Réalisant une autre promesse du président Chen Shui-bian lors de sa campagne électorale, le Cabinet a créé le 14 juin en son sein la Commission d'Etat des Affaires hakka, qui est chargée d'harmoniser les relations des quatre millions de Hakka de l'île avec les membres des autres communautés insulaires.
Doté d'un budget annuel d'environ 300 millions de TWD, ce nouvel organe administratif multipliera les échanges entre les différentes communautés hakka éparpillées non seulement dans l'île mais aussi dans le monde entier. Dans la perspective de l'admission de l'île à l'Organisation mondiale du Commerce, il s'occupera notamment de revaloriser les villages hakka insulaires, lesquels, ayant maintenu des traditions ancestrales, pourraient éprouver des difficultés face aux développements futurs.
Présidant la cérémonie d'inauguration, le chef de l'Etat, M. Chen Shui-bian, a insisté sur l'attente des Hakka qui espèrent voir leur groupe prendre la place qui lui revient dans les activités culturelles de l'île. Il a indiqué que les priorités de cette nouvelle commission serait justement de revitaliser cette culture, rassurant ceux qui s'inquiètent de voir, par exemple, leur langue de moins en moins parlée dans l'île.
A la tête du nouvel organisme, ont été nommés comme président, M. Fang Kuang-chun, conseiller du chef de l'Etat et avocat de profession, et comme vice-président, M. Liu Yung-pin, président de l'Association mondiale des Hakka de Taïwan (THAW).
Lui témoignant sa plus grande estime, M. Wu Poh-hsiung, personnalité politique hakka et vice-président du Kuomintang, a affirmé que M. Fang Kuang-chun saurait organiser la future Université Yiming, consacrée plus particulièrement à la culture hakka de l'île, que le président de la République, durant sa campagne électorale, a promis d'établir.
Il a souligné que la nouvelle commission devrait s'efforcer de protéger la langue, la religion et le folklore hakka, plutôt que de lancer des programmes de recherches académiques pour approfondir les études de la culture hakka.
Une jeune femme de 21 ans de Chine continentale a pu être sauvée grâce à une greffe de moelle osseuse offerte par un donneur taïwanais de 26 ans. C'est la Fondation Tzu Chi de la Compassion bouddhique, la plus importante institution caritative de Taïwan, qui en a assuré le transport le 13 juin depuis l'île jusqu'au continent.
Les médecins du centre médical de la fondation à Hualien, dans l'est de l'île, ont extrait la moelle du donneur dans la matinée, avant qu'elle ne soit aussitôt emportée par quatre volontaires de Tzu Chi pour un voyage de quinze heures jusqu'à Suzhou, dans la province du Jiangsu, en passant par Taïpei, Hongkong et Shanghai.
Le soir même à Suzhou, près de Shanghai, l'équipe chirurgicale a pu opérer avec succès la greffe sur la jeune femme qui souffre d'une leucémie aiguë.
Cherchant à encourager les dons de moelle osseuse destinés à des greffes urgentes, la fondation a organisé sur des chaînes câblées de l'île, de Hongkong et de Suzhou la retransmission en direct de ce voyage exceptionnel entre les deux rives, montrant successivement le prélèvement, le transport et la greffe.
C'est la première fois que la fondation Tzu Chi monte une telle opération en coopération avec les médias dans le but d'éveiller la sensibilité du public, a indiqué le porte-parole de la fondation.
A la fin du mois de mai, la banque de donneurs de moelle osseuse de la fondation Tzu Chi a recueilli et classé les informations concernant 217 250 personnes, ce qui fait d'elle la plus grande banque de ce genre en Asie.
Ce don de moelle osseuse est le 86e que la fondation bouddhique a fait parvenir en Chine continentale, tandis que, déjà, 280 dons de ce type ont pu être ainsi acheminés dans quinze pays à travers le monde. Quatre jours plus tôt, Tzu Chi venait d'effectuer son 14e don vers la Corée du Sud destinée à un patient de 30 ans.
La musicothérapie n'est pas une découverte moderne pour soigner les maux psychologiques et autres névroses. Les Anciens Grecs, la connaissaient déjà, comme semble l'affirmer le philosophe grec Platon (428-348 av. J.-C.) qui il y a plus de 2 300 ans en donnait une appréciation esthétique, assurant que, si la gymnastique apportait remède au corps, la musique était son corollaire pour l'esprit.
