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Typhon Toradji : un trop lourd bilan

PD: 08/11/01

Le typhon Toradji a traversé l'île le 30 juillet semant la destruction et la mort sur son passage, comptant parmi les typhons les plus meurtriers à avoir frappé Taïwan ces trente dernières années. Une semaine après, le bilan humain n'était pas encore déterminé en raison du nombre élevé de disparus. Le 6 août, il s'élevait à 99 morts et près de 200 blessés, tandis que l'on comptait encore 116 disparus, les espoirs de les retrouver en vie s'affaiblissant.

 La première raison d'un bilan aussi lourd a été la durée du passage du typhon qui est resté une dizaine d'heures sur l'île, contre, en général, six heures pour les autres, ce qui s'est traduit par un niveau des précipitations particulièrement élevé. L'autre explication est qu'il a frappé des zones qui, si elles sont pourtant moins denses en population, se trouvent surtout en montagne et où ont lieu de fréquents glissements de terrain et des crues soudaines.

 Huitième typhon à toucher l'île cet été, Toradji a particulièrement dévasté le district (hsien) de Hualien, puis celui de Nantou, dans le centre de l'île, avant de perdre de son intensité pour finalement se transformer en une simple tempête tropicale.

Les ponts, les routes de montagne dans les régions touchées ont été emportés par les crues, et des dizaines de villages sont restés isolés du reste de l'île pendant plusieurs jours. Les pertes pour l'agriculture et l'industrie forestière ont été évaluées à plus de 6,6 milliards de TWD (environ 215 millions d'EUR) pour l'ensemble de l'île, des zones entières étant déclarées sinistrées.

Quant aux victimes, la plupart d'entre elles ont été emportées par les flots en furie ou ensevelies sous les coulées de boue qui ont dépassé parfois une hauteur de dix mètres. On estime que beaucoup de corps ne seront jamais retrouvés. Plusieurs hameaux de montagne ont été rayés de la carte, et des communautés, des familles entières ont disparu.

 Alors que les secours continuent de s'activer pour fournir l'indispensable aux sinistrés et les aider à retrouver un semblant de vie normale, des fonds spéciaux ont été débloqués dans le cadre de l'aide d'urgence, au niveau des districts et du gouvernement.

 Après une telle catastrophe, la question s'est inévitablement posée: était-il possible de l'éviter ou, en tout cas, d'en diminuer les effets? Une mauvaise gestion de l'aménagement des zones rurales est largement à incriminer, a-t-on entendu, notamment l'absence de contrôle sérieux du développement, l'abus de certaines cultures mal appropriées aux sols pentus (les aréquiers, par exemple), la déforestation,É

 Le déplacement de certains villages situés en zone dangereuse a été évoqué, et les pouvoirs publics en étudient la possibilité, en tenant compte toutefois de l'impact humain et financier énorme qu'implique une mesure aussi difficile à mettre en oeuvre.



 
 

En bref...

PD: 08/11/01
Moins de Taïwanais à l'étranger, plus de touristes dans l'île

Quelque 3 704 000 Taïwanais se sont rendus à l'étranger entre janvier et juin de cette année, un nombre en modeste progression de 3,7% par rapport aux six premiers mois de l'année dernière. Le ralentissement de l'activité économique dans l'île est le plus souvent invoqué pour expliquer ce phénomène. En contrepartie, davantage d'étrangers ont visité Taïwan, leur nombre augmentant de 10,6% au cours des mêmes périodes. Les Japonais ont été une fois encore les plus nombreux à venir, comptant pour 520 000 touristes (+29%), suivi de 201 000 Hongkongais (+18,7%) et de 184 000 Américains ( +1,6%).



 
 

Les dons d'organes, un défi aux croyances traditionnelles

PD: 08/11/01

En l'honneur d'environ 150 personnes dont les organes ont été prélevés pour des greffes, l'Hôpital général des Vétérans de Taïpei a récemment organisé une réception commémorative à laquelle assistaient des parents de donneurs et des greffés sauvés grâce aux transplantations.

 Au cours de cette réunion du souvenir, les anciens malades qui ont recouvré une vie normale ont témoigné leur profonde reconnaissance aux donneurs, le plus souvent anonymes. Quant à leurs parents, telle cette mère qui a perdu son fils dans un accident de la route, certains pensent que l'être aimé, par-delà sa disparition, continue d'une certaine façon d'être présent, grâce à ses organes qui ont pu rendre la vie.

