Installées de manière précaire dans l'île pour de courts séjours sans pouvoir y résider, plusieurs personnes originaires de Chine continentale et mariées à des Taïwanais, ont demandé fin novembre aux autorités insulaires de libéraliser leurs conditions de séjour dans l'île, insistant sur l'" effort humanitaire " qui pourrait être accompli afin de leur permettre de mener une vie normale avec leur famille à Taïwan.
Malgré l'augmentation des demandes d'entrée sur le territoire de Taïwan, l'administration publique a fixé à 3 600 par an le nombre total des permis de séjour délivrés aux époux et épouses d'origine continentale. L'application de ce quota oblige ces derniers à une très longue attente avant qu'ils n'obtiennent le droit de résider dans l'île.
Les conjoints continentaux réclament donc une levée des quotas en vigueur, dans un délai plus rapide, le qui leur permettrait de séjourner en permanence à Taïwan et, le cas échéant, de travailler pour subvenir aux besoins de leur famille. En raison de ces contraintes administratives, la plupart d'entre eux ne peuvent qu'effectuer dans l'île de brèves visites familiales, en général limitées à quatre mois pour chaque séjour.
Ce n'est qu'après deux ans de résidence légale à Taïwan, que les conjoints continentaux peuvent demander une carte d'identité nationale leur conférant la citoyenneté de la République de Chine avec tous les droits et privilèges qui y sont liés.
Jusqu'à présent, près de 60 000 personnes du continent mariées à des ressortissants taïwanais -- un nombre qui continue de croître -- ont déposé une demande pour s'installer à Taïwan avec leur époux et leurs enfants, mais seulement 28% d'entre elles ont été satisfaites.
Avec l'admission simultanée de Taïwan et de la Chine à l'Organisation mondiale du Commerce, beaucoup de ces conjoints espèrent que la multiplication des échanges de personnes à travers le détroit de Taïwan, comme l'autorisation toute récente accordée aux étudiants continentaux résidant à l'étranger de visiter l'île, contribuera à briser les malentendus existant encore entre l'île et le continent.
Dans le cadre de sa politique de la porte ouverte vis-à-vis de la Chine continentale, le Cabinet a approuvé le 23 novembre plusieurs mesures d'application qui, à partir du 1er janvier prochain, permettront aux ressortissants continentaux d'effectuer un voyage touristique à Taïwan.
Les nouvelles dispositions s'appliquent à tous les Chinois habitant sur le continent ou résidant dans un pays ou territoire étranger tiers, y compris les régions spéciales de Hongkong et de Macao. Pourront également se rendre dans l'île dans les mêmes conditions, sans autre avantage particulier, les familles des ressortissants continentaux qui sont embauchés ici comme experts scientifiques ou techniques par une entreprise taïwanaise ou qui y poursuivent des études ou des recherches.
Pour des raisons de sécurité nationale évidentes, les visas touristiques seront délivrés avec circonspection et en quantité limitée. Ainsi, les ressortissants continentaux pourront entrer sur l'ensemble du territoire sous juridiction de Taïpei par petits groupes de voyage de 15 à 40 personnes, munis d'un visa collectif, pour un séjour de dix jours au plus, avec une prorogation possible de sept jours.
Pour la première étape, le nombre des touristes pouvant entrer à Taïwan a été fixé à mille individus par jour. Ce quota appliqué pour une durée indéterminée reste cependant susceptible d'une réduction ou d'une suspension au cas où une menace concernant les intérêts ou la sécurité du pays l'exigeraient.
Les touristes chinois désirant voyager à Taïwan devront fournir la preuve qu'ils disposent de moyens financiers suffisants -- sous la forme de revenus stables ou d'avoirs personnels -- pour couvrir, entre autres, les dépenses d'un rapatriement éventuel ou d'une prolongation exceptionnelle de séjour.
En outre, les personnes qui, en Chine continentale, occuperaient un poste dans l'administration publique ou les forces armées ou encore auraient des responsabilités politiques, ainsi que celles qui auraient commis un délit dans les cinq ans précédant la demande, ne seront pas autorisées à se rendre à Taïwan dans le cadre de ces nouvelles mesures.
Les voyagistes qui organisent les déplacements de ces groupes continentaux à Taïwan assumeront une responsabilité légale importante. Ils devront notamment s'assurer que, dans un groupe donné, chacun des touristes qui est entré dans l'île est bien ressorti du territoire national dans les temps impartis par le visa collectif. Le règlement stipule à cet égard que, si un touriste visitant l'île dépassait sans raison valable la durée du séjour autorisée, l'agence de voyage concernée se verrait retirer, au moins pour un an, sa licence d'exploitation.
Dans l'Ecole taïwanaise de Dongguan, dans la province du Guangdong, en Chine continentale, le ministère de l'Education, à Taïpei, a tout récemment approuvé la mise en place de deux classes de niveau de 1re année de lycée -- correspondant à la seconde, selon le système scolaire français -- à partir de la rentrée prochaine, en septembre 2002.
C'est la communauté des expatriés taïwanais travaillant dans le sud de la Chine qui a ouvert cette école en septembre 2000, à Dongguan, afin d'y scolariser ses enfants dans des conditions semblables à celles de l'île.
Actuellement, cet établissement comprend près d'un millier d'élèves répartis en 4 classes maternelles et préscolaires, 20 classes d'enseignement primaire (6 années) et 7 classes d'enseignement secondaire premier cycle ou collège (3 années), mais aucune au niveau du lycée, ce qui oblige les enfants d'expatriés à revenir dans l'île ou bien à changer de système scolaire et à entrer dans un lycée continental ou tout autre établissement.
Vingt-neuf élèves ont achevé l'été dernier leurs études de collège, parmi lesquels treize sont revenus à Taïwan pour intégrer le lycée, tandis que les autres sont restés sur le continent ou sont allés à Singapour.
Créée et gérée comme une école privée par l'association des expatriés taïwanais de Dongguan, l'école taïwanaise de cette petite ville continentale est aujourd'hui reconnue et subventionnée par le ministère de l'Education, à Taïpei. Ses enseignants diplômés à Taïwan dispensent des cours conformes au programme scolaire en vigueur ici, tandis que les élèves utilisent les mêmes manuels et supports d'enseignement que dans l'île. Les élèves qui ont régulièrement suivis les cours dans cette école peuvent, après être revenus à Taïwan, intégrer normalement l'établissement insulaire de leur choix.