Contenu (Affaires continentales)

 

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Taïwan assume plus de responsabilité dans la sécurité régionale

PD: 07/21/01

Taïwan partage aujourd'hui avec ses voisins la lourde responsabilité d'assurer la stabilité dans la région Asie-Pacifique, une situation que les Etats-Unis ont publiquement reconnue comme semble l'indiquer leur décision de lui vendre cette année un armement plus diversifié et plus perfectionné, a déclaré le président de la République, M. Chen Shui-bian, dans une interview publiée le 11 juillet dans la revue américaine spécialisée Jane's Defense Weekly.

 Dans son interview, M. Chen Shui-bian a notamment mis l'accent sur le rôle croissant de l'île dans le maintien de la sécurité dans la région Asie-Pacifique, ainsi que sur la menace militaire montante de la Chine continentale. La paix dans le détroit de Taïwan étant essentielle à la région, la politique de défense nationale de la République de Chine tient assurément compte des intérêts communément partagés par cet ensemble, a poursuivi le chef de l'Etat, ajoutant que Taïpei continuerait de faire tout son possible pour préserver la paix régionale, grâce à sa diplomatie redynamisée et à son nouveau système de défense.

 Devant l'attitude aggressive de Pékin, qui n'a toujours pas renoncé à l'usage de la force contre Taïwan, comme en témoignent ses missiles toujours pointés sur l'île, Taïpei doit se pourvoir en moyens plus efficaces pour maintenir l'équilibre des forces en présence dans le Détroit, a indiqué M. Chen Shui-bian.

 Il a expliqué que l'achat d'armes américaines redonnerait de l'assurance à la population taïwanaise pour poursuivre le contact et le dialogue de manière constructive avec les dirigeants continentaux et, par voie de conséquence, contribuerait à installer dans le Détroit un climat de sécurité.

 Le chef de l'Etat a affirmé que son administration mettait en place une politique renforçant la confiance mutuelle nécessaire au rapprochement entre Taïpei et Pékin. Cette politique serait le fondement d'une stratégie de défense qui, à terme, mettrait fin à la course aux armements dans le Détroit et servirait à assumer la paix et la stabilité dans la région Asie-Pacifique.

M. Chen Shui-bian a encore précisé que, lors d'une éventuelle reprise des pourparlers interchinois, Pékin devrait avant tout respecter les obligations démocratiques des autorités de Taïpei et éviter d'aborder la question de la souveraineté sur laquelle les deux capitales ont des vues divergentes.

 



 
 

La formule de Pékin n'est pas pour Taïwan

PD: 07/21/01

Recevant MM. Joseph Nye, doyen de l'Ecole d'Administration John Kennedy de l'Université Harvard, à Cambridge (Massachussetts), et Anthony Saich, professeur dans la même université, le président de la République, M. Chen Shui-bian, a profité de cette rencontre pour réitérer son opposition à la formule " un pays, deux systèmes ", que Pékin tente d'imposer à Taïpei en vue de la réunification nationale entre les deux rives du détroit de Taïwan.

 Il a rappelé que le principe continental d'" une Chine " faisait référence uniquement à l'interprétation qu'en ont les autorités de Pékin. Aussi ce concept, dans le cas d'une acceptation de Taïpei, engendrerait-il immédiatement la disparition de la République de Chine, ce qui porte une grave atteinte à la dignité et à la sécurité de ses ressortissants.

 Le chef de l'Etat a souligné que la population de Taïwan n'acceptera jamais la proposition de Pékin, dans ses termes actuels, et que lui-même ne pouvait y souscrire sans violer le serment solennel qu'il a fait en prenant ses fonctions à la tête de l'Etat.

 Lors de son investiture, M. Chen Shui-bian a promis que son administration ne déclarerait pas l'indépendance de l'île, ne modifierait pas la Constitution pour y inclure le statut des " relations d'Etat à Etat " avec l'autre rive du Détroit, ni n'organiserait de référendum en faveur de l'indépendance de Taïwan, aussi longtemps que la Chine continentale se garderait d'utiliser la force contre l'île.

 Le président de la République a fait part aux universitaires américains de sa déception à l'égard des dirigeants continentaux. En effet, ceux-ci refusent toujours de reprendre le dialogue et de collaborer avec leurs partenaires insulaires dans un esprit de sagesse et de créativité pour résoudre la question d'une future " Chine unique " sur la base de la démocratie et sur un pied d'égalité.

