Contenu (Culture)

 

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La Nuit, un festival du film

sur l'art organisé à Taïpei et à

Taichung par deux musées

PD: 06/11/98

Le Musée municipal des Arts modernes de Taïpei et le Musée provincial des Beaux-Arts, à Taichung, ont conjointement organisé du 23 mai au 7 juin un festival baptisé La Nuit et consacré aux films sur l'art. Durant cette manifestation, soixante-dix-huit oeuvres cinématographiques ont été projetées dans l'un et l'autre musée avec le coparrainage du service culturel du grand quotidien de Taïpei China Times.

 En fait, tous ces films sont une reprise de ceux présentés en 1995 lors de la Cinquième Biennale internationale du Film sur l'Art tenue par le Centre culturel et artistique Georges Pompidou au Musée des Arts modernes à Paris.

 Parmi ces 78 films sur l'art présentés à Taïwan, une sélection de 42 d'entre eux se situaient dans le cadre thématique de la nuit tandis que 36 autres oeuvres appartenaient à la liste candidate au concours de la biennale 1997 du Centre Pompidou. Pour des raisons de temps, leur projection à Taïpei ou à Taichung n'a pas fait cas de la distinction entre les films thématiques et de concours et, durant deux semaines, le programme de projection, de conférence et de débats a été assez chargé.

 On compte ainsi cinq longs métrages (plus de 80 minutes de projection), comme Dehors-dedans du français Alain Fleischer, L'homme qui dort, du français Georges Perec, Le blanc qui efface, de l'italien Claude Adorni, La frontière de nos rêves, du bulgare Gueorgui Baladanov, et Niki de Saint-Phalle, qui est le monstre, vous ou moi, de l'allemand Peter Schamoni.

 Vingt-six films de moyenne durée (entre 30 et 60 minutes) ont été au programme. Parmi ceux-ci, on a notamment compté dix films français, trois britanniques, deux allemands, deux espagnols et deux tchèques. Retenons Métro-fantôme réalisé par Danielle Petit-Shirman qui décrit la journée ordinaire d'une personne âgée et de ses amis à Paris.

 Le reste, des courts métrages de moins d'une demi-heure ont été aussi admirés pour l'éclat de leur créativité et leur originalité.

 Les oeuvres projetées sont des créations artistiques pures ou en relation plus ou moins directes avec des biographies d'artistes ou des présentations de leur oeuvre. Il n'a pas manqué de grands noms que le public connaît bien et apprécie particulièrement: le réalisateur allemand Wim Wenders, l'écrivain-réalisateur français Alain Fleischer, qui pour l'occasion s'est d'ailleurs déplacé à Taïwan, ou encore des artistes illustres, comme Picasso, Balthus ou Soulages, que ces films ont glorifiés soit dans une biographie, soit dans une histoire consacrée à leur oeuvre.

 Au travers de cette sélection d'oeuvres cinématographiques qui toutes tournent autour du thème de la nuit à des degrés divers, ce festival insulaire a su apporter au public un élargissement de sa connaissance sur l'art en Europe et dans le monde. grâce à une subtilité que le spectacteur a découvert avec joie.

 Cette sélection comprend plusieurs oeuvres de Wim Wenders qui a notamment réalisé en 1970 Silver City, en noir et blanc d'une quinzaine de minutes, que le public insulaire a fortement appréciée. Elle offre des prises de vue de la ville de Munich (Bavière), qui, empreintes de contrastes remarquables, expriment silencieusement l'espoir des hommes vers le merveilleux. Wenders a voulu dans ce court métrage dégager une certaine intrigue en insistant sur les effets de clair-obscur.

 Les cinéastes français Alain Resnais et Robert Hessens également admirés du public insulaire ont collaboré à la réalisation de Guernica, un court film en noir et blanc essentiellement consacré au tableau de Picasso, qui a saisi un moment terrible de la Guerre civile espagnole pour imposer une réflexion sur l'avenir de l'humanité.

