Contenu (Affaires continentales)

 

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Eviter la confusion, échapper aux pressions

PD: 08/01/01

A deux reprises le mois dernier, des personnalités taïwanaises sont intervenues pour se livrer à un rappel et à une mise au point sur la position officielle de Taipei ou sur le sentiment de la population insulaire à l'égard de Pékin, afin surtout de prendre le contre-pied de la propagande continentale.

Présidente de la Commission d'Etat des Chinois d'Outre-mer (OCAC), Mme Chang Fu-mei s'est adressée le 14 juillet aux communautés chinoises du monde entier en leur rappelant que, si Taïwan était prête à discuter de la formule d'" une Chine ", cela ne signifiait pas pour autant qu'elle acceptait de se plier à l'interprétation unilatérale qu'en tirent les autorités continentales.

 A cette occasion, Mme Chang Fu-mei a indiqué que la ligne défendue par Pékin, notamment lors des conférences organisées sur le sujet, avait toujours eu pour objectif de promouvoir une vision trop simpliste du problème, se contentant d'en réduire l'issue à une seule solution, la réunification, par opposition à l'indépendance.

 La question est cependant loin d'être aussi claire, a affirmé la présidente de l'OCAC, qui estime que, pour mieux y répondre, il est nécessaire de prendre en compte un grand nombre d'éléments péremptoirement écartés par Pékin, comme en particulier les divergences qui sautent aux yeux en termes d'institutions et d'habitudes politiques de part et d'autre du détroit de Taïwan.

 De fait, la démocratie grandissante dans l'île a donné à chacun des Taïwanais la possibilité de s'exprimer personnellement et de défendre ses idées, un phénomène de liberté qui, effectivement, est loin d'être la norme sur le continent chinois. En cela, la décision concernant l'avenir politique de Taïwan ne dépendra plus de la volonté d'un seul dirigeant ou du parti qui le maintient au pouvoir, comme n'arrivent pas à le comprendre les autorités continentales, mais seulement d'une opinion publique insulaire qui n'hésite plus à s'affirmer.

Organisé également le mois dernier, un séminaire sur la démocratisation à Taïwan et qui réunissait des universitaires de l'île est également allé dans ce sens. S'il existe ici une politique officielle vis-à-vis de la Chine continentale, ont souligné les participants -- des universitaires pour la plupart --, la population exprime néanmoins sa propre opinion quant à ce qu'elle doit croire.

 Plusieurs participants ont noté que, depuis qu'il n'est plus au pouvoir, le Kuomintang -- Parti nationaliste -- n'avait jamais semblé aussi intéressé par un rapprochement avec Pékin, multipliant ces derniers mois les délégations sur l'autre rive.

Taïpei, de son côté, n'a cessé de donner des signes de sa bonne volonté, ont-ils ajouté, en ouvrant notamment les trois mini-liaisons ou en autorisant, par exemple, les banques insulaires à développer leurs activités sur l'autre rive.

Mais la bonne volonté ne suffit pas, et ils ont rappelé qu'il était bon de rester vigilant, en veillant notamment à ce que Pékin ne soit pas tentée d'utiliser envers l'île les moyens de pression économique dont elle dispose.