Les mesures mises en oeuvre par le gouvernement pour relancer la croissance bénéficieront à l'ensemble de la population insulaire, et non pas seulement à quelques privilégiés ou à leurs entreprises, a tenu à rappeler le président de la République, M. Lee Teng-hui.
S'exprimant le 25 février devant un parterre de dirigeants et de responsables du monde des affaires et du travail, le chef de l'Etat a volé au secours du gouvernement dont la politique économique a récemment été critiquée.
Le ralentissement de la croissance, a-t-il expliqué, est avant tout dû à la baisse des exportations, aux faiblesses du marché de l'immobilier, aux difficultés d'accès au crédit, au pessimisme des investisseurs et à l'augmentation du niveau des créances douteuses détenues par les institutions financières.
Les effets positifs des mesures de relance -- au premier plan desquelles figure la réduction tant décriée de la taxe sur les transactions boursières -- apparaîtront progressivement, a insisté M. Lee Teng-hui, soulignant que si le déclin économique touchait tout le monde, de la même façon, la reprise profiterait à tous.
Une polémique s'est fait jour à propos de la justesse des principales mesures qui ont été adoptées. Les critiques soutiennent en effet que les prêts à taux préférentiel pour l'achat d'un premier logement empêchent les forces du marché de jouer librement. Ceux-ci ont également remis en cause les facilités de paiement qui ont été accordées aux grands groupes endettés, un geste qu'ils considèrent comme un renforcement des privilèges octroyés à quelques entrepreneurs en vue.
Le même jour mais un peu plus tard, rencontrant des députés du Kuomintang, le parti qu'il dirige, le président de la République est à nouveau intervenu en faveur du gouvernement, en particulier du Premier ministre, M. Vincent Siew, que la presse avait annoncé comme démissionnaire.
Dénonçant ces rumeurs comme " sans fondement ", le chef de l'Etat s'est défendu d'intervenir ou d'influer dans le processus d'élaboration de la politique gouvernementale et a précisé qu'il avait toujours considéré le Premier ministre -- ainsi que la Constitution l'exige -- comme le chef de l'exécutif.
Grâce à la signature d'un accord avec Quintiles Transnational Corp., l'un des leaders mondiaux de la recherche et du développement pharmaceutiques, le ministre de l'Economie, M. Wang Chih-kang, espère lancer plus loin Taïwan dans l'ère de la biotechnologie.
L'alliance stratégique formée le 3 mars avec la société américaine permettra aux entreprises locales de se tenir au courant des dernières évolutions des sciences et des techniques, renforçant ainsi leur avantage compétitif en Asie.
Fondé en 1982, Quintiles, installé en Caroline du Nord (E.-U.), a prospéré et accumulé une grande expertise. Aujourd'hui, avec plus de 1000 projets et 16 000 employés dans une trentaine de pays, la firme américaine est considérée comme un leader mondial. Ses larges activités s'étendent de la recherche clinique à la biostatistique et à la gestion de données sanitaires en passant par le développement des produits pharmaceutiques. Connaissant une croissance annuelle de 55%, son chiffre d'affaires 1998 s'est élevé à 1,188 milliard d'USD, avec des profits de 84 millions d'USD.
Son président et fondateur, M. Dennis Gillings, qui a signé à Taïpei une lettre d'intention avec M. Wang Chih-kang, a été attiré à Taïwan par le haut niveau d'éducation, les compétences linguistiques et la sophistication de son système économique semblable à celui des pays occidentaux.
Etabli dans l'île en janvier 1998, Quintiles Taiwan compte déjà 22 employés et prévoit un quasi-doublement de ses effectifs avant la fin de 1999. La firme a concentré ses activités ici dans le domaine de la recherche sur les produits de la médecine chinoise traditionnelle.
Cette alliance stratégique, la 63e forgée entre le ministère de l'Economie et une entreprise étrangère, s'inscrit dans le cadre du Programme de Promotion des Industries de la Biotechnologie lancé par le gouvernement en 1995 et visant à transformer l'île en un centre mondial pour la recherche sur les nouveaux médicaments.
Les clients de Citibank ont été heureux d'apprendre, le 25 février, que le taux d'intérêt qui leur était jusqu'alors imposé en cas de remboursement différé de la dette accumulée sur leur carte de crédit serait finalement abaissé, comme vient de le décider la direction de la banque américaine, mettant ainsi fin à une pratique largement qualifiée d'abusive.
Ce revirement a été annoncé deux semaines seulement après le dépôt de plusieurs plaintes par des clients lassés de l'échec de toutes les tentatives de médiation menées depuis quelques mois.
