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Deux élus KMT demandent une alliance avec le PDP

PD: 11/21/01

A deux semaines des élections législatives et locales prévues le 1er décembre, deux élus et candidats du Kuomintang (KMT) ont attiré sur eux les feux de l'actualité politique insulaire en appelant, de leur propre initiative, à une alliance post-électorale entre leur formation et celle au pouvoir, le Parti démocrate-progressiste (PDP).

Publiant une annonce dans la presse locale le 12 septembre, M. Chen Horng-chi, député au Yuan législatif, et Mme Chen Hsueh-fen, membre de l'Assemblée municipale de Taïpei, ont dévoilé leur message en assurant qu'il répondait mieux à l'attente des électeurs et qu'une coopération réelle entre les deux plus grandes formations politiques insulaires contribuerait à restaurer la confiance des Taïwanais. Elle garantirait au gouvernement, ont-ils affirmé, les moyens nécessaires pour résister à la crise économique aussi bien qu'aux pressions de la Chine continentale.

 S'expliquant sur les raisons de leur initiative, les deux élus se sont défendus d'agir dans un quelconque intérêt électoraliste, leur seul objectif étant d'apporter au pays la stabilité politique qui lui manque actuellement. " Nous pensons à ce qu'il nous faut faire pour sortir de la crise, et non à gagner le scrutin ", ont-ils répondu.

 Les deux franc-tireurs n'ont pas mâché leurs mots à propos de la stratégie suivie par le KMT en faveur, contrairement à ce qu'ils auraient voulu, d'une alliance avec deux formations opposées au PDP, le Parti pour le Peuple (PPP) et le Nouveau Parti (NP). " Si notre futur dépend de la consolidation de cette alliance dite d'opposition, je pense que le KMT va devenir pathétique ", a déclaré M. Chen Horng-chi, reprochant à son parti de ne pas considérer suffisamment l'avenir de Taïwan, ainsi que l'aspiration des militants de base.

Pris par surprise, le KMT s'est abstenu de commentaires particuliers, son président, M. Lien Chan, se contentant d'indiquer que les deux élus avaient exprimé leur opinion personnelle. Le secrétaire général de l'ancien parti au pouvoir, M. Lin Fong-cheng, a tout de même rencontré l'un d'entre eux, M. Cheng Horng-chi, pour tenter de le ramener dans les rangs.

 C'est que la nouvelle a de quoi inquiéter la direction du KMT, car, étant donné l'envergure des deux fauteurs de trouble, elle pourrait bien signifier la réapparition d'une fracture identitaire au sein du parti, ce qui semblerait, à tout point de vue, beaucoup plus grave qu'une simple question de divergence d'opinion à quelques jours d'un scrutin aussi important.

Deux camps se sont opposés au sein du KMT ces dernières années. Le premier est celui des " Continentaux " qui penche en faveur de la réunification avec la Chine et tient les rênes du parti depuis environ un an et demi. Cette faction se trouve, à ce titre, plus proche du PPP et du NP, deux formations nées de scissions au sein du KMT à l'époque où il était dominé par l'autre camp.

La seconde mouvance est celle des Taïwanais qui prône la " localisation " du parti et un rapprochement avec les électeurs de base, plus sensibles à la question de l'identité taïwanaise, et davantage favorables au maintien du statu quo avec la Chine.

La victoire de M. Chen Shui-bian aux présidentielles de 2000 ayant déclenché une reprise en main du KMT par la mouvance opposée à celle de l'ancien président, M. Lee Teng-hui, qui s'était fait le chantre de la taïwanisation, la dissidence affichée par les deux élus en prônant ouvertement une alliance avec le PDP, un parti honni par les " Continentaux ", pourrait donc présager de la résurgence de conflits internes.

Si tel était le cas, ce regain d'hostilité entre les deux camps pourrait donner lieu à une nouvelle série de défections au sein du KMT, comme l'aurait sous-entendu les deux dissidents en évoquant le soutien en leur faveur de 30 à 40 députés KMT au Yuan législatif.

Du côté du PDP, on estime que la coopération entre partis politiques sera de règle après les élections, bien qu'aucune annonce n'ait été faite concernant le choix du ou des éventuels partenaires. La décision sera prise en fonction des résultats du scrutin du 1er décembre, explique M. Frank Hsieh, le président du parti, qui n'exclut ainsi aucune formation, qu'il s'agisse du KMT, de l'UST (Union Solidarité Taïwan, un parti fondé il y a peu et soutenu par l'ancien président de la République, M. Lee Teng-hui), du PPP ou du NP.

 Reste à savoir si les deux francs-tireurs du KMT sauront convaincre les électeurs: le soutien dont ils disposent sera testé le 25 novembre, puisque c'est ce jour-là que M. Chen Horng-chi et Mme Chen Hsueh-feng ont décidé d'organiser un grand rassemblement public sur le thème de la collaboration KMT-PDP pour sauver Taïwan.