 Il leur a aussi exprimé son espoir que la rencontre prochaine entre le président des Etats-Unis, M. George Bush, et son homologue continental, M. Jiang Zemin, aurait une influence positive sur les relations interchinoises.

Pour le plus grand bénéfice des populations de l'île et du continent, M. Chen Shui- bian a souhaité que les dirigeants de part et d'autre du Détroit reprennent le plus tôt possible, sans aucune précondition, le dialogue interrompu il y a quelques années, et oeuvrent à la paix dans la région.

 



 
 

Elargissement des " mini-liaisons "

PD: 07/21/01

Le gouvernement a décidé d'assouplir sa politique concernant les " mini-liaisons " entre les petites îles de Kinmen et de Matsu, proches du continent mais sous juridiction de Taïpei, et les ports correspondants de l'autre rive du Détroit de Taïwan.

 Les nouvelles dispositions, qui entreront en vigueur au cours du mois prochain, autoriseront notamment les continentaux à visiter ces deux îles dans un but religieux, culturel, académique ou sportif pour une durée d'une semaine. A l'heure actuelle, ces visites doivent être approuvées sur la base du cas par cas.

 En outre, des zones commerciales spéciales seront établies à Kinmen et Matsu, dans lesquelles un commerce direct pourra être établi entre les deux rives. En fait, seuls les habitants de ces petites îles seront habilités à traiter avec les continentaux impliqués. Cette mesure permettra de légaliser des échanges de plus en plus nombreux qui s'effectuent en majorité en contrebande, par l'intermédiaire des pêcheurs continentaux et insulaires sur les plages de Kinmen ou de Matsu, et parfois en mer.

 La proximité de la côte continentale rend difficile la surveillance du trafic direct de denrées quotidiennes et de produits agricoles dans la région, toujours interdit par la législation de Taïpei. Avec l'élargissement des " mini-liaisons ", la police maritime verra donc une diminution sensible de la surcharge de travail que lui imposait la lutte contre la contrebande.

 Par ailleurs, les fonctionnaires locaux de rang inférieur et intermédiaire pourront eux aussi se rendre directement en Chine continentale pour un bref séjour.

 Six mois après l'établissement des " mini-liaisons ", la Commission d'Etat des Affaires continentales (MAC) tente d'apporter des améliorations à une situation jugée peu satisfaisante en regard des retombées positives qu'on en escomptait. Il est vrai que l'attitude maussade des autorités continentales envers les " mini-liaisons " n'a pas aidé à leur essor.

 



 
 

Nouveau plan pour les touristes continentaux

PD: 07/21/01

Poursuivant sa politique de la " porte ouverte ", la Commission d'Etat des Affaires continentales (MAC) a annoncé le 5 juillet un plan qui permettra aux touristes continentaux de visiter l'île. Selon ce plan, ils pourront venir ici en petit nombre uniquement, sans que le chiffre exact soit connu pour l'instant. On croit savoir qu'au stade initial, il ne serait pas très important, permettant ainsi de mettre au point différentes réglementations.

Toutefois, Mme Tsai Ing-wen, présidente de la MAC, a précisé qu'au vu de l'intérêt croissant des continentaux, ce chiffre serait augmenté, laissant entendre que les deux rives pourraient négocier dans le futur les modalités de ces nouveaux échanges et traiter des problèmes éventuels qui en naîtraient.

 Le point principal de ce plan porte sur l'organisation même des visites dans l'île. Les continentaux pourront se rendre de ce côté-ci du détroit de Taïwan à condition de faire partie d'un groupe dans le cadre d'un voyage organisé. Des modalités strictes seront respectées par les agences insulaires dans l'organisation de circuits touristiques dans l'île, en particulier l'indivisibilité des groupes.

 Les organisateurs, des agences agréées, devront faire preuve d'une expérience de cinq ans dans la profession, plus une année dans les voyages organisés en Chine continentale, et ne pas avoir commis d'infraction durant les 5 dernières années. Ils seront garants des groupes de visiteurs pour lequels ils verseront une caution de 1 million de TWD, couvrant les frais qui pourraient survenir en cas d'urgence -- accident, hospitalisation ou hébergement des touristes contraints de prolonger leur séjour.

 Insistant sur la bonne volonté de Taïpei à l'égard de Pékin, Mme Tsai Ing-wen a indiqué que les limitations initiales ont pour seul objectif d'aider le marché touristique de l'île à absorber plus aisément ces nouvelles arrivées.

 La nouvelle a été bien accueillie par les divers responsables politiques, tant du parti au pouvoir que des formations de l'opposition, comme un élément de relance de l'industrie touristique insulaire.