Dans le but de réduire les retombées des catastrophes naturelles, le Cabinet a approuvé le 15 août un texte amendant la législation en vigueur concernant la conservation des sols et des eaux.
Le passage du dernier typhon Toradji qui a dévasté le centre et l'est de l'île a montré que les crues et les glissements de terrain auraient pu être de moindre importance, alors que des négligences graves, concernant l'utilisation des terres sur les versants montagneux ou l'entretien des ressources d'eau, ont été constatées.
Le texte amendé, qui sera soumis à la ratification de la législature, prévoit ainsi de nouvelles clauses, concernant l'alourdissement des peines dans les cas d'infraction, la désignation de zones protégées, la réglementation de l'utilisation des sols ou de l'aménagement des terres, du relief ou des infrastructures -- telles que les barrages et digues de retenue d'eau, les levées et autres constructions de protection contre la crue des eaux, contre les glissements de terrain sur les versants de montagne.
Ainsi, ceux qui se seraient livrés à des travaux menaçant la sécurité des habitants encourront une peine de cinq ans de prison et une amende de 1 million de TWD (env. 31 600 EUR). Si ces mêmes irrégularités provoquent des accidents graves, la peine de prison pourra s'étendre jusqu'à douze ans et l'amende atteindre 2 millions de TWD (env. 63 200 EUR).
Quiconque aura commencé des travaux sur les versants de montagne ou dans les régions forestières sans avoir préalablement soumis un plan assurant la conservation des sols et des eaux du site, lequel aura été approuvé par les autorités compétentes, sera punissable d'une amende de 60 000 TWD (env. 1 900 EUR) à 300 000 TWD (env. 9 500 EUR), sans compter les poursuites ultérieures auquel s'exposera le contrevenant.
Sera également pousuivi celui qui n'aura pas respecté les délais impartis ou les prescriptions d'un avertissement des autorités responsables exigeant à terme le retour aux normes initiales ou aux conditions antérieures. De même, sur les terres du domaine public exploitées en location, en concession ou selon un autre accord de l'administration, toute contravention aux nouvelles dispositions légales entraînera la résiliation immédiate des baux entre les partenaires public et privé, tandis que les revenus et autres profits provenant de cet abus seront confisqués.
Cherchant à améliorer l'utilisation des sols et à renforcer la protection des régions menacées ou susceptibles de l'être, le texte prévoit également de restaurer les zones spéciales, au besoin de les multiplier, afin de mieux contrôler leur aménagement.
Auparavant, ces zones comprenaient essentiellement les espaces entourant les lacs de retenue. Mais, devant les plaintes des habitants jugeant trop sévères les restrictions, les règlements avaient été assouplis pour faciliter, sous certaines conditions, les activités agricoles, touristiques et autres. En fait, l'assouplissement législatif avait pratiquement supprimé les zones de protection.
Dans la perspective de l'internationalisation de l'île, le ministère de l'Education a mis sur pied un " Programme universitaire clé " (KUP), qui doit élever l'enseignement supérieur et la recherche universitaire dans l'île au niveau des grandes universités étrangères. L'objectif est de l'appliquer au cours des cinq prochaines années dans dix établissements universitaires modèles de l'île, dont les futurs projets de recherches seront financés par un crédit de 21 millions d'USD. C'est la première mesure d'un vaste programme que le ministère a récemment fait connaître à l'occasion de la publication d'un livre blanc sur l'enseignement supérieur.
Dans une économie fondée sur la connaissance, les universités sont devenues les berceaux à partir desquels les nations vont devoir rivaliser les unes avec les autres pour l'innovation technologique et l'accroissement du capital intellectuel. La reconnaissance d'une équivalence au niveau mondial pour l'enseignement supérieur dispensé dans l'île est donc aujourd'hui un facteur important qui assurera à la nation toute entière une place honorable au sein de la communauté internationale.
