Vogue, Marie-Claire, Dépêche Mode, Le Nouvel Observateur, ce ne sont là que quelques magazines en France à avoir fait ces derniers mois l'éloge des créations de Sophie Hong, sans parler des magazines d'autres pays. Pour Sophie Hong, tout a commencé en 1977, lorsqu'elle obtient son diplôme Mode et Création du Shih Chien College à Taïpei. Elle y a étudié trois ans la couture et les arts appliqués.
Elle décide alors d'entrer immédiatement dans la vie active. Elle hésite cependant entre deux directions, l'une étant de s'inspirer des créations ou styles venant de l'étranger et de travailler pour des maisons occidentales installées à Taïwan, l'autre étant de créer sa propre maison et d'offrir à sa clientèle des créations personnelles.
De caractère indépendant et volontaire, elle choisit finalement la seconde option, ouvre sa première boutique à Taïpei, ainsi que des espaces de vente dans plusieurs grands magasins de la ville.
En 1985, la Fédération des Textiles de Taïwan décide de subventionner des défilés de mode. Sophie Hong présente alors, avec d'autres stylistes locaux, son premier défilé sur l'esplanade du Musée des Beaux-Arts de Taïpei. Bien qu'elle soit satisfaite sur les plans public et journalistique, elle n'obtient pas les retombées économiques qu'elle escomptait. Cela ne la décourage pas pour autant, et les défilés se succéderont au cours des années suivantes, principalement à Taïwan et au Japon, ainsi que, pour la première fois en Europe, à Munich, en 1989.
En 1992, le ministère de l'Economie de la République de Chine accorde à la Fédération des Textiles de Taïwan des fonds destinés à subventionner des bourses de stages à l'étranger. Sophie Hong est sélectionnée et part suivre une formation intensive d'un mois à l'Institut technologique de la Mode (FIT), de New York, son second stage à l'étranger après celui effectué au Collège technique de la mode Dumka de Tokyo, quelques années plus tôt.
Consciente de l'importance de la France au niveau mondial dans le domaine de la mode et décidée à y présenter ses créations, elle part toute seule à Besançon en 1993 pour s'initier au français pendant deux mois.
L'année suivante, elle est approchée par l'Institut français de Taïpei qui lui propose une bourse d'étude et de perfectionnement en France. Ces bourses, dites de haut niveau, s'adressent à des professionnels ayant déjà fait leurs preuves dans leur pays d'origine. La promotion 1994 était composée de neuf personnes, artistes, ingénieurs, urbanistes, architectes, banquiers, etc. Bourse de haut niveau, mais aussi de longue durée -- elle s'étale sur deux ans -- et se déroule en deux phases. La première, linguistique, consiste en un apprentissage ou perfectionnement de six mois de la langue à l'Alliance française de Taïpei, suivi de six autres mois au Centre de Linguistique appliquée de Besançon. La seconde, technique, à l'Ecole de la Chambre syndicale de la Couture parisienne, rue Saint Roch.
Dans cette célèbre institution, Sophie Hong suit un cours spécial de coupe sur mannequin. Cette technique de travail en trois dimensions, et non pas à plat sur un patron, est à l'origine spécifiquement française (faire une toile). Elle s'y initie avec le talentueux Marco Garces qui apporte également son savoir-faire à de nombreux " toilistes " professionnels des grandes maisons de couture parisiennes. Au cours de cette même période, elle effectue deux stages de haute couture d'un mois chez Christian Dior puis chez Chanel.
De retour à Taïwan début 1996 et encouragée par les nouveaux acquis obtenus en France, elle décide de poursuivre son travail avec l'étranger et souhaite participer à des salons internationaux de prêt- à-porter. Ses ambitions ne tardent pas à se concrétiser car, quelques mois plus tard, en septembre 1996, elle présente sa collection Printemps-Eté au secteur " atmosphère " du salon du prêt-à-porter de Paris, Porte de Versailles. Le secteur " atmosphère " est en fait celui des créateurs. Les stylistes sont nombreux à souhaiter pouvoir y présenter leurs créations, mais c'est seulement sur décision d'un rigoureux comité de sélection que les candidats peuvent y accéder. Depuis lors, Sophie Hong présente systématiquement ses collections Printemps-Eté et Automne-Hiver non seulement à Paris, mais également aux Salons Côterie de New York et Modamilano de Milan. Elle participe ainsi régulièrement aux trois plus prestigieux salons internationaux.
