Contenu (Affaires continentales)
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M. Chen Shui-bian lance les nouveaux " cinq non "

PD: 06/11/01

 Avant de quitter le Guatemala pour le Panama, le 28 mai, le président Chen Shui-bian a choisi de réitérer sa bonne volonté à l'égard de Pékin en prônant cinq points de départ pour renouer le dialogue avec les autorités continentales.

 C'est à l'occasion de son passage dans la ville d'Antigua qu'il a lancé les grandes lignes de cette nouvelle initiative, baptisée les " cinq non ", laquelle découle directement des propositions formulées l'année dernière dans son discours d'investiture à la Présidence de la République.

Il s'agit avant tout de rassurer les autorités continentales en déclarant que les achats d'armes aux Etats-Unis, ainsi que l'escale qu'il a récemment effectuée dans ce pays, ne doivent pas être compris comme des provocations; que le gouvernement de la République de Chine s'efforce de ne pas porter de jugement erroné sur la situation entre les deux rives; que l'île n'est le " pion " d'aucun pays; que Taïpei ne renoncera pas à la sincérité et à une attitude positive pour relancer le dialogue et, enfin, qu'il ne faut pas qu'il y ait de perdant dans les relations à travers le détroit de Taïwan.

Profitant ensuite d'une rencontre avec les journalistes, puis d'un discours au parlement guatémaltèque, le chef de l'Etat a renouvelé ses propos, incitant de nouveau la Chine continentale à faire preuve de tolérance et de sagesse à l'égard de Taïwan. Evoquant la coexistence de deux entités égales " exerçant une juridiction mutuellement exclusive " pour décrire la situation compliquée dans le Détroit, il estime primordial de pouvoir surmonter les divisions du passé, afin d'asseoir la réconciliation, de promouvoir la coopération et la paix sur des bases permanentes.

Précisément, le président de la République considère que les achats d'armes, en contribuant à mieux garantir la sécurité de l'île et à protéger la démocratie qui s'y est épanouie, donnent aux Taïwanais l'assurance et les moyens nécessaires pour reprendre un dialogue équitable avec Pékin. Quant à la qualité sans précédent de l'accueil qui lui a été réservé à New York, lors de la brève escale qu'il y a effectuée récemment, il ne constitue, selon lui, qu'une extension de la politique américaine actuelle vis-à-vis des dirigeants taïwanais, et il n'y a pas lieu de s'en offenser ou d'y voir une provocation.

 M. Chen Shui-bian a également expliqué que le gouvernement, parfaitement conscient de la réalité des enjeux entre les deux rives, gardait pour objectif le maintien de la paix. Puisque Taïpei et Pékin se trouvent en quelque sorte en situation de concurrence, continue-t-il, il faut refuser de céder à la tentation de la violence pour résoudre les différends. Chacun doit souhaiter le meilleur pour l'autre, a-t-il ajouté. Cependant, le chef de l'Etat ne prétend pas révolutionner les relations entre les deux rives, grâce aux " cinq non ". Il souhaite seulement agir dans un sens qui lui paraît plus juste, et avec le maximum de sincérité.

 Dans le camp de l'opposition, M. Ma Ying-jeou, le maire de Taïpei, pense que le temps de se contenter de dire " non " est passé et il demande des initiatives concrètes pour sortir de l'impasse avec la Chine continentale. Il attend notamment de M. Chen Shui-bian des décisions rapides concernant l'ouverture des liaisons de transport, de communication et de commerce directes entre l'île et la Chine continentale. Le vice-président de la Commission des Affaires continentales, M. Lin Chong-pin, estime, pour sa part, que les explications présidentielles visaient surtout à réaffirmer la bonne volonté de Taïwan.