Contenu (Affaires étrangères)

 

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Le sénateur Biden réaffirme les engagements de Washington

PD: 08/21/01

En visite à Taïwan, avant de se rendre en Chine continentale, le sénateur américain Joseph Biden, a réaffirmé les engagements de Washington envers l'île dans le cadre du Taiwan Relations Act, notamment sur les questions de sécurité. Persuadé qu'il faut encourager l'ouverture de la Chine continentale, il a loué les efforts du président de la République, M. Chen Shui-bian, visant à réamorcer le dialogue avec Pékin.

 Accompagné durant son bref passage dans l'île de quatre de ses collègues sénateurs -- deux démocrates et deux républicains --, M. Biden, depuis peu à la tête de la commission des affaires étrangères au Sénat américain, a longuement rencontré le chef de l'Etat le 6 août, avant de faire le point sur leurs entretiens avec la presse.

 Il a insisté particulièrement sur le fait qu'il n'avait relevé aucun changement dans la position américaine concernant Taïwan depuis l'arrivée du président Bush à la Maison-Blanche, et que si des remarques avaient pu laisser croire le contraire, c'est qu'elles tenaient au simple fait qu'une nouvelle administration a toujours besoin d'un temps d'adaption.

 M. Biden a dit parler au nom du Sénat, et en son nom seulement, n'apportant d'ailleurs aucun message du chef de l'exécutif américain. Il a cependant précisé que les Etats-Unis s'exprimaient sur la question d'" une voix " unie. " Je suis d'accord avec le jugement de l'administration américaine ", a-t-il souligné.

 Il s'est inquiété de l'ampleur de l'exode des capitaux insulaires vers l'autre rive du détroit de Taïwan, où, en plus du développement qu'ils alimentent, ils contribuent aussi à l'accroissement des moyens militaires, ce qui peut constituer une menace pour l'île. Le dilemme est dur pour Taïwan, admet-il, beaucoup plus que pour les Etats-Unis.

Enfin, il a souligné les efforts déployés par M. Chen Shui-bian en faveur de la stabilité dans le Détroit, et donc de la paix dans la région. " Nous louons les tentatives du président pour reprendre le dialogue entre les deux rives ", a-t-il déclaré, suggérant qu'il fallait continuer dans cette direction.

Les Etats-Unis aussi, a-t-il ajouté, ont intérêt à poursuivre leur politique d'" engagement " vis-à-vis de Pékin, notamment sur la question des droits de l'homme et de la démocratie. Car, résume-t-il, il est impossible que la Chine continentale puisse intégrer l'économie mondiale tout en continuant de fonctionner en vase clos.



 
 

Taïwan part de nouveau en campagne pour l'ONU

PD: 08/21/01

Chacune des huit dernières années, depuis 1993, Taïwan a tenté sans succès de réintégrer les Nations Unies dont elle n'est plus membre depuis 1971. Cette année encore, elle a une nouvelle fois fait acte de candidature, avec le soutien d'une dizaine de pays alliés.

 La motion déposée le mercredi 8 août au secrétariat général de l'ONU appelle l'Assemblée générale à former un groupe de travail pour considérer une nouvelle fois la possibilité d'un retour de la République de Chine au sein du concert des nations.

 Ce groupe aura pour tâche, selon le vice-ministre des Affaires étrangères, M. Wu Tzu-dan qui s'exprimait le 9 août, de " mener à bien un examen approfondi de la situation exceptionnelle dans laquelle se trouve l'île et d'attirer l'attention de la communauté internationale sur l'état des relations dans le détroit de Taïwan, afin de favoriser la reprise du dialogue ".

 La campagne menée par Taïpei pour réintégrer l'ONU ne vise en aucun cas à défier la Chine continentale, a ajouté le vice-ministre qui rappelle qu'il est anormal et injuste de continuer à priver la population de l'île -- 22 millions d'habitants -- d'une véritable représentation sur la scène internationale.

 Les autorités de Pékin, a-t-il continué, n'ont rien à gagner en faisant obstacle continuellement à cette candidature, alors que, au contraire, leur obstination à agir contre Taïwan contribue à entretenir la méfiance des insulaires à leur égard, heurtant un peu plus les chances de rétablissement d'un dialogue.

La République de Chine à Taïwan compte 28 alliés diplomatiques dans le monde. L'année dernière, quatorze d'entre eux avaient soutenu sa candidature à l'ONU; cette année, dix pays ont choisi de s'associer de nouveau au mouvement. Il s'agit du Bélize, du Burkina Faso, de la Dominique, de la Gambie, du Nicaragua, de la République des Palaos, du Salvador, du Sénégal, du Tchad et des îles Tuvalu.

 



 
 

Le nouvel ambassadeur de Gambie à Taïpei

PD: 08/21/01

Réaffirmant les liens officiels de son pays avec la République de Chine, l'ambassadeur de Gambie en République de Chine, M. Essa Bokar Sey, a présenté le 7 août ses lettres de créance au président de la République, M. Chen Shui-bian.

