TOURISME

Un champ de bataille ramené à la vie


La maison de la famille Chen, à Hsiyu, est un des meilleurs exemples de l'architecture particulière des Penghu, alliant la pierre et le corail, et mariant les styles chinois et occidental.

La commune de Hsiyu s'étend sur toute l'île du Vieux Pêcheur, la deuxième par la grandeur des 64 îles des Penghu. Elle est située à l'extrémité ouest de l'archipel. Longue et étroite, sa forme s'apparente à celle d'un hippocampe. Alors qu'à son extrémité nord, un long pont la relie à l'île de Paisha, sa pointe sud semble s'élancer vers l'île de Penghu où se tient le chef-lieu de l'archipel, Makung. L'île du Vieux Pêcheur, l'île de Paisha, et l'île de Penghu forment un immense C, une impression que renforcent les ponts qui les relient. Hsiyu a toujours joué un rôle militaire stratégique important en raison de la voie maritime qui la longe et qu'ont empruntée les bateaux reliant les Penghu à Taiwan, aussi possède-t-elle une foule de forts anciens, de tunnels et de batteries de canon qui témoignent des nombreuses batailles navales qui ont eu lieu au large dans le passé.

Les tambours de la guerre ont cessé de retentir depuis près d'un siècle maintenant. Les traces de cette « peur » de la guerre sont peu à peu devenues un attrait touristisque. Par ailleurs, le hameau d'Erhkan à Hsiyu fut le premier à être officiellement désigné « hameau traditionnel et site historique national » de la République de Chine. Sans aide extérieure, les habitants d'Erhkan ont ouvert quatre charmants musées. Les gens originaires de Hsiyu exilés à Taiwan et ailleurs ont commencé à revenir pour y retrouver les maisons traditionnelles, l'atmosphère amicale, l'immensité du ciel azuré et le bleu de la mer. Selon le maire de Hsiyu, Lu Cheng-tang, « les plus beaux sites touristiques des Penghu se trouvent à Hsiyu ».

L'île pittoresque de Hsiyu s'étend sur 18,7 kilomètres carrés en tout avec une population d'environ 8 300 personnes réparties entre les 11 hameaux. Son économie repose depuis toujours sur la pêche.

Le plus grand des hameaux est Chuwan. Là, on trouve un temple dédié au fameux général Guan Yu. Dans un labyrinthe souterrain reposent des reliques religieuses. Près du littoral, l'île du Petit Pont possède plusieurs des atouts qui ont rendu les Penghu célèbres. Merveilleuse, l'île est principalement connue pour ses parterres de gaillardies, ses plages de sable blanc, ses formations basaltiques et ses champs « en nids de guêpes » ainsi nommés parce qu'ils sont divisés en d'innombrables petites parcelles grâce à des murettes faites de calcaire corallien, élevées par les fermiers pour protéger les récoltes du vent et la grotte de la Baleine, un pont naturel façonné par le vent et les vagues à l'extrémité nord de la petite île. Visible de loin, ce pont ressemble à une gigantesque baleine échouée sur la côte. Dans le hameau de Chihtung, des colonnes basaltiques surgissent abruptement de la mer le long de la côte, à Takuoyeh. Le hameau d'Erhkan est le moins peuplé de Hsiyu, mais c'est l'un des plus connus puisqu'il a été classé site historique. Il comprend la résidence de la famille Chen, également classée monument historique. A la pointe sud de Hsiyu se trouve le hameau de Waian, un petit port de pêche avec un va-et-vient incessant de bateaux. Waian est le plus peuplé et le plus actif des hameaux de Hsiyu. La religion est aussi présente avec le temple du Roi Wen, où chaque année pendant la fête des Lanternes, les bateaux de pêcheurs s'illuminent tous simultanément dans le port pour un festival de lanternes sur mer unique en son genre. A l'orée du hameau, le vieux fort de Hsitai et le phare de Hsiyu tous deux classés monuments historiques témoignent du rôle maritime stratégique de l'endroit.