 Chambre noire: Cinq peintures de Pierre Soulages, un court métrage français en couleurs de François Caillat, a rappelé aux spectateurs l'évolution de la peinture du français Pierre Soulages. Il faut citer encore Angoisse, une réalisation du tchèque Zdenieck Kopa , qui retrace les années difficiles, entre 1925 et 1945, de sa compatriote, la peintre tchèque Cerminova Toyen (1902-1980). Dans Balthus le peintre, le réalisateur britannique Mark Kidel tente à travers les tableaux de Balthus, âgé aujourd'hui de 90 ans, de mettre en valeur la créativité du peintre et de donner une explication à l'évolution de son oeuvre artistique.

 A l'occasion de ce festival, plusieurs personnalités françaises sont venues dans l'île donner à Taïpei et à Taichung quelques conférences-débats sur le cinéma, comme M. Germain Viatte, directeur du Musée des Arts modernes du Centre Georges Pompidou, Mme Gisèle Breteau-Skira, co-organisatrice de ce festival, M. Alain Fleischer, écrivain et réalisateur, Mme Danielle Petit-Shirman, réalisatrice et spécialiste du film sur l'art, et M. Sylvain Roumette, écrivain, réalisateur et comédien, qui ont accepté d'échanger leurs idées avec un public admirateur. Les ont également accompagnés dans cette série de débats les critiques de cinéma insulaires MM. Wen Tien-hsiang et Huang Chien-yeh, ainsi que Mmes Huang Yu- shan et Peggy Chiao.

 Par ailleurs, le Musée provincial des Beaux-Arts, à Taichung, a annoncé qu'il créerait à l'avenir un festival consacré aux films sur l'art, espérant ainsi satisfaire les amateurs du genre.

 



 
 

Festival de Cannes

Le trou gagne le prix de la critique

PD: 06/11/98

Cette année, au 51e Festival du Film de Cannes, le film asiatique a été une fois de plus à l'honneur. Avec une sélection de seulement quelques films, Taïwan est néanmoins parvenue à figurer en bonne place au palmarès cannois en remportant un prix.

 Il a été décerné le 23 mai à Tsai Ming-liang pour la réalisation de son film Le trou. Le jury des critiques internationaux (Fipresci) a souligné qu'il avait " osé combiner le réalisme avec une vision apocalyptique, le désespoir et la joie, l'austérité et la fascination ".

 " C'est la troisième fois consécutive que la Fipresci me décerne un prix. Je suis très content ", a déclaré avec émotion le réalisateur chinois, ajoutant sur le ton de la plaisanterie que si, la prochaine fois, la Fipresci ne lui attribuait pas un quatrième prix, il sombrerait dans le chagrin.

 Ce film est une histoire d'amour dont l'action lente se projette sur une vision sombre de la société urbaine à Taïwan à la veille du XXIe siècle. Malgré un ton pessimiste et plein de désespoir, il est ponctué d'une bande sonore comportant des chansons d'amour de Grace Chang, une chanteuse et danseuse populaire de l'île des annés 50 et 60.

 Deux autres films de Tsai Ming-liang, Vive l'amour et La rivière, avaient remporté le même prix à Venise en 1994 et à Berlin en 1997.

 Mme Hsu Feng, productrice taïwanaise demeurant actuellement à Hongkong, a également été à l'honneur à ce festival. Une rétrospective consacrée à sa carrière cinématographique, en tant que comédienne ou productrice, a témoigné de sa passion pour le cinéma.

 Ancienne vedette des films d'arts martiaux du célèbre réalisateur King Hu, aujourd'hui disparu, elle avait déjà remporté en 1975 un premier prix au festival de Cannes pour son rôle dans le film Une touche de zen.

 Dans la rétrospective de ses films, on a particulièrement remarqué Poussière rouge en 1990, Cinq filles et une corde en 1991 et, bien sûr, en 1993 Au revoir, ma concubine, réalisé par M. Chen Kaige, qui figurait cette année parmi les membres du jury international du festival. Ces trois films ont marqué des étapes importantes dans la carrière de productrice de Mme Hsu Feng jusqu'au succès international grâce au film de M. Chen Kaige honoré de la Palme d'or il y a 5 ans.

