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VITE, VITE…

Le président Chen Shui-bian adresse ses vœux au dalaï-lama
Le président Chen Shui-bian a adressé le 6 juillet ses meilleurs vœux de succès et de prospérité au dalaï-lama à l’occasion de son 70e anniversaire. Visitant au mémorial Tchang Kaï-chek, dans la capitale, une exposition dédiée au chef spirituel de la communauté bouddhique tibétaine, le chef de l’Etat, qui le considère comme l’« un des plus grands leaders religieux du monde », a espéré le revoir bientôt à Taipei. La visite était organisée par la Fondation religieuse tibétaine qui représente ici le dirigeant tibétain.

JO 2020. Pour stimuler la confiance en soi des Taiwanais, le Premier ministre, Frank Hsieh, envisage de soumettre la candidature de Taiwan à l’organisation des Jeux olympiques de 2020. Il a mis en avant les qualités essentielles de la population insulaire, notamment la chaleur des Taiwanais, leur ouverture d’esprit et leur vitalité, présentées comme des atouts. Et puis la décision du comité olympique n’étant pas attendue avant 2013, a-t-il précisé, cela laisse 8 années pour se préparer.

Réserves de change. Les réserves nationales de devises s’élevaient à 253,6 milliards de dollars américains en juin, ce qui les plaçait en troisième position mondiale derrière celles du Japon et de la Chine, ont annoncé récemment des responsables de la Banque centrale. La vive hausse qui s’est produite au début de l’année est probablement due à un rapatriement de capitaux investis à l’étranger, ont noté les experts qui expliquent en outre que l’appréciation récente du billet vert a éliminé les gains réalisés sur l’euro ou le yen japonais. A titre de comparaison, au même moment, les réserves de devises du Japon atteignaient 823,8 milliards de dollars et celles de la Chine 691 milliards.

Déficits bugétaires. La réduction des déséquilibres budgétaires est une des priorités du gouvernement qui projette l’année prochaine d’épargner entre 8 et 16 milliards de dollars taiwanais, ce qui résultera en une baisse de 0,5% à 1% des dépenses publiques. Des prévisions initiales qui n’indiquaient pas une baisse aussi forte ont été rejetées par le Premier ministre Frank Hsieh qui a insisté sur la nécessité de la réduction de la dette publique. Les économies seront probablement réalisées sur les dépenses de personnels. Les déficits s’accumulent depuis une dizaine d’années. Selon les anticipations du ministère des Finances, il faudra attendre entre 5 et 10 ans pour retrouver un équilibre à ce niveau.

Etrangers. Selon le ministère de l’Intérieur, on comptait en juin 512 980 ressortissants étrangers dans l’île dont 73 525 qui étaient de passage, des touristes ou des visiteurs d’affaires pour la plupart, y séjournant moins de 6 mois, tandis que 2 315 autres bénéficiaient d’un visa diplomatique ou de courtoisie. Le plus grand nombre jouit donc d’un statut de résident (437 140 personnes), la plupart d’entre eux (276 039) étant des employés sous contrat à durée déterminée d’origine philippine, thaïlandaise ou vietnamienne, travaillant sur les grands chantiers de l’île ou comme personnel de maison. La deuxième plus importante catégorie professionnelle est constituée par les enseignants qui sont 6 152, puis viennent celle des gens d’affaires (4 095), celle des ingénieurs (3 377) et celle des missionnaires (1 691).

Polynésie. Deux chercheurs de l’hôpital Mackay de Taipei, Jean Trejaut et Marie Lin, ont trouvé un nouvel élément de preuve pour appuyer la théorie selon laquelle les Polynésiens qui colonisèrent les îles du Pacifique étaient originaires de Taiwan, a rapporté une agence de presse étrangère. Les deux scientifiques se sont livrés à une comparaison de l’ADN mitochondrial des Polynésiens, des Mélanésiens et des aborigènes de Taiwan, mettant en évidence des similitudes très claires entre ces groupes de population. Leurs découvertes suggèrent que les aborigènes de Taiwan sont restés génétiquement isolés des populations du continent chinois pendant 10 000 à 20 000 ans et que leurs descendants aujourd’hui partagent les mêmes ancêtres que les Polynésiens.

Langues locales. Le ministère de l’Information, conjointement avec les ministères des Affaires hakka et des Affaires aborigènes organisera le 17 septembre à Kaohsiung le deuxième concours des paroliers en langue maternelle locale. Cette année, la compétition est divisée en trois parties, deux pour chacune des principales langues chinoises autres que le mandarin et communément parlées dans l’île — le hoklo et le hakka — et la troisième pour les langues aborigènes. Pour encourager les gens à participer plus nombreux, les paroliers gagnants dans chacun des groupes toucheront un prix de 500 000 dollars taiwanais. Les 2es prix recevront 300 000 dollars chacun et les 3es prix 150 000 dollars.

