Une zone industrielle consacrée au logiciel -- la plus importante en Asie selon ses concepteurs -- a été inaugurée en grande pompe le 26 octobre à Nankang, dans la périphérie est de Taïpei.
Présidant la cérémonie d'ouverture, le chef de l'Etat, M. Lee Teng-hui, a déclaré qu'une nouvelle étape dans le développement de l'industrie du logiciel dans l'île venait d'être franchie, estimant que la production dans ce secteur pourrait atteindre 14 milliards d'USD en 2005, comptant ainsi pour 40% du poids de l'ensemble de l'industrie informatique insulaire.
Century Development Company (CDC), un joint-venture de 19 sociétés locales et étrangères, a veillé à la bonne marche du projet après que le ministère de l'Economie lui en eut confié la réalisation il y a quelques années. Le président de CDC, M. Huang Mao-hsiung, s'exprimant lui aussi à l'occasion de la cérémonie d'inauguration, a indiqué que 20 entreprises s'étaient déjà installées dans la nouvelle zone industrielle et qu'une trentaine d'autres devraient les suivre d'ici la fin de l'année, générant la création de 6 000 emplois.
La réalisation de la première partie du parc, qui couvre une superficie d'un peu plus de 4 hectares, aura duré environ trois ans et coûté 12,8 milliards de TWD. Complétée en 2003, la seconde tranche, dont la construction a commencé en avril de cette année, permettra de doubler la superficie actuelle avec un coût supplémentaire de 19,1 milliards de TWD.
Le développement dans l'île de l'industrie des logiciels date de 1956 lorsque IBM, le géant américain de l'informatique, a ouvert ici une filiale. Malgré des débuts hésitants, l'industrie a connu une croissance accélérée ces dernières années.
Aujourd'hui, on dénombre dans l'île plus de 1 000 sociétés de logiciels informatiques qui dépendent surtout du marché intérieur, leurs exportations -- 6,9 milliards de TWD -- n'ayant représenté que 8,6% de la valeur de la production insulaire totale l'année dernière.
C'est bien cette faiblesse qu'entendent changer les concepteurs du projet qui espèrent en 1999 une augmentation de 40% des exportations du secteur, grâce surtout à une demande en forte hausse de la part de la Chine continentale et de l'ensemble des pays du Sud-Est asiatique due à la nécessité de faire face au bogue de l'an 2000.
Bien que s'étant élevée avec le Japon et les Etats-Unis au rang des premiers producteurs mondiaux d'ordinateurs, Taïwan ne se place qu'en 15e position pour ce qui concerne les ventes annuelles de logiciels. Le lancement de la zone industrielle de Nankang permettrait de changer favorablement la donne et de propulser rapidement Taïwan en tête des fournisseurs de programmes informatiques dans le monde.
Confronté à la question du financement de la reconstruction des zones sinistrées par le tremblement de terre du 21 septembre, le gouvernement s'inquiète de la diminution du niveau de l'épargne populaire qui constitue traditionnellement une réserve importante de capitaux dans laquelle il peut puiser.
Puisqu'il paraît difficile en ce moment de restreindre son train de vie, l'Etat doit donc trouver de nouvelles sources de financement, tandis qu'on évalue à 140 milliards de TWD la facture totale de la reconstruction.
Les ménages et leur épargne qui, en cas de besoin, peut être rapidement mobilisée par les pouvoirs publics remplissent donc un rôle financier de premier ordre. Or, c'est là que le bât blesse. Si les Taïwanais se sont enrichis graduellement au cours des dernières décennies, leur célèbre capacité à épargner, qui a longtemps contribué à financer l'effort de développement national, connaît aujourd'hui une évolution directement inverse à celle de leurs revenus, au point de devenir un sujet de préoccupation pour le gouvernement.
A l'occasion d'un conseil des ministres, M. Chiang Pin-kung, président de la Commission d'Etat pour la Planification et le Développement économiques, a fait remarquer fin octobre que le taux d'épargne moyen était passé d'un sommet de 38,5 %, atteint en 1987, à seulement 23,5% l'année dernière.