 Que le donneur, de son vivant, ait fait connaître par écrit sa volonté, ou que la famille, après le décès du proche, ait consenti à ce que ses organes soient prélevés, il y a de toute façon trop peu de dons à Taïwan. Seule une centaine d'opérations de prélèvement ont lieu chaque année dans l'île, un chiffre qui est évidemment beaucoup trop faible en regard de la demande.

Et c'était notamment pour sensibiliser l'opinion publique à ce problème que la rencontre entre parents de donneurs et greffés-transplantés avait été mise sur pied. Car, rien qu'à l'hôpital des Vétérans, à Taïpei, ce sont 450 patients qui attendent de nouveaux reins, une vingtaine d'autres un coeur, une quinzaine un foie et un seul des poumons. Les chirurgiens estiment que près d'un patient insulaire sur quatre ayant besoin d'une greffe rénale a dû quitter l'île pour l'obtenir ailleurs, le plus souvent en Chine continentale.

 Les croyances religieuses

 Le nombre de chirurgiens à Taïwan est suffisant, la qualité des opérations de transplantation d'organes n'est plus à démontrer, puisque, par exemple, le taux de survie à cinq ans d'un transplanté des reins est élevé.

Ce n'est donc pas au niveau de la qualité des soins, mais plutôt à celui de l'offre d'organes que se fait sentir un cruel besoin, les traditions sociales et religieuses constituant l'un des principaux obstacles en l'occurrence. La croyance taoïste veut en effet qu'au moment de la mort, le corps humain reste complet, afin de recevoir dans l'autre monde un meilleur traitement, et que l'âme ait aussi une plus grande chance de trouver une nouvelle enveloppe charnelle pour se réincarner.

Toujours selon la tradition, ceux qui périssent le corps mutilé sont supposés avoir commis de terribles actes de leur vivant, pour lesquels ils seront punis en étant jetés aux enfers. Les âmes souffrantes reviennent sur terre chercher auprès de leurs descendants une intercession, et leur interférence apporte, croit-on, la souffrance aux vivants. Elle peut leur faire perdre la santé ou entraîner des préjudices, bref causer le malheur, à moins que ne soient pratiqués des rites expiatoires pour calmer les douleurs des âmes tourmentées.

La pénurie d'organes

 L'importance de l'intégrité corporelle dans la mort est profondément enracinée dans l'esprit chinois et cette attitude constitue aujourd'hui un frein aux dons d'organes. Les insulaires, faute de mieux, s'en vont en Chine continentale pour recevoir une greffe.

Parce que la culture et les sentiments religieux y sont les mêmes, causant la même aversion pour les dons d'organes, il s'avère qu'une partie importante des organes qui y sont transplantés sont prélevés sur des criminels exécutés, avec ou sans leur consentement, causant là un problème éthique et légal grave.

 Dans l'île, pour combattre la pénurie, des associations insulaires d'action sociale encouragent les dons depuis quelques années déjà, pressant les Taïwanais de dépasser les concepts traditionnels, vantant auprès d'eux l'idéal bouddhique de la pratique des vertus, ou le karma, qui promeut notamment la compassion et l'altruisme afin de s'assurer la paix dans sa vie ultérieure.

 Divers groupes religieux, y compris les taoïstes, présentent désormais les dons d'organes comme un acte d'amour envers son prochain, offrant matière à réflexion avec un succès certain. Ainsi, depuis 1992, l'Association pour le Don d'Organes, à Taïpei, un organisme privé à but non lucratif, a délivré plus de 400 000 " cartes de donneurs " engageant leurs signataires à offrir, après leur mort, leurs organes.

 Les procédures légales

 Ce genre de carte n'a malheureusement aucune valeur juridique et ne constitue qu'une vague déclaration d'intention de la part du signataire. Selon les statuts actuels régissant les transplantations d'organes humains à Taïwan, le donneur potentiel doit faire valoir juridiquement sa volonté afin de permettre un prélèvement après sa mort.

Il faut en exprimer le souhait dans son testament, dans une lettre notariée et déposée auprès du juge ou encore dans un formulaire de l'Office de la Santé publique. Sans ces documents, les établissements hospitaliers doivent requérir le consentement formel de la famille de la personne décédée avant de procéder à une transplantation.

 Si la loi reconnaît les dons d'organes, les démarches restent néanmoins compliquées. Une simplication des procédures est attendue depuis longtemps par les associations concernées qui proposent, entre autres mesures, que la mention de la qualité de donneur d'organe puisse être inscrite sur la future carte d'assuré social.