Ma Ying-jeou, président du KMT
La transparence et l’esprit de réforme semblent avoir conquis les membres du Kuomintang (KMT), puisqu’ils ont plébiscité le 16 juillet à la tête de leur parti Ma Ying-jeou qui avait placé ces deux traits au cœur de son programme de campagne. Votant pour la première fois directement pour désigner le dirigeant de leur formation, les militants du KMT, qui s’étaient déplacés nombreux — plus d’un sur deux est allé voter —, ont choisi d’élire le maire de Taipei pour succéder à Lien Chan aux commandes de l’ancien parti au pouvoir. Rival malheureux dans ce scrutin, le président du Yuan législatif, Wang Jin-pyng, s’est incliné en ne réunissant qu’un peu plus de 27% des suffrages, ne remportant le vote dans aucune des circonscriptions, même pas dans le district de Kaohsiung pourtant considéré comme son fief. Avec Ma Ying-jeou, la formation créée il y a 110 ans par Sun Yat-sen rajeunit, de l’avis de tous les experts, celui qui en prend les rênes, âgé de 55 ans, se posant comme le candidat de la réforme et de la rénovation. Le prochain président du KMT a immédiatement tendu la main à Wang Jin-pyng et aux autres partis dits du camp panbleu, les appelant à travailler avec lui. Il y a de fortes chances que Ma Ying-jeou, ayant gagné la direction du KMT, en obtienne aussi l’investiture pour briguer la présidence de la République en 2008.

La réforme constitutionnelle se poursuit
Il y aura une prochaine phase de réformes constitutionnelles, a affirmé le 19 juillet le président de la République à des visiteurs français, leur expliquant que la Constitution, sous sa forme actuelle, ne répondait pas, notamment, à la situation actuelle de cohabitation. Chen Shui-bian recevait des sénateurs français amis de Taiwan. « La Constitution taiwanaise s’inspire grandement du système dual à la française, sans pour autant en être la réplique exacte », a déclaré Chen Shui-bian à ses invités en insistant sur les limites de la loi fondamentale en vigueur qui ne permettent pas de trancher au fond entre un système présidentiel, comme celui qui existe aux Etats-Unis, ou un système parlementaire tel qu’il prévaut au Japon. Evoquant les relations avec la France, satisfaisantes sur le plan commercial, le chef de l’Etat a mis en avant l’ambiguïté de son homologue français, Jacques Chirac, un dirigeant démocrate qui n’en soutient pas moins la Chine, laquelle multiplie les atteintes aux droits de l’homme.

La Fondation nationale des arts et de la culture a décerné ses prix
Les noms des cinq lauréats du Prix national des arts 2005 ont été annoncés par la Fondation nationale des arts et de la culture (NCAF). Il s’agit du romancier Cheng Ching-wen, du compositeur Chien Nan-chang, du réalisateur Hou Hsiao-hsien, de la danseuse et chorégraphe Lin Lee-chen et de la dramaturge Wang An-chi. Un communiqué de la NCAF explique que les cinq artistes récompensés ont apporté une contribution unique et durable à la vie culturelle du pays dans leur domaine respectif. Professeur de littérature chinoise à l’université Tsing Hua, à Hsinchu, Wang An-chi a contribué à redonner vie à l’opéra chinois en écrivant de nouveaux livrets, notamment pour la troupe nationale Kuokuang. La danseuse Lin Lee-chen s’est fait connaître dans l’île et à l’étranger avec la troupe Legend Lin Dance Theater dont elle est directrice artistique et qui puise amplement son inspiration dans les rituels bouddhiques et taoïstes. Très concerné par l’humanisme et par l’histoire de Taiwan Hou Hsiao-hsien a hissé le cinéma taiwanais à une place éminente tout en expérimentant constamment. Les œuvres du compositeur Chien Nan-chang sont appréciées dans le monde entier, note la NCAF. Empruntant aux traditions musicales de la Chine et de Taiwan, il intègre également dans certaines de ses compositions des chants aborigènes de l’île. Né en 1932 à Taoyuan, Cheng Ching-wen est connu pour son intérêt pour la société taiwanaise, tentant d’inciter ses lecteurs à chercher une solution aux problèmes que celle-ci rencontre. Il écrit également des histoires pour enfants.

L’APEC, un sommet impossible
Le président de la République n’ira probablement pas au sommet des dirigeants de la Coopération Asie-Pacifique (APEC) en novembre en Corée du Sud, mais le ministère des Affaires étrangères ici n’a pas renoncé à tout mettre en œuvre pour que les autorités de Séoul acceptent de lui délivrer un visa. La Chine continuant de faire pression pour isoler les dirigeants taiwanais sur la scène internationale, il y a peu de chances que les autorités sud-coréennes, qui n’entretiennent pas de relations diplomatiques avec Taiwan, autorisent l’accès de leur territoire au président Chen Shui-bian, bien que l’île soit officiellement membre à part entière de l’APEC. Les dirigeants des pays membres de l’organisation se retrouvent à l’occasion d’un sommet annuel et, depuis que Taiwan est entrée à l’APEC en 1991, les présidents taiwanais ont toujours dû s’y faire remplacer par un émissaire spécial. Le 22 juillet, Chen Shui-bian avait exprimé le vœu de se rendre à Pusan, en novembre prochain, même si cela devait se faire sous l’appellation officielle pour Taiwan de « Taipei chinois », afin de saisir l’opportunité d’y rencontrer son homologue chinois, Hu Jintao. Le refus de Séoul de lui délivrer un visa a été confirmé le lendemain.

