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Concours d'entrée à l'université, une page d'histoire est tournée

PD: 07/21/01

Pour la dernière fois cette année, des lycéens ont passé du 1er au 3 juillet les épreuves du difficile Concours national d'entrée à l'université, leur donnant accès aux études supérieures. En effet, la réforme de l'enseignement a abrogé cet examen pour le remplacer dès l'année prochaine par un système de contrôle continu.

Désormais, au terme de leurs études secondaires, les lycéens devront présenter un dossier détaillant leurs compétences et leurs évaluations académiques pour entrer dans l'université où ils désirent poursuivre leurs études. La réforme vise à alléger les tensions extrêmes auxquelles les candidats étaient soumis et à leur donner une plus grande liberté dans le choix d'un établissement universitaire.

Cette année, plus de 126 000 lycéens se sont présentés aux divers centres d'examen pour subir les épreuves de ce dernier concours. Les participants ont commencé avec un écrit en mathématiques, en sciences physiques et en chimie. Ensuite les deux matières communes à toutes les catégories, le chinois et l'anglais, ont permis de rassembler en même temps tous les candidats dans les centres d'examen. On estime qu'environ 60% d'entre eux, soit à peu près 73 000 lycéens, seront reçus cette année.

Si le concours commun, créé en 1954, s'est révélé d'une grande impartialité, il n'était pas dépourvu de défauts du fait de son manque de souplesse. La nouvelle formule permettra à plus de jeunes d'entrer à l'université après avoir fourni les preuves de leurs talents, lesquelles serviront aussi de critères de sélection.

Le remplacement du concours commun d'entrée à l'université -- les futurs étudiants seront répartis dans les diverses universités selon les résultats obtenus, par un système plus souple d'inscription -- a cependant suscité quelques craintes de la part des parents, des élèves et des professeurs de cours du soir, qui le jugent trop complexe pour pouvoir diminuer la tension des élèves au moment des épreuves.

Au mois de février de la dernière année de secondaire, les lycéens qui le désirent pourront présenter des épreuves dans des matières optionnelles, leur apportant des points supplémentaires. Ils pourront éventuellement les repasser en avril pour améliorer leurs résultats. Dans le même temps, ils déposeront une demande d'admission dans l'enseignement supérieur. Les meilleurs élèves solliciteront une lettre de recommandation de leur établissement pour l'université de leur choix.

L'université opérera sa sélection sur la base des résultats obtenus dans les matières optionnelles et durant le contrôle continu. Les lycéens dont l'admission aura été rejetée auront une deuxième chance en passant en juillet suivant un examen dans des matières spécifiques, un peu dans le style du concours commun. La réussite à ces épreuves leur permettra alors d'accéder à l'enseignement supérieur.

D'une manière générale, on estime qu'avec la nouvelle formule, 40% des lycéens obtiendront leur admission universitaire grâce au contrôle continu, tandis que les autres tenteront à nouveau leur chance à l'" examen de rattrapage " en juillet.






La préhistoire a désormais son musée dans l'île

PD: 07/21/01

Situé à Taitung au milieu d'un petit parc, le Musée national de la Préhistoire, solennellement inauguré le 10 juillet, fait désormais partie des must que proposent les différentes agences de voyage de l'île. Le musée, dont le projet remonte au début des années 90, comprend en fait deux parties: l'une, le Parc culturel des Peinan, non loin de la nouvelle gare de Taitung, et l'autre, un nouvel édifice qui comprend 14 salles d'exposition et l'administration. Le parc culturel a été créé autour d'un site archéologique des Peinan, ou Puyuma, une tribu aborigène insulaire, d'où a été excavée une riche collection d'objets culturels variés (cercueils en pierre, poterie, bijoux, etc.) de la Civilisation des Puyuma, datant de plus de 3 000 ans. Ce site a été découvert en 1980 durant des travaux de terrassement de la voie ferroviaire reliant, au sud de l'île, la ligne de la Côte Est à celle de la Plaine occidentale. Le musée proprement dit présente trois thèmes ayant trait à la préhistoire de Taïwan (env. 15 000 av. J.-C. - env. 1 000 ap. J.-C.) -- les peuples austronésiens vivant dans l'île, l'environnement naturel taïwanais, et les civilisations préhistoriques de Taïwan --, offrant une vue d'ensemble des différents patrimoines culturels austronésiens de l'île, tous profondément marqués par un rapport constant entre l'homme et la mer depuis la plus haute antiquité jusqu'à l'époque contemporaine.