La guerre à Hsiyu
Les habitants de Hsiyu aiment citer une phrase tirée de l' Histoire générale de Taiwan : « Hsiyu protège les Penghu ». Il est évident que les Chinois ont été actifs dans l'île depuis la période des Trois Royaumes au IIIe siècle de l'ère chrétienne. Une garnison a été établie aux Penghu à la fin de la dynastie des Yuan (XIVe s.), tandis que Hsiyu, placée sous son contrôle, a été colonisée par les Chinois bien avant Taiwan.

Le fort de Hsitai couvre huit hectares. La porte du fort porte une inscription attribuée à Li Hongzhang, un célèbre ministre des Qing au XIXe siècle. Le chemin encaissé qui mène à l'intérieur du fort donne l'impression d'être dans un tunnel tandis que l'on avance au milieu d'un dédale de rues entre les casernes, les entrepôts de munitions, etc. Les canons perchés sur la muraille sont prêts à défendre la population contre les envahisseurs venus de la mer. De cette position dominante, ces armes ont jadis contrôlés le chenal qui conduit à la « mer intérieure » des Penghu.

Lorsque la guerre a éclaté entre la Chine et la France en 1885, l'amiral Amédée Courbet et sa flotte ont attaqué Taiwan et les Penghu. A la fin de la guerre, la cour des Qing a dépensé plus de 10 000 taëls d'argent pour l'achat de quatre énormes canons, qui ont été installés sur l'île Hsiyu.

Plus tard, durant la guerre sino-japonaise de 1894, la flotte japonaise a elle aussi attaqué les Penghu, et les canons du fort de Hsitai ont joué un rôle important dans la défense de l'archipel. Finalement, les Japonais ont débarqué sur l'île de Hsiyu, mais pas avant que les défenseurs des Qing n'aient eux-mêmes saboté les canons. Il n'est pas difficile pour les visiteurs du fort de Hsitai d'imaginer des vaisseaux d'une autre époque naviguant au large et d'entendre les canons gronder de mécontentement à leur vue.


Les habitants du hameau d'Erhkan ont monté ce piège à poissons en basalte, en témoignage de l'importance de la pêche pour l'archipel.

Le maire Lu Cheng-tang indique : « Il y a aussi le fort de Tungtai sur l'île, mais il est fermé au public parce qu'il a toujours son importance militaire. En réalité, il y a des lieux stratégiques un peu partout dans Hsiyu. Récemment, dans le hameau de Neian, un vieux tunnel militaire, construit sous l'occupation japonaise, a été découvert. » Une étude plus approfondie, poursuit le maire, permettrait d'en savoir plus sur le passé militaire fascinant de l'île.

Le blanc luisant du phare de Hsiyu, situé sur la pointe sud-ouest de l'île, guide les bateaux qui croisent entre Xiamen, les Penghu et Taiwan. Les pêcheurs qui travaillent au large à l'ouest des Penghu dépendent de lui pour leurs opérations de nuit. Le phare est aussi le meilleur endroit pour admirer les fameux couchers de soleil à Hsiyu. On ne se lasse pas d'y contempler le disque solaire rouge ardent plonger dans l'océan dans des nuances qui varient à l'infini. De simples mots ne sauraient exprimer tant de beauté.

Du port de pêche à la pisciculture
L'industrie traditionnelle de la pêche est aujourd'hui en déclin. Néanmoins, l'île du Vieux Pêcheur, où le poisson fait tourner l'économie, a malgré tout réussi à s'adapter et à trouver un créneau lucratif sur le marché mondial.

La maison du clan Chen vue de l'intérieur. Elle fut bâtie par deux frères qui avaient amassé une fortune dans le commerce des plantes médicinales au XVIIIe siècle.

En 1993, des chercheurs taiwanais ont développé une méthode pour accroître la multiplication des oeufs de cobia (Rachycentron canadum). Les habitants de Hsiyu ont commencé à utiliser cette nouvelle technique dans la baie de Chuwan et dans les eaux au large de Neian. Rapidement, Hsiyu a mis en place les plus importantes installations d'aquiculture marine de la République de Chine. Le cobia est un poisson de grande valeur, prisé pour sa chair délicieuse. Il est surtout exporté au Japon. Le marché du cobia représente un chiffre d'affaires estimé à 500 millions de TWD (env. 15 millions d'EUR) par an et amène à la fois capitaux et renommée à Hsiyu.

