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Madame Tchang Kaï-chek a célébré ses 100 ans

PD: 03/21/98

A l'occasion de son 100e anniversaire, Mme Tchang Kaï-chek a reçu les meilleurs voeux du président de la République de Chine, M. Lee Teng-hui.

 Née Soong Mayling, la veuve du généralissime a célébré le 12 février son centième anniversaire auprès de ses proches dans l'intimité de sa propriété de la banlieue new-yorkaise.

 Selon une tradition qui respecte le calendrier chinois, ce n'est que le 10 mars, soit un mois plus tard, que les autorités de Taïpei ont fêté cette année l'événement à l'occasion d'une réception tenue chez elle. M. Steven Chen, directeur du Bureau de représentation économique et culturelle de Taïpei aux Etats-Unis, est venu présenter les félicitations du chef de l'Etat à l'ancienne première dame de Chine.

 Au cours de cette petite fête, des fleurs et divers cadeaux ont été offerts par des dirigeants de la République de Chine, dont M. Lien Chan, le vice-président de la République, ainsi que par de hauts responsables du Kuomintang, en particulier M. John Chang, petit-fils du généralissime et secrétaire général du parti au pouvoir à Taïwan.

 Issue d'une famille chinoise protestante Mme Soong Mayling a épousé en décembre 1927 le général Tchang Kaï-chek qui allait prendre les rennes du pouvoir en Chine après l'avoir réunifiée.

 A ses côtés, elle s'est consacrée à amé-liorer le niveau de vie des Chinois, en lançant en 1934 le mouvement Nouvelle Vie destiné à inciter les jeunes à agir pour le développement du pays.

 En 1936, elle est allée négocier la délivrance de son époux, pris en otage à Xi-an. De retour à Nankin, la capitale chinoise, le succès de sa mission lui a valu une immense popularité auprès de tous.

 Pendant la guerre sino-japonaise (1937-1945), elle a fréquemment rendu visite aux troupes sur le front, ranimant leur moral contre l'ennemi. En 1941, en quête d'un soutien, elle s'adressa directement au Congrès américain, tandis que la guerre contre l'Axe se généralisait. Elle a grandement contribué à l'alliance sino-américaine en assistant à la conférence du Caire en novembre 1943.

 Après la prise du continent par les forces communistes en 1949, elle a suivi son mari à Taïwan. A la mort de ce dernier, elle s'est installée aux Etats-Unis, revenant de temps en temps dans l'île.

 En 1988, à la mort de son beau-fils, Chiang Ching-kuo, elle a participé à des réunions du Kuomintang avant de s'effacer de la vie politique et de retourner aux Etats-Unis.

 



 
 

Perspectives des présidentielles

Le maire de Taïpei écarte son éventuelle candidature

PD: 03/21/98

Dans une interview accordée le 4 mars à l'agence centrale de presse (CNA), le maire de Taïpei, M. Chen Shui-bian a déclaré qu'il servirait pleinement son mandat de quatre ans s'il était réélu à la mairie de la capitale à la fin de cette année.

 Ces remarques, immédiatement reprises par la presse locale, ont été interprétées comme un signe de renoncement de M. Chen Shui-bian à une parcipation aux prochaines élections présidentielles prévues pour mars 2000. En effet, ces derniers temps, la presse locale prêtait à cette personnalité politique dotée d'un grand charisme l'intention de briguer, sous l'investiture de son parti, la présidence de la République.

 "Si je parviens à gagner ma réélection [à la mairie de Taïpei], je m'appliquerai à remplir les devoirs de ma fonction jusqu'au dernier jour de mon mandat, a-t-il insisté. C'est ce que les électeurs attendront de moi si les Taïpéiens me confient cette mission et cette responsabilité."

 M. Chen Shui-bian, une des personnalités les plus en vue de l'opposition, avait précédemment annoncé qu'il ne briguerait pas la présidence de sa formation, le Parti démocrate-progressiste (PDP) et qu'à la place, il préférait se lancer en campagne pour assurer sa réélection à la mairie de la capitale.