Il ne faudrait cependant pas tout à fait classer sa ligne de vêtements dans le prêt-à-porter pur et simple, ni dans la haute couture. Il serait plus juste de parler de prêt-à-porter de luxe. Chaque création est une pièce unique. S'il est vrai que le patron de base est le même pour chaque nouveau modèle, les différences entre chaque pièce apparaissent rapidement, bien avant les finitions. Sa matière de prédilection est la soie naturelle qu'elle importe de Chine continentale. Intervient ensuite un long et complexe processus de traitement du tissu qu'elle garde jalousement secret.
La teinture est réalisée à partir d'une décoction de racines végétales et fixée par de la glaise pour obtenir finalement une soie laquée, également appelée soie de thé. Les ganses, souvent ondulées, sont cousues manuellement et apportent une note de couleur différente à chaque vêtement, tout en protégeant les points d'usure les plus vulnérables. Des pierres dures semi-précieuses, oeils-de-tigre ou oeils-de-chat de couleur brune aux multiples reflets, pierres de lune façonnées, ou encore des perles de culture font l'originalité des boutons. Ce travail, non seulement artisanal mais aussi artistique, est exécuté par une petite équipe soudée et motivée d'une quinzaine de personnes seulement. La qualité est de mise et le rendement secondaire, bien qu'important. Elle s'impose en effet d'honorer les commandes passées à Paris, Milan et New York à très peu de temps d'intervalle. A l'image de sa propriétaire, la boutique de Sophie Hong à Taïpei est petite, simple, chaleureuse, souriante...
Si, pour les grands défilés internationaux, elle fait appel à des agences de mannequins professionnels, elle n'hésite pas en d'autres occasions à réunir des amis, des artistes de toutes disciplines (danseurs, peintres, sculpteurs,...) pour présenter ses vêtements. En septembre dernier, elle a publié un catalogue exceptionnel de ses créations récentes, édité en 2 500 exemplaires.
Il rassemble quelque trente photos en noir et blanc de personnages plus ou moins connus à Taïwan, pour beaucoup d'entre eux des artistes, mais pas de modèles professionnels. Il est d'ailleurs un peu réducteur de parler de catalogue, car c'est un ouvrage de réelle qualité artistique qu'on souhaite conserver dans sa bibliothèque. Les photos sont l'oeuvre de Virgile Bertrand, jeune photographe indépendant qui partage son temps entre Paris et Taïpei depuis plusieurs mois, et un second volume devrait être publié cette année. Une des photos figurant dans l'ouvrage fera la couverture du catalogue de la prochaine édition du salon du prêt-à-porter de Milan en février, celle de Bigi Yang, présentatrice d'un programme consacré à la mode sur une des chaînes de télévision taïwanaise. Elle illustrera également les cartons d'invitations. De plus, Modamilano a demandé à Sophie Hong de créer les uniformes du personnel d'accueil du salon de l'an 2000. Cela montre bien, si besoin en est, l'intérêt que suscitent ses créations en Italie.
Bien que ce soit sa principale activité, Sophie Hong ne se limite pas uniquement à la mode, elle crée également des bijoux, des meubles, des décors de théâtre, des costumes pour chorégraphies, etc. Dans le domaine plus précis de la mode, elle envisage d'ouvrir une boutique à Paris à l'avenir, sans toutefois s'être fixée de date. Mais ne lui demandez surtout pas de s'expatrier, Taïwan est sa base de vie et de travail, et le restera toujours.
Sa prochaine participation à une manifestation internationale aura lieu fin janvier au salon " Casabo-Univers Hommes ", Espace Pierre Cardin à Paris, où elle est invitée à présenter sa collection Automne- Hiver 1999-2000.
Qu'on aille à Osaka ou Quimper, Séoul ou Grenoble, Washington ou Palerme, on est assuré de trouver ses créations dans l'une ou l'autre boutique de ces villes, et dans bien d'autres de par le monde. Si on n'est pas un grand voyageur mais qu'à l'occasion, on passe par Paris, il faut se rendre au Musée de la Mode et du Costume, Palais Galliera, pour y admirer son travail.
Fin 1996, un article de Nancy Lu, rédactrice de la rubrique culturelle du China Post, de Taïpei, avait pour titre : " Les stylistes taïwanais peuvent-ils s'imposer en Europe? ". Désormais, la réponse est claire.