 



 
 

Condamnés à mort : fin de l'exception pour les donneurs d'organes

PD: 08/11/01

Le ministère de la Justice a décidé d'entreprendre la révision des dispositions légales concernant les prélèvements d'organes sur les corps des criminels exécutés dans le cadre d'une sentence légale.

 Cherchant, pour des raisons morales évidentes, à mettre fin à des pratiques qui font l'objet de vives polémiques, les autorités ont précisé que les clauses générales concernant les transplantations d'organes humains établies par l'Office de la Santé publique (DOH) seraient désormais appliquées dans leur intégralité aux condamnés à mort.

 Cela signifie notamment que l'on pourrait ne plus faire de distinction dans le mode d'exécution entre les condamnés qui donnent leurs organes et ceux qui ne le font pas. En effet, les premiers sont exécutés d'une balle à la tempe, les autres l'étant d'une balle au coeur. L'autre objet de la controverse porte sur la façon dont la mort cérébrale de l'exécuté est déterminée.

 Des associations de défense des droits de l'homme ont relevé que, dans certains cas exceptionnels, les procédures légales n'ont pas été suivies à la lettre, notamment en ce qui concerne la constatation de la mort cérébrale du condamné, avant que le corps ne soit emporté dans un établissement hospitalier pour y permettre le prélèvement d'organes.

Il a pu arriver en effet qu'un condamné déclaré " cérébralement mort ", et dont le corps avait déjà été emmené au centre hospitalier, soit finalement reconnu comme médicalement " en vie ". Ces accidents, qui amènent à s'interroger de façon profonde sur les limites de la loi et de l'éthique, ont suscité les vives protestations des associations de défense des droits de l'homme et des milieux médicaux.

 Pour éviter que de tels cas ne se reproduisent, il est envisagé désormais de ne plus prendre en considération la qualité de donneur d'organe d'un condamné à mort avant son exécution, mais seulement après la constatation officielle de la mort cérébrale, suivant une exécution effectuée de façon tout à fait régulière.

 Dans ce cas, la mort par balle au coeur demeurerait la sanction universelle, une formule que le DOH a longtemps recommandé. Et si le muscle cardiaque n'est plus utilisable, les autres organes le restent pour une éventuelle transplantation.

Préférant maintenant encourager les dons volontaires au sein de la population, plutôt que de recourir aux prélèvements sur des condamnés à mort -- la peine capitale étant d'ailleurs prononcée de plus en plus rarement dans l'île --, le DOH prévoit de créer dans les six prochains mois un centre d'enregistrement des transplantations d'organes humains, chargé de surveiller dans l'île l'ensemble de ces opérations, en même temps qu'il lancera d'intenses campagnes d'information et de sensibilisation auprès du public taïwanais.

 



 
 

La carrière d'un musicien : Ju Tzong-ching célébré

PD: 08/11/01

Dans l'île, parler de percussions fait aussitôt penser à Ju Tzong-ching, le fondateur de Ju Percussion Group. Ainsi, en plus de 18 ans, le musicien est parvenu à se distinguer dans son domaine, un parcours qu'il a tenté de décrire avec force détails dans son nouvel ouvrage Rousing.

Dans cette autobiographie, Ju Tzong-ching relate les étapes de sa carrière, avec des détails pris sur le vif, qu'il avait pris soin de noter dans son journal intime. Les réussites et les revers, scandés de nombreuses anecdotes d'amis, d'artistes et de personnalités non moins célèbres sont racontés avec vivacité. Certains n'ont pas hésité à ajouter ultérieurement leurs impressions.

 Ju Tzong-ching a pris d'abord la direction du Département de musique à l'Institut national des Arts (NIA), puis celle du Centre culturel national Tchang Kaï-chek. Il a créé un ensemble de percussions qui a connu un grand succès et a publié plusieurs cédéroms et albums.

 A travers son ouvrage, Ju Tzong-ching se révèle être un homme d'une grande détermination. Depuis son retour en 1983 de Vienne (Autriche), où il a fait le conservatoire, il n'a cessé de poursuivre son rêve pour mieux le partager.

Chiou Kuen-liang, président du NIA, s'est étonné des talents de Ju Tzong-ching, qui, un mois après son retour d'Europe, avait donné son premier concert et, trois ans plus tard, n'ayant pas encore 30 ans, avait formé le premier ensemble de percussions de Taïwan.

 Le célèbre compositeur Ma Shui-lung, ancien président du NIA, estime que Ju Tzong-ching a réellement donné ses lettres de noblesse aux percussions taïwanaises.

 Lin Hwai-min, le directeur de la Porte des Nuages, une troupe insulaire de danse moderne, pense que la réussite du percussionniste peut servir d'exemple aux artistes d'aujourd'hui et que son charisme et son talent n'ont pas été suffisamment mis en lumière.