 Au cours d'une cérémonie au palais présidentiel, le chef de l'Etat a exprimé ses remerciements au président gambien, M. Yahya Jammeh, qui s'est inquiété des pertes occasionnées dans l'île par le passage du typhon Toradji (voir numéro précédent,) et qui a apporté son ferme soutien en faveur de la candidature de la République de Chine à l'Organisation des Nations unies, l'Organisation mondiale de la Santé et d'autres institutions internationales.

 M. Chen Shui-bian a affirmé que les deux pays entretenaient des relations solides et amicales, scellées par les trois visites officielles que le président Jammeh a effectuées à Taïpei. Réciproquement, le président de la République de Chine s'était officiellement rendu à Banjul peu après son investiture en août 2000.

 Alors qu'il était maire de Taïpei (1994-1998), a-t-il rappelé, il avait particulièrement contribué, dans le cadre d'un jumelage entre les deux capitales, Taïpei et Banjul, au rapprochement avec la Gambie.

 



 
 

En bref...

PD: 08/21/01
Le futur centre d'études stratégiques promouvra les échanges militaires avec les Etats-Unis
Le premier Centre national d'Etudes stratégiques, qui sera inauguré le 1er septembre prochain et placé sous la tutelle de l'Université nationale de la Défense, servira d'intermédiaire dans les échanges de personnels militaires avec les Etats-Unis. Le futur centre enverra chaque année un officier dans chacun des deux instituts américains d'études stratégiques, l'un situé à Washington, l'autre dénommé Conseil atlantique, avec lesquels il est en liaison directe.

 



 
 

Visite au sanctuaire de Yasukuni : Taïpei se joint au concert de critiques

PD: 08/21/01

Le Bureau de représentation de Taïpei au Japon a exprimé le 14 août ses regrets concernant la visite du Premier ministre japonais, M. Junichiro Koizumi, la veille, au sanctuaire Yasukuni, un temple shintoïste de Tokyo dédié à la mémoire des victimes de la Seconde Guerre mondiale.

 Plusieurs pays voisins du Japon, dont la Chine continentale et la Corée du Sud, qui ont particulièrement souffert des exactions des troupes japonaises durant ces années de guerre, ont vivement protesté, condamnant cette visite qui, selon eux, contribue à entretenir le fait que le Japon refuse de reconnaître les crimes alors commis par son armée.

En effet, le sanctuaire abrite aussi les restes de plusieurs criminels de guerre, dont certains ont été condamnés à mort, tel l'ancien Premier ministre, le général Hideki Tojo, exécuté en 1948.

Critiquant Tokyo, les autorités de Pékin ont d'ailleurs indiqué par la voix des médias qu'elles contrôlent qu'elles interprétaient cette visite comme un signe de résurgence du " militarisme japonais ".

A Taïpei le ministère des Affaires étrangères a, par le biais de son porte-parole, Mme Katharine Chang, souligné que cette visite " heurtait indubitablement les sentiments des populations des pays voisins ", sous- entendant que le Japon ferait mieux de se tourner vers l'avenir pour promouvoir " la liberté, la démocratie, la stabilité, ainsi que la prospérité dans la région asiatique ".

L'intervention du général Huang Shuey-sheng, qui s'exprimait au nom du ministère de la Défense, a été plus marquée, rappelant que beaucoup de soldats et de citoyens de la République de Chine avaient péri durant les huit années qu'a duré la Guerre de Résistance contre le Japon [1937-1945].

" C'est pourquoi, a-t-il résumé, les forces armées de la République de Chine ne voient pas d'un bon oeil cette visite d'un Premier ministre japonais au sanctuaire Yasukuni. "

 Intervenant en sa capacité d'historien, M. Wu Mi-cha, qui détient la vice-présidence de la Commission d'Etat des Affaires culturelles, affirme que la question reste difficle à évoquer dans l'île. Il regrette en effet que les Taïwanais aillent parfois " trop loin " sur le sujet ou, au contraire, se montrent " excessivement faibles ", lorsqu'il s'agit d'examiner leurs relations passées avec le Japon, lequel a exercé durant un demi- siècle sa puissance coloniale sur l'île, de 1895 à 1945.

On estime en effet qu'à l'époque de la guerre, quelque 35 000 jeunes Taïwanais ont rejoint les rangs de l'armée impériale nippone pour combattre en Asie. Le frère même de l'ancien président de la République, M. Lee Teng-hui, qui fait partie de ceux qui ne sont jamais revenus de ces combats, repose au sanctuaire Yasukuni.

D'abord prévue pour le 15 août, date anniversaire de la reddition japonaise en 1945, la visite de M. Junichiro Koizumi a finalement été avancée de deux jours, en raison des protestations et des critiques que son annonce avait suscitées. Depuis quinze ans, aucun Premier ministre japonais ne s'était rendu au temple Yasukuni, le dernier d'entre eux étant M. Yasuhiro Nakasone.