Célébrant la journée internationale de la Croix-Rouge, le président de la République, M. Chen Shui-bian, a réaffirmé que Taïwan prendrait une part plus active à l'aide humanitaire dans le monde par le biais de la Société de la Croix-Rouge (RCS) de la République de Chine. C'est la première fois que le chef de l'Etat, en sa qualité de président honoraire de cette institution, a rassemblé le 6 mai dans la capitale plus de mille volontaires de la RCS.
Il a loué leurs contributions aux différentes situations d'urgence survenues ces dernières décennies dans le monde, rappelant que la RCS avait grandement aidé à regrouper des membres de familles chinoises qui, séparés par les vicissitudes de l'histoire, étaient disséminés de part et d'autre du détroit de Taïwan. Plus récemment, l'organisation insulaire, a-t-il poursuivi, a parrainé ici plusieurs campagnes de solidarité pour collecter des fonds destinés aux victimes de tremblements de terre au Salvador, en Inde et ailleurs.
" A travers ces nombreux efforts, Taïwan est parvenue à resserrer ses liens avec les divers réseaux de secours planétaire ", a-t-il indiqué, ajoutant que la République de Chine jouerait un rôle encore plus actif dans l'oeuvre humanitaire mondiale, ce qui contribuera à relever son image dans la communauté internationale.
Servir les autres sans distinguer leur origine, leur nationalité, leur religion ou leur affiliation politique a toujours été le principe de la RCS qui lui a permis de tenir un rôle prépondérant dans sa catégorie, a déclaré le Premier ministre Chang Chun-hsiung, espérant que, dans la foulée de ses activités, une multitude d'associations insulaires se lancerait au secours des populations dans le désarroi.
En effet, cette année, qui de surcroît correspond à celle des groupes internationaux de volontaires comme l'ont voulu les Nations unies, Taïpei a adopté une législation qui facilitera désormais la création d'associations basées sur le bénévolat.
Dans chaque ville et chaque hsien de l'île, ainsi que dans les petites îles au large sous juridiction de Taïpei, comme Kinmen et Matsu, la Croix-Rouge insulaire assure par le biais de ses agences des services de secours et de charité.
Six films documentaires produits par l'Office d'Information du Gouvernement ont été inscrits fin avril sur la liste des lauréats au 34e Festival international du Film de Houston (Texas). Malgré la rude concurrence -- plus de 4 300 films produits par 34 pays ont été visionnés --, c'est le meilleur palmarès jamais obtenu par des courts métrages taïwanais, puisque les six oeuvres présentées ont toutes été citées au tableau d'honneur.
Médaille d'or avec prix spécial du jury, Le pays du thé est l'histoire d'une denrée apparemment banale pour laquelle les insulaires éprouvent beaucoup d'attachement. Le court métrage tente d'expliquer que le thé est ici étroitement mêlé aux valeurs culturelles, dépassant son simple domaine commercial.
Le documentaire Cette île, notre demeure -- les quatre saisons à Taïwan, qui a beaucoup exigé de ses réalisateurs pour saisir les plus beaux clichés sur la nature, a finalement remporté une médaille de platine.
Prenant plus de temps pour le tournage, l'équipe qui a filmé Made in Taiwan -- la prospérité à travers le progrès a reçu une médaille d'or pour avoir retracé à la manière d'une épopée moderne certaines difficultés rencontrées par les petites et moyennes entreprises taïwanaises avant qu'elles ne parviennent au succès.
Deux médailles d'argent sont allées, l'une, à La population hakka de Taïwan qui capte l'essentiel de la vie et du folklore des Hakka, insistant sur les nuances qui distinguent leurs nombreuses communautés éparpillées dans l'île; l'autre, à L'Occident rencontre l'Orient, où des étrangers résidant ici racontent leur adaptation dans l'île.
Le dernier court métrage primé, Taïwan se tient debout, qui obtient une médaille de bronze, est un regard sur le long chemin que les insulaires ont parcouru jusqu'aux élections présidentielles au suffrage universel direct en mars 2000, lesquelles ont marqué l'alternance pacifique des pouvoirs, un fait sans précédent dans la société chinoise.
Poursuivant son projet visant à internationaliser la capitale, où l'on userait indifféremment du chinois et de l'anglais dans la vie courante, la mairie de Taïpei a décidé de mettre en place dès cette année plusieurs programmes de conversation pratique en langue anglaise dotés d'un fonds de 9 millions de TWD et destinés aux agents de police, aux personnels touristiques et hôteliers, ainsi qu'aux responsables de l'accueil dans les établissements hospitaliers municipaux.