 L'ancien avocat converti à la politique a expliqué qu'il ne lui appartenait pas de prendre des décisions à la légère et qu'une fois son choix fait, il irait jusqu'au bout de ses engagements.

 Commentant les élections municipales prochaines, M. Chen Shui-bian s'est déclaré convaincu que chacune des grandes forces politiques du pays, comme le Kuomintang (KMT) ou le Nouveau Parti (NP), lancerait son candidat dans la course à la mairie taïpéienne.

 "Il est peu probable que ces deux grands partis restent à l'écart, je crois donc que la compétition sera aussi rude qu'en 1994, a-t-il expliqué. Je me prépare à relever ces défis et demeure confiant."

 Abordant les relations entre les deux rives du détroit de Taïwan, le maire qui appartient au PDP, un parti en faveur de l'indépendance de l'île, a affirmé que la personne ou le parti politique qui saurait résoudre proprement ce problème sensible gagnerait assurément l'entière confiance et le plein soutien de la population insulaire.

 En réalité, insiste le maire de Taïpei, l'île est confrontée à trois grandes questions: sa dignité, sa sécurité et son développement national. Toutes sont étroitement liées aux relations interchinoises.

 Rappelant fièrement son appartenance au PDP, il a expliqué qu'il poussait, au sein de sa formation, à la création d'un "département aux Affaires chinoises" chargé justement d'étudier ces questions et d'y apporter une solution.

 Par ailleurs, il a rappelé les principales réalisations, accomplies depuis son entrée en fonction à la mairie de Taïpei en 1994, entre autres l'amélioration de la circulation urbaine, du service de transports en commun -- avec notamment l'ouverture de deux lignes de métro --, de l'image et de l'efficacité de l'administration municipale et des services publics, comme celui de l'état civil qui a dernièrement obtenu une reconnaissance internationale de qualité (ISO 9002).

 



 
 

Presse locale: plus d'échanges avec l'autre rive

PD: 03/21/98

"Il n'est jamais trop tard", s'exclame M. Ralph Chien, président du CA de China Times Weekly et de Marie Claire, à propos d'une éventualité d'échanges directs entre les industries du magazine insulaire et continentale.

 Dans ce but, M. Chien a conduit en octobre 1997 en Chine continentale une délégation composée de 34 directeurs, rédacteurs en chef et autres spécialistes de la presse taïwanaise. Cette visite, la première du genre depuis que les échanges culturels et touristiques ont commencé en 1987, se proposait d'explorer le marché continental des publications et de promouvoir les futurs contacts entre partenaires de l'une et l'autre rive.

 Partie le 26 octobre, la délégation a séjourné quatre jours à Pékin, le centre politique et culturel de la Chine continentale, et trois jours à Shanghai, la métropole commerciale.

 A Pékin, cette délégation a participé à un grand séminaire consacré à la presse insulaire et continentale, tenu au Beijing Printing College. D'après les communications et rapports émis durant le colloque, il ressort clairement que Taïwan dispose d'une certaine avance en matière d'impression et de graphisme. En revanche, le continent offre un immense potentiel de développement en raison de la variété et de la dimension de son marché, comme de l'immensité de sa production.

 Quant aux dirigeants de publication continentaux, ils ont fait remarquer qu'ils commençaient à étendre leurs réseaux de distribution au moyen de la vente directe en kiosque ou de l'abonnement, au lieu de privilégier la distribution de leurs magazines à travers les centres d'acheminement des services postaux spécialisés dans la vente de journaux, revues et périodiques, disséminés sur tout le territoire, où le lecteur peut retirer son périodique favori ou s'y abonner. En bref, ces publications s'adaptent déjà à une demande croissante et à la multiplication des lecteurs.

