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Taïwan reçoit la Dent sacrée du Bouddha

PD: 04/21/98

Une courte cérémonie officielle a célébré le 9 avril à l'aéroport international Chiang Kai-shek l'arrivée de la Dent du Bouddha.

 Il s'agit d'une des quatre dents recupérées après la crémation du corps de çâkya-Mouni, le fondateur du bouddhisme, en 480 av. J.-C. L'une d'elles s'est perdue et les trois autres, dispersées dans en trois lieux différents -- Inde, Sri Lanka et Chine --, sont conservées comme reliques dans des temples où elles font l'objet d'une vénération et de pèlerinages.

 Le gardien de la relique en Inde, le bonze tibétain Rinpoche Kunga Dorje, craignant de ne plus pouvoir veiller sur elle en raison de son âge avancé, a accepté de la remettre au Vénérable Hsing Yun, fondateur et supérieur du grand monastère bouddhique de Fokuangshan, dans le sud de Taïwan.

 Le saint objet a d'abord été transféré d'Inde en Thaïlande où une délégation importante d'hommes religieux et de responsables politiques de Taïwan, conduite par le Vénérable Hsing Yun, en a pris possession pour la rapporter dans l'île.

 Par vol spécial, la Dent du Bouddha a été finalement apportée sur le sol chinois par M. Wu Poh-hsiung, conseiller à la présidence de la République, qui, l'a présentée au premier ministre, M. Vincent Siew, et à d'autres hauts responsables du gouvernement venus accueillir la délégation à l'aéroport.

 M. Siew a souhaité que Taïwan, dans l'esprit de religion qui l'anime, puisse connaître le bonheur et la stabilité sous la protection de la sainte relique bouddhique désormais en sureté dans l'île.

 Une autre cérémonie, celle-ci religieuse, officiée par le Vénérable Hsing Yun, s'est ensuite tenue dans la ferveur d'une foule de fidèles qui a accueilli puis accompagné la châsse sacrée à sa demeure provisoire. Un sanctuaire lui sera bientôt désigné dans la banlieue de Taïpei où les croyants et les non-croyants pourront facilement venir l'honorer ou l'admirer, comme le souhaite la communauté religieuse bouddhique insulaire.

 Le Vénérable Hsing Yun a réfuté les insinuations de l'Association des bouddhistes chinois, de Pékin, selon lesquelles, la relique ne serait pas authentique dans le cas où elle aurait été rapportée du Tibet, puisque les annales tibétaines n'en font nulle part mention.

 



 
 

La tribu Yami renoue des "liens familiaux historiques"

PD: 04/21/98

Une délégation de la tribu aborigène formosane des Yami s'est récemment rendue aux Philippines dans la plus petite province de ce pays, la province des Batanes, constituée des îles Batan et Babuyan situées dans le détroit de Luçon. Cette visite avait pour but de revivre des expériences culturelles communes et de renouer des "liens familiaux historiques" avec les habitants de cet archipel. Composé de 47 personnes, dont 23 membres de la tribu des Yami, le groupe était conduit par le député aborigène au Yuan législatif, M. Walis-Pelin.

 Lorsque l'avion les transportant atterrit le 2 mars à Basco, le chef- lieu de la petite province philippine des Batanes, sur l'île Batan, les Yami ne purent s'empêcher d'exprimer une joie intense. " En fin de compte, nous confirmons les récits de légende de notre peuple en retrouvant ainsi des parents que l'histoire a longtemps écartés de nous ", s'est exclamé M. Shapen-Maraos, un des délégués Yami.

 Les scientifiques ont déjà démontré que les neuf peuples (appelés tribus) aborigènes existant à Taïwan étaient originaires en partie du sud du continent chinois, en partie d'Austronésie. Ils affirment que les aborigènes formosans appartiennent au groupe linguistique austronésien qui s'est dispersé dans les divers archipels du Sud-Est asiatique.

Un Yami de Taïwan pose avec un Ivatan des Philippines.
 
 
 
 

Les légendes Yami, transmises oralement, racontent justement les liens étroits tissés avec la tribu aborigène Ivatan (ou Y'batan) qui peuple le petit archipel qui porte leur nom (Batan). Les Ivatan et les Yami parlent la même langue et partagent aujourd'hui encore plusieurs traits de leurs us et coutumes.