Précisément dans les hôpitaux, le programme bilingue plus élaboré portera aussi sur les actes médicaux, les formulaires administratifs, les panneaux indicateurs dans les bâtiments, ainsi que les renseignements téléphoniques et Internet.
Mis à l'essai dans trois des douze centres hospitaliers municipaux -- les hôpitaux Jen-Ai et Yang-Ming, la clinique de Shihlin --, ce programme, appelé à une extension, sera amélioré au fur et à mesure des nécessités, avant d'être intégralement appliqué dans les autres établissements. Cette mesure offrira aux étrangers un accès plus aisé aux soins publics.
Dès lors, les personnes travaillant dans les hôpitaux municipaux et connaissant une langue étrangère sont invitées à coopérer à la mise en place du programme municipal en participant directement aux cours spécialisés (conversation accélérée et vocabulaire médical) destinés à l'ensemble du personnel hospitalier.
Ailleurs en ville, les chauffeurs de taxi prennent aussi part à cette internationalisation. Au début du mois, soixante-dix chauffeurs ont reçu leur certificat d'expression anglaise après avoir suivi des cours leur permettant de converser aussi dans cette langue avec leurs clients.
Les chauffeurs sachant parler anglais pourront apposer en évidence sur leur véhicule la carte qui leur a été délivrée et signale leur nouvelle faculté. Pour améliorer l'accueil des touristes étrangers, ils seront d'abord affectés, dans la mesure du possible, aux trajets desservant notamment les aéroports et les grands hôtels de la capitale, où les voyageurs étrangers comptent pour une grande partie de la clientèle. Pour cela, une liste des chauffeurs anglophones sera régulièrement tenue à jour par la mairie et communiquée aux divers services touristiques de la capitale, ainsi qu'aux hôtels, restaurants, etc., afin de pouvoir faire d'abord appel à leurs compétences lorsqu'il s'agira de transporter des clients étrangers.
Dans le domaine de l'éducation, des groupes d'enseignants de la langue anglaise se sont vivement opposés au projet d'instaurer dans certains établissements un examen d'anglais obligatoire pour l'obtention du diplôme universitaire afin de juger du niveau des étudiants dans cette langue.
Arguant que la future épreuve supplémentaire ne répondait pas nécessairement à l'objectif qu'elle se propose de sanctionner, les professeurs craignent qu'un tel examen n'apporte que surcharge et tension nerveuse aux jeunes insulaires déjà absorbés par d'autres matières essentielles, hormis ceux dont l'anglais est la discipline majeure. Les étudiants ne parviendront à apprendre cette langue que s'ils sont personnellement motivés, s'accordent à dire les éducateurs.
Au cours de leurs études supérieures, la plupart des jeunes insulaires considèrent l'anglais comme une porte sur le monde du savoir et approfondissent leurs aptitudes dans cette langue, d'autant plus facilement qu'ils l'ont tous déjà apprise au collège puis au lycée six années durant, assurent les enseignants d'anglais. Si beaucoup n'ont pas atteint le niveau d'excellence recherché, assurent-ils, les étudiants taïwanais possèdent tout de même des bases essentielles pour accroître leurs connaissances dans la langue de Shakespeare à l'université où ils peuvent disposer d'une assistance variée, sans qu'il soit nécessaire d'évaluer leurs compétences linguistiques par un examen supplémentaire.
Exiger des étudiants en fin d'études universitaires un niveau " moyen supérieur " par une formule, dont la conception est d'emblée erronnée, risque d'avoir un effet négatif, estiment les professeurs d'anglais, jugeant qu'il n'existe pas de formules d'examen particulières pour pouvoir s'exprimer correctement dans cette langue de travail et de communication.
A l'issue d'une rencontre interchinoise entre les hauts responsables des comités olympiques de Taïpei et de Pékin au début du mois, le président de l'organisme insulaire, M. Huang Ta- chou, a affirmé le soutien de Taïpei à la candidature de Pékin à l'organisation en 2008 des Jeux olympiques.
Les deux comités sont tombés d'accord pour se réunir une fois encore, dans le courant du mois prochain, à Pékin, où ils prendront des mesures concrètes concernant leurs positions à l'égard de la candidature continentale. Ils ont également décidé de tenir un séminaire commun portant essentiellement sur le vocabulaire du sport et d'inviter lors d'un prochain événement sportif dans l'île les continentaux qui, aux précédentes olympiades, ont remporté une médaille d'or.
