[Retour à la Table des Matières] [Retour à la Page 1]
C'est sous les ovations d'un millier de personnes, criant " Taïwan, solidarité ! ", que la naissance d'une nouvelle formation politique -- la 95e dans l'île -- a été officiellement proclamée le 12 août, à Taïpei.
L'ancien ministre de l'Intérieur, M. Huang Chu-wen, qui a pris la tête du nouveau parti, a déclaré que l'Union Solidarité Taïwan (UST) a été fondée dans le but de favoriser le rééquilibrage des forces politiques en présence et de contribuer à la relance économique, tout en renforçant la démocratie et rehaussant l'image de l'île.
L'UST, dont la formation avait été annoncée le mois dernier, a déjà investi 39 candidats pour les élections législatives prévues le 1er décembre. Si aucun d'entre eux ne détient actuellement de siège au Yuan législatif, la plupart ne sont pourtant pas des novices en politique, puisqu'ils ont tous appartenus à d'autres formations.
Parmi eux, on compte 19 candidats issus du Kuomintang (KMT), 9 issus du Parti démocrate-progressiste (PDP), 2 issus du Parti Pour le Peuple, un du Nouveau Parti et un autre du Parti de l'Indépendance de Taïwan. Tous ont rompu avec leur parti d'origine dès l'annonce de leur candidature en faveur de l'UST.
L'arrivée de M. Lee Teng-hui au cours de l'inauguration a fait sensation parmi la foule, soulevant les critiques du KMT dont il est toujours membre. L'ancien président de la République, qui a aussi dirigé pendant douze ans le KMT, jusqu'à l'année dernière, s'est impliqué personnellement dans la création et l'organisation de l'UST.
Largement présenté comme son mentor, il est persuadé que la nouvelle formation va rapidement devenir une force majeure du mouvement de réforme politique qu'il encourage depuis longtemps dans l'île. Réforme, donc, mais aussi solidarité et " localisation " sont les maîtres mots de l'UST.
Bien qu'invité, le chef de l'Etat, M. Chen Shui-bian, ne s'est pas déplacé, par souci de neutralité semble-t-il, mais il a tout de même fait lire un message de soutien. L'UST affiche en effet une ligne politique proche de celle qu'il défend, avec son parti, le PDP.
D'ailleurs, une alliance stratégique entre les deux forces paraît en gestation, offrant éventuellement au chef de l'Etat, dans la foulée des prochaines élections, la majorité qui lui manque au Yuan législatif afin de mener librement la politique pour laquelle il a été élu.