Contenu (Affaires continentales)

 

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Par son silence, Pékin incite l'île à s'éloigner

PD: 12/21/01

La victoire du Parti démocrate-progressiste (PDP) aux législatives va-t-elle changer la donne dans le détroit de Taïwan? Certains estiment à Taïpei qu'en obtenant la majorité qu'il recherche au Yuan législatif, M. Chen Shui-bian, le président de la République, renforcerait sa légitimité et, du coup, son poids dans d'éventuelles négociations avec Pékin. En accordant davantage de sièges au parti au pouvoir, les électeurs taïwanais semblent en tout cas confirmer leur soutien à la politique continentale du chef de l'Etat.

 Les résultats du scrutin montrent aussi que les pressions des dirigeants continentaux sur Taïwan ont échoué, et que leur hostilité à l'égard de M. Chen Shui-bian, qu'ils accusent de faire en sous-main avec le PDP le jeu de l'indépendance de l'île, n'a pas influencé le choix des Taïwanais. D'autant que son prédécesseur à la tête de l'Etat, M. Lee Teng-hui, que Pékin déteste tout autant, a remporté lui aussi un franc succès, grâce aux scores honorables de la formation qu'il a créée et soutenue, l'Union Solidarité Taïwan, celle-ci envoyant 13 députés au Yuan législatif.

 Dans la foulée de la victoire du PDP, M. Chen Shui-bian a répété que les gains électoraux enregistrés par son parti ne modifieraient en rien ses engagements en faveur de la reprise du dialogue avec l'autre rive du détroit de Taïwan.

Il veut que le gouvernement poursuive sa politique d'ouverture à l'égard de la Chine continentale. " Ma sincérité à vouloir améliorer les relations à travers le Détroit reste inchangée, a-t-il déclaré, comme d'ailleurs mon désir de voir ces relations se normaliser. "

Le mouvement de démocratisation qui se poursuit dans l'île -- ces élections ont été les plus propres de l'histoire politique de Taïwan, a-t-il rappelé -- peut servir de modèle à la Chine continentale dans son avancée sur la voie de la modernisation.

M. Chen Shui-bian espère donc que, même si les dirigeants chinois refusent toujours de discuter avec lui, ils sauront néanmoins tirer l'enseignement de ce scrutin et respecter le choix des Taïwanais, saisissant là l'occasion qui s'offre à eux de pouvoir enfin tirer un trait sur le passé pour retourner à la table des négociations.

 Ce serait donc plutôt du côté de Pékin que le changement devrait venir. Ses dirigeants se sont pourtant tus, ignorant encore l'île et ce qui s'y passe. Mais c'est bien sur ce point là qu'ils prennent des risques. En continuant de refuser toute interaction autre qu'économique avec Taïwan, ils ne font que favoriser son éloignement progressif.
 



 
 

Les industries de haute technologie taïwanaises pourront investir en Chine

PD: 12/21/01

Le secteur taïwanais de la haute technologie s'est vu autorisé à partir du 30 novembre à investir en Chine continentale et à y établir des chaînes de production concernant 122 catégories de produits, tels que les microprocesseurs, les ordinateurs portables, les lecteurs de cédéroms et les téléphones mobiles.

La décision est communément considérée ici comme le signal de l'abandon de la politique " Sans hâte avec patience ", qui, depuis quelques années, pour des raisons de sécurité nationale, restreint les investissements insulaires en Chine continentale et le commerce avec l'autre rive du détroit de Taïwan.

Dans ce cadre, les fabricants insulaires de produits informatiques ne pouvaient se lancer, sans un sévère contrôle, dans des projets de délocalisation de leur chaîne de production sur le continent.

Cette mesure, si attendue soit-elle, n'est pas dans ce domaine une libéralisation complète des échanges à travers le détroit de Taïwan, puisque 71 catégories de produits de haute technologie, comme les circuits intégrés ou les diodes électroluminescentes, restent encore soumises au régime des restrictions. Néanmoins, les industriels de ce secteur espèrent en voir prochainement la levée qui, selon les autorités de Taïpei, sera progressive.

 Les investissements qui dépasseraient la valeur de 20 millions d'USD continueront toutefois de faire l'objet d'un examen au cas par cas. Etant donnée l'importance des fonds à déplacer, les autorités insulaires, conformément à la politique de contrôle des mouvements de capitaux vers le continent chinois, se réservent le droit de suspendre ou de réduire tout projet d'investissement dépassant cette valeur.

Les entreprises privées spécialisées dans les télécommunications et la fabrication de microprocesseurs et de produits informatiques de grande consommation, qui désireraient maintenir à Taïwan leurs départements de recherche et de développement, tout en poursuivant leur production hors de l'île, pourront bénéficier d'une assistance financière de l'Etat, indique-t-on.

 Par ailleurs, toujours dans la même optique d'un accroissement des échanges à travers le Détroit, les restrictions concernant les investissements en Chine continentale imposées aux secteurs de la pétrochimie, de la biotechnologie, de l'agroalimentaire, ainsi que de la fabrication d'équipements médicaux ou de machines, sont en cours de discussion en vue d'un assouplissement, voire d'une levée totale.
 



