instituant un Fonds d’assistance pour les conjoints étrangers, proposé par le ministère de l’Intérieur, a été approuvé le 10 novembre en première lecture par le Yuan législatif. Le fonds, doté d’un budget global de 3 milliards de dollars taiwanais sur dix ans, servira à financer une aide médicale, des services sociaux, une assistance légale, ainsi que des cours de langue et différents conseils pour les conjoints étrangers résidant à Taiwan, dont le nombre atteignait 350 000 à la fin septembre. Il permettra aux instances en charge des questions d’immigration de résoudre certaines des difficultés auxquelles sont confrontées les épouses originaires de Chine et du Sud-Est asiatique.

BIENTÔT UN TEST DE CHINOIS POUR LES ÉTRANGERS CANDIDATS À UNE UNIVERSITÉ TAIWANAISE
Les étudiants étrangers ou chinois d’outre-mer désirant s’inscrire dans une université taiwanaise devront, à partir de la prochaine année universitaire, être titulaires du certificat d’aptitude de chinois langue étrangère, a annoncé le ministère de l’Education. Les épreuves, comparables à celles du TOEFL demandé pour la langue anglaise dans les pays anglo-saxons, ne seront officiellement organisées qu’à partir de juin 2006. A défaut de ce certificat, les étudiants devront suivre des cours de mandarin en sus de leurs études. Quatre sessions annuelles seront tenues chaque année en juin et en décembre à travers l’île. Déjà, la possibilité d’en organiser à l’étranger est envisagée. L’usage des idéogrammes traditionnels constituera la norme pour ces tests, alors que ce sont les caractères simplifiés qui sont utilisés dans le Hanyu Kaoshi (le test standard du chinois) que la Chine a mis en place en 1998 pour les étudiants étrangers entrant dans une université chinoise et qui sert de référence dans plus de 30 pays.

72 CHARTERS POUR LA CHINE
Un accord a pu être trouvé entre les autorités de l’aviation civile taiwanaise et chinoise pour la mise en place d’un total de 72 vols entre Taiwan et la Chine au moment du Nouvel An chinois 2006, entre le 20 janvier et le 13 février, soit vingt-quatre de plus qu’au début de cette année. Six compagnies aériennes taiwanaises et six chinoises se partageront l’offre de façon équitable, entre les villes de Pékin, Shanghai, Guangzhou et Xiamen en Chine, et Taipei et Kaohsiung à Taiwan. Tous les charters devront passer par Hongkong. Tout ressortissant taiwanais résidant sur l’une ou l’autre rive et disposant des documents nécessaires pour voyager entre la Chine et Taiwan pourra bénéficier de ce service ponctuel de charters. La même possibilité est offerte aux conjoints chinois de ressortissants taiwanais : s’ils résident à Taiwan, ils pourront utiliser le service de charters pour retourner passer les fêtes en Chine. Lorsque la formule a été inaugurée en 2003, elle était destinée à faciliter le retour chez eux pour le Nouvel An chinois des gens d’affaires taiwanais installés en Chine, et ils étaient les seuls à avoir le droit de s’embarquer, dans un sens comme dans l’autre. Taipei a suspendu les liaisons aériennes directes avec la Chine il y a cinquante-six ans, à la suite de la guerre civile.

Fidel Ramos souhaite une relance des relations économiques entre Taiwan et les Philippines
Pendant sa visite à Taipei début novembre, l’ancien président philippin Fidel Ramos s’est déclaré favorable à la signature d’un accord qui instituerait un « couloir économique » liant Kaohsiung avec les deux zones franches philippines de Subic Bay et de Clark. Lors d’une interview accordée à un quotidien local, l’ancien chef d’Etat philippin a souligné que les rapports Taipei-Manille étant bons, il ne voyait pas de raison pour qu’ils ne soient pas renforcés. La politique taiwanaise « Vers le Sud », initiée il y a quelques années déjà, est restée en plan, a-t-il déploré. Fidel Ramos a insisté sur le fait que les deux pays sont naturellement placés pour s’entendre et coopérer dans le domaine économique. Taiwan, a-t-il poursuivi, est toujours le « plus proche » voisin et le « meilleur ami » des Philippines. Les hommes d’affaires insulaires ont investi quelque 1,5 milliard de dollars américains dans son pays, ce qui est peu comparé aux capitaux placés au Viêt-nam ou en Indonésie, a-t-il poursuivi, même si les entreprises taiwanaises occupent toujours une superficie de 153 ha à Subic Bay, l’ancienne base navale américaine transformée en zone franche industrielle. Il estime que la formule du « Projet Rong Bang » – la construction d’un parc industriel en Amérique centrale financé par Taiwan – pourrait aussi s’appliquer aux Philippines, et il a demandé que son pays soit mis sur la liste des destinations privilégiées pour les investisseurs industriels taiwanais.

