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L'ancien chef de l'Etat, M. Lee Teng-hui, semblerait prêt à revenir en politique, c'est tout du moins la forte impression, à la mi-juin, qu'il a laissée dans les esprits en se rapprochant ostensiblement de son successeur à la présidence de la République, M. Chen Shui-bian.
Les grandes manoeuvres politiques à l'approche du scrutin des législatives, en décembre, se sont multipliées, et pas seulement dans un camp.
Alors que le Kuomintang (KMT), sous l'impulsion de M. Lien Chan, a choisi de s'allier avec le Parti Pour le Peuple de M. James Soong, cette union que ne soutiendrait pas M. Lee Teng-hui aurait poussé l'ancien président du KMT, et toujours un de ses membres, à revenir sur le devant de la scène politique, entraînant dans sa mouvance une faction du KMT à l'identité taïwanaise forte.
L'ancien chef de l'Etat a expliqué qu'il désirait renforcer la stabilité politique et aider le pays à se sortir de sa mauvaise passe économique. Selon les commentaires de ses biographes -- deux ouvrages viennent d'être publiés sur sa vie et sa carrière --, on conclurait plutôt qu'il a peu apprécié la façon dont ses compagnons de parti l'ont traité après sa défaite face à M. Chen Shui-bian, en mars de l'année dernière. Il n'apprécierait pas non plus la nouvelle direction " moins localisée " qui aurait été donnée à son parti depuis un an, celui s'éloignant visiblement des principes de " taïwanisation ", que M. Lee Teng-hui s'était efforcé de lui insuffler lorsqu'il le dirigeait et qui lui étaient si chers.
Quoi qu'il en soit, à 6 mois des élections législatives, les médias insulaires scrutent avec attention un rapprochement éventuel entre MM. Chen Shui-bian et Lee Teng-hui. Les observateurs politiques pensent déjà que M. Lee Teng-hui pourrait aider son successeur à remporter une majorité de sièges au Yuan législatif.
Ils fondent notamment leur impression concernant cette future coopération sur un échange de paroles chaleureuses entre les deux hommes, le 16 juin, à l'occasion d'une rencontre publique avec des experts et des intellectuels, même si l'un et l'autre se sont bien gardés jusqu'alors d'émettre un commentaire sur la question.
M. Lee Teng-hui a en tout cas multiplié récemment les rencontres, dans sa résidence particulière, avec des élus du KMT qui lui sont proches, quelques personnalités du Parti démocrate-progressiste (PDP) se joignant à eux. Il aurait dit à ses interlocuteurs que le but de leur éventuelle action se résumerait en quatre points : stabiliser la situation politique, revitaliser l'économie, consolider la démocratie et renforcer Taïwan.
Parmi les tenants de la ligne officielle du KMT, des critiques se font entendre, de plus en plus vives à l'égard de l'ancien président. Dans le camp opposé, au PDP, on garde officiellement un profil bas. M. Frank Hsieh, le président du PDP, qui n'a fait aucune promesse concernant une éventuelle coopération après les élections, reconnaît que l'apparition d'une nouvelle force politique pourrait changer les rapports actuels.
Si rien n'a été formellement confirmé concernant les intentions de l'ancien président de la République, une annonce publique pourrait venir après son retour des Etats-Unis au début du mois.