Les inondations causées par le passage du typhon Nari sur Taïwan, les 16 et 17 septembre, continuent d'avoir, hélas, un effet dévastateur sur l'économie. Humainement, économiquement, l'impact a été terrible.
Outre une centaine de morts et de disparus qui est à déplorer, des dizaines de milliers de personnes ont vu leur vie bouleversée, notamment dans la région de Taïpei qui a le plus souffert, le niveau des précipitations y ayant dépassé par endroit 1 000 mm.
Nombreux sont ceux, dans la capitale et dans sa banlieue, qui ont beaucoup perdu, parfois une voiture ou une moto seulement, parfois tout, lorsque les torrents déversés par les pluies furieuses ont englouti les habitations, les commerces ou les bureaux au rez-de-chaussée, grimpant parfois jusqu'aux étages supérieurs.
Plus de 4 000 immeubles, à 80% situés dans la région de Taïpei, ont été endommagés par la montée des eaux qui ont envahi les rez-de-chaussée, les sous-sols, noyant des dizaines de milliers de véhicules. Autres conséquences majeures, les coupures d'électricité, d'eau courante -- parfois pendant une semaine en raison de l'importance des dégâts -- ou les problèmes de transport qui en ont résulté, ont gravement perturbé la vie et l'activité dans des centaines de milliers de foyers et d'entreprises.
La municipalité de Taïpei estime ainsi que plusieurs mois seront nécessaires pour remettre en état l'ensemble du réseau du métro, plusieurs lignes souterraines ayant été complètement inondées.
Des statistiques officielles indiquent que les retombées désastreuses du typhon, sous l'effet d'un contexte international en pleine morosité, pourraient entraîner une contraction de 1% du produit national brut cette année, tandis que l'économie insulaire avait déjà auparavant montré des signes de récession, la croissance affichant au second trimestre un recul de 2,35%.
Une dizaine de jours après le passage de Nari, le gouvernement estimait les pertes économiques subies dans la région nord de Taïwan entre 10 et 20 milliards de TWD (de 300 à 600 millions d'EUR).
Une veillée aux chandelles a été organisée le 21 septembre, aux premières heures du matin, dans le hsien (district) de Nantou pour honorer la mémoire des victimes du séisme qui a dévasté cette région centrale de l'île en 1999.
La vice-présidente de la République, Mme Annette Lu, et le chef du district de Nantou, M. Pang Pai-shian, qui s'étaient joints à la commémoration, ont sonné une cloche à 1h47 du matin, à l'heure précise où le drame s'était produit deux ans auparavant.
Lors de ce tremblement de terre, dont la magnitude a été de 7,3 sur l'échelle de Richter, plus de 2 400 personnes ont péri et plus de 50 000 logements ont été détruits, le district de Nantou ayant connu les plus lourdes pertes en termes humains et économiques. Depuis, la vie a repris, et des bâtiments ont été reconstruits, comme le tout nouveau siège du gouvernement de district qui a été inauguré en ce deuxième anniversaire.
Le précédent bâtiment ayant été sérieusement endommagé, l'administration locale avait pris la décision d'en bâtir un autre, plus résistant en cas de tremblements de terre grâce aux techniques utilisées. Cette renaissance du coeur administratif constitue un symbole fort pour le district, a déclaré Mme Lu en inaugurant la nouvelle structure.
Au cours de la quarantaine de visites qu'elle a effectuée dans la région depuis le tremblement de terre, la vice-présidente a souvent eu l'occasion de pleurer, mais cette fois-ci, s'est-elle écriée, il ne s'agit plus de se lamenter mais de regarder l'avenir avec espoir et fierté. Depuis le séisme, les habitants du district ont enduré d'autres catastrophes naturelles, comme le passage du typhon Toraji fin juillet, mais rien ne les a empêchés de reconstruire leur vie, a souligné Mme Lu, qui a voulu rendre hommage à leur persévérance.
Deux ans après, beaucoup reste encore à faire et les partis d'opposition au Yuan législatif ne manquent pas de le rappeler, protestant contre la lenteur des travaux de reconstruction, épinglant au passage le gouvernement.
Plusieurs députés ont rappelé, toujours à l'occasion de cet anniversaire, que de nombreux habitants dont les maisons n'avaient pas encore été reconstruites, continuaient de vivre dans des logements provisoires, le plus souvent en préfabriqué, dont le confort est jugé très insuffisant.
De son côté, le Premier ministre, M. Chang Chun-hsiung, a choisi cette date anniversaire pour lancer une campagne de reforestation pour limiter, en zone montagneuse notamment, les effets désastreux des catastrophes naturelles.
C'est dans ce but qu'un site Internet -- http://lovetree. forest.gov.tw -- a été mis en place afin de permettre à chaque Taïwanais qui le désirerait de parrainer un arbre grâce à un modique don de 100 TWD.