Le réalisateur hongkongais Stephen Chow grand vainqueur du festival du Cheval d’or
Stephen Chow et ses collaborateurs sont repartis de Taiwan les bras chargés : le 13 novembre, le jury du 42e festival du Cheval d’or leur a attribué cinq récompenses pour Kung Fu Hustle : meilleur réalisateur, meilleur long métrage, meilleur second rôle féminin (l’hilarante Yuen Qiu, meilleur maquillage, meilleurs costumes et enfin meilleurs effets spéciaux. Les Hongkongais étaient présents en force au palmarès, ne laissant que quelques miettes au cinéma insulaire. La combinaison arts martiaux et comédie que Stephen Chow avait déjà exploitée avec succès dans Shaolin Soccer a donc à nouveau séduit. Quant au Taiwanais Hou Hsiao-hsien, que beaucoup voyaient bien placé cette année avec Three Times, il a dû se contenter du Prix du meilleur professionnel du cinéma taiwanais et du Prix du meilleur film taiwanais, mais son interprète principale, la Taiwanaise Shu Qi, a été récompensée par un Cheval d’or. Le Prix du meilleur acteur est allé à Aaron Kwok dans Divergence, du Hongkongais Benny Chan, et celui du meilleur second rôle masculin à Anthony Wong pour Initial D., de Andrew Lau et Alan Mak, Hongkongais eux aussi. Anthony Wong, qui récolte là son troisième trophée dans cette catégorie, y joue le père de son compatriote le chanteur-compositeur et maintenant acteur Jay Chou – qui décroche lui le Prix du meilleur jeune acteur pour son rôle vedette dans le même film. Signalons enfin que le Prix du meilleur documentaire a été attribué à l’excellent Jump! Boys, du Taiwanais Lin Yu-hsien, qui suit un groupe de petits gymnastes dans leur vie quotidienne et leurs entraînements.

Un politologue taiwanais : l’intégration européenne ne présente pas d’avantage pour l’île
Le professeur Kuo Chiu-ching, de l’Institut des études européennes à l’université Tamkang, à Tamsui, a rejeté l’idée que l’intégration européenne puisse présenter un avantage pour Taiwan, sa future constitution ayant pour seul objectif de renforcer les liens économiques et financiers d’un bloc dans lequel il sera difficile aux autres pays de pénétrer. Au cours d’un séminaire organisé les 10 et 11 novembre par cet institut et consacré à l’intégration européenne, Kuo Chiu-ching a insisté sur le fait que l’Union européenne (UE), une fois réglementée par une constitution unique, deviendra une structure économique et commerciale plus solide qui pourra se suffire à elle-même. Ce dernier point, souligne le professeur, ne peut que durcir les rapports commerciaux de l’Union européenne avec les nations qui lui sont extérieures, comme Taiwan, lesquelles auront plus de difficultés encore à y vendre leurs produits. Pour faire face à cette évolution et éviter les taxes douanières, les entreprises taiwanaises, par exemple, seront obligées d’investir et de s’implanter en Europe, en déduit-il. Pour appuyer ce dernier argument, Kuo Chiu-ching ajoute que celles qui sont déjà installées dans l’UE bénéficient des avantages que celle-ci leur offre. Concluant sa communication avec circonspection, il a insisté sur un autre point plus politique mais tout aussi défavorable à Taiwan : l’Europe, dans son ensemble, suit le principe de la Chine unique, ne reconnaissant pas Taiwan comme entité politique mais traitant seulement avec elle comme une institution commerciale et économique.

