Contenu (Affaires continentales)

 

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Rencontre au sommet de l'APEC: la participation " avec dignité "

PD: 10/11/01

Les dirigeants des pays membres de la Coopération économique Asie-Pacifique (APEC) se retrouveront les 20 et 21 octobre, à Shanghai, pour leur rencontre annuelle au sommet. Tous seront là, sauf un, le président de la République de Chine, qui ne s'y rendra pas -- une fois de plus --, en raison de l'ostracisme dont il est victime, imposé par les autorités continentales. D'ailleurs, Taïpei a bien failli, et il s'agissait d'une première cette fois-ci, ne pas du tout envoyer d'émissaire spécial à la fameuse réunion.

Contrairement aux usages établis jusque-là, qui veulent qu'une invitation nominale soit remise en mains propres à chacun des chefs d'Etats conviés, y compris le dirigeant taïwanais, les autorités de Pékin, qui organisent l'événement, n'ont pas daigné respecter les formes, se contentant de faire parvenir à Taïpei un simple fax, accompagné d'une vague formule anonyme " à qui de droit ".

Alors que l'île appartient de plein droit à l'organisation internationale, cette entorse au protocole a été interprétée ici comme une marque supplémentaire de discrimination, et un débat s'est engagé sur la question même de la participation de l'île à la prochaine réunion de l'APEC.

 Lors des rencontres précédentes, les Etats organisateurs avaient toujours veillé à respecter le protocole. Et c'est à chaque fois pour ne pas mettre leurs hôtes dans des situations embarrassantes, face aux récriminations incessantes des autorités continentales, que les Taïwanais acceptaient finalement d'envoyer un émissaire spécial à la place du chef de l'Etat. Ce pragmatisme forcé qui était devenu une tradition avait permis de sauvegarder les apparences et de préserver les formes.

 La Chine continentale, qui refuse toujours de concéder à Taïwan le moindre espace d'expression sur la scène internationale, a donc préféré en n'invitant pas M. Chen Shui-bian faire avorter une initiative qui allait pourtant dans le sens du rapprochement et du dialogue. Il semble, en définitive, que les autorités de Pékin éprouvent envers M. Chen Shui-bian, un président issu du Parti démocrate-progressiste, une forte méfiance, autant sinon peut-être plus encore qu'elles n'en avaient déjà eu pour son prédécesseur, M. Lee Teng-hui.

Pourtant, le dirigeant de Taïpei avait à plusieurs reprises ces dernières semaines exprimé publiquement le souhait de saisir cette occasion unique pour relancer le processus de négociation entre les deux rives du détroit de Taïwan.

En continuant de mettre à l'écart les dirigeants taïwanais, les autorités de Pékin, qui sont déjà à l'origine de la rupture du dialogue il y a déjà trois ans, risquent de s'aliéner davantage la population taïwanaise. Des personnalités de poids, comme la vice-présidente de la République, Mme Annette Lu, ou le ministre de l'Economie, M. Lin Hsin-i, n'ont d'ailleurs pas hésité à réclamer un boycott pur et simple de la réunion, en mesure de rétorsion contre l'intransigeance de Pékin et la discrimination à l'égard de Taïpei.

Désireux de calmer le jeu, le gouvernement, après une période de flottement, a finalement décidé d'envoyer un émissaire spécial à Shanghai. M. Su Tzen-ping, le porte-parole du gouvernement, l'avait déclaré, Taïwan participera donc à la rencontre de l'APEC, et elle le fera " avec dignité ".

 



 
 

Vers une augmentation probable des échanges interchinois

PD: 10/11/01

Dans la perspective de son adhésion à l'Organisation mondiale du Commerce, au début de l'année prochaine, l'Office du Commerce extérieur (BOFT) s'est livré à des estimations pour l'année prochaine sur les retombées attendues de cet événement.

 Dans les années à suivre, les importations en provenance de la Chine continentale s'accroîtront de 5 milliards d'USD par an au moins, atteignant la première année une valeur d'environ 10 milliards d'USD. Ainsi, davantage de produits agricoles de même origine, en particulier les produits traditionnels conditionnés, ainsi que les vêtements, les bicyclettes et divers accessoires arriveront dans l'île.

Selon le BOFT, le commerce interchinois dans les deux sens s'est élevé l'an dernier à 32,3 milliards d'USD, enregistrant ainsi une hausse de 25,8%. La Chine continentale était en 2000 le troisième partenaire commercial de Taïwan et son second débouché pour les exportations.

 Cependant, les agriculteurs taïwanais craignent que, lorsque Taïpei aura progressivement levé les restrictions encore imposées sur les produits importés du continent, l'entrée facilitée dans l'île d'une vingtaine de produits agricoles, en particulier le riz, l'arachide, l'ail, les noix d'arec, la viande de poulet, les haricots rouges et les bananes, ne viennent concurrencer directement leurs produits, causant préjudice à un secteur agricole encore mal préparé à cette ouverture, a indiqué la Commission d'Etat de l'Agriculture.

