Huit années se sont écoulées depuis la fameuse rencontre Koo- Wang de Singapour, en avril 1993, qui avait permis de dégager un consensus sur lequel aurait dû se prolonger le dialogue interchinois. Or, interrompu depuis près de trois ans, il ne semble toujours pas prêt à redémarrer.
M. Koo Chen-fu, qui était déjà à ce moment-là le négociateur en chef de Taïpei, continue de diriger la Fondation des Echanges entre les Deux Rives (SEF), l'organe semi-officiel en charge des contacts avec la Chine continentale. Saisissant l'occasion de ce huitième anniversaire, il a réitéré ses appels en faveur d'une reprise du dialogue.
Le problème fondamental entre les deux rives, a-t-il expliqué, est celui du manque de confiance. Les sujets de controverse, qui entravent le rapprochement, devraient donc être laissés de côté, estime-t-il, afin de maintenir en place un canal de communication. Il faudrait, assure-t-il, pouvoir se rencontrer face à face, car seule la communication permet d'écarter les malentendus.
Le président de la SEF considère que l'accession prochaine de Taïwan et de la Chine continentale à l'Organisation mondiale du Commerce pourrait fournir une opportunité unique de relance du processus. Traiter ensemble des questions économiques qui ne manqueront pas de se poser après l'adhésion constituera une première étape, utile à l'établissement de la confiance. Mais il faut être deux pour y parvenir, a-t-il souligné en déclarant que Taïpei était prête et qu'elle attendait que Pékin lui renvoie la balle.