Lin Hsin-i est revenu satisfait du sommet de l’APEC
Les échanges ont été fructueux, a déclaré Lin Hsin-i à Busan, en Corée du Sud, samedi 19 novembre, juste après avoir participé à la réunion des dirigeants de la Coopération économique Asie-Pacifique (APEC). Lin Hsin-i y représentait le président Chen Shui-bian. Il a indiqué s’être entretenu avec plusieurs des chefs d’Etat et de gouvernement qui étaient conviés, mais c’est sa rencontre avec le président chinois Hu Jintao qui a, bien sûr, le plus attiré l’attention à Taipei. La conversation a été amicale, a commenté l’émissaire taiwanais qui a cependant précisé qu’elle n’avait pas duré suffisamment pour qu’il ait le temps d’évoquer d’éventuelles mesures communes de lutte contre la grippe aviaire. Des discussions productives ont eu lieu avec le président vietnamien, Tran Duc Luong, a ajouté Lin Hsin-i qui a renouvelé le soutien de Taiwan à l’accession du Viêt-nam à l’Organisation mondiale du commerce. C’est ce pays qui accueillera le prochain sommet de l’APEC.

L’OMC remercie Taiwan pour sa donation en faveur des pays moins avancés
Pascal Lamy, le directeur général de l’Organisation mondiale du commerce (OMC), a fait part de sa gratitude mercredi pour les 20 000 dollars américains (environ 670 000 dollars taiwanais) dont Taiwan a fait don afin d’aider à financer la participation des pays les moins avancés (PMA) à la 6e conférence ministérielle de cet organisme, du 13 au 18 décembre à Hongkong. « Je remercie le Territoire douanier de Taiwan, Penghu, Kinmen et Matsu [NDLR : l’appellation sous laquelle Taiwan a adhéré à l’OMC] pour cette contribution », a-t-il déclaré, ajoutant qu’une participation effective des économies les moins développées aux négociations de décembre était cruciale. La donation de Taiwan sera versée dans un fonds créé pour aider les pays pauvres à se faire représenter lors des sommets importants. Plusieurs pays européens, ainsi que l’Union européenne, ont déjà procédé à de généreuses contributions, l’objectif étant d’atteindre la somme de 1 million de francs suisses (environ 25,5 millions de dollars taiwanais). Dans le même cadre, Taiwan avait déjà donné près d’un million de dollars taiwanais en 2001 pour la conférence de Doha, puis 750 000 dollars taiwanais en 2003 pour celle de Cancún. A l’occasion de sa première participation officielle à un sommet de l’OMC, en 2001, l’île avait également versé plus de 8 millions au Programme de développement de Doha (DDAGTF).

Trois experts taiwanais invités à Genève pour une conférence de l’OMS sur la grippe aviaire
Steve Kuo, le directeur du Centre de contrôle des maladies (CDC), et deux autres experts médicaux taiwanais ont été conviés par l’Organisation mondiale de la santé (OMS) à participer aux tables rondes sur la grippe aviaire qui se sont tenues à Genève du 7 au 9 novembre. Steve Kuo était accompagné de Chang Shan-chun, un virologue de l’hôpital de l’université nationale de Taiwan, et de Ho Mei-hsiang, une chercheuse en médecine biologique de l’Academia sinica. Tous deux avaient joué un rôle de premier plan dans la lutte contre l’épidémie de sras, il y a deux ans. Si des Taiwanais ont été invités ce mois-ci, a noté Michael Kau, le vice-ministre des Affaires étrangères, cela n’a pas été le cas pour la rencontre sur la grippe aviaire organisée au Canada en octobre par les Etats-Unis et l’OMS, la Chine s’y étant opposée. Les Etats-Unis, a ajouté Michael Kau, ont promis de relayer à Taiwan les conclusions de cette conférence. Rappelant que Taipei continue de faire campagne pour obtenir le statut d’observateur à l’OMS, Michael Kau s’est dit « prudemment optimiste » que le dossier aboutisse cette année.

Presse : China Times Express disparaît
Incapable de faire face aux mutations en cours dans le monde de la presse insulaire, China Times Express, l’un des deux quotidiens insulaires du soir, a été publié le 31 octobre pour la dernière fois, disparaissant après 17 ans d’existence. Dans ses grandes années, le quotidien avait une circulation d’un demi-million d’exemplaires. La plupart des salariés ont retrouvé un emploi dans le groupe qui publiait le défunt journal, rejoignant l’équipe de China Times – l’autre quotidien du groupe, celui du matin, dont l’amélioration de la qualité est devenu un des grands objectifs de la direction. Le journal du soir avait été lancé en 1988, lorsque la loi martiale avait été levée et que le pays sortait du totalitarisme pour découvrir la liberté d’expression. Il avait alors joué un rôle critique de premier plan, avec des reportages innovants et sérieux visant à « aider le public insulaire à se forger une opinion ». « Au cours des 17 années passées, nous ne nous sommes épargné aucun effort dans la recherche de la vérité en insistant sur la justice sociale et en suivant une tradition libérale », a déclaré Yang Tu, le directeur éditorial du quotidien. La fermeture de China Times Express laisse le champ libre à l’autre grand quotidien du soir, United Evening News. Un plan de fusion entre les deux journaux avait été étudié avant d’être abandonné, par manque d’optimisme quant à l’avenir de cette solution.

