Contenu (Affaires étrangères)

 

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Le Premier ministre du Tchad effectue une visite à Taïpei

PD: 11/21/98

Le Premier ministre du Tchad, M. Guélengdouksia Ouaïdou Nassour, a été chaleureusement accueilli à Taïwan le 5 novembre où il a effectué une visite d'une semaine destinée à resserrer les relations avec la République de Chine. Accompagné d'une délégation de neuf personnalités tchadiennes, M. Nassour se rendait pour la première fois dans l'île.

 Le chef de l'Etat, M. Lee Teng-hui, en le recevant le 10 novembre (voir photo), lui a fait part de la volonté de Taïpei de partager avec le Tchad l'expérience accumulée par l'île, en particulier dans l'agriculture.

 Satisfait des progrès réalisés dans le domaine de la coopération, le Premier ministre tchadien a fait part de son appréciation pour l'assistance qu'avait apportée Taïwan à son pays depuis le rétablissement des liens diplomatiques entre N'Djamena et Taïpei et a espéré que sa visite permettrait de resserrer des liens bilatéraux déjà étroits. Il a également exprimé son soutien à l'accession de Taïwan aux grandes organisations internationales.

 Durant son séjour, M. Nassour s'est entretenu avec de hauts responsables de l'Etat et a visité plusieurs institutions industrielles, agricoles et culturelles afin de se rendre compte par lui même des réussites économiques de la République de Chine.

L'un des temps forts de cette visite a été la rencontre avec M. Peng Tso-kwei, le président de la Commission d'Etat de l'Agriculture. L'agriculture joue en effet un rôle crucial dans l'économie tchadienne. Elle compte pour 40% du produit national brut du Tchad et 80% des emplois dans ce pays en dépendent à des degrés divers.

 Promettant l'assistance de Taïpei pour aider son allié africain à atteindre l'autosuffisance alimentaire d'ici 5 ans, M. Peng Tso-kwei s'est engagé à lancer un programme de coopération visant à développer 2 500 hectares de rizières près de Bongor, dans le sud du Tchad, ainsi qu'à améliorer les systèmes d'irrigation et à forer de nouveaux puits dans le nord du pays.

 En outre, une ferme de 20 hectares destinée à la production de légumes sera installée et équipée par Taïpei dans la région de Diardeya, en même temps qu'une assistance à la formation sera offerte par Taïpei afin de renforcer l'expertise tchadienne dans la gestion des exploitations agricoles et l'application des nouvelles technologies.

 Depuis la reprise des relations diplomatiques avec N'Djamena il y a un peu plus d'un an, la République de Chine a envoyé deux missions techniques destinées à participer à l'effort national de développement de l'agriculture et de la santé au Tchad.

 



 
 

Taïpei-Pékin: nouvel épisode de la rivalité diplomatique

PD: 11/21/98

Dans une conférence de presse donnée le 2 novembre, le ministre des Affaires étrangères de la République de Chine, M. Jason Hu, s'est dit convaincu que les pressions exercées par Pékin pour écarter Taïpei de la scène internationale ne cesseraient d'augmenter dans les années à venir.

 La déclaration du chef de la diplomatie faisait suite à une nouvelle offensive diplomatique de Pékin au cours de laquelle Taïpei a perdu un autre de ses alliés, les Tonga, un petit royaume situé dans le Pacifique Sud.

 Poursuivant ses commentaires, M. Jason Hu a affirmé que les autorités continentales s'étaient engagées dans une tactique diplomatique visant à séduire financièrement les amis de la République de Chine, ce que Taïpei, pour sa part, s'est toujours refusée à faire.

 " Nous maintiendrons notre politique de diplomatie pragmatique ", a- t-il insisté en forme de réponse à la nouvelle agression de Pékin.

 Quelques jours plus tôt, le 31 octobre, le royaume des Tonga avait annoncé qu'il établirait, dès le 2 novembre, des relations diplomatiques avec la Chine continentale. Un communiqué de Taïpei a immédiatement annoncé que la République de Chine mettrait fin à partir de cette date à ses liens officiels avec le petit Etat du Pacifique Sud.

 Outre son intention de rappeler son ambassadeur, Taïpei a également annoncé la suspension de tous les accords et programmes de coopération en cours avec le royaume des Tonga.

On a indiqué ici, avec une certaine amertume, que malgré tous les efforts déployés par le ministère des Affaires étrangères, le gouvernement des Tonga avait " déloyalement succombé aux avances du régime communiste chinois ".

 Le roi des Tonga, Sa Majesté Taufa'Ahau Tupou IV, s'était pourtant rendu en République de Chine en juillet dernier, ainsi que durant l'été 1997. La Princesse Salote Mafile'o Pilolevu Tuita était également venue en visite le mois dernier.

 Pour retourner la situation en sa faveur, Pékin se serait engagée à aider le petit Etat du Pacifique Sud à obtenir un siège aux Nations unies et à développer avec lui un programme de satellite.

 Le ministère des Affaires étrangères, de Taïpei, ne s'étonne plus de cette situation et remarque que, d'une façon générale, les continentaux chinois ne se sont épargnés aucun effort depuis le début de l'année pour empêcher les déplacements à l'étranger des représentants officiels de la République de Chine. C'est ainsi que le vice-président Lien Chan a dû annuler en août dernier un voyage en Suède où il devait participer à une rencontre académique.

 Mais peu importe, a fait savoir le vice-ministre des Affaires étrangères, M. David Lee, Taïpei reste déterminée à augmenter sa présence internationale en multipliant les voyages à l'étranger de hauts responsables de l'Etat ou du gouvernment.

 M. George Chang, directeur des Affaires d'Asie de l'Est et du Pacifique au ministère, estime que la décision des Tonga de changer de bord ne déclenchera pas d'" effet domino ", c'est-à-dire n'entraînera pas d'autres revers diplomatiques dans la région, les trois autres alliés dans le Pacifique Sud -- Nauru, les îles Salomon et Tuvalu -- restant fidèles à Taïpei.

La perte des Tonga pose une nouvelle fois le problème de la langue de bois pratiquée par Pékin qui, d'un côté, assure la communauté internationale de ses intentions pacifiques à l'égard de la République de Chine et, de l'autre, s'efforce de l'isoler diplomatiquement.

Le ministère des Affaires étrangères n'a pas manqué de faire remarquer que l'affaire des Tonga arrive une semaine après seulement la visite de M. Koo Chen-fu, le président de la Fondation des Echanges entre les deux Rives (SEF), de Taïpei, qui a permis de relancer le dialogue interchinois interrompu depuis plus de trois ans.

 M. Shen Lyu-shun, directeur des Affaires nord-américaines au ministère, explique que la République de Chine a besoin de rester dynamique sur le front diplomatique et que, en d'autres termes, il y a peu de chance de voir les autorités continentales bientôt renoncer à leurs manoeuvres à l'encontre de Taïpei.

 Même aux moments où les tensions étaient les moins fortes entre les deux rives, Pékin a continué de placer ses pions pour réduire l'espace international de Taïwan. Le royaume des Tonga est donc le 4e allié diplomatique de Taïpei à lui faire défaut cette année, après l'Afrique du Sud, la Centrafrique et la Guinée-Bissau. Taïpei continue néanmoins d'entretenir des relations officielles avec 26 Etats et maintient des liens économiques avec plus de 140 autres.