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Après la commission consultative, les changements de politique

PD: 09/11/01

La commission consultative économique a rendu public le 26 août ses recommandations au gouvernement. Le président de la République, M. Chen Shui-bian, n'avait, pour sa part, pas voulu manquer les trois derniers jours de débats qu'il a suivis avec attention. Et il avait de bonnes raisons de le faire, puisque les plus de trois cents résolutions qui ont finalement été adoptées appellent à des changements radicaux, tant sur le fond que sur la forme des grandes politiques actuellement menées.

 

Un désir de changer

 Le président Chen, qui était à l'origine de ces états généraux qu'il a convoqués et présidés, s'est réjoui de leur déroulement et de la qualité de leurs conclusions. Pour en prolonger le succès, il est résolu à passer au stade supérieur, en mettant le gouvernement à la tâche pour que les propositions formulées à cette occasion ne restent pas lettres mortes. Il s'y était d'ailleurs engagé avant même le début des débats, déclarant que les recommandations qui en seraient issues s'imposeraient au gouvernement.

Dans son discours de clôture, il a donc réitéré son désir de voir le gouvernement strictement veiller à la mise en oeuvre des propositions, demandant que la révision d'une quarantaine de législations, comme l'ont recommandée les membres de la commission consultative, soit entreprise au plus vite avec le soutien du Yuan législatif. La fin de la conférence signifie donc le début d'une plus étroite coopération, s'est-il exclamé.

 Le chef de l'Etat a souligné avec enthousiasme le rôle positif des différentes forces politiques qui ont apporté leur élan à cette initiative, malgré leur opposition au gouvernement. En associant toutes les tendances politiques aux débats de la commission, la consultation politique semble donc avoir été menée à un nouveau stade. La priorité des organisateurs et des participants a été de sortir le pays du marasme économique et, ce faisant, ils ont aidé à décrisper une situation politique tendue.

Un gouvernement de coalition

 En évoquant l'année écoulée, M. Chen Shui-bian n'a pu faire autrement que de constater qu'elle avait été dominée par l'instabilité politique, ce qui a concouru à précipiter l'économie sur une mauvaise voie, sapant le moral de la population.

 La coopération dans le changement lui apparaît donc comme le seul moyen de salut. Alors qu'il avait choisi un gouvernement aux couleurs de la majorité présidentielle, ce qui avait aiguisé le rapport de force avec le Yuan législatif dominé par l'opposition au chef de l'Etat, la situation qui en avait résulté avait confiné au blocage institutionnel. Quels que soient les résultats des élections législatives de décembre prochain, il se dit désormais prêt à changer de gouvernement et aussi de stratégie.

 Le chef de l'Etat a saisi l'opportunité de l'annonce des conclusions de la commission consultative pour confirmer qu'après le prochain scrutin, il composerait un gouvernement de coalition. Il est persuadé que cette démarche de rassemblement est dans l'intérêt de ses concitoyens et qu'il s'agit du meilleur moyen de sortir le pays de la récession économique.

L'autre rive, l'autre enjeu

 Déployant tous les efforts possibles pour détendre la situation à travers le détroit de Taïwan, le président de la République estime que l'abandon de la politique limitant les investissements taïwanais en Chine continentale -- une mesure proposée au gouvernement par la commission consultative -- aura un impact positif, car il juge que les relations avec Pékin sont entrées dans une nouvelle ère.

Le chef de l'Etat pense que l'attitude des Taïwanais fera toute la différence, que la Chine continentale coopère ou non, puisqu'il s'agit de leur avenir, et que, unis, ils trouveront le moyen d'améliorer la situation.

 Pourtant, il ne faut pas s'attendre à une réaction positive de Pékin, observe-t-on ici, les autorités continentales n'ayant jamais réservé un accueil positif aux gestes de conciliation de M. Chen Shui-bian. Néanmoins, ce dernier reste convaincu que pour normaliser les relations politiques, il faut d'abord se concentrer sur les échanges économiques.

 Il espère toujours pouvoir se rendre à la rencontre informelle des chefs d'Etat du forum de la Coopération économique Asie-Pacifique (APEC) qui sera organisée à Shanghai, en octobre. Selon le principe d'égalité, Taïwan qui appartient à l'APEC devrait pouvoir bénéficier des mêmes droits de représentation que les autres pays membres, ce à quoi les autorités continentales se sont toujours opposées. M. Chen Shui-bian considère que son invitation sur l'autre rive à cette occasion constituerait une extraordinaire opportunité pour renouer le dialogue.