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La Chine continentale continuant de vouloir isoler Taïwan sur la scène internationale, le voyage en Amérique latine que vient d'effectuer le chef de l'Etat, M. Chen Shui-bian, peut être considéré d'emblée comme un succès diplomatique.
Parti le 21 mai, en compagnie de son épouse et d'une forte délégation de ministres, experts, hommes d'affaires et journalistes, le président de la République est revenu dans l'île le 5 juin, après s'être rendu dans cinq pays alliés -- avec, à l'aller et au retour, une escale aux Etats-Unis.
Après un premier arrêt remarqué à NewYork (voir Les Echos de la R.C. du 1er juin, en p.1), M. Chen Shui-bian est arrivé le 23 mai au Salvador, où lui a été réservé un accueil chaleureux. Sur place, il a pu se rendre compte par lui-même de l'assistance apportée par Taïwan à son allié à la suite des tremblements de terre qui l'ont frappé en début d'année.
Le sommet, le 25 mai, auquel ont participé les dirigeants de six pays centraméricains a permis au chef de l'Etat de souligner à nouveau l'importance qu'il attachait à la coopération économique, ses partenaires réaffirmant de leur côté leur soutien au retour de Taïwan aux Nations unies.
Au Guatemala, du 26 au 28 juin, ce sont les relations entre les deux rives du détroit de Taïwan qui ont repris le devant de l'actualité, le président Chen Shui-bian tentant à nouveau de relancer le dialogue avec les dirigeants continentaux (voir ci- dessus). Les opportunités d'investissements dans ce pays ont également fait l'objet de discussions.
Le chef de l'Etat s'est ensuite arrêté, du 28 au 30 mai, au Panama, un pays avec lequel sont entretenus des échanges commerciaux très dynamiques. Puis, le 30 mai et le 1er juin, ce fut l'étape au Paraguay, un allié qui a renouvelé son intention d'ouvrir à Taïwan les portes du Mercosur, le marché commun sud-américain. Enfin, le Honduras a accueilli le président de la République et son entourage les 1er et 2 juin.
Sur le chemin du retour, une dernière escale à Houston, au Texas, a permis une nouvelle fois de montrer l'étendue des soutiens dont Taïwan dispose là-bas.
Renforcer la compréhension mutuelle entre la population de la République de Chine et celles du continent africain a fait l'objet de séminaires et de rencontres qui se sont tenus fin mai à Taïpei, avec la participation d'experts locaux et internationaux et de plusieurs ambassadeurs africains en poste dans l'île.
Pendant trois jours, durant lesquels s'est également déroulé un festival du cinéma africain, et à l'initiative notamment d'Asia- Pacific Public Affairs Forum (APPAF), une organisation non gouvernementale, des journalistes, des experts, des ambassadeurs et représentants de pays en poste dans l'île se sont réunis pour débattre, entre autres, de la situation économique, des réformes agricoles et du mouvement associatif non gouvernemental en Afrique.
Dans un document écrit consacré aux relations avec l'Afrique, Mme Eunice Kazembe, l'ambassadrice du Malawi en République de Chine, a reconnu que la connaissance du continent africain dans l'île était, en général, sommaire et même empreinte d'a priori négatifs. M. David Anderson, un expert britannique de la faculté des Etudes orientales et africaines à l'Université de Londres, s'est fait l'écho de ces remarques, soulignant que les progrès réels accomplis ces dernières années sur le continent africain -- sur le plan démocratique, par exemple -- n'avaient pas attiré l'attention qu'ils méritaient.
Et pourtant, a continué l'universitaire britannique, avec treize heures de vol depuis Hongkong pour rejoindre Johannesburg, l'Afrique n'est pas plus éloignée que les Etats-Unis. Il reste donc énormément de travail d'information à faire ici, a-t-il souligné, rappelant que les initiatives telles que celle de l'APPAF allaient dans le bon sens, celui du resserrement de la compréhension mutuelle.
Concrètement, M. Loh I-cheng, ancien ambassadeur de la République de Chine, a proposé d'organiser une sorte de lobbying dirigé sur les médias taïwanais afin de les inciter à s'intéresser davantage au continent africain, pour qu'ils y envoient des reporters ou produisent des programmes y ayant trait.
La création dans l'île d'un centre d'études africaines a été suggérée par les participants, et ils ont également appelé à une multiplication des visites à Taïwan d'anciens leaders politiques ou d'universitaires africains. La relance d'un programme d'échanges destiné aux étudiants a été conseillée, en même temps qu'a été souligné le rôle important que pourrait jouer Internet en tant qu'outil de communication et de rapprochement.