Contenu (Société)

 

[Retour à la Table des Matières] [Retour à la Page 1] 

 
 

L'humanitaire, une autre façon de participer

PD: 12/01/01

La vice-présidente de la République, Mme Annette Lu, souhaite l'organisation à Taïwan d'une campagne humanitaire en faveur des réfugiés afghans déplacés par les guerres qui ravagent depuis vingt ans ce pays d'Asie centrale.

 Rencontrant le 18 novembre une délégation de CARE France, elle a appelé ses concitoyens à se mobiliser en donnant chacun 100 TWD (un peu plus de 3 EUR) pour aider à surmonter la catastrophe humanitaire annoncée en Afghanistan.

Taïwan peut apporter de la nourriture, des tentes, ainsi qu'une aide médicale précieuse dont la qualité est reconnue dans le monde entier, a-t-elle souligné, même si l'île reste exclue de l'Organisation mondiale de la Santé.

Mme Annette Lu tient à cette nouvelle campagne qui s'inscrit dans une série d'initiatives humanitaires qu'elle a lancée en faveur, notamment, des enfants démunis d'Amérique centrale, des exilés tibétains ou des victimes du tremblement de terre en Inde au début de l'année.

 C'est d'ailleurs pour mieux venir en aide à ces victimes indiennes qu'un projet de coopération est en cours entre CARE France et la plus grande organisation humanitaire à Taïwan, l'Association bouddhique de la Compassion Tzu Chi, qui dispose de ramifications un peu partout dans le monde.

Un accord signé le 11 novembre prévoit un effort conjoint des deux associations pour la reconstruction d'habitations, ainsi que la mise en oeuvre de programmes d'assistance portant sur l'amélioration de la qualité de l'eau potable, l'éducation et la formation professionnelle dans les villages de la province du Gujarat les plus touchés par le séisme. Dix mois après la catastrophe, les conditions de vie dans la région sont encore très difficiles, ont témoigné des membres de Tzu Chi qui reviennent d'Inde.

 C'est également dans le cadre d'une autre collaboration avec CARE France que le gouvernement de la République de Chine a offert récemment de consacrer 1,1 million d'EUR au financement d'un programme de lutte contre le sida au Tchad, un pays d'Afrique centrale avec lequel Taïpei entretient des relations diplomatiques. Il est également prévu d'envoyer là-bas des médecins et des chercheurs taïwanais.

CARE France est une branche de CARE International, l'une des plus importantes organisations humanitaires sur le plan international.

 



 
 

Un jeune réalisateur fait revivre le cinéma taïwanais

PD: 12/01/01

Ces derniers temps, les films de Taïwan apparaissent régulièrement dans les festivals internationaux, de Cannes à Berlin, le plus souvent pour relater des histoires sombres laissant les spectateurs broyer du noir et illustrant assez bien la question persistante de l'identité insulaire. Cependant, un jeune réalisateur, Hung Chih-yu, s'est efforcé d'apporter du nouveau au scénario et à la production cinématographique locale. Ce faisant, il espère changer l'optique des critiques de films en Occident -- ainsi que des critiques de l'île -- à propos du cinéma taïwanais.

 " Nous en avons assez de voir des interprétations historiques et des malheurs personnels. Nous ne voulons plus aller au cinéma pour recevoir des leçons ", dit Hung Chih-yu, parlant plus comme un spectateur que comme un artiste.

 " Nous voulons rire ou pleurer, être concernés et émus ", a-t-il expliqué aux journalistes lors d'une conférence de presse donnée à Taïpei après la première de son film Pure Accidents, son premier long métrage. Projeté l'an dernier durant le Festival du Cheval d'Or à Taïpei, ce film avait soulevé les éloges de la part de critiques taïwanais et étrangers.

 La revue Time a souligné que Hung Chih-yu a su " s'écarter du réalisme sombre du cinéma taïwanais traditionnel " en insufflant dans son oeuvre " de la couleur et de l'humour " et pour " avoir réalisé des prises de vue qui placent les spectacteurs dans le feu de l'action " et stimulent l'imagination.