La sécurité publique réévaluée après un incendie dévastateur

PD: 07/21/01

Un violent incendie a ravagé le 12 mai une grande partie d'un groupe d'immeubles de 26 étages abritant essentiellement des bureaux au Parc scientifique de l'Est, à Hsichih, dans la banlieue de Taïpei. L'ampleur du sinistre a donné matière à réflexion sur la sécurité et la prévention contre le feu dans les grands ensembles immobiliers.

Heureusement, ayant éclaté pendant le week-end, l'incendie n'a pas fait de victimes. On peut cependant s'imaginer les conséquences dramatiques d'un feu de cette ampleur un jour de semaine. Dans le complexe construit par le groupe Tuntex, sont installés les bureaux et sièges sociaux d'environ 230 sociétés, où huit mille personnes sont employées. Selon les sapeurs-pompiers, l'incendie s'est déclaré ce jour-là vers 4 h du matin, à partir d'une salle réservée au culte bouddhique, située au 3e étage de la tour A. De fortes rafales de vent ont rapidement propagé les flammes vers les étages supérieurs à travers le réseau intérieur de climatisation et d'aération, atteignant dans l'embrasement général la partie supérieure de deux autres tours contiguës. En fin de compte, il a fallu 43 heures aux 500 pompiers dépêchés sur place pour venir à bout de la fournaise.

L'évaluation des dégâts a suscité la consternation. Dans la tour A, du 16e au 26e, les locaux ont été complètement détruits, ainsi que la partie supérieure (24e au 26e étages) des tours B et partiellement celle de la tour C. En tout, 53 sociétés, dont quelques fleurons de l'industrie électronique ou informatique insulaire, qui y avaient établi leur siège social, ont subi des pertes totales ou graves. Une première estimation porte à 385 millions d'USD le montant des dommages.

Les premières enquêtes ont mis en évidence plusieurs négligences tant de la part des autorités locales que des propriétaires ou des usagers. En regard des réglementations et des normes de sécurité contre l'incendie en vigueur, on a constaté des lacunes importantes dans le service de sécurité du complexe, doublées d'un non-respect de la législation en la matière, tandis que le service public de prévention des incendies est fortement suspecté de corruption.

Le groupe Tuntex a obtenu le permis de construire en 1989 dans le parc de Hsichih et le permis d'exploitation comme bâtiment classé commercial au début 1994. L'ensemble immobilier a donc été érigé en fonction des lois et règlements en vigueur à l'époque, sans qu'il ne soit tenu compte des révisions survenues fin 1994 qui exigeaient, par exemple, dans tous les immeubles de plus de 15 étages, la mise en place d'un dispositif de détection de fumée, d'alerte et d'aspersion automatique à tous les niveaux des bâtiments, quelle que soit leur date de construction. Les propriétaires du complexe Tuntex n'ont alors pas jugé nécessaire de se plier aux nouvelles règles. Ainsi, les dix premiers étages étaient dépourvus de tout dispositif de détection et d'aspersion.

Plusieurs autres défauts et négligences ont pourtant été signalés, comme la défectuosité du système de détection et d'aspersion dans les étages supérieurs, lors d'une inspection du service de surveillance de la circonscription. Malgré l'obligation d'adresser un rapport annuel sur les installations de prévention contre l'incendie, les services de sécurité du complexe se sont abstenus depuis 1999 de remplir cette formalité. De plus, les panneaux coupe-feu des étages supérieurs des derniers étages avaient été enlevés, ce qui a permis au sinistre de s'étendre aux tours voisines.

Dans un récent séminaire sur la sécurité du public et la prévention des incendies, la responsabilité des pouvoirs publics concernant le respect les normes de construction, de prévention contre l'incendie ou d'urbanisme a été réaffirmée, particulièrement en ce qui concerne la surveillance des tours construites avant 1994.

Puisqu'il existe dans l'architecture des immeubles une infinité de formes, de détails et de modèles de construction, explique M. Lee Ming-yuan, chercheur à l'Institut de Recherches sur l'Architecture et la Construction (ABRI), les réglementations doivent comporter toutes les dispositions précises jusqu'aux moindres détails techniques pour l'édification des bâtiments. Il faut, dit le chercheur qu'un système complexe, distinguant les normes de construction et les précisions technologiques, comme dans les pays industrialisés, soit adopté ici, les constructeurs devant s'y conformer avant de soumettre leurs projets aux autorités compétentes.

Le respect de la législation et sa stricte application sont d'importance pour la prévention contre le feu puisque 80% des incendies qui se déclarent dans l'île sont dus à une erreur ou une négligence de l'homme.