Ce chiffre, a-t-il continué, est largement en dessous de la moyenne de 27,7% obtenue dans l'île au cours des douze dernières années, qui elle-même se trouve déjà en dessous du taux d'épargne moyen de 31,5% au Japon, de 33,6% en Corée du Sud ou de 46% à Singapour.
La cause de cette baisse est simple, a expliqué le Premier ministre, M. Vincent Siew: les dépenses de consommation qui, bien sûr, ont augmenté, mais aussi, autre facteur moins souvent évoqué, le nombre de femmes impliquées dans une activité professionnelle qui n'est pas assez elevé.
Puisqu'il serait suicidaire de tenter de brider la consommation des ménages, le gouvernement étudie donc la possibilité d'inciter une plus grande part de la population féminine à intégrer le monde du travail.
Le sort malheureux de l'industrie du tourisme insulaire, elle aussi victime des retombées du séisme, a attiré l'attention des pouvoirs publics qui ont promis certaines initiatives pour lui permettre de traverser cette période difficile.
D'ores et déjà, on estime à 50% la chute du chiffre d'affaires enregistré dans le secteur depuis le terrible tremblement de terre du 21 septembre. Selon plusieurs agences de tourisme, la fréquence des visites de groupes venant de l'étranger aurait chuté de 90%, tandis que 20% des Taïwanais auraient renoncé, depuis la date du séisme, à voyager hors de l'île. Si la situation devait durer, les experts estiment que près du tiers des trois mille agences que compte l'industrie du tourisme pourrait disparaître en proie aux difficultés financières. " Nous sommes aussi des victimes ", ironisait récemment un responsable d'une fédération professionnelle.
Pour les zones centrales particulièrement dévastées, auparavant très prisées des touristes, en particulier la région du Lac du Soleil et de la Lune, la catastrophe est complète. Les infrastructures sont détruites et les paysages pittoresques qui attiraient sont désormais bouleversés.
Cette situation a paradoxalement donné naissance à une nouvelle forme de tourisme, défendue par certains, critiquée par d'autres: le tour organisé des zones sinistrées pour y constater les effets et les dégâts du tremblement de terre.
Quoi qu'il en soit, plus vite les visiteurs retourneront dans ces régions, plus vite elles reprendront vie, estiment certaines personnes convaincues que le maintien de cette source de revenu est capital, que ce soit pour l'industrie du tourisme ou pour les populations sinistrées.
Le gouvernement ayant pris bonne note des remarques qui lui ont été faites, il espère fournir le coup de pouce nécessaire qui permettra la relance du secteur. Dans ce but, le vice-président de la République, M. Lien Chan, rencontrant il y a peu des professionnels de l'industrie du tourisme réunis en séminaire, a évoqué la possibilité de leur accorder des prêts à intérêts spéciaux.
Le Yuan législatif a amendé le 22 octobre les textes en vigueur concernant les investissements étrangers sur le marché local des télécommunications dans la perspective de l'accession de Taïwan à l'Organisation mondiale du Commerce (OMC).
Le plafond limitant la participation étrangère, directe ou indirecte, dans le capital d'une entreprise de télécommunication locale a été relevé de 20% à 60%. En revanche, la présidence et au moins 50% des sièges du conseil d'administration devront être occupés par des ressortissants de la République de Chine.
Cette modification qui marque le franchissement d'une étape importante vers la libéralisation dans un secteur jusque-là très protégé constitue, de l'avis de tous, une sorte de préalable aux grands changements qui s'imposeront lorsque Taïwan sera admise à l'OMC, ce qui pourrait être fait d'ici quelques mois, espère-t-on à Taïpei. Outre la stimulation des investissements étrangers que l'on en attend, l'autre retombée positive sera le regain de compétitivité des entreprises locales directement confrontées à la concurrence étrangère.
L'ouverture lancée en 1997 a permis au marché local des télécommunications d'enregistrer une croissance rapide. Les nombreuses multinationales du secteur qui ont établi dans l'île une filiale ne s'y sont pas trompées. C'est ainsi, par exemple, que Taïwan peut se vanter d'avoir l'un des taux de possession de téléphone portable -- 1 pour 3 habitants -- parmi les plus élevés au monde.