 Chu Chong-heng et Hsiang Li-wen interprètent dans Pure Accidents un couple issu de classe moyenne dont la vie conjugale est mouvementée. D'après le réalisateur, il a fallu juste vingt-sept jours pour le tournage et dix autres pour le montage. Rapide par rapport aux normes hollywoodiennes.

 Ces dix dernières années, le cinéma taïwanais a gagné plus de prix à l'étranger que d'admirateurs dans l'île, ce qui a fait dire que les productions taïwanaises étaient trop " intellectuelles " au goût des insulaires.

 Même si Hou Hsiao-hsien ou Tsai Ming-liang, par exemple, ont pu déclencher des panégyriques au Japon et en Allemagne avec leurs films de genre sombre, il semble qu'ils se soient aliénés le public à Taïwan. Des films, comme La cité des douleurs, de Hou Hsiao-hsien, ou The Hole, de Tsai Ming-liang, n'ont pas répondu à ce que demandaient les spectateurs taïwanais qui sont habitués à un flot continu de films d'action et de mélodrames venus de Hollywood et interprétés par des vedettes internationales.

 Selon les habitués du monde cinématographique taïwanais, la plupart des créations taïwanaises ont aujourd'hui de la chance si elles arrivent à un profit de 15 000 USD, une fois les frais de production et de publicité acquittés. Cela n'a pas toujours été le cas. Il y a vingt-cinq ans, alors que l'île jouissait d'un marché du cinéma en pleine santé, les films insulaires étaient assurés de rapporter 500 000 USD ou plus. A cette époque, Taïwan en sortait chaque année environ deux cents, alors qu'aujourd'hui, elle n'en produit plus qu'une dizaine ou une vingtaine.

 Hollywood considère maintenant Taïwan, au même rang que le Japon ou Hongkong, comme un marché lucratif en pleine croissance pour ses superproductions. C'est cela qui a fortement ébranlé l'industrie cinématographique taïwanaise autrefois dynamique. Il appartient donc à une nouvelle génération de réalisateurs de reprendre le flambeau pour ranimer et revigorer dans l'île le secteur moribond du cinéma et, par voie de conséquence, de retrouver un public qui s'est tourné vers les projections hollywoodiennes. Malheureusement, la bataille avec Hollywood, qui a conduit dans de nombreux pays à l'extinction virtuelle des industries cinématographies locales, paraît difficile à mener.

 Seuls trente films ont été tournés à Taïwan en 1997, indiquent les statistiques, alors qu'environ trois cents films étrangers, dont 95% étaient américains, ont été importés cette année-là.

 Pour Hung Chih-yu, qui a beaucoup appris en travaillant près de dix ans avec Hou Hsiao-hsien, Pure Accidents a été l'occasion d'ouvrir au cinéma taïwanais une nouvelle perspective -- comme une lumière brillante au bout du tunnel. Hung Chih-yu sait ce que Hollywood peut offrir au public et semble connaître les aspirations des jeunes insulaires. S'appuyant sur cette expérience, il tente de donner du ressort au marché de l'industrie taïwanaise du cinéma.

 Conscient de sa dette envers Hou Hsiao-hsien et de l'influence qu'ont eu sur lui les productions insulaires précédentes, Hung Chih-yu a assez de bons sens pour comprendre qu'il doit se frayer son propre chemin en créant des films qui conviennent à l'humeur actuelle. Composant la majorité des spectateurs dans l'île, les jeunes qui grandissent avec les films d'horreur japonais et les superproductions américaines, réclament des réalisateurs taïwanais la possibilité de regarder des oeuvres qui soient le reflet de leur vie et de leurs sentiments.

 Cette tranche de population n'est pas aussi intéressée par les " films mélancoliques traitant de la situation historique difficile et singulière de Taïwan ", a récemment souligné un critique étranger en parlant des jeunes insulaires, qu'elle ne l'est par les histoires modernes et heureuses qui reflètent le nouveau statut de l'île en ce XXIe siècle.

 Les films sur l'époque de la colonisation de Taïwan par les Japonais ou sur les années 50 ou 60, quand l'île était pauvre, ne sont plus ce que la jeune génération désire voir sur le grand écran. Même Hung Chih-yu admet qu'il lui faut s'engager dans une nouvelle direction pour attirer et satisfaire le public actuel, étant donnée la concurrence des productions du Japon, de l'Europe et de l'Amérique.

