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Droit du travail: les femmes comme les hommes

PD: 01/11/02

Mettant fin à des années de pressions exercées par les groupes qui défendent les droits de la femme, les députés ont adopté le 21 décembre une nouvelle législation qui garantit l'égalité entre les deux sexes sur le lieu de travail.

 En une quarantaine de nouveaux articles, les femmes se voient accorder tout un ensemble de nouveaux droits qui étaient loin d'être acquis pour la plupart d'entre elles. Il s'agit d'un grand succès pour celles qui travaillent, ont affirmé les associations locales qui avaient réclamé certaines de ces protections depuis plus de douze ans.

 " C'est un jour de fête ! ", s'est exclamée Mme Yu Mei-nu, de la Fondation Awakening (Eveil), l'une des plus ardentes avocates de la cause des femmes dans l'île. " Cependant, la bataille est loin d'être gagnée. Il faut maintenant veiller à ce que la loi soit respectée et à ce que les pratiques discriminatoires à l'encontre des femmes salariées soient éliminées ".

Les études consacrées au sujet ont montré que les femmes employées dans l'île bénéficient en général, pour un même travail, de rémunérations inférieures de 30% à celles de leurs collègues masculins. Alors qu'à Taïwan pratiquement un salarié sur deux est une femme, celles-ci sont moins nombreuses, en outre, à obtenir des promotions, notamment aux postes de direction. D'autres chiffres révèlent que près de 70% des femmes actives dans l'île sont contraintes de quitter leur emploi lorsqu'elles sont enceintes ou après s'être mariées.

A partir du 8 mars, date de la Journée internationale de la Femme, la loi entrera en vigueur, garantissant des salaires et des avantages égaux entre employés des deux sexes. Entre autres nouveautés, la législation qui vient d'être adoptée définit aussi le harcèlement sexuel sur le lieu de travail, obligeant les entreprises qui emploient plus de 30 personnes à prévenir et à sanctionner de tels abus. L'obligation est également faite aux entreprises de plus de 250 salariés -- qui peuvent dans ce cas obtenir une aide publique -- d'offrir un service de garderie d'enfants à leurs employées. Les salariées obtiendront aussi, selon les cas, des journées de repos supplémentaires, le droit d'ajuster leurs horaires de travail ou des congés spéciaux.

 



 
 

Des progrès dans la recherche sur l'hépatite

PD: 01/11/02

Une équipe de chercheurs du centre hospitalier de l'Université nationale de Taïwan (NTUH), à Taïpei, a annoncé fin décembre avoir découvert que deux paires de chromosomes humains sont à l'origine de mutations génétiques juste avant les prémices d'une hépatite.

 Grâce à cette précision scientifico-médicale à la base de l'évolution du cancer du foie, il sera possible de soigner ponctuellement les parties malades, ce qui permettra de prévenir nombre de cas de la terrible maladie.

 Selon les chercheurs du NTUH, cette toute dernière découverte évitera de nombreux errements de la part des médecins qui ne peuvent émettre que de vagues diagnostics lorsque le patient qui les consulte souffre d'une infection du foie à un stade préliminaire.

Selon le docteur Chen Pei-che, chef de l'équipe de recherche sur les hépatites, les études sur les maladies du foie sont généralement concentrées sur des patients atteint à un stade très avancé, voire final, d'une hépatite. Des recherches microbiologiques très précises ont été entreprises, a-t-il expliqué, et ont montré que certaines causes particulières -- comme les déficiences génétiques provoquées par une hépatite -- affectent les neuf paires de chromosomes humains qui jouent un rôle majeur dans l'évolution de l'hépatite, menant à la formation d'une tumeur maligne.

Pendant quatre ans, l'équipe du centre universitaire de Taïwan s'est particulièrement penchée sur ce phénomène en étudiant cliniquement cette progression sur plus de 200 cas de patients atteints d'hépatite à des degrés divers d'infection. Elle a ainsi constaté que des mutations sur les 4es et 8es paires de chromosomes survenaient souvent en premier lieu au début d'une sclérose du foie. Y porter aussitôt remède arrête l'évolution pathogène.

 L'équipe de chercheurs du NTUH espère obtenir rapidement l'homologation officielle de leur découverte, afin que la nouvelle thérapeutique puisse recevoir dans les établissements hospitaliers une application clinique générale. Etant alors couverts par le Programme national d'Assurance Maladie, les traitements effectués en phase initiale d'une hépatite et pouvant prévenir les complications d'une hépatite ou d'un cancer du foie seront accessibles à l'ensemble de la population.

Arguant en faveur d'une diminution des frais hospitaliers, le docteur Chen Pei-che a expliqué que, dans ce cas précis, les soins préventifs coûtaient beaucoup moins cher que le traitement long et laborieux de patients atteints d'une hépatite à une phase pathologique plus avancée.
 



