Contenu (Affaires étrangères)

 

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Taïwan offre son soutien à l'action contre le terrorisme

PD: 10/21/01

Taïpei a réitéré le 8 octobre son soutien à l'action globale contre le terrorisme, se déclarant prêt à fournir toute l'assistance nécessaire aux Etats-Unis.

C'est à l'issue d'un conseil réuni d'urgence, quelques heures après le début des frappes aériennes en Afghanistan, que le chef de l'Etat, M. Chen Shui-bian, a choisi de réaffirmer publiquement l'engagement de la République de Chine aux côtés de son allié américain.

 Pour être sûr que son message bénéficie d'une audience suffisante, le président de la République avait d'ailleurs choisi ce jour-là de s'exprimer face aux caméras, dans un discours aux extraits largement rediffusés ensuite par les chaînes de télévision locales.

 Le Premier ministre, M. Chang Chun-hsiung, le porte-parole du gouvernement, M. Su Tzen-ping, et le ministre des Affaires étrangères, M. Tien Hung-mao, ont eu, eux, un peu plus tard dans la journée, la charge de relayer le message présidentiel auprès notamment du Yuan législatif et des autres médias, insulaires ou étrangers.

 Au cours de la réunion d'urgence, M. Chen Shui-bian s'est attaché à rappeler qu'il était convaincu que les Américains n'étaient pas intervenus en Afghanistan par esprit de revanche, mais que leur action visait, selon lui, à protéger les droits de la communauté internationale, ainsi qu'à garantir un monde plus sûr et meilleur pour tous.

Mme Annette Lu, la vice-présidente de la République, MM. Chang Chun-hsiung, le Premier ministre, et Ting Yu-chou, le secrétaire général du Conseil de la Sécurité nationale, s'étaient eux aussi joints à ce conseil exceptionnel tenu autour du chef de l'Etat en présence de plusieurs autres personnalités clés du gouvernement.

 A l'issue de leur rencontre, il a été convenu de réitérer le soutien de Taïwan à l'action américaine contre le terrorisme international et d'annoncer une liste d'une cinquantaine de mesures à prendre rapidement afin de faire face à toute menace directe.

 Le ministère de la Défense et la Commission d'Etat des Affaires continentales ont été ainsi priés de suivre avec attention les évolutions possibles de la situation dans le détroit de Taïwan. Dans le même temps, sur le plan intérieur, les forces de l'ordre ont été placées en état d'alerte afin, notamment, de veiller à la sécurité des ressortissants étrangers dans l'île ou de leurs représentations, quelles que soient les nationalités impliquées. Même si ces personnes ne courent a priori aucun risque ici, le gouvernement a préféré en l'occurrence opter pour la prudence.

 Par ailleurs, il a également été annoncé que les mesures de sécurité habituellement en vigueur dans toute l'île, en particulier dans les aéroports, les centrales nucléaires ou d'autres lieux sensibles, feraient elles aussi l'objet d'une réévaluation allant dans le sens d'un renforcement strict.

Outre une collaboration sur le plan judiciaire ou en matière de renseignements, Taïwan se propose aussi d'offrir une participation financière à l'effort de lutte contre le terrorisme international, comme elle l'avait déjà fait durant la guerre du Golfe, ainsi qu'une assistance rapide aux personnes déplacées par la crise afghane. Toutefois, le niveau de la contribution dans son ensemble, a averti M. Tien Hung-mao, le ministre des Affaires étrangères, dépendra pour beaucoup de la situation économique dans l'île.

 



 
 

APEC : Taïpei est absente du sommet

PD: 10/21/01

Le ministre des Affaires étrangères, M. Tien Hung-mao, a adressé une véhémente protestation aux autorités de Pékin après le refus de celles-ci de délivrer à M. Li Yuan-zu, l'ancien vice-président de la République, un visa qui lui aurait permis de participer à la place du chef de l'Etat à la rencontre au sommet des dirigeants de la Coopération Asie-Pacifique (APEC) qui s'est tenue à Shanghai, les 20 et 21 octobre.

 Pourtant membre de plein droit, Taïpei a été jusqu'alors empêché d'envoyer ses dirigeants aux sommets de l'APEC, en raison des pressions de la Chine continentale. Cette fois-ci, Taïwan avait espéré que le protocole qui préconise l'envoi d'un émissaire de son choix à la place du président de la République aurait été respecté par Pékin qui organise l'événement.

M. Li Yuan-zu, qui a pris ses distances avec la vie politique active et est respecté dans l'opinion insulaire, avait pourtant le profil idéal pour représenter le chef de l'Etat tout au long de ce sommet. On considère ici que son expertise en matière juridique aurait d'ailleurs pu être utile dans les débats consacrés à la lutte contre le terrorisme.

 Cela n'a cependant pas été l'avis de Pékin qui a insisté sur l'envoi de n'importe quelle autre personnalité, à condition qu'elle soit issue du monde économique. Pour satisfaire à cette revendication, Taïpei a accepté de nommer M. Li Yuan-zu à un poste de haute responsabilité au sein de la Commission d'Etat du Développement et de la Planification économiques, afin de lui donner, au moins pour la forme, la stature requise.

 Ce geste de conciliation n'a pas suffit à convaincre les Chinois du continent. Au contraire, ceux-ci ont réagi avec plus d'irritation, chargeant leur ministre des Affaires étrangères, M. Tang Jiaxuan, de formuler de violentes critiques au cours d'une conférence de presse dans la soirée du 18 octobre, durant laquelle la plus grande incorrection a été manifestée à l'égard de la République de Chine et de ses représentants.

 A Taïwan, l'attitude de Pékin a été dénoncée. M. Tien Hung-mao, le chef de la diplomatie de Taïpei, a regretté les discriminations dont a été victime une fois de plus la République de Chine. M. Chen Shui- bian a, quant à lui, fait part de sa déception, puisque cette réunion au sommet -- il en avait d'ailleurs formulé l'espoir à plusieurs reprises dans le passé -- aurait dû être, au contraire, l'occasion d'un rapprochement entre les deux rives, et non la source de nouvelles dissensions.

L'APEC est l'une des rares organisations internationales qui admet en son sein, et sur les mêmes bases, à la fois Taïwan et la Chine continentale.