 Le peuple des Yami vit presque exclusivement dans la petite île des Orchidées (ou Lanyu) à 49 milles marins (90 km) au sud-est de Taitung, sur la côte est de Taïwan, une île séparée des Batan par le canal des Bashi à 60 milles marins (112 km).

 Pendant plusieurs siècles, les villageois de Lanyu et des îles Batan ont pêché dans les mêmes eaux. " Il faut environ une demi-journée de voile ou de pirogue pour naviguer de Lanyu à Y'ami, l'îlot le plus septentrional du petit archipel philippin. Par temps très clair, d'une île, on peut apercevoir l'autre ", a précisé M. Liao Pan-chia, maire de la commune de l'île des Orchidées (ou Lanyu), qui a ajouté: " Il n'existe aucun doute sur nos liens de sang avec les Ivatan. "

 Pour parvenir à leur destination, les visiteurs taïwanais ont dû faire mille détours, les lois en vigueur ne leur permettant pas de faire voile sur leurs pirogues entre Lanyu et les îles Batan, comme le faisaient leurs ancêtres.

 Les représentants Ivatan ont été impressionnés des similitudes entre les deux "tribus" vivant de part et d'autre du canal des Bashi. " C'est étonnant comme nous, les Ivatan, avons les mêmes traits physiques que les Yami. Si j'étais allé chez eux, je les aurais pris pour des gens de chez nous! ", a remarqué Carsdo, un habitant de Batan.

 En l'honneur de leurs visiteurs, les Ivatan ont donné une représentation de la cérémonie traditionnelle de la pêche sur une plage de l'île. Les offrandes aux dieux et les festivités se sont déroulées dans une ambiance de joie.

 Quand les Yami ont exécuté la même danse, également sacrée chez eux, en portant leur " costume traditionnel ", un pagne étroit serré par une corde autour de la taille, les Ivatan, qui portent des pantalons depuis bien longtemps, n'ont pu s'empêcher de sourire, a expliqué avec quelque amertume un prêtre Yami, M. Chou Chao- chieh, de son nom chinois.

 Le député taïwanais, M. Walis-Pelin, originaire d'un autre peuple aborigène, les Atayal, au nord de Taïwan, a expliqué que les Ivatan, des Philippines, s'étaient beaucoup mieux intégrés au monde moderne que les Yami, de Taïwan.

Danse des moissons exécutée à l'île Batan par les représentants Yami devant les spectateurs Ivatan.(Chung Chi-fu)
 
 
 

Les représentants Yami et Ivatan n'en ont pas moins longuement discuté d'anciennes légendes et de problèmes communs. " Nous avons beaucoup appris des Yami au sujet des traditions ici oubliées ", a assuré M. Telesforo Castillejos, gouverneur de la province des Batanes.

 Le député Walis-Pelin a souligné alors l'avantage, en matière d'éducation, que les Ivatan ont sur leurs cousins Yami: " Ils sont mieux instruits. Nous avons repérés plusieurs écoles dans ces petites îles et il existe deux établissements d'enseignement supérieur à Basco. " Et de poursuivre: " Si les jeunes Yami désirent aller au lycée, ils doivent quitter leur île natale pour s'installer à Taitung, à Taïwan même. "

 Les délégués taïwanais qui espèrent que ce voyage historique constituera l'amorce d'échanges culturels entre les deux peuples insulaires ont signé un accord avec la province des Batanes définissant plusieurs objectifs à atteindre: la tenue régulière de rencontres, le rétablissement de la navigation entre l'île des Orchidées (Lanyu) et l'archipel Batan, ainsi que la promotion d'une coopération de pêche entre les deux peuples.

 La question des frontières nationales demeurent d'ailleurs un obstacle important à surmonter. " Nous savons qu'il existent des difficultés. Néanmoins, nous croyons que ces frontières artificiellement créées n'entraveront pas le rapprochement naturel entre les peuples d'une même région ", a déclaré M. Walis-Pelin.
 

--D'après Yami tribe celebrates ancient links to
"historic families" in Philippines de Linda Chang, in
The Free China Journal, Taïpei, 27 mars 1998 (p. 4).