La municipalité de Taïpei a indiqué mi-septembre qu'à partir de la rentrée prochaine, les écoliers de la capitale suivraient tous des cours obligatoires d'anglais, cette mesure constituant la dernière étape d'un vaste programme d'enseignement de l'anglais dans les écoles primaires de la capitale.
Selon le Bureau municipal de l'Education, les établissements primaires de la capitale devront assurer un minimum d'heures de cours d'anglais réparties de façon progressive tout au long du cursus scolaire. A Taïwan, celui-ci comprend six années d'enseignement primaire, au lieu de cinq en Europe, tandis que les 1er et 2e cycles secondaires comportent chacun trois années d'études. Ainsi, chaque semaine, les écoliers de première et de deuxième année (correspondant en France au Cours préparatoire et élémentaire I) suivront un minimum de deux heures d'enseignement en anglais, ceux de 3e et 4e année (Cours élémentaire II et moyen I) auront de trois à cinq heures de cours de cette première langue vivante et ceux de 5e et 6e (Cours moyen II et année supplémentaire) plus de cinq heures. Ces cours obligatoires seront dispensés par un personnel indépendant du corps des instituteurs et ajoutés au programme élémentaire normal.
Depuis la rentrée, c'est l'ensemble des écoliers de 5e et 6e année à Taïpei qui suit des cours d'anglais. Certains d'entre eux ont déjà commencé à apprendre cette langue, notamment ceux à qui l'anglais a été enseigné dans quelques écoles de Taïpei depuis 1998, à partir de la 3e année, dans le cadre d'un programme expérimental, ainsi que beaucoup d'autres qui, sur l'initiative de leurs parents, l'ont également appris dans des cours privés ou particuliers.
Le programme d'enseignement de l'anglais dans le primaire est vivement souhaité à l'échelle nationale, mais son application a rencontré de graves difficultés, en particulier dans la coordination d'une pédagogie d'ensemble et l'élaboration d'un programme uniforme complet pour les différents niveaux d'étude, aussi son application a-t-elle été laissée aux choix des autorités locales.
Lorsque l'île aura formellement adhéré à l'Organisation mondiale du Commerce (OMC), dans le cadre des règlements internationaux, ce qui devrait se faire en mars prochain, les établissements scolaires ou institutions d'enseignement supérieur de l'étranger pourront installer à Taïwan des services d'enseignement à distance, dispenser des cours pour une courte période et offrir des conseils, une orientation aux étudiants qui désireraient poursuivre leurs études en dehors de l'île. De plus, les universités étrangères seront autorisées à dispenser quelques-unes de leurs disciplines dans les unités d'enseignement qu'elles pourront établir au sein des universités taïwanaises.
Le ministère de l'Education a précisé que ces services étrangers seraient, dans un premier temps, régis par les lois et règlements révisés en 1997 concernant les établissements scolaires et universitaires privés, laissant toutefois entendre que de plus grandes facilités pourraient leur être accordées par la suite, comme, par exemple, la possibilité qui leur serait donnée de créer un institut affilié aux universités étrangères intéressées avec, à la clé, un enseignement direct.
Profitant de l'élargissement des relations culturelles entre les Etats membres de l'OMC, Taïwan espère, après son admission dans l'institution internationale, améliorer la qualité de son enseignement en l'adaptant au niveau mondial.
Trois oeuvres religieuses taïwanaises se sont mobilisées pour porter aide et secours aux victimes de l'attaque terroriste sur le Centre mondial du Commerce à New York et sur le Pentagone à Washington.
Le lendemain de l'attaque, la Fondation Tzu Chi de la Compassion bouddhique, installée à Hualien, sur la côte est de l'île, a demandé par la voix de sa fondatrice, la Vénérable Cheng Yen, à ses antennes américaines établies à New York même et à New Jersey de faire face à la situation d'exception créée dans la métropole américaine.
Les volontaires de Tzu Chi, habitant la ville et la banlieue de New York, se sont donc rendus à cet appel sur les lieux de l'effondrement des tours jumelles du Centre mondial du Commerce afin d'y soigner les blessés. A la requête de la Croix Rouge américaine, ils ont apporté les premiers secours dans trois hôpitaux de fortune installés à Manhattan.
Un programme d'aide aux familles directement touchées par le drame, comprenant notamment une allocation d'urgence de 1 000 USD par mois pour le logement, des frais divers et l'éducation, a été mis en place avec le soutien de la fondation Tzu Chi dans les jours qui suivirent. L'aide a été immédiatement mise à la disposition des familles des pompiers, des policiers et des sauveteurs tués par l'effondrement fatal des deux tours.
Par ailleurs, les mêmes bénévoles de Tzu Chi ont également apporté sur les lieux du drame de l'eau potable, des repas chauds, ainsi que des couvertures aux personnes qui ont travaillé sans relâche pour assurer le déblaiement des décombres des tours jumelles.