 
 

Protection des ressources marines; Kinmen appelle la Chine continentale à la coopération

PD: 12/21/01

Alertés par la rapide diminution de leurs prises ces derniers temps, les pêcheurs de Kinmen ont récemment lancé un appel aux autorités continentales pour qu'elles se joignent à leurs efforts en vue de préserver l'écosystème marin régional. Dans ce petit archipel situé près du littoral chinois mais sous juridiction de Taïpei, il s'agit de prendre des mesures promptes et appropriées contre la pêche illégale qui épuise gravement les ressources marines limitées et endommage par contrecoup les installations aquicoles de la région.

 Dans sa politique de préservation des richesses marines, l'Institut de Recherche des Pêcheries de Kinmen, en dépit de fonds limités, a depuis trois ans immergé au large des côtes de Kinmen des centaines de caissons en béton ajourés pour offrir un meilleur abri au plancton et aux micro-organismes marins. Grâce à ces immersions, un immense réservoir de nourriture a pu se constituer, participant de manière favorable à la recomposition du cycle naturel marin dans la région et fournissant une riche pâture à la faune marine.

Malheureusement, ces efforts semblent gravement perturbés par les déprédations causées par les prises et les méthodes des pêcheurs continentaux.

A Kinmen, les pêcheurs se sont plaints de la baisse brutale de leurs prises quotidiennes, passant de 50 kg de poissons par expédition à seulement 10 kilos aujourd'hui.

Un appel aux institutions internationales a été aussi lancé afin qu'elles usent de leur influence auprès de Pékin pour aider à la protection de cette zone économique marine. La police maritime de Taïpei a dû, de son côté, déployer un plus grand nombre de patrouilles autour du petit archipel. Mais la coopération avec les autorités maritimes continentales serait nécessaire pour empêcher les pêcheurs chinois d'endommager les ressources limitées dans les eaux littorales du continent et de Kinmen.
 



 
 

Les dépouilles d'officiers en mission tombés sur le continent ont été rapatriés

PD: 12/21/01

Les dépouilles de quatorze officiers portés disparus en 1963 au cours d'une mission de reconnaissance aérienne au-dessus du continent chinois ont été solennellement rendus le 4 décembre dernier à leurs familles à Taïwan.

C'est à l'aéroport international Chiang Kai-shek, près de Taïpei, que les parents et descendants de ces pilote, copilote, techniciens de bord et officiers de renseignements tués au front sont venus en recevoir les restes rapatriés de Chine continentale par transport aérien spécial. A leur arrivée, le général Liu Yi-tien, représentant du commandement de l'armée de l'air, leur a rendu, au nom de la patrie, les honneurs militaires dus à leurs mérites et à leur rang et a recouvert des couleurs nationales les 14 cercueils.

 Ces hommes reposent désormais au cimetière de l'armée de l'air, à Hsintien, dans la banlieue sud de Taïpei, où s'est tenue une cérémonie d'inhumation présidée par le général Chen Chao-min, le commandant en chef de l'armée de l'air.

 Appartenant au désormais dissous 34e escadron des forces aériennes de la République de Chine, surnommé " Escadron des chauves-souris noires ", ces 14 officiers s'étaient embarqués en juin 1963 pour une opération de routine dans le cadre des missions de repérage au-dessus de la Chine continentale.

Sous la conduite du colonel Chou Yi-su, pilote à bord d'un P-2V, un appareil de construction américaine permettant des vols de longue distance, l'équipage fut pris en chasse au-dessus de la province intérieure du Jiangxi. Abattu par des avions de combat des forces aériennes continentales, leur appareil s'écrasa sans laisser de survivant. A cette époque, la disparition de l'équipage, quoique constatée, ne fut pas rendue publique.

Ce qu'il advint des corps de ces officiers de reconnaissance a été rapporté beaucoup plus tardivement. Des paysans du Jiangxi découvrirent peu après l'abattage de l'avion taïwanais les corps des victimes dans leurs champs. Toutefois, sur ordre des instances militaires supérieures continentales, les dépouilles furent rassemblées et conservées dans cette province.

 Dans les années 60 et 70, durant la Guerre froide, les tensions dans le détroit de Taïwan étant pratiquement au plus fort, aucune négociation pour le rapatriement des corps n'a donc été engagée. C'est vers la fin des années 80 qu'ont pu se tenir les premières consultations privées concernant un possible retour à Taïwan des dépouilles de ces hommes tombés au-delà de la ligne de front, après que Taïpei eut autorisé les déplacements " indirects " de ses ressortissants en Chine continentale.

 Grâce à l'opiniâtreté de Mme Hsiao Chia-chen, la veuve du chef de la mission de reconnaissance avortée il y a 38 ans, et aussi à l'aide apportée par de nombreux intermédiaires de l'une et l'autre rives du Détroit, les négociations en faveur du rapatriement des corps, qui étaient encore conservés dans le Jiangxi, ont pu aboutir. Avant que les autorités continentales ne finissent par donner leur feu vert, Mme Hsiao Chia-chen s'était pour la cause rendue trois fois en Chine continentale.