L'Administration américaine n'envisage pas de reformuler le communiqué conjoint qui sert actuellement de cadre aux complexes relations qu'elle entretient avec Taïpei et Pékin, et l'a fait savoir à M. Richard Holbrooke, ancien ambassadeur américain aux Nations unies, qui avait proposé une révision le 2 janvier dans les colonnes du quotidien Washington Post.
L'ancien diplomate avait indiqué que la rédaction conjointe d'un " 4e communiqué " lui semblait être devenue une nécessité afin de tenir compte des récentes évolutions du contexte international, le document actuel datant déjà de presque vingt ans.
Signés en 1972,1978 et 1982, les précédents communiqués ont servi, avec le Taiwan Relations Act voté en 1979, de fondements aux relations triangulaires qui se sont établies entre les trois capitales.
Le premier avait garanti le retrait des troupes américaines de Taïwan et le soutien de Washington a l'idée d'une Chine, un principe réitéré dans le second communiqué à la rédaction duquel M. Holbrooke, alors assistant au secrétaire d'Etat américain, avait d'ailleurs contribué.
Le communiqué de 1982, qui prévaut encore, réaffirme le contenu des précédents, tout en engageant les Etats-Unis à diminuer progressivement leurs ventes d'armes à Taïwan.
Selon M. Holbrooke, le temps d'une révision est venu, au vu de la cascade d'événements internationaux qui se sont produits depuis 1982, de la démocratisation à Taïwan en passant par la fin de la guerre froide jusqu'aux événements du 11 septembre dernier aux Etats-Unis, pour n'en citer que quelques-uns, qui ont contribué à forger une nouvelle vision des relations internationales, notamment au niveau sino-américain.
Apportant la réponse du département d'Etat américain, son porte-parole, M. Richard Boucher, a rétorqué que le cadre existant des relations sino-américaines était suffisamment satisfaisant pour que Washington s'en " contente pour le moment ". A l'occasion d'un point de presse quotidien, il a affirmé que le cadre actuel des relations prévu par le communiqué de 1982 suffisait à poursuivre les buts que Washington s'étaient fixés dans le domaine de ses relations avec Taïpei et avec Pékin.
M. Tien Hung-mao, le ministre des Affaires étrangères de la République de Chine, a effectué au début de ce mois une visite à Chiang Mai, dans le nord de la Thaïlande, où il a renouvelé les termes d'un accord de coopération agricole avec ce pays, en vigueur depuis une trentaine d'années déjà.
Pour ménager les susceptibilités diplomatiques, c'est en sa qualité de président du Fonds pour la Coopération et le Développement internationaux (ICDF), l'organisme taïwanais qui gère l'aide à l'extérieur, et non en tant que ministre des Affaires étrangères, que M. Tien Hung-mao a apposé sa signature sur le document officiel contresigné par le prince Bhisatej Rajani de Thaïlande, chef de la diplomatie thaïlandaise.
M. Tien Hung-mao s'est rendu auprès de la mission de techniciens taïwanais qui travaillent à un vaste projet de reconversion des terrains à la culture des fruits et des légumes dans le nord de la Thaïlande. Le ministre attache une importance particulière à cet accord, précise-t-on à Taïpei, parce qu'il renforce l'interaction avec la Thaïlande et qu'il met en évidence le rôle de Taïwan dans la lutte internationale contre la drogue.
Le nord de la Thaïlande fait partie du fameux Triangle d'or, une région montagneuse et frontalière, à cheval sur le Myanmar, le Laos et la Thaïlande, où, il n'y a pas si longtemps encore, des seigneurs de la drogue et leurs armées, en constante rébellion, luttaient contre les institutions en place.
Dans cette région, après la réalisation ces six dernières années de trois phases du programme, Taïwan a contribué à la forte réduction de l'étendue des champs de pavots et à la multiplication par six des revenus des paysans locaux, indiquent des sources de Taïpei.
Conçu en 1969, ce programme de coopération avait été lancé 3 ans plus tard. Lorsque les relations diplomatiques avec la Thaïlande furent rompues en juillet 1975, la République de Chine n'a pas résilié son aide et l'a intensifiée, l'ensemble du projet étant placé en 1996 sous la coupe de l'ICDF.