Appliquant un taux d'intérêt annuel de 20% sur les crédits alloués aux détenteurs de sa carte -- ce qui correspond exactement au plafond légal en vigueur dans l'île --, Citibank y avait ajouté un taux mensuel de 3% -- soit un intérêt supplémentaire de 36% par an -- visant ceux de ses clients qui ne parvenaient pas à s'acquitter de leur dette en fin de mois. Le cumul des deux taux excédant largement la limite légale, le tribunal de Taïpei a jugé cette pratique en complète violation de l'article 345 du Code pénal qui interdit " la recherche de profits excessifs sur des bases régulières ". Ce texte, qui a été utilisé jusqu'alors pour lutter contre les activités bancaires clandestines, en particulier l'usure, est pour la première fois invoqué contre un établissement ayant pignon sur rue.
Alors que, devant les remous créés, Taishin International Bank, une banque locale également mise en cause, avait rapidement pris la décision de diminuer son taux d'intérêt, Citibank, pour sa part, s'y était refusé, ignorant les demandes répétées des différents intervenants.
Trois autres banques nouvellement établies à Taïwan et qui se livrent à des pratiques identiques pourraient bientôt faire l'objet de poursuites similaires, comme les en a d'ailleurs averties, le 10 février, M. Cheng Ti-shen, le magistrat chargé du dossier.
Selon les premiers éléments de l'enquête qui vient d'être ouverte, une mise en examen pourrait être prononcée à l'encontre de M. Craig Walling, le responsable des opérations de crédit au sein de Citibank. Principalement visé par la procédure, il a d'autant plus irrité le juge qu'il n'avait, jusqu'au 25 février, répondu à aucune de ses convocations. Si le responsable de la banque américaine a prétendu n'avoir reçu aucune notification officielle, il a admis toutefois en avoir été oralement informé par des collègues.
Avant que Citibank ne se décide finalement à revenir sur sa position, M. Walling avait répliqué, pour la défense de la banque, que le prélèvement supplémentaire annuel de 36% pour paiement tardif, lui semblait tout à la fois raisonnable et légal et aurait été jugé nécessaire en fonction des coûts et de la qualité des services de l'établissement bancaire.
La Fondation des Consommateurs de République de Chine ne l'avait pas entendu de cette oreille et était aussi intervenue dans l'affaire pour constater l'abus de Citibank. Soulignant également qu'il s'agissait d'une violation évidente de l'article 345, l'association a cependant rappelé que s'il existait une réglementation favorable aux banques en matière de carte de crédit, il restait encore à en clarifier les termes en faveur des utilisateurs.
McDonald's, la première chaîne de restauration rapide à Taïwan, se prépare à ouvrir dans l'île un important centre logistique pour l'approvisionnement de ses points de vente.
D'un coût de 50 millions d'USD, le centre sera le second de ce type dans le monde, l'autre étant en Allemagne. Il s'agit également du plus important investissement réalisé dans la région Asie-Pacifique ces dernières années par le groupe de restauration rapide américain et ses fournisseurs.
Implanté à Changhua, dans le centre de Taïwan, l'installation permettra de stocker et de gérer l'approvisionnement des 150 restaurants situés dans le sud et le centre de l'île, ainsi que, occasionnellement, le reste de ses points de vente dans le nord.
McDonald's, qui est arrivé sur le marché taïwanais il y a quinze ans, disposait en 1998 de 292 restaurants et employait 19 000 personnes dans l'île. Son résultat s'est élevé l'année dernière à 402 millions d'USD.
Sa croissance et sa pénétration du marché à Taïwan ont été rapides, au neuvième rang parmi les 114 pays et territoires du monde où la chaîne américaine a investi.
La création du centre de Changhua va favoriser un renouveau de la coopération entre McDonald's et ses fournisseurs, selon M. Lee Ming- yuan, directeur des opérations dans l'île. Le conditionnement, et l'entreposage de l'approvisionnement y seront effectués dans les meilleures conditions, ce qui permettra de réduire les coûts de livraison et d'optimiser les circuits de distribution.
Le responsable de McDonald's remarque ainsi que les achats réalisés localement par le restaurateur ont augmenté d'année en année pour atteindre, qu'il s'agisse de nourriture ou de services, 124 millions d'USD depuis le début de 1999, représentant 65% des achats réalisés par l'ensemble de ses points de vente.
La présence croissante de la firme américaine dans l'île a contribué à l'essor du marché local de la restauration rapide, affirme M. Lee Ming-yuan.
En parallèle, pour soutenir son expansion et renforcer sa compétitivité, McDonald's entend développer le franchisage, et le premier restaurant fonctionnant sur ce principe ouvrira ses portes en juin de cette année.
Selon ce qui est prévu, le franchisé doit payer un droit d'entrée de plus de 300 000 USD avant de rejoindre le groupe qui lui offrira une formation de 12 à 18 mois. En dépit de l'investissement initial élevé, plus de 2 000 personnes ont postulé pour le programme, attirées essentiellement par le haut potentiel de rentabilité des restaurants de la marque.
McDonald's espère lancer deux autres établissements en franchise avant la fin de l'année et estime que la part des points de vente fonctionnant sur ce modèle pourrait d'ici 5 ans représenter de 20% à 30% de l'ensemble de ses implantations dans l'île.