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Diplomatie: Taïpei-Skopje, la rupture sans surprise

PD: 07/01/01

La République de Chine a mis fin le 18 juin à ses relations diplomatiques avec la Macédoine, alors que l'Etat des Balkans se préparait à renouer des liens officiels avec la Chine continentale.

Annonçant la rupture, Mme Katherine Chang, porte-parole du ministère des Affaires étrangères, a indiqué que l'ambassade de la République de Chine à Skopje serait immédiatement fermée et qu'un terme définitif serait mis à tous les projets de coopération en cours avec l'ancien allié. Dans le même temps, une protestation formelle sera émise à l'égard des autorités macédoniennes.

 Selon le communiqué de presse officiel, Taïpei juge que " le gouvernement macédonien a été contraint de changer le cours de ses relations amicales avec la République de Chine, en dépit des efforts déployés par celle-ci ces dernières semaines en faveur du maintien des liens diplomatiques ".

La teneur des efforts mentionnés n'a pas été précisée, mais on sait que le ministre et le vice-ministre des Affaires étrangères, MM. Tien Hung-mao et Chiou Jong-nan, se sont rendus tous deux à Skopje au début du mois dernier.

 On estime ici que la Macédoine a cédé aux pressions de Pékin visant à isoler l'île sur la scène internationale, afin de solliciter le soutien de la Chine continentale au sein du Conseil de Sécurité des Nations unies. La Macédoine espère en effet obtenir son aide pour se sortir de la difficile situation dans laquelle elle stagne, risquant à tout moment de sombrer dans la guerre civile en raison d'une insurrection de la minorité albanaise.

 Depuis le début des troubles, il y a quelques mois, la coalition qui gouverne à Skopje a subi d'intenses pressions pour renouer avec Pékin. Au sein même de l'exécutif macédonien, les luttes pour le pouvoir entre les différentes factions avaient rendu la situation encore plus confuse. Le Premier ministre en poste s'était engagé en faveur de Taïpei, alors que le président de la République avait pris fait et cause pour le camp opposé, celui des partisans de Pékin.

 La décision de rompre n'a donc surpris personne dans l'île, les relations avec la Macédoine, établies en janvier 1999, ayant montré leurs limites depuis le début. Ambassadeur de la République de Chine dans l'Etat des Balkans, M. Peter Cheng n'avait pas encore pu présenter ses lettres de créance.

 La rupture avec Skopje ne laisse plus à Taïpei que la Cité du Vatican comme seul allié diplomatique en Europe.