Un autre volet important de la nouvelle Loi des télécommunications porte sur le renforcement de la pénalisation de certains crimes. Afin de protéger les droits individuels, les auteurs d'écoutes téléphoniques réalisées sans l'accord des autorités judiciaires sont passibles de peines de prison allourdies, jusqu'à 5 ans, et d'amendes relevées à 1,5 million de TWD.
Par ailleurs, d'autres dispositions pénales ont été prévues contre les spécialistes des télécommunications, en activité ou à la retraite, qui seraient tentés d'abuser de leur position ou de leur expérience pour s'immiscer dans la vie privée de personnes non consentantes.
Enfin, un passage de la nouvelle législation a été consacré à la privatisation de Chunghwa Telecom, le géant public, dont le capital sera introduit en bourse avant juin de l'année prochaine tout au long d'une période de 5 ans.
Le vote de ces amendements a été salué par la presse locale qui y a vu une évolution notable permettant de lancer avec succès Taïwan dans l'ère du tout numérique. On estime en outre que la qualité des services offerts ici dans ce domaine s'en trouvera considérablement renforcée.
Le séisme du 21 septembre n'a eu aucun effet sur l'avenir de Hewlett-Packard à Taïwan, a confirmé la présidente de la firme américaine, Mme Carly Fiorina (voir photo), à l'occasion d'une brève visite dans l'île fin octobre.
Malgré les performances décevantes de sa filiale locale ces derniers temps, Hewlett-Packard n'envisage pas de remettre en cause sa stratégie de développement pour le marché insulaire, a déclaré Mme Fiorina, persuadée que Taïwan parviendrait rapidement à surmonter les retombées de la catastrophe.
Tablant sur une augmentation rapide du nombre des utilisateurs d'Internet en Asie et l'usage croissant des périphériques informatiques, ainsi que des services liés au réseau, elle a annoncé que sa firme mettrait davantage de ressources au service de la promotion de la mondialisation du commerce en ligne au niveau local.
Pour atteindre plus vite ces objectifs, une alliance stratégique a été forgée avec le groupe Koo, a-t-elle indiqué, en même temps qu'une initiative de coopération a été lancée avec Tatung Co., un autre géant de l'industrie locale, visant surtout à l'épauler dans le développement d'un service de ventes en ligne d'articles électroménagers.
Mme Fiorina a refusé toutefois d'indiquer le montant des sommes engagées dans ces deux projets, ainsi que le volume des commandes que Hewlett-Packard envisageait de passer au niveau local. Elle a, en revanche, rappelé que la firme américaine avait acheté pour 3 milliards d'USD de produits dans l'île l'année dernière et que cette tendance ne pouvait que s'affirmer.
Présentée comme la femme d'affaires la plus influente aux Etats-Unis par le magazine américain Fortune en 1998, Mme Fiorina, âgée de 44 ans, effectuait là sa première visite dans l'île.
A cette occasion, la présidente de Hewlett-Packard a rencontré ses principaux clients et partenaires au niveau local dont MM. Morris Chang, président de Taiwan Semiconductor Manufacturing Co., et Stan Shih, du groupe Acer.
La réalisation du projet insulaire de train à grande vitesse a repris son cours normal, en dépit du tremblement de terre du 21 septembre. Comme prévu à l'origine, les travaux devraient être complétés dans les délais impartis, c'est-à-dire d'ici octobre 2005.
Contraint toutefois de couvrir les surcoûts engendrés par les retards précédents ou simplement par la dépréciation de la monnaie locale, Taiwan High Speed Rail Corp. (THSRC), le consortium local en charge du projet, a fait savoir qu'il s'apprêtait à élargir sa marge de manoeuvre financière en se livrant à une augmentation de capital. Celui-ci sera rehaussé de 8,36% pour atteindre 132,1 milliards de TWD au total. Par ailleurs, THSRC se propose aussi d'augmenter le niveau des emprunts déjà contractés en cherchant à s'assurer la participation de plusieurs grandes banques à un nouveau prêt syndiqué.
