En tournée en Asie fin octobre et début novembre, l'ancien ministre de la Défense américain, M. William Cohen, a effectué dans l'île un bref séjour à titre privé, au cours duquel il a été reçu par le chef de l'Etat, le Premier ministre et plusieurs hauts responsables du gouvernement, ainsi que des députés.
Les entretiens qu'il a eus ont porté essentiellement sur le soutien de Washington à Taïwan, la vente future par les Américains de sous-marins diesel aux forces armées de la République de Chine et la situation actuelle dans le détroit de Taïwan.
M. Chen Shui-bian, le président de la République, a rappelé à son visiteur américain les efforts déployés ici vis-à-vis de Pékin, qui se heurtent toujours à l'intransigeance des autorités chinoises. Il lui a expliqué que ces dernières, en continuant de subordonner la reprise du dialogue à la reconnaissance du principe d'" une Chine ", au sens où elles l'entendent -- ce que ne peut accepter Taïpei --, ont bloqué le processus de rapprochement entre les deux rives, contribuant ainsi à entretenir les tensions.
A l'occasion de ces entretiens, M. Cohen a clairement réaffirmé l'attachement de Washington à sa politique actuelle à l'égard de Taïwan, ajoutant que, s'il y avait à l'avenir une réunification, " elle devrait se produire de façon pacifique ".
Selon le législateur Parris Chang, du Parti démocrate-progressiste, qui a rencontré l'ancien ministre américain lors de son séjour dans l'île, l'un des principaux buts de cette visite aurait été de discuter des termes de la vente de huit sous-marins diesel.
M. Cohen, aujourd'hui dans le secteur privé, travaille pour une firme américaine de relations publiques représentant des clients européens qui sont intéressés par la construction en sous-traitance de ce type de bâtiment amphibie dont les Etats-Unis ont récemment arrêté la production sur leur sol.
Depuis 1999, les liens avec la Mongolie se sont rapidement resserrés, et il est très possible que ce rapprochement bilatéral aboutisse prochainement à un échange de représentations au niveau commercial. C'est ce qu'a annoncé à la mi-octobre le chef de l'Etat à une délégation mongole en visite à Taïpei.
Ce projet revêt un intérêt tout particulier aux yeux du président de la République, puisqu'il en a été l'un des principaux initiateurs il y a déjà quelques années, alors qu'il n'occupait pas encore ses fonctions actuelles.
A la mairie de Taïpei de 1994 à 1998, M. Chen Shui-bian avait joué un rôle clé dans la signature d'un accord de jumelage avec la ville d'Oulan-Bator, la capitale mongole qui avait ouvert la voie à une relance des échanges avec la Mongolie, notamment commerciaux, sans précédent depuis la Seconde Guerre mondiale.
En 1999, candidat virtuel à la présidence de la République, M. Chen Shui-bian s'était rendu en Mongolie, établissant alors avec le Premier ministre de ce pays une étroite relation qui s'est renforcée à la suite de la visite de ce dernier à Taïwan en octobre 2000.
Depuis, les autorités d'Oulan-Bator ont facilité les procédures destinées aux voyageurs taïwanais qui bénéficient désormais de l'octroi d'un visa directement à leur arrivée sur le territoire mongol, évitant ainsi de perdre du temps et de l'argent en se rendant d'abord, comme c'était le cas avant, dans un pays tiers -- en général le Japon -- pour y obtenir leur document de voyage.
Taïpei offre déjà des séminaires de formation à la gestion administrative aux futurs agents de la fonction publique mongole et étudie la possibilité d'ouvrir le marché insulaire aux travailleurs de ce pays, selon la formule existant déjà pour les ouvriers de plusieurs pays d'Asie du Sud-Est employés dans l'île.