 Quant au réalisateur, aujourd'hui célèbre, M. Hou Hsiao-hsien, qui avait remporté en 1989 un Lion d'or au Festival de Venise, il a manqué de peu cette année l'attribution de la Palme d'Or pour son film, pourtant favori, Les fleurs de Shanghai, une production internationale mettant en scène des acteurs hongkongais, comme Tony Leung, Michelle Reis et Carina Lau, ou japonais, comme Michiko Hada. Inspirée d'une oeuvre de Han Ziyun, cette histoire décrit l'univers étroit de jeunes prostituées chinoises à la fin du XIXe siècle. Les héroïnes du film sont enfermées dans leur maison close située dans la concession britannique de Shanghai à une époque où l'impérialisme européen en Chine s'impose face à une dynastie Qing déclinante. La prostitution où elles ont été involontairement plongées semble néanmoins être le meilleur moyen de quitter leur milieu d'origine dans lequel elles n'avaient aucune liberté. Deux jeunes fleurs recherchent alors l'affection de leurs clients, le plus souvent des fonctionnaires déracinés, tandis qu'une troisième tente de comprendre la philosophie du mode de vie et de pensée de ses deux collègues.

 Le film rappelle au cours de cette période sombre les difficultés auxquelles étaient confrontées les femmes en Chine avant que leurs droits ne soient garantis lors de la fondation de la République en 1912. Il faudra cependant attendre encore plusieurs années pour qu'ils soient plus amplement défendus.

 



 
 

L'Armée de l'Air se sépare

de ses anciens F- 104

PD: 06/11/98

La République de Chine à Taïwan vient de réformer ses derniers avions de chasse F-104 au cours d'une cérémonie solennelle le 22 mai présidée par le général Huang Hsien-yung, à la base de Chingchuankang, dans le centre de l'île. Le commandant en chef des Forces aériennes a rappelé, à cette occasion, la mission historique que ces appareils avaient remplie au cours de leurs 38 années de service dans l'Armée de l'Air.

 Durant toute cette période, soutien logistique de la défense aérienne de la République de Chine, ces avions ont permis à Taïwan de maintenir dans le Détroit une certaine supériorité aérienne. En 1995 et 1996, lorsque la Chine continentale a tenu des essais de tir de missiles près des côtes de Taïwan et des manoeuvres de guerre menaçantes, ils avaient été à nouveau mis en alerte.

 Une nouvelle génération d'avions de guerre, comme notamment l'IDF (Indigenous Defense Fighter), de conception et construction locales, les avions F-16 américains ou encore les Mirage 2000-5, de fabrication française, a donc remplacé les derniers F-104 encore en opération.

 La République de Chine à Taïwan a acquis son premier F-104, un avion supersonique de construction américaine le 17 mai 1958 en même temps qu'était mis en oeuvre avec l'assistance des Etats-Unis le Plan Alishan, un programme de formation de pilotes.

 C'est une flotte de plus de 200 F-104, combinant plusieurs types, qui a effectué, pendant près de quarante ans, au-dessus du détroit de Taïwan, plus de 370 000 missions totalisant quelque 380 000 heures de vol.

 Le 13 janvier 1967, au cours d'une bataille aérienne, à quelques 30 milles marins au nord-est de Kinmen, un avant-poste de la République de Chine près du continent, quatre d'entre eux ont combattu deux appareils continentaux. Pour la première fois, des MiG-19, de fabrication soviétique, étaient abattus par des avions de chasse F-104.

 Un des as de l'Armée de l'Air, le général Sun Kuo-an, aujourd'hui en retraite, a probablement battu le record de vol en totalisant 3 115 heures aux commandes du F-104.

 La société américaine Lockheed a cessé de produire cet avion de chasse en 1972. Il a alors été nécessaire de racheter d'anciens appareils au Pakistan, au Japon et à l'Allemagne pour se procurer certaines pièces détachées et en assurer la maintenance.

 En près de 40 ans de service, 84 pilotes ont perdu la vie au cours de mission de combat ou d'exercice. Jusqu'à leur retrait définitif, il ne restait plus en opération qu'une seule escadrille de seize F-104.