Une aide au Malawi ciblée sur les capacités informatiques
L’ambassadeur de la République de Chine au Malawi, Chuang Shyan-kai, a remis mardi 2 novembre un chèque de 290 000 dollars américains à Patricia Kaliati, la ministre de l’Information de ce pays, au titre de l’assistance technique. Ces fonds sont destinés à financer un programme d’aide à l’informatisation du gouvernement malawien. Déjà l’année dernière, Taipei avait donné des ordinateurs et des logiciels à Lilongwe, et des professeurs d’informatique taiwanais avaient été envoyés au Malawi pour former environ 500 fonctionnaires. Si le programme donne satisfaction, il pourrait être étendu aux universités, a indiqué l’ambassadeur.

Une troupe de musiciens taiwanais en France
Le 18 novembre au soir, au Centre culturel de Taiwan à Paris, l’Ensemble Shin Shin a donné un concert de musique chinoise nanguan, interprétant des pièces de son répertoire traditionnel. Le nom de nanguan ou « vents du sud » est une appellation donnée à un genre musical originaire de la province du Fujian. Avec l’immigration massive des siècles passés, cette tradition s’est poursuivie à Taiwan. L’ensemble Shin Shin, qui se veut en être le conservatoire, en est aujourd’hui l’un des principaux interprètes. Le petit orchestre comprend quatre instruments majeurs, le pipa (un luth à quatre cordes), la flûte de bambou, le sanxian (un luth à trois cordes), et le erxian (une vièle à deux cordes). Un cinquième – des plaquettes en bois frappées l’une contre l’autre – les accompagne pour rythmer la mélodie. A ces instruments de base, s’en ajoutent quatre autres dits mineurs, les petites cymbales, le mini-gong, le jiaoluo (une sorte de grelot en bois frappé avec un bâtonnet) et des claquettes sikuai. Pour certains morceaux, un dixième instrument, le suona (une sorte de cornet avec pavillon) ou la flûte traversière, apporte une note plus festive.

Affaire Lafayette : le parquet général ordonne l’ouverture des dossiers bancaires transmis par la Suisse
Le procureur général de la Cour suprême a ordonné le 24 novembre l’ouverture immédiate des documents bancaires fournis par la Suisse dans le cadre du scandale des frégates Lafayette, afin que le travail de traduction et d’analyse des données qu’ils recèlent commence sans délai. La décision a entraîné des protestations véhémentes du Kuomintang (KMT) qui y a vu une manœuvre politicienne du Parti démocrate-progressiste (DPP) au pouvoir, moins de deux semaines avant le scrutin du 3 décembre. Le KMT ne nie pas que certains de ses anciens poids lourds sont liés à cette affaire qui empoisonne la vie politique insulaire depuis le début des années 90. Le parquet général avait d’abord promis d’attendre la conclusion des élections de décembre pour enlever les scellés qui ont été apposés sur les monceaux de documents transmis par la justice suisse, afin de ne pas influer par trop sur la vie politique locale. Or, a expliqué le procureur, le temps presse : les autorités judiciaires taiwanaises viennent d’être sommées par leurs homologues suisses de leur soumettre avant la mi-décembre une demande formelle s’appuyant sur des arguments juridiques suffisants, si elles souhaitent récupérer les fonds déposés en Suisse par le principal suspect dans cette affaire criminelle. Ce sont quelque 20 milliards de dollars taiwanais qui sont gelés sur une cinquantaine de comptes secrets ouverts en Suisse par Andrew Wang. Si la requête officielle de la justice taiwanaise n’intervient pas avant la mi-décembre, a averti Genève, ces fonds seront débloqués et l’homme d’affaires en fuite pourra en disposer comme bon lui semble.