Dans de nombreux cas, la musique a certainement une action thérapeutique qui aide au maintien d'une harmonie dans le corps. " Lorsqu'on écoute de la musique, les membres réagissent aussi ", affirme le docteur Ju Chwan-horng, spécialiste en ostéopathie à l'hôpital municipal Chung Hsiao de Taïpei et probablement le premier médecin d'un établissement hospitalier insulaire à prescrire la musicothérapie.
Le docteur Ju Chwan-horng étudie dans le cadre des soins qu'il procure les effets de la musicothérapie. Soignant normalement ses patients, il les a répartis en deux groupes, dont l'un reçoit en plus un traitement musical pour calmer les douleurs. Il a ainsi pu remarquer que les malades de ce groupe lui signalaient souvent un soulagement de leurs souffrances, alors que les malades sans traitement musical n'éprouvaient généralement pas les mêmes apaisements. Convaincu des heureuses applications de la musicothérapie dans le soin des névralgies, il suggère sa prescription aux personnes souffrant également de douleurs chroniques.
Dans l'île, beaucoup croient que la musicothérapie peut être à maints égards associée à l'interprétation de l'harmonie céleste dans la tradition chinoise, à l'image de thérapies pratiquées depuis des siècles, comme le taiji ou le qigong, ou encore la méditation bouddhique du chanding. Dans la musicothérapie, les lois naturelles de l'harmonie sont les clés à la fois de l'intérieur et de l'extérieur de l'individu, explique le médecin de Taïpei, et d'ajouter que, dans la nature, toute chose a un rythme et est mue par un cycle. Ainsi, les saisons et les marées obéissent aux lois macrocosmiques de l'harmonie qui gouvernent la Terre, tandis que la respiration et la pression artérielle de l'homme obéissent aux lois microcosmiques, poursuit le docteur Ju Chwan-horng, précisant que les deux échelles sont partie intégrante d'un univers ordonné.
Le traitement de maux à l'aide de la musique remonte aux plus lontaines pratiques, puisqu'on en trouve mention dans les textes de l'Ancienne Egypte ou de la Bible. Un des plus grands penseurs de la Grèce antique, Pythagore, et également mathématicien, médecin, philosophe et musicologue, avait découvert des constantes sous-jacentes entre la musique et la médecine. Les scientifiques de l'ère moderne, effectuant dans divers domaines les mêmes constatations, ont remis en pratique les principes de la musicothérapie.
En Occident, la musicothérapie est aujourd'hui un traitement courant, au même titre que l'ergothérapie ou la kinésithérapie. Aux Etats-Unis, par exemple, les amendements à la Loi des personnes âgées en 1992 lui accordent une place, décrivant la musicothérapie comme des soins contribuant à maintenir, améliorer ou rétablir chez le patient des fonctions communicatives ou émotionnelles, ses facultés mentales, sa santé physique.
C'est seulement ces dernières années qu'elle a reçu une plus grande attention dans l'île. Toutefois, différemment interprétée, la musicothérapie est souvent assimilée à certains éléments intrinsèques de la culture chinoise. Le docteur Ju Chwan-horng poursuit, quant à lui, ses efforts pour accroître la confiance de ses patients dans ce traitement. Pour convaincre les plus sceptiques, il leur présente des études rigoureuses et impartiales, s'appuyant sur des observations cliniques.
Ainsi, aux nombreuses personnes qui souffrent d'insomnie, de fatigue musculaire ou de maux de tête et qui refusent de prendre des calmants ou autres pilules, il suggère fortement le recours à la musicothérapie.
Cette thérapeutique, qui ne fait appel à aucune intervention ou opération, pourrait acquérir ses lettres de noblesse dans l'île, en recevant plus d'attention de la part du public et des autorités, est convaincu le docteur Ju Chwan-horng.
Cherchant à mettre la biotechnologie au service de la médecine chinoise, l'Office de la Santé publique (DOH) a autorisé sept établissements hospitaliers insulaires -- le Centre médical de la Fondation Chimei, à Taïpei, les hôpitaux généraux des Vétérans, à Taïpei et à Taichung, l'hôpital de l'Université nationale de Taiwan, à Taïpei, l'hôpital Show- chwan de Taïpei, l'hôpital de l'Ecole de Médecine de Chine, à Kaohsiung, et l'hôpital mémorial Chang Gung, dans le hsien de Taoyuan -- à créer en leur sein les premiers centres expérimentaux de médecine chinoise dans l'île.