 
 

La prison de l'Ile Verte sera bientôt fermée

PD: 01/11/02

De triste réputation et symbole de la terreur blanche dans les années 50 et 60, la prison de l'Ile Verte, où des milliers d'hommes et de femmes furent enfermés et persécutés pour des raisons politiques, sera fermée d'ici à la fin de l'année, a annoncé le 1er janvier le ministre de la Justice, M. Chen Ding-nan.

 Tous les détenus qui y purgent leur peine, actuellement 436 condamnés de droit commun, et les 168 agents pénitentiaires seront donc transférés dans d'autres maisons d'arrêt, à Taitung, à Hualien ou ailleurs en fonction des places et positions disponibles.

C'est sous la forte pression de Mme Annette Lu, la vice-présidente de la République, qui a longtemps milité en faveur des droits de l'homme, que la décision de supprimer cette prison a été prise. Incarcérée 5 ans et demi à l'Ile Verte sous la loi martiale, elle fut relâchée en 1985.

 Cette mesure permettra de développer une industrie du tourisme dans la petite île et de rehausser son image, longtemps ternie par la présence de ce lieu pénitencier, où furent enfermés de nombreuses figures de la dissidence avant la démocratisation du régime, à la fin des années 80.

 La petite île, Lu Tao ou Ile Verte, située au large de Taitung, se tient à une quarantaine de kilomètres du littoral taïwanais dans l'océan Pacifique. En raison de sa beauté particulière, du fait de son isolement au milieu de la mer, et parce que ses atouts naturels ont été préservés pendant les décennies de la loi martiale, l'Ile Verte est promise à devenir un site touristique attractif. La prison, elle-même, sera transformée en un lieu de souvenir et ouverte au public.
 



 
 

L'archéologie sous-marine contribue à l'histoire de l'archipel des Penghu

PD: 01/11/02

L'archipel des Penghu est une préfecture de la mer. La vie de ses habitants a toujours été mêlée à l'océan, et c'est la mer plus que tout autre chose qui a influencé le développement de ces petites îles au milieu du détroit de Taïwan. Même encore aujourd'hui la " civilisation océane " est profonde et présente partout jusqu'à tenir une place essentielle dans la vie de tous les jours.

 C'est sous la dynastie Song (960-1279) que les Chinois ont fondé les premiers établissements dans l'archipel des Penghu composé de 64 petites îles et îlots. Ils se sont installés aux Penghu bien avant de le faire dans la grande île voisine de Taïwan. Le petit archipel est devenu par la suite l'escale obligée des premiers colons qui se rendaient à Taïwan, avant de s'effacer peu à peu, tandis qu'avec les progrès de la navigation moderne, les liaisons maritimes s'effectuaient directement.

Les Penghu furent à l'époque un havre providentiel dans la traversée du détroit de Taïwan, aux eaux dangereuses. Les courants contraires, et aussi les terribles typhons, qui balaient chaque année la région entière ont provoqué des naufrages sans nombre depuis que les premiers aventuriers se sont installés dans le petit archipel. Par ailleurs, une piraterie latente a pendant de longs siècles infesté les îles et les côtes du détroit de Taïwan. Le petit archipel, [appelé " îles des Pêcheurs (Pescadores) " par les navigateurs portugais du XVIe siècle,] doit son nom chinois à la grande baie formée par le groupe d'îles servant de havre de sûreté et de paix au milieu des eaux tourbillonnantes du Détroit.

Les archives montrent que, durant la dynastie Qing (1644-1911), une centaine de navires ont sombré aux alentours des Penghu. Les premiers naufrages de cette époque comptent certainement une grande partie des vaisseaux perdus formant l'expédition commandée en 1665 par le général Shi Lang pour soumettre Taïwan restée aux mains des loyalistes de Coxinga. [Le général Shi Lang est revenu avec succès dix-huit ans plus tard pour soumettre et les Penghu et Taïwan à l'hégémonie mandchoue.]

 Le Musée national d'Histoire de Taïwan a mené en 1995 une étude d'archéologie sous-marine autour de l'archipel. Pour le grand plaisir des historiens et des archéologues, l'expédition menée par l'Etat a découvert au fond de mer des épaves au large de Wanan, dans l'île principale, et près de Dawen.

Récemment, le même musée a présenté durant un mois une exposition des articles récupérés sur l'épave Générale Nø1, ainsi nommée pour avoir été la première à être entièrement fouillée par les équipes de chercheurs et de plongeurs. Il s'agit d'un navire en bois construit vers 1780, possédé par un armateur particulier, qui a fait naufrage une cinquantaine d'années plus tard.

 Selon M. Huang Kuang-nan, conservateur du musée, cette étude est le premier exemple de recherches sous-marines entreprises par les musées de Taïwan et il estime qu'elle est le prélude à de prochaines campagnes de fouilles du même type.