Ainsi, tandis que le nombre des établissements universitaires dans l'île a rapidement gonflé ces dix dernières années, les universités clés plus orientées vers la recherche permettront d'élever la qualité de l'enseignement au niveau de prestigieuses institutions dans le monde. Pour y parvenir, ces universités taïwanaises modèles bénéficieront d'un financement public mieux adapté et d'une aide substantielle accrue du secteur privé.
Le ministre de l'Education, M. Ovid Tzeng, a dernièrement proposé une présélection de neuf établissements possibles. Il s'agit des universités nationales de Taïwan, Yang Ming, Chengchi et de Taïwan pour la Science et la Technologie, à Taïpei; des universités nationales Chiao Tung et Tsinghua, à Hsinchu; de l'université nationale Centrale, à Chongli; de l'université nationale Cheng Kung, à Taïnan; et de l'université nationale Sun Yat-sen (Chungshan), à Kaohsiung.
Plusieurs critères doivent permettre d'établir cette première liste. Seront pris notamment en compte la proportion d'étudiants inscrits en second et troisième cycle, le pourcentage des maîtres-assistants hautement qualifiés employés à plein temps, ainsi que la part des fonds qui sont alloués à la recherche par la direction de l'établissement. Sont également pris en considération la renommée et le mérite des chercheurs de l'établissement ou de ceux qui en sont issus.
Lors de sa conférence de presse présentant le livre blanc sur l'enseignement supérieur, le ministre a expliqué que le relèvement du niveau des universités taïwanaises était inévitable, en particulier après l'admission de l'île à l'Organisation mondiale du Commerce (OMC). S'il faut s'attendre à de grands changements en perspective, le ministre a exprimé toute sa confiance en la qualité de l'enseignement du corps professoral taïwanais.
Comme M. Tzeng, la plupart des observateurs s'accordent à dire que l'élévation du niveau de l'enseignement dans les établissements modèles stimulera l'ensemble du monde universitaire, favorisant un meilleur climat qui profitera aux étudiants taïwanais.
Accordant une place honorable aux efforts déployés dans le domaine de la culture, la Fondation nationale des Arts et de la Culture a annoncé le 20 août les noms des quatre lauréats du Prix national des Arts, qui se partagent pour la première fois dans trois catégories différentes -- littérature, beaux-arts et art dramatique -- une distinction récompensant annuellement les artistes insulaires.
Les heureux lauréats sont Yeh Shih-tao pour la littérature, Wang Pan-yuan pour les beaux-arts, ainsi que Stan Lai et Hsu Wang pour les arts dramatiques qui, lors d'une cérémonie solennelle le 28 septembre, se verront remettre leur trophée avec, pour chacun d'entre eux, un prix de 600 000 TWD (env. 19 000 EUR).
Yeh Shih-tao, à qui le Yuan exécutif a décerné l'an dernier le Prix de la Culture, a vu cette fois-ci encore son oeuvre couronnée. Grand écrivain, qui a fait ses débuts sous l'occupation japonaise, il s'est affirmé dans le monde littéraire en abordant divers genres -- romans, essais sur la littérature et son histoire, nouvelles variées et traductions.
Wang Pan-yuan, peintre originaire d'Ilan, sur la côte nord-est de l'île, a récemment exposé en solo au Musée national d'Histoire, à Taïpei. Malgré des difficultés rencontrées dans sa vie après son arrivée du continent, il n'a jamais abandonné la peinture. Son oeuvre est le reflet particulier d'un esprit non-conformiste.
Stan Lai, directeur artistique des Ateliers Performance, s'est adonné depuis plus de dix ans déjà au théâtre moderne, se penchant davantage sur l'interprétation et la communication. D'une grande influence sur le monde théâtral insulaire, en tant que metteur en scène et auteur dramatique, il a su combiner dans son oeuvre le dialogue moderne avec un style traditionnel.
Hsu Wang, directeur de la troupe de marionnettes Hsiao Hsi Yuan, a une longue carrière dans le spectacle des petites poupées. Ces dernières années, il a étoffé son répertoire en reprenant et adaptant d'anciens scénarios, et en remodelant l'esthétique de ses marionnettes. Il enseigne également afin que son art soit perpétué.