Outre les soins qu'ils dispenseront sur place, ces centres auront pour principale mission d'étudier toutes les données théoriques et cliniques de la médecine chinoise, pour lesquelles des recherches biotechnologiques seront entreprises. Ils fonctionneront ici dans le cadre des normes établies par l'administration américaine -- Food and Drug Administration. Un ensemble de crédits, étalés sur cinq ans et évalués à 3,5 milliards de TWD, seront alloués pour financer ce projet.
C'est un grand tournant pour Taïwan de pouvoir développer la biotechnologie au service de la médecine chinoise traditionnelle, fondée sur une longue documentation écrite de pratiques diverses et d'expériences cliniques, a indiqué un responsable du DOH.
Le développement et la recherche en médecine chinoise dans des conditions modernes sont aujourd'hui devenus importants, offrant une place toute particulière à Taïwan dans le monde, puisque l'île a naturellement hérité de l'expérience traditionnelle de la médecine chinoise. Sa pratique qui use de produits essentiellement naturels ne peut qu'être enrichie par les différentes recherches biotechnologiques.
Plusieurs autres pays déjà, comme l'Allemagne, les Etats-Unis, la Grande-Bretagne, le Japon, se sont déjà engagés dans la recherche et le développement de médicaments d'origine naturelle à l'aide de méthodes scientifiques modernes.
Dans le domaine de la médecine chinoise plus précisément, Hongkong projette également de devenir un centre moderne important pour la médecine chinoise, tandis que, à l'instar de Taïwan, la Chine continentale aurait établi quelques centres expérimentaux,
Récemment, la pharmacologie occidentale, essentiellement chimiothérapeutique, a montré dans certains cas ses limites dans le traitement de quelques maladies, telles que le sida, le cancer ou l'hépatite. De plus en plus de professionnels de la santé et de la médecine dans le monde se tournent vers d'autres solutions et, faisant des recherches sur les effets des produits naturels, s'intéressent à une synthèse des remèdes traditionnels chinois avec la médication occidentale.
Cinq entreprises insulaires se sont déjà lancées dans ces recherches, tandis que plus de trois cents dans le monde se partagent le marché, qui, en perspective, est immense, car, au-delà des communautés chinoises réparties autour du globe, il s'adresse aussi à tous les consommateurs.
Consacré aux civilisations préhistoriques aborigènes de l'île, dont certaines, comme celle de Peinan, remontent à plus de trois mille ans, le Musée national de la Préhistoire, le premier de ce genre dans l'île, sera inauguré le 10 juillet à Taitung, non loin du site archéologique de Peinan. Retrouvés sur ce site, les objets dits de la Civilisation de Peinan datent des XIVe-XIIIe siècles av. J.-C. et sont probablement ceux des populations précédant la tribu des Puyuma (ou Peinan) qui s'installèrent en ces temps reculés dans les basses plaines étroites à l'Est de l'île. A l'occasion de cette inauguration, y sera exposé un vase en bronze à trois pieds de la dynastie chinoise Shang, datant de la même époque que la Civilisation de Peinan.
En dépit de la rupture des relations diplomatiques entre la République de Chine et la Macédoine (cf. en première page), Taïpei continuera d'entretenir des échanges universitaires et académiques avec cet Etat et d'allouer des bourses d'études aux jeunes Macédoniens qui désireront poursuivre leurs recherches dans l'île, a déclaré fin juin M. Ovid Tzeng, le ministre de l'Education. Actuellement, cinq étudiants de cet Etat des Balkans, inscrits dans une université insulaire, ont obtenu une bourse de l'Etat, qui se monte à 15 000 TWD par mois (environ 440 USD), à laquelle s'ajoute la prise en charge complète des frais universitaires, estimés à 70 000 TWD.