 Hsu Po-yun, autre compositeur célèbre, compare Ju Tzong-ching à la tortue et au lièvre. Se rappelant l'étudiant effacé, Hsu Po-yun a été surpris de le voir donner des concerts, former un ensemble admiré du public, apporter son aide à la promotion des arts et, à la tête d'un centre culturel, partager son succès avec les autres.

 



 
 

Les associations caritatives sont aussi touchées par le ralentissement économique

PD: 08/11/01

Les difficultés économiques que traverse l'île ont aussi frappé à des degrés divers les associations locales de bienfaisance qui ont rapporté récemment un net recul du niveau des dons financiers ou matériels. Touchés par la diminution de leurs revenus et inquiets de la morosité des perspectives économiques, les Taïwanais sont donc moins généreux qu'avant.

 Or, c'est justement en ces temps difficiles que leur participation est la plus utile. Le soutien du public, qui s'affaiblit de manière sensible, ne permet plus à ces associations de répondre aux besoins qu'elles ont à satisfaire, sans compter que, dans la situation actuelle de déprime économique, ceux-ci ne cessent de croître.

Les premières associations de bienfaisance atteintes par cette baisse des ressources sont celles qui soulagent directement sur le terrain les familles et les enfants, comme par exemple la Fondation Pearl S. Buck.

 " C'est un coup très dur, car les dons, qu'ils soient en argent ou sous une forme matérielle, arrivent en moindre quantité, alors que les demandes d'aide, elles, se multiplient ", a déploré M. Ray Chuang, directeur de cette institution.

 Dans le cas de la fondation Pearl Buck, par exemple, son directeur a confié que les dons reçus depuis le début de l'année n'avaient pas atteint la moitié du niveau de ceux enregistrés l'année dernière durant la même période, alors que, dans le même temps, les dépenses de la fondation avaient augmenté d'environ 20%, en partie en raison de l'aide accordée à d'autres associations, plus petites, qui ne parviennent plus à survivre.

 



 
 

Des parents d'étudiants demandent un assouplissement de l'incorporation

PD: 08/11/01

Devant l'inquiétude manifestée par nombre de ses membres, l'Association taïwanaise des Parents d'Etudiants à l'Etranger (PSOST), a lancé un appel aux pouvoirs publics pour que soient assouplies les modalités d'incorporation dans le cadre du service national à Taïwan.

 Selon la PSOST, environ 120 000 jeunes hommes étudient dans 17 pays du monde -- dont 13 000 aux Etats-Unis. Ils ne peuvent cependant revenir dans l'île sans être obligés d'interrompre pour près de deux ans leurs études, en raison des obligations militaires que sont tenus de remplir durant 22 mois tous les ressortissants de la République de Chine âgés de 18 à 40 ans (hommes seulement).

 Un amendement permet néanmoins depuis juin 1998 aux étudiants de demander un sursis d'incorporation, avant de quitter le territoire national, à condition d'être inscrits dans un établissement d'enseignement supérieur avant le 31 décembre suivant leur 19e anniversaire. Les études poursuivies à l'étranger doivent alors être sanctionnées par une licence, une maîtrise ou un doctorat, et les diplômes obtenus dans une limite d'âge fixée par la loi à, respectivement, 24, 27 et 30 ans.

 La PSOST a dénoncé l'irrationalité de ce texte qui ne fait aucun cas des jeunes hommes qui ont quitté l'île avant l'application des nouvelles dispositions, sans pouvoir demander de sursis. Ceux-ci ne peuvent plus, durant tout le temps de leurs études à l'étranger, revenir dans l'île pour de courts séjours (famille, vacances, démarches administratives, études, etc.) sans être ipso facto appelés sous les drapeaux.

 Les parents concernés estiment aussi que le fait d'avoir fixé une limite d'âge pour l'obtention de chaque diplôme universitaire, tout en excluant le cas des étudiants inscrits en grandes écoles, collèges d'études intermédiaires ou programmes de formation professionnels consécutifs aux études, nuit évidemment à la pluralité et à la qualité des études suivies et constitue une forme de discrimination qu'ils condamnent avec vivacité.

 La PSOST souligne en outre que l'obtention d'un diplôme universitaire dans les limites d'âge prescrites par la loi est d'autant plus difficile que ces jeunes Taïwanais ont souvent besoin, pour maîtriser la langue du pays étranger où ils étudient, d'un temps supplémentaire d'adaptation qui peut être plus ou moins long.