Une délégation insulaire se rendra sur l'autre rive du détroit de Taïwan afin de confirmer la position des insulaires en faveur des continentaux, tandis qu'à l'initiative de l'ancienne championne olympique de course de l'île, Mme Chi Chen, une course d'athlètes des deux rives sera organisée courant juin de part et d'autre du Détroit en prenant pour logo celui que Pékin a choisi pour les futurs jeux, marquant symboliquement le consensus interchinois en la matière.
Etant données sa population, sa superficie et, surtout, dans le domaine du sport, les performances de ses athlètes et les nombreuses installations qu'elle a créées sur son sol, la Chine continentale est certainement qualifiée pour organiser les Jeux olympiques, a indiqué M. Huang Ta-chou, rappelant que d'autres pays asiatiques, comme le Japon et la Corée du Sud, les avaient déjà accueillis dans le passé.
Durant la rencontre, l'éventualité d'une coopération entre Taïpei et Pékin dans l'organisation des jeux de 2008 a été aussi abordée, sans toutefois qu'aucune réponse ne soit apportée par les négociateurs, qui ont constaté la difficulté qu'il y aurait à la mettre en oeuvre dans les circonstances actuelles. Appuyant la candidature continentale, les deux parties ont avant tout insisté sur la nécessité qu'il y avait de convaincre les autres nations d'accepter que Pékin accueille ces olympiades.
Qu'en coûterait-il de faire répandre ses cendres dans l'espace sidéral? Celestis, une entreprise de Boston (Etats-Unis), a récemment proposé de transporter par fusée les cendres de personnes qui se sont fait incinérer pour les lâcher sur orbite terrestre, sur la lune ou encore plus loin dans le vide cosmique. Le coût de cette entreprise varierait entre 5 300 et 12 500 USD.
En fait, ce n'est pas une somme " astronomique " quand on sait qu'à Taïwan, de simples obsèques traditionnelles chinoises s'élèvent à peu près au même montant. De l'avis général, on reproche souvent aux entreprises de pompes funèbres de surestimer les coûts de leurs services, des accessoires nécessaires, de l'aménagement des sépultures et des autres menus détails rituels et traditionnels.
Si les funérailles sont onéreuses, leur coût en est communément accepté, car ils sont souvent partagés par les familles endeuillées, ainsi que par les proches et amis qui assistent aux cérémonies. Chacun apporte discrètement sa contribution sous forme de " dons " en espèces, glissés dans de traditionnelles " enveloppes blanches ". La somme recueillie servira ensuite à régler la note des différents entrepreneurs qui ont ensemble arrangé les cérémonies, conformément aux usages conventionnels. C'est là une habitude bien ancrée dans les moeurs.
La mairie de Taïpei a quand même lancé une série de réformes pour rendre les obsèques plus accessibles aux modestes bourses. Une réorganisation des services a été initiée dans les funérariums municipaux, ces lieux vastes situés en ville où les familles déposent les corps en attendant les obsèques proprement dites. Cette période d'attente est généralement assez longue en raison des nombreux rites et traditions funéraires qui se succèdent avant l'inhumation ou la crémation.
Dans une métropole comme Taïpei, la longue immobilisation des corps dans les funérariums municipaux réduisant l'espace et le nombre des places, les services de la mairie ont procédé à une rationalisation, en tentant notamment d'y interdire la livraison de couronnes ou de gerbes mortuaires, de colonnes florales ou d'autres ornements funèbres.
Ces initiatives, qui répondent surtout aux nécessités de la vie moderne, ont tout de même rencontré de vives résistances de la part des entreprises de pompes funèbres, furieuses de ne plus pouvoir fournir ce service, les privant du coup d'un profit qu'elles estiment à environ 3 millions d'USD par an pour la seule fourniture de couronnes.
Le public a aussi manifesté une certaine réprobation. Toujours fortement imprégnés des principes confucianistes de respect envers les personnes âgées et les morts, les Chinois considèrent cette rationalisation comme une atteinte aux rites nombreux et compliqués auxquels ils sont fortement accoutumés depuis des millénaires.
Le ministère de l'Intérieur a annoncé le 10 mai que les ressortissants de la République de Chine possédant une autre nationalité seraient autorisés à exercer les fonctions d'enseignants ou de chercheurs dans un établissement public pourvu qu'ils n'assument pas de responsabilités administratives, conformément aux mesures d'assouplissement prises récemment dans ce sens par le Conseil des Grands Juges.