Les cobias sont des mangeurs voraces qui se tortillent dans tous les sens quand les pêcheurs leur jettent de la nourriture, un spectacle qui attire de nombreux touristes, prêts à dépenser un peu plus pour le simple plaisir de les nourrir et de les pêcher.

Pendant que les hommes partent en mer pour gagner leur vie, les femmes de Hsiyu se tournent vers la terre, plantant entre autres des arachides. Elles ont depuis longtemps l'habitude d'alléger le poids des corvées en entonnant des chants baoge. Hung Min-tsung, secrétaire du service culturel du hsien des Penghu et originaire de Hsiyu, a rassemblé ces chants en un album. Il a fondé une troupe de chanteuses de baoge composée de septuagénaires. Elles répètent et montent leurs spectacles à Erhkan. Elles ont connu un franc succès à Taipei au début de l'année en participant à un festival culturel.

Vieille maison, nouvelle vie
Les chanteuses de la troupe de baoge viennent d'Erkhan, où l'architecture locale bien préservée présente un superbe mélange de traditions et d'innovations qui attirent chaque année un grand nombre de touristes, le hameau ayant été classé site traditionnel de tourisme par le gouvernement central.

Après que la commission d'Etat des Affaires culturelles eut proclamé l'établissement de ce site en 1989, la cinquantaine de familles la plupart portent le patronyme de Chen vivant là ont unanimement accepté que le hameau tout entier devienne un site protégé.

Sous la dynastie Qing, au XVIIIe siècle, les deux frères Chen Ling et Chen Pang sont venus de Kinmen s'installer à Hsiyu, où ils ont créé un comptoir d'herbes médicinales chinoises. Comme les affaires marchaient bien, l'entreprise a prospéré et la famille s'est étendue. En 1911, mettant en commun leurs ressources, leurs descendants ont bâti une résidence dont l'entrée principale est souvent décrite comme un mélange d'architectures chinoise et occidentale. L'intérieur a été conçu de manière traditionnelle avec une enceinte sur trois côtés. Les matériaux utilisés, les traditionnels basalte et calcaire corallien, sont aussi remarquablement arrangés dans un style moderne, avec des tuiles vernies décoratives. C'est certainement un des plus beaux exemples de maisons traditionnelles de tout l'archipel.

Quand le grand pont reliant les îles du Vieux Pêcheur, de Paisha et de Penghu a été construit en 1970, on ne croyait pas que les jeunes partiraient aussi vite. « La moitié sont allés à Makung et les autres à Kaohsiung », note Chen Jung-yi, le président de l'Amicale d'Erhkan. Lui-même à l'âge de 7 ans avait suivi son père à Kaohsiung. Les premières années de cet exil, beaucoup d'entre eux revenaient pour le Nouvel An chinois afin de rendre un culte à leurs ancêtres. Mais, par la suite, ceux qui partaient ont emporté avec eux les tablettes funéraires de leurs ancêtres. Erhkan, le plus petit hameau de Hsiyu, qui a eu jusqu'à 200 ou 300 habitants, n'en a plus maintenant qu'une soixantaine. Plusieurs des jolies maisons avec jardin sont restées à l'abandon, tombant peu à peu en ruines.

Heureusement, l'Etat a pris des dispositions pour protéger le patrimoine, les habitants sont aussi passés à l'action, incitant les personnes originaires d'Erhkan à y revenir pour aider à rebâtir le hameau natal. « Ce ne sont pas seulement nos maisons que nous voulons conserver, dit le vice-président de l'Amicale d'Erhkan, qui a quitté Taipei pour se réinstaller à Erhkan il y a cinq ans avec sa femme et ses enfants. La vie à Erhkan se déroule vraiment harmonieusement au fil des ans. C'est ce genre de mode de vie que nous désirons maintenir. »

Le temple Pao-en à Tungliang s'abrite sous l'immense ramure d'un unique arbre centenaire.