Les experts soulignent en outre que l'intensification du commerce à travers le Détroit pourrait peu à peu réduire l'excédent que Taïwan a enregistré dans ces échanges avec l'autre rive et qui s'est élevé à environ 20 milliards d'USD.

 Par ailleurs, il faut aussi s'attendre à une augmentation sensible des investissements taïwanais vers la Chine continentale dans la foulée de la levée progressive des restrictions actuelles, accompagnée de nouvelles mesures, conformément aux recommandations de la commission consultative économique. Les autorisations de transferts de capitaux à travers le Détroit seront accordées aux entreprises insulaires en tenant compte de la valeur de leurs actifs selon un mécanisme principalement basé sur le cas par cas.

 Le comité chargé des admissions à l'OMC a accepté l'intégration de Taïwan au sein de l'institution mondiale à Genève au lendemain de la signature du protocole d'adhésion de la Chine continentale à ce même organisme, mettant ainsi fin pour l'île à une longue attente de 11 années, depuis le dépôt de sa candidature. La Conférence ministérielle des 142 membres de l'OMC, qui se réunira du 9 au 13 novembre à Doha, au Qatar, entérinera officiellement la décision. Après la ratification nationale par le Yuan législatif, un délai d'un mois sera nécessaire avant que l'adhésion à l'organisme international ne soit officialisée.

 



 
 

Les Taïwanais résidant en Chine continentale pourront revenir

PD: 10/11/01

Dans un esprit d'ouverture et de rapprochement entre les deux rives du détroit de Taïwan, le gouvernement de la République de Chine a décidé d'abroger le décret interdisant à ses ressortissants qui se sont installés en Chine continentale pendant plus de quatre ans de revenir dans l'île.

Quoique radiées des registres insulaires, ces personnes pourront désormais être réintégrées, même si elles ont entre temps obtenu un permis de résidence sur le continent chinois. La mesure s'étend également aux enfants nés en Chine continentale de parents (père ou mère) citoyens de la République de Chine.

 Selon les règlements en vigueur depuis 1992, les nationaux qui, vivant sur l'autre rive du Détroit, n'étaient pas revenus dans l'île au cours des quatre années suivant la date de leur sortie du territoire perdaient automatiquement leur statut d'" habitant de la région de Taïwan ".

 Passé ce laps de temps, ces personnes, qui, pour une raison ou une autre, désiraient revenir à Taïwan, faisaient face à des procédures administratives de réintégration presque insurmontables. C'est le cas en particulier de nombreux anciens militaires à la retraite qui, ayant épuisé leurs ressources financières, sont souvent expulsés de Chine continentale où ils avaient déménagé pour rejoindre leur famille.

 



 
 

Huit banques taïwanaises sont autorisées à s'établir sur le continent

PD: 10/11/01

Poursuivant sa politique de réforme du secteur financier que le gouvernement a commencé à mettre en oeuvre cette année, huit banques commerciales de l'île seront en principe autorisées à établir bientôt une représentation en Chine continentale, alors que les deux rives du détroit de Taïwan s'emploient à faire tomber, avant leur admission officielle à l'Organisation mondiale du Commerce (OMC), les barrières qui entraveraient leurs futures relations commerciales.

 Les huit établissements ainsi autorisés à ouvrir une agence sur le continent chinois sont United World Chinese Commercial Bank, International Commercial Bank of China, Land Bank of Taiwan, First Commercial Bank, Hua Nan Commercial Bank, Chang Hwa Bank, Taiwan Cooperative Bank et Chinatrust Commercial Bank.

 L'ouverture d'une représentation continentale leur permettra entre autres d'évaluer plus correctement leurs engagements avant d'accorder un prêt et de surveiller plus étroitement la tendance des activités d'affaires sur le continent chinois.

 Toutefois les opérations continentales de ces bureaux taïwanais seront limitées au recueil d'informations, tout en fournissant des conseils financiers aux entreprises taïwanaises implantées sur l'autre rive du Détroit.

 Déjà, le Cabinet a donné son feu vert au principe de la représentation bancaire d'établissements insulaires en Chine continentale, et a fixé, dans un premier temps, à dix le nombre des banques qui pourront bénéficier de cette mesure, les dix premières de l'île selon le montant de leurs avoirs.

Dans le cadre de la restructuration du secteur financier à Taïwan, les fusions ou les absorptions sont vivement encouragées, les pouvoirs publics souhaitant voir passer le nombre des établissements bancaires de 53 actuellement à environ une dizaine.