Le financement du projet est actuellement garanti par un consortium bancaire dont la mise originale de 280 milliards de TWD sera ainsi portée à 308,3 milliards de TWD. Ce qui suffira pour l'avenir proche mais pas à terme, puisque le coût total de l'immense chantier est estimé à 372 milliards de TWD, soit un montant d'environ 64 milliards de TWD supérieur aux fonds déjà réunis.
Pour justifier cette récente augmentation de capital, THSRC incrimine le surcoût causé par la dépréciation de la devise locale -- 13,5% depuis le 31 août 1997 -- par rapport au dollar américain, la part de la facture finale à régler en billet vert, notamment pour l'acquisition du matériel roulant à l'étranger, s'en trouvant allourdie.
Le séisme qui vient de dévaster le centre de l'île n'a cependant pas provoqué de nouveaux retards de construction, a rassuré Mme Nita Ing, la présidente de THSRC, ajoutant que les canalisations et conduits dont la pose avait été terminée la veille de la catastrophe n'avaient pas souffert.
Quant à la ligne dont le tracé croisera inévitablement plusieurs des failles qui découpent l'île, il n'a pas été jugé bon pour l'instant de le modifier, a-t-elle précisé confirmant en outre que, s'il a été prévu de renforcer les voies ferrées, les emplacements choisis pour les dépôts ne seront cependant pas changés.
Des deux systèmes de train actuellement en compétition pour la ligne Taïpei-Kaohsiung, on ne sait encore lequel l'emportera puisque le choix final n'a pas encore été annoncé. Les deux concurrents sont le Shinkansen, un modèle japonais, et l'Eurotrain, un joint-venture réunissant les européens Alstom et Siemens.
Yulon Motor Co., un des constructeurs automobiles
insulaires, a proposé au géant japonais Nissan, dont la marque vient de
passer sous le contrôle de Renault, de reprendre son unité de montage aux
Philippines, ainsi que d'assembler ou d'importer à Taïwan les véhicules
Renault. Cette réorientation stratégique s'inscrit dans le cadre du plan
de restructuration lancé par Yulon pour renforcer sa présence internationale.
Dans l'usine philippine, Yulon prévoit de produire des modèles Sentra et
Cefiro, avec de très légères modifications. A Taïwan, son but est de reprendre
les droits d'assemblage et de commercialisation des véhicules Renault,
détenus autrefois par San Fu Motors Industrial Co. qui a mis fin à son
activité. Yulon a déjà fait connaître son intérêt pour la production de
la Scenic.
Les distilleries continentales d'alcool de riz ne pourront prendre part aux appels d'offre du Monopole des Tabacs et Alcools de Taïwan (TTWM), a-t-on annoncé à Taïwan, puisque le ministère de l'Economie continue d'interdire l'importation des vins et spiritueux en provenance de l'autre rive. Les producteurs étrangers sont, eux, invités à déposer leurs échantillons accompagnés des certifications nécessaires. Cette mise au point des autorités a été jugée utile après que le bruit eut couru que des producteurs continentaux s'apprêtaient à soumettre des offres par l'intermédiaire de sociétés écrans à Hongkong. Le TTWM prévoit d'importer prochainement 15 millions de bouteilles d'alcool de riz afin de répondre à une demande toujours très forte en raison de la popularité de cet ingrédient dans la cuisine locale.
Un mareyeur, condamné pour avoir revendu de la viande de dauphin et de baleine -- des espèces protégées dans l'île --, s'est aujourd'hui transformé en un défenseur actif des mammifères marins. Poursuivi par la justice il y a quatre ans, le commerçant a été amené à s'intéresser à la survie de ces espèces menacées. Devenu un passionné de la question, il a dévoré les ouvrages sur le sujet, est allé à la rencontre des zoologues avant de finalement créer l'Association Chung Hua pour les Cétacés, des animaux auxquels il consacre désormais tout son temps libre. Continuant d'exercer son activité professionnelle, il tente maintenant d'attirer l'attention des pouvoirs publics sur la nécessité de mettre en oeuvre une politique équilibrée prenant en compte les intérêts contradictoires de la pêche commerciale et de la conservation des espèces marines.