World Vision Taiwan en campagne contre la faim
Chaque année depuis 1990, un jeûne de 30 heures est proposé par l’organisation caritative World Vision Taiwan (WVT) aux personnes souhaitant vivre autrement l’aide humanitaire — un moyen de rendre plus concrète la prise de conscience de la tragédie de la faim dans le monde. La chanteuse Chang Hui-mei — ou A-mei —, qui rentre d’une visite au Soudan avec WVT, travaille bénévolement pour relayer l’appel de l’organisation internationale. Cette année, les participants au jeûne de 30 heures se rassembleront du 13 au 14 août à l’université nationale Sun Yat-sen, à Kaohsiung. Ils seront encouragés à verser la modique somme de 100 dollars taiwanais pour chacun des repas auxquels ils renonceront par solidarité avec les plus démunis. Les organisateurs espèrent la venue d’environ 8 000 personnes. Il est possible également de donner en ligne sur le site de la campagne, www.30hf.prg.tw, ou de déposer pièces et billets dans des troncs qui seront mis à la disposition du public dans les magasins de proximité de la chaîne 7-Eleven. WVT table sur des dons d’un total de 170 millions de dollars qui seront affectés à divers programmes d’assistance alimentaire et sanitaire, notamment en Afrique, ainsi qu’à la reconstruction des communautés sinistrées par les catastrophes naturelles à Taiwan et en Asie.

Les mini-liaisons sont un succès
La « mini-liaison » maritime directe effectuée entre la Chine continentale et l’île de Kinmen a connu un essor considérable depuis le début de l’année, le nombre des voyageurs l’empruntant ayant augmenté de plus de 50%. Selon les responsables locaux des services de contrôle aux frontières, ce sont plus de 265 000 voyageurs qui ont traversé durant les 6 premiers mois de l’année les quelques kilomètres de mer qui séparent la Chine de ces îles sous juridiction de Taiwan. Par mini-liaison, on entend un service de transport maritime entre Kinmen ou Matsu et les ports de Xiamen et de Fuzhou, tous les deux situés dans la province continentale du Fujian. Plus de 75% des voyageurs sont des hommes d’affaires taiwanais — ou des membres de leur famille — basés dans le Fujian. Ils utilisent de plus en plus cette route depuis que la province du Fujian a été ouverte par les autorités chinoises aux investissements taiwanais en mars dernier. A la fin de l’année dernière, Pékin a également autorisé la traversée aux habitants chinois du Fujian. Les mini-liaisons directes ont été lancées en 2001, guère plus de 21 000 personnes effectuant la traversée la première année.

Des œufs de poule stimulant le système immunitaire
Des chercheurs d’un laboratoire taiwanais spécialisé dans la reproduction animale ont mis au point une méthode qui permet de faire pondre aux poules des œufs contenant des antigènes pouvant combattre certaines maladies. Après deux années d’efforts dans ce laboratoire situé à Hsinhua, dans le district de Tainan, les chercheurs ont présenté leur nouveau produit au salon Bio Taiwan 2005, un événement international annuel consacré à la biotechnologie qui s’est tenu à la mi-juillet à Taipei. Le processus consiste à injecter des corps pathogènes aux poules qui développent alors des antigènes dénommés « jaune IgG » ou en abrégé IgY. Ces anticorps se retrouvent ensuite dans les jaunes d’œufs à raison de 2% à 10% de leur volume. Les œufs « médicinaux » stimuleront le système immunitaire de la personne qui les consommera en neutralisant certains virus ou bactéries, tels que le streptocoque, l’E. coli ou encore la bactérie de la pneumonie, espèrent les chercheurs. Néanmoins, ils devront être consommés crus puisque la cuisson détruit les antigènes.

Les étudiants protestent contre la hausse des frais d’études
Des centaines d’étudiants se sont rassemblés le 2 juillet devant le ministère de l’Education pour protester contre la hausse des frais d’études, décriant ce qu’ils estiment être une mercantilisation des études. Sous la conduite de la Coalition contre la hausse du coût des études supérieures à Taiwan, ils ont également dénoncé les prêts faciles accordés aux étudiants pour financer leurs études, mais qui les endettent avant même leur entrée dans la vie professionnelle. Les manifestants ont réclamé que les pouvoirs publics trouvent d’autres solutions, par exemple, en augmentant l’impôt sur les entreprises ou en créant un fonds spécial. Selon le ministère, 57 établissements publics et privés d’enseignement supérieur ont récemment demandé l’autorisation d’augmenter leurs tarifs au motif de ne pas avoir eu d’excédents budgétaires depuis 3 ans. Le ministère a indiqué qu’un total de 17,4 milliards de dollars taiwanais avait été réservé pour financer des bourses d’études et a proposé que les étudiants ayant obtenu un prêt pour poursuivre des études ne soient pas tenus de le rembourser tant que leur revenu annuel est inférieur à 240 000 dollars.