 Approfondissant leurs connaissances sur l'ensemble de la presse taïwanaise, les producteurs de magazines continentaux ont pu admirer de visu la qualité des publications insulaires parmi la large sélection de titres que leurs confrères taïwanais leur avaient apportée et ont vivement souhaité apprendre d'eux les diverses techniques d'impression et de graphisme.

 Visitant à Pékin les locaux de China Youth et d'Agricultural Youth, qui partagent le même personnel, puis ceux de Capital Medical University Magazine, une revue particulière qui n'a pas un but commercial, la délégation insulaire a eu l'opportunité d'échanger des idées avec le personnel de ces publications. Les dirigeants continentaux ont pour leur part admis avoir beaucoup à apprendre sur le savoir-faire taïwanais pour accroître leurs bénéfices.

 Le groupe insulaire s'est ensuite rendu à Shanghai où M. Xu Fusheng, président de l'Association des périodiques de cette ville, l'a accueilli à l'hôtel Jinjiang, précisément le lieu où Mao Zedong avait reçu en 1957 les représentants des cercles littéraires chinois.

 Les Taïwanais ont immédiatement noté la différence entre les deux grandes cités. Après Pékin, une ville réputée conservatrice, ils ont découvert Shanghai, une métropole débordant d'activité et de dynamisme, plus ouverte sur le monde extérieur.

 Se rendant chez Shanghai Litterary Publications, ils se sont étonnés du volume des tirages des deux revues, Travelling Scope et Story Selection (plus de 4 millions d'exemplaires), qu'elle diffuse.

 A Shanghai, ils ont aussi rencontré divers responsables de publications avec qui ils ont jeté les bases d'une future coopération. Les visiteurs insulaires ont reçu, non sans surprise, plusieurs éclaircissements sur les magazines continentaux dont beaucoup connaissent un nombre impressionnant d'invendus et, très souvent, sans l'appui d'annonceurs publicitaires.

 Probablement en raison de la limitation du nombre de pages imprimées assigné aux publications continentales, certains périodiques fixent l'espace publicitaire à moins de cinq pages par numéro. Tenue de faire un choix entre l'impression d'une annonce ou d'un texte, la rédaction donne généralement la préférence à l'article. Cette formule est en opposition avec celle suivie actuellement par les groupes de presse insulaires, comme le constate Mme Christine Kao, directrice de Jasmine dans lequel chaque numéro de 200 pages comprend un quart, parfois jusqu'à un tiers, de publicité.

 Ayant ainsi pu écarter le voile qui couvre de l'industrie des magazines sur le continent, les membres de la délégation taïwanaise ont conclu que les mécanismes du libre marché leur offrent une plus grande marge de manoeuvre.

 Néanmoins, leur impression générale est que le marché continental va de l'avant, même s'il reste entravé par beaucoup de lourdeur et de conservatisme. L'essor de l'industrie du magazine en Chine continentale est notablement freiné par le manque de capitaux et la pauvreté des techniques pour améliorer la qualité de l'impression ou la gestion de la publication.

 Revenant à Taïwan, plusieurs membres de la délégation taïwanaise ont souligné que, comme la société continentale n'est pas encore pleinement développée et, comme le pouvoir d'achat y est encore limité, les créneaux à prendre dans ce marché sont certainement difficiles à trouver.

 D'autres demeurent quelque peu déçus, car les autorités de Pékin ne les ont pas autorisés jusqu'à présent à investir dans le secteur de la publication ou de la librairie sur l'autre rive.

 Néanmoins, l'ensemble a déclaré être convaincu que la presse continentale saurait relever les défis de la modernisation grâce à l'aide de l'industrie insulaire. Une telle coopération ne pourra que contribuer à élever le rang des publications en langue chinoise dans la communauté internationale.

 --D'après Magazine industry eager for exchanges with mainland de Liu Weiling in The Free China Journal, Taïpei, 27 février 1998 (p.7).