Taïwan a été invitée aux premiers Jeux afro-asiatiques qui se dérouleront du 3 au 11 novembre à la Nouvelle-Delhi, en Inde, a indiqué le 20 juin le porte-parole du Comité olympique chinois de Taïpei (Chinese Taipei) (CTOC). Cette manifestation sportive, à laquelle participeront les pays des continents africain et asiatique, comprendra des épreuves conventionnelles dans huit disciplines -- sports d'eau (natation et plongeon), athlétisme, boxe, football, hockey, tir, tennis et haltérophilie. Cette fois-ci, Taïwan présentera des athlètes dans chacune des huit disciplines de ces nouveaux jeux.
Plus de 4 000 coureurs originaires des deux côtés du détroit de Taïwan ont entamé à Taïpei, le 16 juin, une course à pied qui se conclura, après une dizaine d'étapes, à Pékin afin de marquer leur soutien à la candidature de la métropole continentale aux Jeux olympiques de 2008.
" J'espère sincèrement que Pékin accueillera les Jeux de 2008 ", a déclaré l'un des organisateurs, Mme Chi Cheng, présidente d'une association sportive de Taïwan, qui a insisté sur l'aspect complètement apolitique de sa démarche.
Une délégation continentale, menée par l'ancien gymnaste Li Xiaoshuang, médaillé olympique à Barcelone en 1992 et à Atlanta en 1996, s'était d'ailleurs rendue dans l'île pour prendre part à l'événement.
Beaucoup de Taïwanais soutiennent la candidature de Pékin aux JO, espérant qu'elle contribuera à renforcer la paix et la stabilité dans la région. Tous ne sont pas de cet avis, et les partisans de l'indépendance appellent, au contraire, à l'écarter en raison de l'obstination des autorités continentales à se garder le droit d'user de la force à l'encontre de Taïwan.
Taïpei était la première étape de cette course qui a mené ses participants jusqu'à Pékin, après un passage par une dizaine de grandes villes de part et d'autre du détroit de Taïwan, dont Kaohsiung, dans le sud de l'île, Ningbo, Hangzhou, Shanghai, et Nankin sur le continent.
Le nom de la ville désignée pour accueillir les JO en 2008 sera annoncé après la réunion du Comité olympique international prévue à Moscou le 13 juillet.
La terre a tremblé en milieu de matinée, le 14 juin, réveillant dans l'île le souvenir encore frais du terrible séisme de septembre 1999. La secousse, particulièrement forte dans le Nord-Est de l'île et à Taïpei, la capitale, n'a heureusement fait ni victime, ni dégât.
Seuls quatre blessés légers sont à déplorer, heurtés par les rares débris tombés des bâtiments. Le courant a été coupé pendant deux minutes pour une dizaine de milliers de foyers à Taïpei, et certains réseaux de téléphones mobiles ont été hors de service pendant deux heures. La bourse locale, plus sensible, a, elle, accusé le coup en affichant une baisse de 1,7% en clôture, quelques heures après la secousse.
C'est à 10h30, le 14 juin, que la terre a fortement tremblé pendant une vingtaine de secondes. La magnitude du séisme a été évaluée à 6,2 sur l'échelle de Richter et son épicentre localisé au large de Taïwan, à une vingtaine de kilomètres à l'Est d'Ilan. A Taïpei, la secousse a été estimée à 5 sur l'échelle de Richter.
" Le séisme a été senti dans presque toute l'île, a indiqué peu après M. Leu Peih-lin, le sous-directeur du Centre de Sismologie. On peut s'attendre à des secousses secondaires d'une magnitude de 2 à 4 dans les prochaines semaines, la plupart d'entre elles si faibles qu'on ne les percevra même pas. "
La veille au soir, une secousse s'était déjà faite sentir, mais à un bien moindre degré. L'éloignement et la profondeur de son épicentre avait atténué l'onde de choc, même si sa magnitude, 6,3, avait été plus élevée.
La terre tremble tous les jours à Taïwan qui se situe dans une zone de haute activité sismique. Les secousses sont si faibles qu'on ne les sent pas en général. Sauf en septembre1999, lorsque l'île a été touchée, en son coeur presque, par un séisme d'une magnitude de 7,3.
Les effets sur les cours de la bourse locale sont, eux, immédiats, en raison du poids des industries de technologie dans l'économie insulaire. En effet, ces dernières souffrent particulièrement des secousses qui dérèglent leurs instruments de précision, perturbant les chaînes de fabrication des semi-conducteurs.