Contenu (Affaires continentales)

 

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La visite de personnalités insulaires en Chine continentale : deux poids, deux mesures

PD: 09/01/01

Dans leurs rapports avec Taïwan, les autorités continentales ont différemment manifesté leur humeur, en particulier à l'égard des représentants de l'île se rendant en Chine continentale pour participer à des rencontres internationales tenues sur leur sol.

 Ainsi, à l'occasion de la réunion 2001 des femmes ayant une responsabilité politique dans les pays membres de la Coopération économique de l'Asie-Pacifique (APEC), qui s'est ouverte le 21 août à Pékin, Mme Chang Po-ya, ministre de l'Intérieur, a reçu un accueil chaleureux à son arrivée dans la capitale continentale, en dépit des subtilités protocolaires, selon lesquelles la ministre de l'Intérieur n'a été désignée que par son seul nom, sans aucune mention de ses titres et qualités.

 C'est la première fois que Mme Chang Po-ya, se rendait sur l'autre rive du détroit de Taïwan. A la tête d'une délégation de vingt membres, elle avait été invitée à la réunion annuelle des femmes ministres des pays de l'APEC, dont la République de Chine est membre de plein droit,

 Cette année, c'est à la Chine continentale, également membre de l'organisation régionale, qu'incombe la charge d'organiser les principales réunions ministérielles et autres rencontres de haut rang, comme le prochain sommet des chef d'Etat et de gouvernement des 21 membres de l'APEC.

 Presqu'au même moment, lors d'un autre événement international dans le domaine du sport qui était également organisé en Chine continentale, les autorités de Pékin ont eu à l'égard d'une autre personnalité taïwanaise une tout autre attitude.

 Quoiqu'invité d'honneur aux Jeux universitaires mondiaux qui se déroulent du 22 août au 1er septembre à Pékin, M. Ovid Tzeng, ministre de l'Education, n'a pu y conduire la délégation insulaire, en raison des dispositions humiliantes qui lui avaient été imposées.

 En effet, les autorités continentales ont exigé que M. Tzeng présente à son entrée sur leur territoire un " visa pour les compatriotes taïwanais ", un document de voyage spécial sur lequel il est complètement fait abstraction de l'existence de la République de Chine. Jugeant la mesure vexatoire à son égard, le ministre de l'Education a préféré annuler son voyage pour ne pas porter atteinte à la dignité nationale.

 Le document continental, qui est délivré aux ressortissants de la République de Chine et leur permet d'effectuer un voyage en Chine continentale, leur sert en même temps de pièce d'identité durant leur séjour sur l'autre rive

La Commission d'Etat des Affaires continentales (MAC) a déploré qu'à cette occasion, Pékin ait mêlé la politique et le sport, en refusant au ministre de l'Education le visa diplomatique auquel il avait droit, puisqu'il disposait d'une invitation d'honneur délivrée par les organisateurs de la manifestation sportive internationale pour participer aux cérémonies d'ouverture.

 



 
 

Pékin veut intensifier le commerce avec Taïwan

PD: 09/01/01

La Chine continentale ne ferait aucune opposition à la levée de l'interdiction sur le commerce direct avec le continent, en vigueur depuis plus d'un demi-siècle, a déclaré le 22 août M. Long Yongtu, vice-ministre du Commerce extérieur de Chine continentale.

 Ces propos rapportés ont été perçus à Taïpei comme une formule d'encouragement quelques jours avant que les recommandations de la commission convoquée par le président de la République, M. Chen Shui- bian, ne soient connues.

Certains observateurs font néanmoins remarquer que les deux partenaires dans le détroit de Taïwan devront au préalable reprendre le dialogue et entamer des pourparlers afin d'aplanir les différends dans la perspective de l'ouverture des trois liaisons directes -- commerciales, postales et de transport.

 Après l'admission de la Chine continentale et de Taïwan à l'Organisation mondiale du Commerce (OMC), qui pourrait avoir lieu d'ici à la fin de l'année, ou au plus tard au début de l'année prochaine, les relations entre les deux rives du Détroit devraient s'intensifier, a souligné M. Long Yongtu, qui aurait également ajouté que les liaisons directes, qui pourraient s'établir entre les deux nouveaux membres de l'OMC, se feront nécessairement dans le cadre des réglementations de l'institution internationale.

On peut noter à travers la déclaration de M. Long Yongtu un certain assouplissement de la position de Pékin, puisque, quelques semaines plus tôt, ses autorités signifiaient encore que la mise en place de liaisons directes passeraient d'abord par l'acceptation du principe d'" une Chine ", une condition que Taïpei refuse.

 Ces propos se rapprochent en même temps de la ligne de Taïpei, qui considère que Taïwan et la Chine continentale, une fois membres de l'OMC, s'appliqueront à normaliser progressivement leurs relations sur des bases internationalement reconnues.