Le texte législatif nouvellement proposé et qui amendera certains points de la loi en vigueur vise à attirer dans l'île les experts d'origine taïwanaise vivant à l'étranger et possédant une seconde nationalité, pour y enseigner ou faire de la recherche.
Si la loi en vigueur autorise en effet un ressortissant de la République de Chine à jouir d'une seconde nationalité, elle ne lui permet pas en tant que tel d'occuper un poste dans la fonction publique. La personne détenant deux passeports qui aurait accepté une telle responsabilité doit, en vertu de la loi, renoncer à son autre nationalité dans l'année qui suit son admission dans la fonction publique, une condition que beaucoup ont refusé, estimant le choix trop contraignant.
C'est donc dans un esprit de concorde que le gouvernement a proposé de modifier la loi, selon laquelle les établissements scolaires ou universitaires publics ou les autres agences gouvernementales pourront embaucher des enseignants taïwanais possédant une double nationalité, sans requérir d'eux qu'ils optent pour la seule nationalité de la République de Chine.
De la même manière, une fois la loi modifiée, les organes de l'Etat pourront également engager, dans les mêmes conditions, des Taïwanais possédant une double nationalité comme conseillers. Là encore, les personnes qui se seront portées volontaires à un poste consultatif correspondant à leurs compétences dans le domaine de leur spécialisation ne pourront pas remplir de rôle administratif.
Par ailleurs, la multiplicité des contrats ou formules qui lient des insulaires possédant une seconde nationalité à divers organismes publics a créé une grande confusion que la nouvelle loi tentera de dissiper.
Sous la présidence du député Lin Junq-tzer, une audition publique a été tenue devant la commission de la Défense nationale du Yuan législatif pour réclamer au gouvernement la reprise des versements des indemnités accordées à d'anciens soldats et agents de renseignements " tombés aux mains de l'ennemi " mais ayant ensuite réussi à revenir dans l'île après une période de captivité plus ou moins longue en Chine continentale.
Plus d'une centaine d'entre eux étaient aussi venus à cette réunion pour défendre leurs droits et ceux de leurs camarades.
Les représentants de l'Association des Anciens Militaires au Service des Renseignements ont espéré que, malgré les contraintes budgétaires actuellement rencontrées, le gouvernement respecterait ses engagements en continuant de verser les indemnisations allouées à ses membres -- certaines s'élevant à 8 millions de TWD par personne -- en raison des préjudices physiques et moraux qu'ils ont subis pendant la durée de leur captivité. Environ 7 000 d'entre eux vivent aujourd'hui à Taïwan.
Des responsables des ministères des Finances et de la Défense nationale, également présents à cette séance publique, ont en effet admis que les contraintes budgétaires avaient obligé à suspendre momentanément ces indemnisations. Toutefois, les décisions prises par la commission de la Défense nationale concernant la reprise des versements seront respectées, ont-ils fait savoir.
Afin d'avancer sur la voie des réformes de l'assurance maladie, une cellule interministérielle spéciale, en cours de formation, s'efforcera de préparer la mise sur pied d'un plan national de la " seconde génération ".
Sous la houlette du ministre d'Etat sans portefeuille, M. Hu Sheng- cheng, le groupe comprendra de 11 à 13 membres, et M. Lee Ming-liang, le directeur général de l'Office de la Santé publique, assurera la coordination. Il s'agit d'une action à très long terme, puisqu'on estime de trois à cinq ans le temps qui sera nécessaire pour compléter la planification et l'ébauche d'une nouvelle législation.
Il a fallu une douzaine d'années, depuis les premières missions d'études jusqu'à aujourd'hui, pour donner au système national d'assurance maladie sa forme actuelle. Malgré les engagements pris au début, le gouvernement n'a pu empêcher l'accumulation des déficits. Quoi qu'il en soit, l'assurance maladie est destinée à être refondue dans le cadre d'un programme ambitieux visant à créer une sécurité sociale couvrant également le régime des retraites et l'ensemble des allocations versées aux familles et aux particuliers.
Le système actuel a vu officiellement le jour en mars 1995. Il incorpore une assurance médicale qui jusqu'alors dépendait de 13 régimes différents couvrant presque 60% de la population insulaire. Grâce au système national, les dépenses de santé de 96% des Taïwanais, soit 20 757 185 personnes, ont été prises en charge en 1998 par l'Etat. Sauf conventions particulières, la plupart des cotisations sont acquittées à hauteur de 30% par l'assuré, 60% par son employeur et 10% par l'Etat.