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Une délégation parlementaire tchadienne à Taïpei

PD: 04/01/99

Campés sur leurs positions, des médecins et des représentants d'associations de patients ont donné le 17 mars une conférence pour faire part de leurs critiques sur le projet de loi des mères porteuses (Voir Les Echos R.C. du 21 mars, en p.1.) que le Yuan législatif se prépare à examiner.

 Président de Taiwan Society for Reproductive Medecine (TSRM), le docteur Tsai Horng-der a dénoncé l'initiative du gouvernement auquel il reproche d'avoir violé les droits élémentaires des citoyens de la République de Chine, tout en voulant éviter d'aborder les véritables questions qui se posent sur le fond.

 Présenté par l'Office de la Santé publique, le texte de loi a été approuvé le 3 mars en réunion du Cabinet avant d'être transmis au Yuan législatif pour y être débattu.

 Le docteur Tsai Horng-der pense pour sa part que le texte ne prend pas du tout en compte l'évolution rapide des sciences et en particulier de la médecine. Dans six mois, on ne sait pas ce que les médecins pourront proposer à leurs patients en matière de procréation, s'exclame-t-il en faisant remarquer que les limites imposées par le projet de loi constitueront autant de freins au progrès et d'entraves aux libertés individuelles.

 La hâte avec laquelle le texte a été formulé, continue-t-il, donne lieu à des inquiétudes sur la rigueur des mesures proposées, en l'absence d'études chiffrées sérieuses permettant de justifier les choix qui ont été faits.

L'Office de la Santé publique se contente en l'état des choses de statuer par une série de décrets, rappelle le docteur Tsai Horng-der s'interrogeant sur la nécessité de remplacer ce dispositif légal qui, sans avoir valeur de loi, a le mérite d'être beaucoup plus souple et de favoriser une interprétation plus large en fonction de l'évolution des sciences.

 Tout cela pourrait donc changer, s'est inquiété le médecin avant de s'insurger contre les limites d'âge que la loi imposera si elle est votée, des contraintes qu'il qualifie d'atteintes aux droits de l'homme. " Il n'est pas du ressort du gouvernement de dire si les gens devraient avoir ou non des enfants en fonction de leur âge, souligne-t-il. Les pouvoirs publics peuvent donner un avis sur la santé d'une personne mais ne peuvent pas lui retirer son privilège de procréation ".

 Attaquant le projet sous un angle différent, le praticien s'est étendu sur quelques-uns des problèmes particuliers posés par les zones d'ombre laissées dans le texte avant d'insister sur le fait que la question était si complexe qu'elle n'a jamais encore fait l'objet d'une vraie législation dans aucun autre pays du monde.