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Dans cette exposition qui s'est tenue à Taïpei, chaque dessin a raconté une histoire, confirmant d'une manière splendide le vieil adage.
Coparrainé par la commission d'Etat des Affaires culturelles (CCA) et l'institut national de l'Education artistique de Taïwan, le Festival des illustrations pour livres d'enfants de Taïwan a été la première manifestation de ce genre dans l'île.
Fermant ses portes le 22 février, il a présenté plus de 400 illustrations originales, la plupart d'entre elles ayant déjà été montrées à la Foire des illustrations de Bologne (Italie), de renommée mondiale.
Pussycat Rabbit de Marenthe Otten (Pays-Bas).
Ajoutant une touche locale, 22 jeunes dessinateurs insulaires ont eu l'occasion d'y exposer plus de 100 oeuvres. En y participant, ils ont pu faire leur entrée sur le marché avec des créations particulières.
Tenu à l'intérieur du mémorial Tchang Kaï-chek de Taïpei, le festival est soudain devenu une destination inhabituelle pour les écoliers taïwanais à ce moment-là en vacances d'hiver.
A part le divertissement qu'il leur offrait, l'événement a certainement inspiré de nombreux artistes en herbe qui ont pu échanger des idées avec des illustrateurs de renommée mondiale.
Rêve de Yuan-yuan de Liu Tsung-hui, un artiste taïwanais.
"Les images exposées à Taïpei comprennent une grande variété de thèmes et de techniques. Chaque oeuvre est une représentation forte du style unique de l'auteur", indique M. Chen Du-cheng, directeur de l'institut national de l'Education artistique de Taïwan. Outre une portée artistique incontestée, chaque illustration présentée à ce festival a son importance pour l'histoire qu'elle raconte en soi. "L'événement enrichit l'imagination et la créativité des enfants qui sont venus contempler ces dessins", assure M. Chen Du-cheng.
La Foire des illustrations de Bologne qui se tient depuis 35 ans dans la ville italienne rassemble des dessins, esquisses et autres originaux du monde entier. Beaucoup sont reproduits par la suite pour illustrer des livres d'enfants. Chaque année, en avril les maisons d'édition, les écrivains ou les illustrateurs viennent dans cette cité qui a vu naître la première université européenne pour y débattre et comparer les tendances du marché dans ce secteur.
C'est en fait en 1967 que s'est tenue la première exposition réservée aux illustrations pour livres d'enfants. La manifestation qui s'était alors ouverte avec des oeuvres de dessinateurs provenant de différents pays du monde permit de présenter un éventail d'illustrations très riche et haut en couleurs, reflétant les impressions perçues aux quatre coins de la planète.
Comment la baleine eut sa gorge de Giuliano Ferri (Italie).
Les oeuvres représentent certainement la meilleure sélection dans leur genre, explique M. Chen Du-cheng, ajoutant que le jury est généralement composé des plus grands éditeurs de livres d'enfants, ainsi que de professeurs des beaux-arts.
L'an dernier, plus de 1 400 illustrations créées par quelque 146 artistes provenant de 62 pays ont été soumises aux épreuves de sélection de la Foire de Bologne. Les membres du jury d'origine italienne, britannique, française, américaine et allemande en ont choisi 400 qui ont été formellement exposées le temps de la manifestation.
C'est en 1997 que la commission d'Etat des Affaires culturelles (CCA), de Taïwan, a localement exposé des oeuvres, auparavant présentées à Bologne, dans le but de rehausser la qualité artistique des livres illustrés publiés à Taïwan.
Le grand jouet du fils de Yang Tsui-yu (Taïwan).
L'accueil enthousiaste réservé à cette initiative par le grand public et les maisons d'édition insulaires a poussé la CCA à organiser cette année à Taïpei le premier Festival des illustrations pour livres d'enfants de Taïwan.
Cette manifestation a également compris l'exposition en hommage à Roberto Innocenti, un des plus célèbres dessinateurs d'illustrations pour enfants, qui comportait 120 de ses créations.
Innocenti, né en 1940 en Italie, est remarquable pour son style réaliste. Ses images sont saturées d'objets et de personnages qui, chacun, sont dépeints avec beaucoup de minutie, notamment les expressions du visage et la richesse des scènes d'avant et d'arrière- plan.
Au festival de Taïpei, les illustrations des Aventures de Pinocchio sont certainement le meilleur exemple de l'approche réaliste de cet artiste. Pour recréer avec soin le détail de la fameuse marionnette en bois qui se transformera en petit garçon, Innocenti a fait le voyage dans la ville où se déroule les péripéties de ce personnage bien connu des enfants. Une recherche dans la campagne italienne lui a permis de reproduire avec raffinement les maisons rurales et les murs de pierre décrits dans le conte.
Pet shop de Svjetlan Junakovic (Croatie).
Innoncenti explique qu'il ne laisse pas de blanc dans ses illustrations d'après une technique utilisée par beaucoup d'autres dessinateurs. "Je crois que le contenu d'une image riche doit offrir à l'enfant tout ce qui pourrait l'emporter dans l'imagination."
Ces dernières années, l'industrie insulaire du livre pour enfants a connu une croissance rapide. Aujourd'hui, il y a dans l'île une plus large variété d'ouvrages importés, comme le livre de Pinocchio illustré par Innocenti, mais aussi un plus grand nombre d'oeuvres écrites et illustrées localement.
Pour promouvoir ce développement, les organisateurs du festival ont inclus une section spéciale appelée Exposition formosane des illustrations pour livres d'enfants, comprenant 72 dessins créés entre 1992 et 1997 par 20 artistes taïwanais, sélectionnés en décembre dernier parmi plus de 253 illustrations adressées à un jury similaire à celui de Bologne.
Les aventures de Pinocchio et Casse-noisettes de Roberto Innocenti
(Italie).
(Aimables crédits de l'institut national de l'Education artistique
de Taïwan.)
Claude Lapointe, un dessinateur français de renom, invité à siéger au comité de sélection, a loué les techniques remarquables des artistes insulaires en la matière.
La section formosane a regroupé 44 oeuvres de deux grands dessinateurs locaux, Tsao Hsun-yen et Chao Kuo-tsung. Pendant des dizaines d'années, tous deux se sont consacrés à l'art de l'illustration et sont aujourd'hui considérés comme des pionniers dans le domaine de l'illustration des livres pour enfants.
A l'occasion de ce festival, un concours sur le thème du journal intime a été organisé. Sur les milliers de dessins envoyés par les écoliers de Taïwan, 80 originaux ont été primés et ont gagné une place d'honneur.
Les participants devaient consacrer les deux tiers de leur feuille à une création artistique et un tiers à leurs impressions tirées de leurs notes personnelles. Les dessins et les écrits dépeignaient toutes sortes de détails de leur vie familiale et scolaire.
"Cette compétition a donné aux enfants l'occasion d'exprimer leurs
talents. Dans chaque dessin, on a retenu l'innocence ainsi que la vivacité",
affirme M. Chen Du-cheng.