Chaque maison est un musée

Les habitants ont commencé par transformer les maisons abandonnées en autant de petits musées. Des collections d'objets de valeurs, certains datant de la dynastie des Qing, ont été ajoutées, notamment une banderole frappée d'un tigre volant utilisée lors de rites pour combattre la malchance, ainsi que des éléments de construction provenant du temple d'Erh-hsing. Les villageois se sont mobilisés pour rassembler tous les vieux objets intéressants qu'ils pouvaient trouver chez eux : des chandeliers, de vieilles jarres, d'anciennes vanneuses, des berceaux, etc.

Cet ensemble a permis de constituer une collection pour le Musée des traditions d'Erhkan, nouvellement créé. Ensuite, pour le Musée des marées, une fois encore, ce sont les habitants qui ont tout fait par eux-mêmes, du design à la formation des collections et l'arrangement des expositions. Le président Chen Jung-yi demande : « Savez-vous combien nous avons dépensé pour le Musée des marées ? » Et de répondre fièrement à sa propre question : « Pas même 50 000 TWD ! »

Quiconque passe près du Musée des marées sera attiré par les filets de pêcheurs portant des boules de verre bleu saphir et vert émeraude accrochées à la barrière. On peut aussi voir des treillis en bois flotté. La cour est parsemée de petits morceaux de coraux blancs provenant du bord de mer. De là, on peut contempler, au large, un piège à poissons en forme de cur fait de roches basaltiques.

Chen Jung-yi raconte : « Edifier ce piège à poissons a rappelé beaucoup de souvenirs aux habitants d'Erhkan. » Les crustacés et les autres créatures marines qui pullulent dans la zone découverte à marée basse ont longtemps été la base de l'alimentation des habitants d'Erhkan.

Tsai Kui-hsiang, un autre vice-président de l'Amicale d'Erhkan, explique : « Notre idée était de transformer chaque maison en un musée et chaque personne en un artiste. » Son patronyme, Tsai, s'écrit (en trois traits), au lieu du caractère patronymique usuel (en 15 traits). Tous les Tsai sont les descendants du célèbre général Shi Lang, qui, au XVIIe siècle, a repris Taiwan alors aux mains des partisans de Coxinga pour le compte de la cour des Qing. Les descendants du général ont changé leur patronyme en celui de Fang devenu plus tard Tsai (avec trois traits). Aujourd'hui, si vous rencontrez quelqu'un portant ce patronyme peu commun, vous pouvez être sûr qu'il est originaire de Hsiyu.

A Erhkan, seront bientôt ouverts quatre musées : le Musée des traditions, le Musée des marées, le Musée de la vie quotidienne et le Mémorial de Tosan (tosan est un emprunt au japonais qui signifie « père »). Deux autres musées sont actuellement en préparation : le Musée de la médecine chinoise et le Pavillon des petits animaux marins. Les musées sont tous modestes, mais chacun possède un charme spécifique.

Lors de la fête des Lanternes, au début de la soirée, les habitants d'Erhkan tendent des fils sur lesquels sont suspendues des lanternes rouges, puis ils célèbrent ce jour ensemble selon des traditions particulières avec au menu : une soupe de nouilles et de poulet préparée dans un bouillon d'herbes médicinales, des raviolis farcis à la citrouille et cuits à la vapeur, des tranches de cobia dégustées crues en sashimi, des nougats aux cacahuètes et des jujubes. Ceux qui viennent ici à cette occasion ont du mal à partir.

« Dans le passé, quand une personne d'Erhkan revenait de Taiwan, il rapportait toujours un énorme sac rempli de cadeaux, se souvient Chen Jung-yi. Aujourd'hui, ce sont plutôt les produits locaux de Penghu que les gens emportent à Taiwan. Chaque fois que je vais à Kaohsiung, j'emmène une grosse valise pleine de cadeaux. »

Tsai Wen-ting
Sinorama
 

L'épisode français peu connu des Pescadores


Cette photographie de militaires français posant aux côtés d'habitants des Pescadores fut retrouvée dans un album personnel de Prosper Giquel, le constructeur de l'arsenal de Mawei, et est probablement l'un des clichés les plus anciens des Pescadores qui nous soient parvenus.