 Concédant que Hou Hsiao-hsien a exercé sur lui une grande influence, Hung Chih-yu insiste sur les efforts qu'il déploie pour développer son propre style. Si Pure Accidents fournit une quelconque indication de la ligne qu'il s'est fixée -- faire des films qui soient à la fois artistiques et commerciaux --, il semblerait qu'il se soit bien engagé sur la voie rapide du succès.

Dan Bloom
 
 
A New York, quelle heure est-il?

Les films produits à Taïwan ne sont guère appréciés dans l'île, mais, dans des pays, comme l'Allemagne, la France et l'Italie, ils sont vivement applaudis par les critiques.

La nouvelle oeuvre de Tsai Ming-liang a été projetée cette année au Festival du Film de New York, tenu du 28 septembre au 14 octobre à Manhattan.

 Le dernier film de Tsai Ming-liang, Et là-bas, quelle heure est-il?, tourné à la fois à Taïpei et à Paris, relate la vie de plusieurs membres d'une famille taïwanaise. Considéré par les mileux cinématographiques internationaux comme un réalisateur d'importance -- en même temps que d'autres de ses compatriotes, tels que Ang Lee, Hou Hsiao-hsien ou Edward Yang --, Tsai Ming-liang est né en Malaisie et, jeune homme, s'est installé à Taïpei. Parmi ses premières oeuvres, on peut citer The Hole, The River et Vive l'amour.

 Son cinquième grand film Et là-bas, quelle heure est-il? a été aussi projeté au début de l'année au festival de Cannes. Ses précédentes oeuvres lui avait valu une réputation internationale, en tant que réalisateur, et des récompenses prestigieuses, telles qu'un Ours d'Argent à Berlin ou un Lion d'Or à Venise.

 " En fin de compte, j'ai parlé de la peur -- la peur de la mort, a expliqué Tsai Ming-liang lors d'une interview accordée en France durant le dernier festival de Cannes. J'avais dit à des producteurs que je désirerais faire une romance, simplement pour obtenir un peu plus de fonds. Mais durant le tournage, je me suis laissé bercer par mes sentiments et ai supprimé les scènes romantiques. "

 Dans Et là-bas, quelle heure est-il?, Tsai Ming-liang alterne les scènes tournées à Taïpei et à Paris et, par ce jeu, démontre clairement sa connaissance des techniques cinématographiques internationales en créant un film qui rend hommage au réalisateur français François Truffaut. Aux côtés des acteurs taïwanais qui interprètent les rôles principaux, le comédien français Jean-Pierre Léaud -- qu'on a vu dans de nombreux films de Truffaut -- fait d'ailleurs une brève apparition. Les magazines d'Europe et d'Amérique du Nord avaient alors donné au film de Tsai Ming-liang d'excellentes notes.

Invité à le projeter au festival de New York, Tsai Ming-liang s'assure une bonne place parmi les réalisateurs taïwanais. Il a monté une équipe de grande qualité, ayant engagé le cinéaste français Benoît Delhomme pour tourner Et là-bas, quelle heure est-il?, ainsi que Tim Yip comme directeur artistique, celui-là même qui a participé au fameux film Tigre et dragon, dont les renommées ont contribué à donner une impression forte à son dernier film. L'oeuvre est produite par Arena Films, de France, et, d'après les producteurs, a nécessité un budget d'environ 3 millions d'USD, la plus grande partie de la post-production ayant été faite à Paris.

 Le mois dernier, au 46e Festival du Film de l'Asie-Pacifique, à Jakarta, ce film a obtenu les prix de la meilleure photo et de la meilleure réalisation, tandis que Lu Yi-ching, remportait le prix du meilleur second rôle féminin.

 Pour un homme qui pense que " Faire des films est la vie ", sa dernière oeuvre, la cinquième dans ce qui sera heureusement une longue et magistrale suite, est un autre pari sur la vie, la mort et la manière dont Tsai Ming-liang voit les relations humaines par le biais de mille détours.

Dan Bloom

 



 
 

Mme Goodall: la protection de l'environnement doit être soutenue

PD: 12/01/01

Après avoir reçu le mois dernier le Prix Gandhi pour la Paix, Mme Jane Goodall, zoologiste britannique de renommée mondiale étudiant plus particulièrement les primates, a effectué du 9 au 13 novembre une nouvelle visite à Taïwan.

