Alors que M. Lee Teng-hui paraöt de plus en plus engagÄ politiquement aux cÖtÄs d'une nouvelle formation, l'Union SolidaritÄ Taòwan (UST), le dÄbat fait rage au sein du Kuomintang (KMT), le parti qu'il a longtemps prÄsidÄ et dont il est toujours membre, sur l'attitude ê adopter ê son Ägard, ê quelques mois d'une ÄchÄance Älectorale capitale.
La commission de discipline du KMT vient d'Étre saisie de son cas, ê la demande de M. Lien Chan, le prÄsident de l'ancien parti au pouvoir, qui, aprÅs avoir tentÄ pendant plusieurs semaines d'Äviter la cassure, semble finalement s'Étre rÄsignÄ ê l'action. " Personne ne doit se situer au-dessus du systÅme ", a-t-il dÄclarÄ le 22 aoPt, faisant clairement allusion ê son prÄdÄcesseur.
Les retombÄes de la dÄcision qui sera prise ê l'Ägard de M. Lee Teng-hui, dans le cas, par exemple, d'une exclusion telle que la rÄclame une mouvance " dure " du parti, pourraient avoir des effets graves sur l'avenir du KMT comme sur l'issue du scrutin de dÄcembre, l'ancien prÄsident de la RÄpublique jouissant encore d'une forte popularitÄ qui, traduite en termes de votes, peut faire une grande diffÄrence.
Pour le moment, M. Lee Teng-hui appartient toujours ê l'ancien parti au pouvoir dont il a tenu les rÉnes douze ans durant, jusqu'ê l'annÄe derniÅre. Il n'en avait quittÄ la prÄsidence que sous la pression de sa frange conservatrice, celle-lê mÉme qui l'a tenu pour responsable du cuisant revers Älectoral subi aux prÄsidentielles de mars 2000 et qui, en outre, s'est toujours opposÄe ê sa politique de " taòwanisation " du parti.
AprÅs une brÅve retraite politique, l'ancien chef de l'Etat semble donc avoir repris goPt ê la vie publique, la retrouvant il y a quelques semaines comme mentor de l'UST ê la crÄation de laquelle il a activement contribuÄ. Le programme de la nouvelle formation a d'ailleurs un air connu, puisqu'il reprend pratiquement point ê point la politique que M. Lee Teng-hui a menÄe durant toute la pÄriode o¥ il a ÄtÄ aux commandes de la nation.
La nouvelle volÄe de critiques au sein du KMT visant l'ancien prÄsident, aprÅs que celui-ci a refusÄ de soutenir les candidats du KMT ou, tout simplement, de quitter le parti malgrÄ les appels qui se multipliaient dans ce sens, a cette fois-ci contraint M. Lien Chan ê sortir de son immobilisme.
AprÅs trois jours de dÄbat de clÖture, du 24 au 26 aoPt, la commission consultative Äconomique a finalement rendu public un ensemble de rÄsolutions qui, si elles sont mises en application, comme le prÄsident de la RÄpublique, M. Chen Shui-bian, s'est engagÄ ê le faire, constitueront un tournant dÄcisif dans la politique du gouvernement, tant au niveau des relations avec la Chine continentale que sur le plan Äconomique.
Les membres de la commission sont en effet parvenus ê un consensus sur plus de trois cents rÄsolutions, les relations avec l'autre rive du dÄtroit de Taòwan Ätant le domaine o¥ les changements les plus importants sont attendus.
QualifiÄ d'Ätape dÄcisive, l'abandon total de la politique " Sans hëte et avec patience ", qui, depuis cinq ans, restreint les investissements et le commerce avec la Chine continentale a ÄtÄ prÄconisÄ par les participants.
Cette proposition, qui vise ê supprimer notamment le plafond de 50 millions d'USD sur les investissements individuels pour le remplacer par un examen au cas par cas des demandes, a ÄtÄ applaudie par les grands patrons qui se plaignaient depuis longtemps de l'Ärosion de la compÄtitivitÄ internationale de leurs entreprises tenues ê l'Äcart du marchÄ continental.
Liaisons directes
Les membres de la commission ont Ägalement convenu de recommander l'Ätablissement rapide des trois liaisons directes -- postes, commerce et transports -- avec l'autre rive, dans la perspective de l'accession prochaine de Taòwan et de la Chine continentale ê l'Organisation mondiale du Commerce.
Plus prÄcisÄment, ils jugent que les investissements dans l'industrie des tÄlÄcommunications ne devront Étre soumis ê aucune limite, notant cependant que l'ouverture de liaisons directes dans les transports dÄpendra de la conclusion d'un accord en fixant les modalitÄs avec PÄkin.
Sur la question de l'interprÄtation politique ê donner au concept d'" une Chine ", un point sensible qui envenime les relations ê travers le DÄtroit depuis plusieurs annÄes, les membres de la commission ne sont pas parvenus ê dÄgager un consensus, tombant nÄanmoins d'accord sur l'urgence qu'il y avait ê renouer le dialogue officiel entre les deux rives.
Investissement
Un assouplissement des contraintes limitant les flux de capitaux ê travers le DÄtroit a Ägalement ÄtÄ rÄclamÄ, afin de permettre aux institutions financiÅres insulaires -- les banques notamment -- d'investir en Chine continentale ou d'y Ätablir des succursales, ce qui leur est interdit pour le moment.
En sens inverse, la commission propose d'autoriser les investissements continentaux dans l'immobilier ê Taòwan, dans un premier temps, avant de lever ensuite graduellement les restrictions les limitant dans les autres secteurs d'activitÄ.
Une autre de leurs recommandations vise ê hëter l'ouverture de l'öle aux touristes venant de Chine continentale, le gouvernement Ätant priÄ d'accÄlÄrer les procÄdures lÄgislatives en la matiÅre.
En contrepartie, le consensus n'a pu Étre obtenu sur la question d'un abaissement de la fiscalitÄ dont l'examen -- le gouvernement refuse de cÄder du terrain sur un sujet aussi sensible -- a ÄtÄ renvoyÄ devant le Yuan lÄgislatif. Un Äventuel abaissement de la taxe sur les transactions fonciÅres ou immobiliÅres, ainsi qu'une rÄduction des impÖts sur le revenu, est donc ÄcartÄ momentanÄment.
Travail
Un autre domaine dans lequel les recommandations de la commission ont ÄtÄ particuliÅrement attendues est celui des salaires et de l'amÄnagement du temps de travail.
Finalement, ses membres ont conseillÄ au gouvernement de ne pas toucher au niveau du salaire minimum garanti, proposant d'aligner sur celui-ci le salaire des travailleurs Ätrangers qui, en contrepartie, verront leurs frais de logement et de nourriture dÄduits de leur paie ê hauteur de 5 000 TWD.
La durÄe du travail, calculÄe ê 84 heures sur deux semaines, est maintenue, tandis que le principe des horaires flexibles est admis. Une autre proposition vise ê autoriser le travail de nuit des femmes.
La commission consultative, formÄe il y a un peu plus d'un mois ê l'initiative de M. Chen Shui-bian, a rÄuni 120 personnalitÄs de tous les horizons de la sociÄtÄ -- hauts fonctionnaires, universitaires, entrepreneurs, reprÄsentants de syndicatsÉ -- pour dÄbattre pendant plusieurs semaines, autour de thÅmes principaux, des remÅdes ê apporter aux difficultÄs que traverse actuellement Taòwan. Le chef de l'Etat s'est engagÄ ê suivre la plupart de leurs recommandations.