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Le Parlement européen a récemment incité la Commission européenne et les pays membres du Forum Europe-Asie (ASEM) à inviter Taïwan à leur quatrième sommet qui aura lieu à Copenhague, au Danemark, l'année prochaine.
La résolution a été votée fin octobre après la présentation par un député européen, M. Elmar Brok, des progrès réalisés par l'Union européenne (UE) dans la mise en oeuvre de la politique étrangère et de la sécurité commune. M. Brok est membre de la commission des affaires étrangères, des droits de l'homme, de la sécurité commune et de la défense au Parlement européen.
La résolution, après avoir dressé un bref constat des réalisations de l'UE dans ce domaine pendant la période 2000/2001, affirme qu'il est de la responsabilité de l'Europe de s'efforcer d'assurer la paix, la stabilité et un développement durable dans le monde.
Dans les articles 37 et 38 du texte, il est donc considéré comme primordial d'intensifier les relations de l'UE avec les pays d'Asie, par le biais d'un dialogue mené au travers des organisations et des rencontres internationales, afin de prévenir les conflits qui pourraient surgir dans la région, notamment entre la Chine et Taïwan. L'ASEM ne doit donc plus ignorer dans son processus " l'existence d'une réelle démocratie à Taïwan ", stipule la résolution qui appelle la Commission européenne, le Conseil de l'UE et les pays de l'ASEM à inviter la République de Chine à leur prochaine rencontre.
L'article suivant, le 39, insiste sur le fait que " les relations doivent être consolidées avec, notamment, tous les pays démocratiques du continent " qui peuvent jouer un rôle jugé essentiel en faveur du développement des droits fondamentaux en Asie.
Créé en 1996, l'ASEM réunit de façon informelle 25 pays d'Europe et d'Asie, ainsi que la Commission européenne, dans le but de renforcer entre eux la coopération économique, politique et culturelle. Des désaccords subsistent néanmoins sur la question des droits de l'homme et l'importance qu'il faut leur accorder.
Mme Wu Shu-chen, l'épouse du président de la République, M. Chen Shui-bian, a reçu le Prix de la Liberté 2001 qui avait été décerné à son mari par l'Internationale libérale en reconnaissance de son action en faveur de la démocratie.
Le président du Parlement européen, Lord Russell-Johnston, dans l'enceinte même du parlement, à Strasbourg, a remis le 15 novembre à la première Dame de la République de Chine la distinction qui vient en quelque sorte consacrer le processus démocratique dans l'île.
M. Chen Shui-bian a adressé un message vidéo aux députés européens et membres de l'Internationale libérale dans lequel il a fait part de son " grand regret " de n'avoir pas pu recevoir le prix en personne. Il a déclaré que cette récompense ne lui revenait pas à lui seul mais à l'ensemble des Taïwanais " qui aiment la liberté, maintiennent la paix et respectent les droits de l'homme ".
Le président de la République de Chine n'a pu venir à Strasbourg, son épouse y allant à sa place, en raison du refus des quinze pays de la Communauté européenne de lui délivrer un visa.
Ces pays entretiennent en effet des relations diplomatiques avec la Chine populaire dont les autorités s'évertuent à dénier à Taïwan tout droit de représentation officiel sur la scène internationale.
Un visa a tout de même été accordé à Mme Wu Shu-chen, à condition qu'elle quitte le sol français immédiatement après la cérémonie et que ses apparitions publiques au cours de son bref séjour soient limitées.