La pilule Viagra, l'extraordinaire remède aux troubles d'érection, sera disponible sur ordonnance au milieu du mois prochain à Taïwan, a annoncé l'Office de la Santé publique (DOH).
Lors d'une conférence de presse donnée le 31 décembre, le directeur général du DOH, M. Chan Chi-shean, a présenté la commercialisation de la célèbre pilule comme un cadeau de Nouvel An du gouvernement à ceux qui souffrent d'impuissance par trouble névrotique.
C'est d'Australie que viendra la petite pilule bleue où elle est fabriquée par les laboratoires américains du groupe Pfizer. Pour la distinguer de celles qui ont pu entrer en contrebande sur le marché insulaire, elle sera vendue sous un emballage différent de celui sous lequel elle est déjà commercialisée dans les pays voisins.
Dans l'île, elle sera proposée sous forme de plaquette de quatre pilules, alors qu'aux Etats-unis, par exemple, on la trouve surtout en flacon qui contient trente pilules.
Jusqu'à la fin décembre, 130 décès liés au Viagra ont été relevés dans les pays où le traitement a été autorisé. La plupart des victimes souffraient d'hypertension vasculaire ou de névropathie.
Le fonds spécial destiné à dédommager les victimes d'erreurs médicales récemment mis en place par le gouvernement couvrira les utilisateurs qui souffriraient de complications dues au Viagra, à condition que le médicament ait été prescrit.
C'est en juin de l'année dernière que la firme Pfizer Taiwan, Ltd. a déposé une demande visant à autoriser l'importation de ce produit dans l'île. Durant les six mois de délais légaux qui se sont écoulés avant l'homologation, plusieurs tests ont été effectués pour assurer la conformité du produit aux normes médicales en vigueur et l'absence de danger pour le consommateur.
Son usage pouvant en effet présenter certains risques, le Viagra ne sera disponible que sur ordonnance. " Ceux qui souffrent de troubles cardio-vasculaires, hépatiques ou néphrétiques devraient éviter d'en prendre ", a reconnu le directeur général du DOH.
Plus de 88% des 220 patients souffrant de troubles péniens qui ont accepté de se soumettre aux essais ont déclaré être parvenus à l'érection après avoir pris le médicament, mais seulement 61,8% d'entre eux ont connu ensuite l'éjaculation.
L'effet secondaire le plus fréquemment relevé semble avoir été des maux de tête, certains patients se plaignant de troubles de la vision ou de l'appareil digestif après avoir avalé la pilule.
Quelques études se sont interessées aux autres retombées de l'arrivée du Viagra sur le marché local. Il pourrait ainsi en coûter 388 millions d'USD à l'Etat en dépenses supplémentaires si le Viagra venait à être remboursé dans le cadre du programme national d'assurance maladie.
L'homologation du produit à Taïwan mettra fin par ailleurs au fructueux commerce clandestin qui s'est développé, faisant le bonheur des trafiquants de Viagra. Les pilules ainsi entrées illégalement sur le territoire ont parfois atteint jusqu'à quatre fois le prix auquel elles seront officiellement commercialisées en février prochain.
Enfin, un sondage réalisé auprès de la population a montré que l'arrivée de la pilule à Taïwan constituait l'événement de l'année 1998 dans le domaine sexuel.
Les personnes qui tombent malades ou succombent des suites d'effets secondaires causés par des médicaments homologués seront désormais dédommagées par un fonds qui a été créé le 12 janvier afin d'assurer la défense de leur droit, a annoncé l'Office de la Santé publique (DOH).
Selon la nouvelle législation en vigueur, seront couvertes les personnes qui auront développé des maladies ou des handicaps physiques après avoir pris des médicaments. Pour bénéficier de cette compensation, les victimes ou leur famille disposent d'un délai d'un an après la déclaration de la maladie ou du handicap pour déposer un dossier auprès du DOH.
La compensation maximum, 2 000 000 TWD, sera attribuée aux parents de ceux qui sont décédés des suites de l'absorption d'un médicament. Pour ceux qui seront victimes d'un handicap physique, les montants compensatoires ont été fixés à 900 000 TWD, tandis que ceux qui auront développé une maladie recevront 600 000 TWD.
Annonçant la nouvelle, le responsable des questions de pharmacologie au DOH, M. Hu Yo-fu, a précisé que seront dédommagées les personnes qui auront utilisé des médicaments officiellement reconnus -- donc estampillés d'une croix verte dans un coeur rouge -- et dûment prescrit par un membre autorisé du corps médical.