La Fondation Foguangshan pour la Culture et l'Education, qui a son siège près de Kaohsiung, dans le sud de Taïwan, a aussi mis en alerte son centre de secours dans la métropole américaine, afin qu'il apporte une assistance 24 heures sur 24 aux côtés des autres oeuvres caritatives américaines ou étrangères.
Egalement, la Fondation bouddhique de la Montagne du Tambour du Dharma a lancé une action en faveur des victimes de la tragédie du 11 septembre, à partir de son centre religieux situé dans la banlieue new- yorkaise, le temple Dongchu.
Deux jours après le drame de New York et de Washington, on apprenait que plusieurs Taïwanais étaient portés manquants par leurs familles. Sept d'entre eux au moins, qui travaillaient dans les succursales bancaires de l'île ou des sociétés américaines installées dans les tours jumelles ont disparu depuis la catastrophe.
Au cours d'une cérémonie solennelle, le président de la République, M. Chen Shui-bian, a proclamé que les Thao formaient la dixième tribu aborigène vivant à Taïwan, expliquant que leurs caractéristiques distinctives et leurs traditions culturelles ne permettaient plus de les assimiler à l'une des autres minorités aborigènes de l'île.
Après la cérémonie, le chef de l'Etat a aussi présidé un rituel nuptial durant lequel 27 couples thao se sont unis, un grand symbole d'espoir pour la tribu.
Pendant plusieurs générations, les Thao, aujourd'hui représentés par une population de seulement 281 personnes, ont longtemps vécu à Tehuashe, près du Lac du Soleil et de la Lune, dans le centre de l'île, avant d'être chassés de leurs terres, il y a plus de trente ans, pour des raisons économiques. Disséminés sur les territoires des tribus voisines, les Thao ont alors connu un grave déclin démographique.
Grâce au renouveau culturel et à la démocratisation dans l'île, ils ont réussi à se regrouper et à faire valoir leurs droits à une identité propre. En 1999, le gouvernement a accédé à leurs demandes, promettant le recouvrement de leurs terres et de leur patrimoine au sein de la communauté nationale. Deux années de démarches administratives leur auront été nécessaires pour parvenir à leurs fins. L'an dernier, un premier groupe est retourné dans le berceau de la civilisation thao, sur la petite île de Kuanghua, au milieu du Lac du Soleil et de la Lune.
Les Thao viennent donc s'ajouter à la liste des neuf tribus aborigènes qui habitent Taïwan, c'est-à-dire les Ami -- les plus nombreux --, les Atayal, les Bunun, les Paiwan, les Puyuma, les Rukai, les Saisiyat, les Tsou et les Yami, dans l'île des Orchidées. En 1998, la population aborigène de Taïwan comptait près de 400 000 personnes.
La forteresse de Huwei a été ouverte au public A l'occasion des Journées des sites et monuments historiques, qui ont été célébrées les 15 et 16 septembre pour la première fois à Taïwan, la forteresse de Huwei, près de Tamsui, au nord de Taïpei, a été rouverte au public. Une cérémonie solennelle, parrainée par la Commission d'Etat des Affaires culturelles, y a été tenue pour marquer l'événement mondial.
Dans le but de promouvoir la conservation des héritages historiques et des patrimoines culturels -- un événement commémoré par 48 autres pays --, la République de Chine a décidé de se joindre cette année au mouvement international, lancé en 1984 par la France et aujourd'hui parrainé par l'Unesco.
Pour mieux marquer ces journées, un total de 331 monuments historiques répartis dans l'île, dont 14 sites classés dans la capitale et 27 autres dans la banlieue, ont été ouverts en entrée libre au public durant toute la semaine qui a suivi, y compris ceux qui, pour cause de travaux, restauration ou autre, étaient demeurés jusque-là clos.
La forteresse de Huwei, bâtie il y a environ 300 ans, est en soi un grand symbole international sur le territoire taïwanais, puisque des personnes d'origine diverse l'ont habitée, comme, au XVIIe siècle, des Espagnols, des Hollandais, puis, aux XIXe et XXe siècles, des Britanniques et des Japonais. Les occupants de ces lieux ont inévitablement ajouté lors de leur passage leur marque artistique, architecturale et religieuse.
Alors que l'île devenait une province à part entière en 1886, la forteresse a été restaurée, agrandie et embellie dans ses formes actuelles en 1886 par le nouveau gouverneur Liu Mingchuan, après avoir été partiellement détruite par les bombardements de l'escadre française de l'amiral Courbet lors de la Guerre franco-chinoise (1884-1885).
Après la rétrocession de Taïwan à la République de Chine en 1945, le bâtiment a été affecté aux forces armées et, pour cette raison, est resté longtemps fermé au public. Classée monument historique, la forteresse de Huwei a depuis 1985 été rendue au domaine public.
Peu l'ont encore visitée, et cette manifestation encouragera certainement les Taïwanais à venir plus nombreux la découvrir.