Contenu (Affaires continentales)

 

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L'OMC : un champ de discorde ou l'occasion de se rapprocher ?

PD: 06/21/01

Profitant d'une rencontre ministérielle qui s'est tenue début juin à Shanghai dans le cadre de la Coopération économique Asie-Pacifique (APEC), le ministre de l'Economie, M. Lin Hsin-i, qui y représentait l'île, s'est efforcé de solliciter le soutien des participants en faveur de l'accession rapide de Taïwan à l'Organisation mondiale du Commerce (OMC), rappelant que cette candidature ne devrait être soumise à aucune considération d'ordre politique.

 Le ministre de l'Economie a indiqué qu'il avait notamment demandé aux pays membres de l'APEC d'appuyer l'entrée de Taïwan le même jour que la Chine continentale, un point auquel s'oppose fermement Pékin qui, pour des raisons de face et de subtilités politiques, tient absolument à être admise à l'OMC avant l'île.

 Prenant néanmoins ses distances avec les manoeuvres politiques que la Chine continentale pourrait engager sur ce point, Taïpei espère qu'une fois admises à l'OMC, l'île et la Chine continentale parviendront, dans le cadre de l'organisation internationale, à renouer un dialogue interrompu depuis deux ans et qui ne montre aucun signe de reprise dans un futur proche.

 Il leur sera en tout cas difficile d'éviter plus longtemps de traiter la question cruciale de l'ouverture des échanges directs entre les deux rives, puisque la libre circulation des marchandises et des biens est une condition essentielle à laquelle les nouveaux membres devront se soumettre, avec tous les effets sociaux et politiques sans précédent qui en découleront, tant pour Taïpei que pour Pékin.

 L'OMC pourrait donc constituer un terrain unique de rapprochement. Elle pourrait aussi fournir un nouveau champ de bataille, si les deux autorités rivales ne parviennent pas au consensus, comme s'en inquiètent certains qui ramènent le problème à la différence d'interprétation qu'ont Taïpei et Pékin du principe de la " Chine unique ".

De ce côté-ci du détroit de Taïwan, on estime généralement que les relations commerciales entre les deux rives devraient sortir renforcées de la double accession à l'OMC, à condition, prévient-on tout de même, que la Chine continentale traite enfin Taïwan sur un pied d'égalité.

 



 
 

Les mini-liaisons 6 mois après : une porte qui reste ouverte

PD: 06/21/01

A l'occasion d'une visite à Matsu, une petite île sous juridiction de Taïwan située à proximité du littoral continental, le Premier ministre, M. Chang Chun-hsiung, a réitéré la volonté du gouvernement de promouvoir avec fermeté les mini-liaisons directes, malgré le peu d'enthousiasme de Pékin envers cette initiative de Taïpei.

 Pour l'instant, les autorités continentales n'approuvent qu'au cas par cas, et entre certains ports bien spécifiés, ces liaisons maritimes directes avec les petites îles restées sous le contrôle de Taïwan.

M. Chang Chun-hsiung a cependant affirmé que cette attitude ne diminuait en rien la détermination de Taïpei qui désire renforcer graduellement sa politique de la porte ouverte vis-à-vis de Pékin. La sincérité l'emportera à terme sur l'animosité, est persuadé le chef du gouvernement qui veut voir le dialogue reprendre finalement le pas sur la discorde.

 Les pèlerins taïwanais sont pour le moment les premiers à vraiment profiter des mini- liaisons ouvertes au début de l'année et, pour la troisième fois en 6 mois, plus de 300 d'entre eux ont pu se rendre le 8 juin sans encombres sur l'autre rive, après une escale à Kinmen.

Organisé par le temple taoïste de Chupao, à Mailiao, dans le hsien de Yunlin, le voyage a permis aux fidèles de rester 5 jours à Xiamen, en Chine continentale, afin de s'y livrer à des échanges religieux. Dédié à Paosheng, le temple de Chupao abrite une représentation de la divinité qui a été apportée à Taïwan il y a presque trois cents ans, en provenance de la province du Fujian.

 Cette fois-ci, grande première, le groupe de pèlerins est parti directement du port de Kaohsiung, à Taïwan, ne s'arrêtant que brièvement à Kinmen avant de continuer sur Xiamen, en Chine continentale, sans changer de bateau.