Cette recherche a été sans doute unique à Taïwan en raison non seulement de la spécificité du sujet mais aussi parce qu'elle a permis de redéfinir le rôle et la fonction des musées insulaires. Elle a été accueillie comme le début d'une nouvelle ère dans l'archéologie sous-marine à Taïwan.

En plus de sa grande variété qui met en valeur l'écologie sous-marine, l'exposition présente des objets et des photographies des navires coulés, tirées des journaux scientifiques des chercheurs qui ont mené les fouilles sous-marines et publié les résultats de leurs travaux.

De la Générale Nø1, 284 objets ont été remontés à la surface, dont une pièce de monnaie de l'empereur Qianlong (règne 1736-1796).

 Pendant des siècles, les Chinois ont frappé des pièces de monnaie de formes variées. Les plus communes étaient rondes percées en leur centre d'un trou carré. Ces pièces appelées en Europe " sapèques " ont été fabriquées jusqu'à la chute de la dynastie Qing au début du XXe siècle, lorsqu'elle furent remplacée par des pièces rondes et pleines, de style occidental.

La sapèque retrouvée dans l'épave semble avoir été frappée en 1741 dans la province du Fujian. Elle fait partie aujourd'hui de la collection du Bureau des Affaires culturel du hsien des Penghu. Conformément aux dispositions légales concernant la conservation des objets culturels locaux, toutes les pièces récupérées sur la Générale Nø1 ont été reversées à cet organisme après avoir été examinées et cataloguées par le musée organisateur de l'expédition.

 On peut glaner beaucoup d'informations sur l'histoire et le développement économique des Penghu en observant ces découvertes. Le chercheur Lin Shu-lin explique cependant que les pièces de monnaie, les armatures de navire, des restes de nourriture ou des squelettes humains retrouvés dans les épaves sont trop peu nombreux pour pouvoir répondre à la foule de questions qu'on se pose.

Ici, le navire coulé transportait une cargaison d'articles ménagers, telles que des bouilloires, des couvercles, des jarres, des bols, des assiettes, des cuillers, des récipients multifonctionnels, ainsi que des matériaux de construction, comme des briques de tailles diverses qui étaient alors d'usage courant. Aujourd'hui encore, on retrouve le même genre de matériaux et d'objets à Wanan.

Grâce aux fragments de la coque de la Générale Nø1 rapportés du fond, ainsi qu'aux magnifiques porcelaines vertes et blanches, aux poteries grises et rouges, à la nature des bols généralement de trois tailles différentes, le naufrage du vaisseau daterait d'il y a environ 170 ans.

 Selon M. Huang Yung-chuan, le conservateur adjoint du musée d'histoire à Taïpei, le navire a été découvert au fonds de l'eau, la coque intacte à demi-enfouie dans un limon de sable. C'est une vraie chance, car généralement les bateaux en bois qui sombrent dans les eaux tropicales et subtropicales pourrissent et se désagrègent au fil du temps. La Générale Nø1 est bel exemple de conservation en milieu sous-marin, dont les spécialistes espèrent tirer parti pour connaître les techniques de construction navale sous la dynastie Qing et mieux comprendre les moeurs sur les littoraux, à cette époque, dans le sud de la Chine.

 Pour le moment, aucune opération n'a été envisagée pour sortir de l'eau la coque et l'armature, admet le conservateur adjoint. En effet, les techniques de conservation dans ce domaine sont loin d'être performantes, et la coque en bois complètement imbibée d'eau risque de s'écrouler sous son propre poids si elle n'est pas retirée avec beaucoup de précautions. Néanmoins, il laisse entendre que le musée pourrait construire un abri pour la Générale Nø1.

 Un tel site pourrait prendre modèle sur celui du Musée des Communications extérieures, qui abrite un navire marchand de la dynastie Song du Sud (1127-1279) découvert en 1973 lors du dragage d'un chenal dans le Fujian. Ces fouilles ont permis d'améliorer la compréhension de la culture marine et du commerce il y a 800 ans en Chine.

 L'archéologie sous-marine s'est popularisée au cours du XXe siècle tandis que la technologie permettait d'atteindre de plus grandes profondeurs marines. Jusque-là, aucune étude de ce genre autour des Penghu n'avait reçu quelque intérêt. D'après M. Yang Shih-chao, un chercheur du musée d'histoire à Taïpei, près de deux mille navires et leurs cargaisons reposeraient dans les fonds marins au large des côtes chinoises.

 Le conservateur Huang Kuang-nan, espère que le succès de cette fouille marine et l'exposition des objets découverts inciteront un plus grand intérêt au point d'entreprendre d'autres expéditions d'archéologie sous-marine au large de Makung, le chef-lieu du petit archipel, ainsi qu'aux environs des autres ports historiques autour de Taïwan.

 Rita Fang
 Taipei Journal