Du « Sac du Palais d'été », en 1860, sous le règne de Napoléon III, jusqu'à la guerre de Corée, en 1953, la France a été à plusieurs reprises en guerre ouverte avec la Chine.

La destruction par les troupes anglaises et françaises de la résidence impériale dans la banlieue de Pékin en est l'épisode le plus connu et reste inscrite dans la mémoire des Chinois qui visitent les ruines qui subsistent des « pavillons dans le goût de Versailles » construits par les Jésuites à la demande de l'empereur de Chine. Chez les Français, de temps à autre, des ventes aux enchères d'objets d'art chinois, ou la visite des collections conservées au château de Fontainebleau, remettent devant les yeux les pages sévères de Victor Hugo sur ce pillage.

Un autre affrontement, tout aussi important sinon plus est enfoui dans les livres d'histoire des étudiants français en science politique ou en histoire. Taiwan a été sous la IIIe République au coeur de l'un de ces conflits militaires franco-chinois, peut-être le plus significatif par l'importance des troupes et le nombre des navires engagés : la guerre qui se développa du Tonkin jusqu'à l'archipel de Zhoushan, au Zhejiang, conduite par l'amiral Courbet sous le gouvernement de Jules Ferry, se déroula en très grande partie des deux côtés du détroit de Taiwan, et en particulier aux Pescadores (Penghu).

En août 1884, l'amiral Courbet va détruire une grande partie de la flotte chinoise, construite sur des plans français dans le chantier naval (arsenal) de Mawei à Fuzhou, et l'arsenal lui-même.

Ce chantier naval, probablement l'ensemble industriel moderne le plus important d'Asie pour l'époque, avait été édifié par le Français Prosper Giquel entre 1867 et 1875, à la demande de Li Hongzhang, le Premier ministre de l'empereur Qing, employant des milliers de travailleurs chinois apprenant la langue française et la technologie européenne auprès d'une cinquantaine d'experts français. En valeur, machines et emplois constituaient à l'époque l'essentiel des exportations françaises vers la Chine et Fuzhou comptait alors l'une des communautés françaises les plus importantes d'Asie.

De l'autre côté du détroit, les ports de Tamsui et Keelung, que la France voulait constituer en « gages » de guerre, firent l'objet d'affrontements très meurtriers. L'amiral Courbet voulait porter la puissance de feu considérable de son escadre (une quarantaine de navires et les lance-torpilles les plus modernes de l'époque) jusque dans le nord de la Chine, à Port-Arthur (Dalien), mais il en sera empêché par le gouvernement français qui lui demandera de limiter ses ambitions à la prise de Keelung,puis à l'occupation de l'archipel des Pescadores (mars 1885).

Quelques semaines plus tard, un traité diplomatique signé avec la Chine et la chute du gouvernement Ferry déterminent un retrait total de l'escadre et de son corps expéditionnaire français de Keelung, puis l'abandon des Pescadores dont l'amiral Courbet voulait faire un « Hongkong français ».

C'est dans ce contexte que le 11 juin 1885 va mourir de maladie l'amiral Courbet, sous les yeux de l'officier de marine Pierre Loti, à bord du Bayard, en rade de Makung. Ne reste de son passage à Penghu qu'un monument commémoratif, sa dépouille ayant été rapatriée en France une dizaine de jours plus tard. Une stèle et un monument aux morts rappellent aujourd'hui aux touristes que Makung fut sous administration militaire française pendant quelques semaines.
 

René Viénet
rene.vienet@free.fr
Sur le même sujet, consulter l'ouvrage de Christophe Rouil, Formose, des batailles presque oubliées, paru en 2001 aux éditions Le Pigeonnier. www.lepigeonnier.com