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Les réformes auront lieu sans hâte et dans le consensus

PD: 01/21/02

La réforme du fonctionnement des institutions est une nécessité, mais il sera bon d'attendre un meilleur moment pour la mener, a déclaré le président de la République dans ses voeux de Nouvel An, espérant obtenir à terme un consensus autour des propositions faites par le Parti démocrate-progressiste (PDP), la formation politique à laquelle il appartient.

L'idée défendue par le PDP, qui en a d'ailleurs fait l'un de ses principaux objectifs, est de transformer les institutions actuelles sur le modèle d'un système de type présidentiel, proche de celui en usage aux Etats- Unis, fondé sur trois pouvoirs distincts -- l'exécutif, le législatif et le judiciaire. Or, la Constitution en vigueur depuis 1947, conçue au début du XXe siècle par Sun Yat-sen, en compte deux supplémentaires.

Outre le Yuan exécutif (le gouvernement qui mène la politique), le Yuan législatif (la législature qui vote les lois) et le Yuan judiciaire (les institutions de justice), on distingue également le Yuan des Examens (un organe qui administre le corps des fonctionnaires de l'Etat) et le Yuan de Contrôle (un organe qui contrôle les finances et la fonction publiques).

 Cinq, c'est deux de trop, estime-t-on au PDP où, dans le cadre des restructurations qui se préparent au niveau du gouvernement central, on souhaiterait voir disparaître cette originalité. M. Hsu Yang-ming, secrétaire général adjoint du parti, reconnaît néanmoins que la tâche requiert une longue préparation et qu'elle ne pourra être accomplie rapidement.

Car, si la révision du mode de fonctionnement du gouvernement ne nécessite, pour être adoptée, que l'appui d'une moitié des députés, les modifications à la Constitution doivent réunir un vote favorable des trois quarts au moins des membres du Yuan législatif, un soutien que le PDP, qui y contrôle seulement 80 sièges sur un total de 225, aura du mal à mobiliser.

D'autant que, pour l'instant, l'opposition y est plutôt hostile et préfère que la restructuration prévue du gouvernement prenne le pas sur la révision de la Constitution, celle-ci ayant déjà été retouchée à plusieurs reprises ces dernières années.

Le soutien apporté à ces réformes doit donc être élargi, convient le président Chen Shui-bian, qui, conscient de leur nature compliquée et controversée, demandent qu'elles fassent d'abord l'objet d'un examen approfondi. " Nous ne devons pas nous presser, a-t-il concédé. Il faut plutôt attendre que les partis au pouvoir et d'opposition, ainsi que les Taïwanais, aient débattu du sujet pour, ensuite, parvenir à un consensus ".

M. Hsu Yang-ming estime lui aussi qu'il vaut mieux prendre son temps et accorder, pour le moment, la priorité aux autres réformes portant notamment sur une amélioration du fonctionnement du Cabinet, dont la taille sera diminuée, ou encore de la législature qui, elle aussi, pourrait être réduite. Le PDP espère au plus vite parvenir à un accord avec les autres forces politiques nationales sur ces deux projets.

 Les députés ont déjà commencé à débattre de la réduction de leur nombre au sein de la législature, mais la question ne sera réellement examinée que dans le cours de la prochaine session parlementaire, c'est- à-dire à partir du mois prochain.
 



 
 

Polémiques autour du passeport qui sera " délivré à Taïwan "

PD: 01/21/02

"République de Chine " (Taïpei), " République populaire de Chine " (Pékin), la différence entre les deux noms est minime et a causé parfois des méprises regrettables, notamment lors du passage des contrôles dans les aéroports internationaux.

Il est arrivé que, victime d'une confusion entre les dénominations, de malheureux voyageurs taïwanais aient été interpellés, jusqu'à ce que l'erreur soit corrigée, après avoir été suspectés un temps d'appartenir à la masse des immigrés clandestins venus de Chine continentale qui tentent, chaque jour, de franchir les frontières des pays dans le monde.

 C'est pour remédier à ce genre de situation pénible que le ministère des Affaires étrangères a proposé d'ajouter sur la couverture des passeports, en dessous du titre officiel de " République de Chine ", la mention du lieu de délivrance, c'est-à-dire Taïwan.

 Cet arrangement, qui se veut uniquement pratique et sans aucune velléité politique, a cependant suscité une vive controverse sur l'autre rive du détroit de Taïwan et dans l'île même. Les autorités de Pékin ont été promptes à dénoncer ce qu'elles considèrent comme un geste officiel visant à promouvoir l'indépendance de l'île, tandis qu'une partie de la classe politique ici s'est aussi livrée à de vives critiques contre le gouvernement qui n'a cependant pas cédé.