Lors des émeutes qui ont secoué l'Indonésie en mai dernier, les atrocités commises à l'encontre de la communauté d'origine chinoise résidant dans ce pays, en particulier plusieurs centaines de femmes victimes de viols collectifs et de crimes sexuels, ont provoqué à Taïwan de fortes réactions de protestation et d'indignation.
Le gouvernement, tout d'abord, par la voix du ministre des Affaires étrangères, M. Jason Hu, a émis les plus fermes condamnations à l'égard de ces actes de barbarie (Cf. Les Echos de la R.C. du 11 août, p.1), demandant aux autorités indonésiennes d'ouvrir des enquêtes afin que les responsables soient traduits au plus vite en justice.
Par ailleurs, les représentants de plusieurs associations à Taïwan de défense des droits de la femme se sont rendus début août en Indonésie afin de réunir davantage d'informations et d'offrir aux victimes la possibilité de recevoir ici un traitement médical approprié.
La délégation de neuf personnes dirigée par Mme Wang Ching-feng, une personnalité féministe, ancien membre du Yuan de Contrôle, a durant son court séjour dans l'archipel indonésien rencontré Mme Tutty Alawiyah, le ministre des Affaires féminines. Une requête lui a été présentée demandant notamment que tout soit mis en oeuvre pour assurer là-bas la sécurité des personnes ou des biens et éviter qu'une telle tragédie ne se reproduise.
Les représentants taïwanais ont appelé les autorités de Jakarta à promouvoir l'harmonie entre les différentes composantes ethniques de la population indonésienne et à mettre un terme à l'ensemble des mesures de discrimination raciale qui frappent les minorités.
Répondant à ses interlocuteurs, Mme Alawiyah a indiqué qu'aucune plainte concernant les attaques dont certaines femmes chinoises auraient été la cible n'avait été officiellement déposée et que le chiffre des victimes devait certainement être moins élevé qu'on le prétendait. Ayant néanmoins condamné tout acte violent, jugé en totale opposition avec l'esprit de la Constitution indonésienne, elle a annoncé qu'elle avait confié à une douzaine de femmes officiers de police ainsi qu'à plusieurs associations privées le soin de mener une enquête et de recueillir des témoignages.
Pendant ce temps, à Taïpei, de hauts responsables de la Commission d'Etat du Travail ont laissé entendre que si justice n'était pas faite par les autorités de Jakarta, l'entrée dans l'île de la main-d'oeuvre en provenance d'Indonésie pourrait être remise en cause. Il y a actuellement près de 16 000 ressortissants de ce pays employés à Taïwan, en particulier dans le secteur industriel.
Le ministère des Affaires étrangères, M. Jason Hu, a nié le 10 août les rumeurs selon lesquelles le gouvernement de la République de Chine s'apprêterait à ajuster sa politique étrangère en mettant l'accent sur la " qualité " plutôt que sur la " quantité " de ses alliés diplomatiques.
" Ces articles ne rapportent pas la vérité ", a assuré M. Hu, ajoutant que Taïpei a toujours cherché à entretenir des relations amicales avec le plus grand nombre possible de capitales étrangères.
En effet, son gouvernement attache une égale importance à la qualité et à la quantité de ses rapports diplomatiques, cherchant en permanence à en étendre le champ et l'horizon.
Face aux manoeuvres de Pékin pour écarter la République de Chine de la communauté internationale, Taïpei doit se battre avec encore plus d'énergie pour conserver ses amis et s'en faire de nouveaux.
" C'est pourquoi, nous ne faisons aucune différence entre les Etats. Nous serrons toutes les mains qui se présentent amicalement à nous et frappons à toutes les portes que nous pouvons atteindre ", a affirmé M. Hu devant les députés à l'Assemblée nationale, dont il est lui aussi un des membres.
Le ministre a également indiqué que Taïpei ne s'épargnerait aucun effort pour contenir les retombées négatives de la politique des " trois non ", lesquelles risquent de causer un tort énorme à Taïwan sur la scène internationale.
Cette formule, suscitée sur la scène internationale par Pékin, consiste à ne pas soutenir l'indépendance de Taïwan, ni la reconnaissance des " deux Chine " ou d'" une Chine et une Taïwan ", ni enfin l'admission de Taïwan dans une institution internationale requérant le statut d'Etat souverain.
Au cours de son voyage officiel en Chine continentale, M. Bill Clinton a proclamé en juin dernier son adhésion à la politique des " trois non ". La presse internationale rapporte que Pékin pousserait maintenant Tokyo à faire à son tour une déclaration similaire, au moment où le président Jiang Zemin, le dirigeant continental, se prépare à effectuer une visite officielle au Japon.
Commentant ces articles de presse, M. Hu a incité les alliés diplomatiques de la République de Chine et les pays de la région Asie-Pacifique à ne pas céder sans discernement aux demandes irrationnelles des communistes chinois afin de ne pas être ensuite amenés à accepter de plus amples concessions.
" Nous espérons que Pékin comprendra qu'en continuant de tirer avantage de ses engagements vis-à-vis des autres nations en vue de nuire à la position de Taïpei, elle ne favorise pas la reprise des relations interchinoises et que la réunification des deux rives du détroit de Taïwan pourrait en être fâcheusement retardée ", a insisté M. Hu.
La construction du complexe destiné à abriter
à Taïpei les représentations diplomatiques et les familles des diplomates
sera bientôt achevée, a annoncé le ministère des Affaires étrangères. Un
premier immeuble comportera 28 bureaux de chacun environ 100 ping (aux
alentours de 330 m2) et proposés pour un loyer mensuel de 50 000 TWD (environ
1 400 USD). Adjacent, le second immeuble servira à loger le personnel diplomatique
et les familles dans des appartements d'une surface de 60 ping (environ
200 m2), pour un loyer de 30 000 TWD (moins de 1 000 USD). La sécurité
du complexe sera assurée par une unité d'élite de la Police nationale répondant
ainsi aux principales préoccupations qui, outre, les avantages pratiques
et les facilités de gestion, ont motivé la construction des deux immeubles,
a indiqué le porte-parole du ministère des Affaires étrangères, M. Roy
Wu.
Une délégation taïwanaise est revenue de Papouasie-Nouvelle- Guinée où elle a apporté une aide financière et matérielle aux populations après la tragédie du 17 juillet provoquée par un tsunami qui a balayé la côte. Le bilan a été lourd, et l'on a compté 2 200 morts, ainsi que plus de 9 000 blessés. La délégation, formée avec l'aide du ministère des Affaires étrangères, était composée de volontaires appartenant à plusieurs associations caritatives et humanitaires de Taïwan, parmi lesquelles la Fondation bouddhique de la Compassion, World Vision of Taiwan, l'Association internationale bouddhique de Fo-kuang et le Centre culturel Ming Tau. Certains des membres du groupe sont d'ailleurs restés à Port Moresby pour assurer le suivi des dons généreux de ces associations qui se montent à plus de 400 000 USD.