Contenu (Affaires continentales)

 

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Taïpei espère toujours la reprise du dialogue

PD: 01/01/02

C'est aux autorités de Pékin qu'il appartient maintenant de renouer le dialogue entre les deux rives, estime-t-on à Taïpei au vu des efforts qui ont été déployés ici depuis plus d'un an et renouvelés dans la foulée des élections législatives du 1er décembre dernier.

 La balle est dans le camp de Pékin affirment donc les responsables de la politique continentale dans l'île qui soulignent qu'en dépit des gestes d'ouverture répétés de ce côté-ci du détroit de Taïwan, leurs appels sont restés sans écho.

Peu après son élection l'année dernière à la présidence de la République, M. Chen Shui-bian avait dans son discours d'investiture annoncé qu'il ne pousserait pas à l'inscription dans la Constitution de la théorie des " relations spéciales d'Etat à Etat " qui avait fait hurler les autorités de Pékin, à condition, toutefois, que ces dernières acceptent de ne plus menacer Taïwan de l'usage de la force militaire. Plus récemment, le chef de l'Etat a multiplié les appels à la bonne volonté de Pékin, des initiatives qui, une fois encore, se sont heurtées à un mur de silence.

 Présidente de la Commission d'Etat des Affaires continentales (MAC) et, à ce titre, en charge à Taïpei de la politique vis-à-vis de la Chine continentale, Mme Tsai Ing-wen a, ces dernières semaines, exprimé à plusieurs reprises le souhait de voir les dirigeants chinois changer d'attitude, afin qu'ils retrouvent le chemin de la table des négociations.

Car le dialogue est toujours possible, veut croire la MAC qui pense d'ailleurs que le printemps prochain serait un moment idéal pour opérer un rapprochement. Mais pour mener cette entreprise, il faut être deux, avertit-on ici, car la bonne volonté manifestée seulement d'un côté ne suffit pas à surmonter les obstacles politiques et historiques qui se dressent depuis plus de cinquante ans sur la voie d'une solution concertée.

C'est pourquoi, pour se faire mieux entendre, Taïpei compte également sur le relais des communautés chinoises d'outre-mer, notamment de l'une des plus importantes, celles des Etats-Unis. Peu après le scrutin du 1er décembre dernier, M. Chen Shui-bian, ainsi que Mme Tsai Ing-wen et plusieurs autres responsables de la MAC, a reçu ici plusieurs de ces représentants afin de leur expliquer les efforts déployés en direction de Pékin et les grandes lignes de la politique continentale de Taïpei.

 A la mi-décembre, Mme Tsai Ing-wen s'est rendue aux Etats-Unis afin de porter le message de paix de Taïpei et témoigner de sa bonne volonté à l'égard de l'autre rive, rencontrant lors de sa visite dans ce pays des membres de la communauté chinoise mais aussi des universitaires et des experts des relations entre les deux rives.
 



 
 

Des F-16 pour rétablir l'équilibre des forces

PD: 01/01/02

La première escadre d'avions de combat F-16, entrée en service le 18 décembre sur la base militaire de Chiayi, dans le sud de Taïwan, constitue un nouvel élément clé du système de défense aérien de l'île qui continue de vivre sous la menace d'une agression de la Chine continentale.

 Le président de la République, M. Chen Shui-bian s'était déplacé en tant que chef des armées pour assister personnellement à cette inauguration. La nouvelle escadre est constituée de 70 avions F-16 achetés aux Etats-Unis en 1992 et livrés depuis 1997. Une fois tous les appareils dits de "seconde génération" en service, les forces aériennes de la République de Chine disposeront de 150 F-16, auxquels il faut ajouter une soixantaine de Mirage 2000-5 vendus par la France et quelque 150 IDF (Indigenous Defense Fighter), un modèle d'avion de chasse réalisé localement.

De l'autre côté du détroit de Taïwan, les forces chinoises se sont livrées à des efforts énormes pour moderniser leur chasse aérienne -- s'équipant notamment de Su-27 et de Su-30, des appareils russes très modernes.

 En améliorant ces dernières années leur capacité de combat, a déclaré M. Chen Shui-bian en parlant des Chinois, ceux-ci ont réalisé sur le plan militaire des progrès considérables qui ont contribué à remettre en cause le fragile équilibre des forces qui s'était instauré dans la région.

Taïwan n'a aucune intention de se lancer dans une course à l'armement, s'est défendu le chef de l'Etat qui a insisté néanmoins sur la nécessité vitale, pour les forces armées ici, de maintenir cet équilibre en renforçant les défenses de l'île.

 Les F-16 taïwanais peuvent être armés de plusieurs types de missiles performants et sont également équipés d'un système d'attaque au sol à basse altitude et de nuit qui en font de redoutables adversaires. Une seconde escadre de ces appareils devrait être mise en service ce mois-ci à Hualien, dans l'est de l'île.