 Au cours de son séjour, l'Université Providence, à Shalu, hsien (district) de Taichung lui a décerné un doctorat honoris causa, ce qui a donné à Mme Goodall l'occasion de rappeler que, même en temps de récession économique, il ne fallait pas pour autant diminuer les efforts de vigilance et de protection de l'environnement afin de préserver le patrimoine naturel du pays.

 Mettant l'accent sur la persévérance, la zoologiste britannique croit qu'en fin de compte, Taïwan accomplira sur le plan écologique un miracle, de la même façon qu'il s'en est produit un il y a plusieurs années déjà dans le domaine du développement économique. Grâce à une information constante et à l'action éducative, l'éveil de la conscience publique à l'égard de la protection de l'environnement a fortement contribué à améliorer ces six dernières années la situation écologique à Taïwan, a-t-elle poursuivi lors d'une conférence donnée à l'Institut de Recherches sur les Espèces endémiques de Taïwan (TESRI), près de Nantou, dans le centre de l'île.

 Elle s'est néanmoins inquiétée des progrès plus lents concernant la surveillance de l'habitat des animaux sauvages et la protection de la vie des espèces animales endémiques de l'île, tout en soulignant les efforts déployés par les chercheurs du TESRI pour établir un inventaire complet de la faune insulaire, un grand répertoire qui devra être achevé et publié au cours des dix prochaines années.

 Mettant en lumière l'action positive que les Taïwanais ont accomplie ces dernières années, Mme Goodall s'est prononcée en faveur d'une plus large diffusion des informations auprès de la communauté internationale concernant les réalisations et les recherches effectuées ici dans le domaine de la protection de l'environnement. Elle a en particulier loué les progrès réalisés dans la préservation de certains sites classés ou l'établissement de réserves naturelles, comme la remise en cause de projets d'expansion industrielle dans des régions ayant un intérêt écologique, ou encore l'application d'une législation pénale plus sévère visant notamment les décharges sauvages et illégales de déchets industriels toxiques.

 Grâce au dynamisme de l'Institut Jane Goodall-Taiwan, fondé en mai 1998, l'éminente zoologiste est parvenue à stimuler les groupes de défense de l'écologie à Taïwan.

Le lancement par l'institut Goodall du programme Roots and Shoots, consacré à la protection de l'environnement, ainsi qu'à la recherche de solutions aux problèmes écologiques progres à l'île, a permis aux Taïwanais de prendre conscience des problèmes de l'environnement et de l'importance qu'il y avait à les résoudre pour assurer un monde meilleur.

 Conjuguée avec d'autres actions, cette prise de conscience collective, est-elle convaincue, aidera assurément à l'élévation de la qualité de vie de toute la communauté taïwanaise.

 



 
 

Un prix pour des missionnaires français

PD: 12/01/01

Le prix de la Fondation culturelle franco-chinoise est revenu cette année à la Société des Missions étrangères de Paris, une mission catholique française, en reconnaissance de son oeuvre en faveur de la préservation de l'héritage culturel des Aborigènes taïwanais.

Mme Tchen Yu-chiou, présidente de la Commission d'Etat des Affaires culturelles, a présidé à Paris la cérémonie de remise du prix qui s'est déroulée le 6 novembre dans les locaux de l'Institut de France.

 Depuis une cinquantaine d'années, des membres de la mission se sont dédiés à la sauvegarde de la langue, des coutumes et de la culture de deux tribus indigènes, les Ami et les Bunun, qui peuplent les montagnes de l'Est de Taïwan, dans la région de Hualien.

Ces missionnaires -- dix-huit d'entre eux travaillent actuellement dans l'île -- ont notamment produit des dictionnaires bilingues ami-anglais, ami-français et bunun-français. Ils ont aussi publié plusieurs autres ouvrages consacrés à la mythologie et aux rites religieux des Ami.

Leur assistance a permis également de créer un centre de soins pour handicapés, des centres médicaux, des banques et des commerces de bijouterie ou d'essences aromatiques qui ont contribué à améliorer la qualité de vie des habitants de ces régions reculées.